Actualités sur les sectes en février 2002

Eglise du Christ de Paris (*) Quand j'étais bostonnien - Témoignage
Opus Dei Un jésuite veut briser un silence de vingt ans
Témoins de Jéhovah Témoins de Jéhovah opposés aux vaccinations au Burundi !
Mormons Êtes-vous mormone?
Sectes Schuller: "mon fils est manipulé par une secte liée au fascisme européen"
Mormons Dans l'Utah, la polygamie, même interdite, a la vie dure
Mormons Qu'est-ce qu'un mormon?
Sectes Deux membres d'une secte religieuse incarcérés aux Etats-Uni
Life Space Le gourou condamné
Divers Agrément de l'UNADFI
Mormons Les mormons de Suisse, enquête sur une Eglise en plein essor
Mormons Les techniques d'évangélisation
Mormons Proselytisme mode d'emploi
Mormons Vrai ou faux ?
Mormons Une histoire de Dieu, version américaine
Témoins de Jéhovah (*) Lettre ouverte aux Témoins de Jéhovah
Mormons Les mormons de France défendent l'image de leur Eglise
Saï Baba Faiseur de miracles
Instinctothérapie Le gourou rejugé dans l'Essonne
Eckankar (*) Description sur un site canadien
Raël Conseil de prudence aux raëliens ...
Actualités diverses Faut-il s'inquiéter de l'activité des mouvements pentecôtistes?
Sectes Les sectes prospèrent en Russie dans l'indifférence des pouvoirs publics
Aum Peine de mort requise contre l'ancien "ministre de la santé" de la secte Aoum
Scientologie La scientologie s'attaque à l'UNADFI
Instinctothérapie Les étranges dessous du château de Montramé
Eckankar (*) Un témoignage
Scientologie Au tribunal de la Scientologie
Actualités diverses Ramdam autour de l’expulsion des pentecôtistes
Mormons Des austères qui prient - Les Mormons français
Falungong
La Chine expulse 53 adeptes étrangers du Falungong
Sectes (*) Le Père Samuel, prêcheur en eaux troubles
Moon Moon célèbre 7200 mariages
Scientologie Sale temps pour les scientologues belges
Scientologie Une secte qui fiche même la Sûreté
Scientologie Quand l'extrême droite se rapproche de la secte
Sectes Nouveau rapport sur l'activité des sectes
Sectes Le masque humanitaire
Moon Pour l'amour du révérend Moon
Sectes M. Vivien dénonce les méthodes des sectes pour "faire taire" leurs opposants
Sectes Sectes : en recul mais pas moins nocives
Sectes Le nouveau visage des sectes
Sectes Les sectes au rapport
Scientologie L'Envoyée spéciale des scientologues
Sectes et santé Le jeûne contre le cancer
Scientologie Les quartiers de la scientologie
Sectes Dérives sectaires dans la santé
Scientologie Un entretien avec Alain Osmont, secrétaire général de la MILS
Scientologie Accusée d'escroquerie, l'Eglise de scientologie plaide l'erreur
Scientologie Electromètre judiciaire pour la Scientologi
Raël Trois adeptes de la secte raélienne condamnés
Sectes (*) Rapport 2001 de la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes
Scientologie Amende requise contre la Scientologie
Scientologie Faut-il dissoudre l'Eglise de scientologie ?
Scientologie L'église de scientologie va saisir le Conseil de l'Europe contre la France
Scientologie L'Eglise de scientologie saisit l'ONU contre la France
Scientologie La Scientologie se tire une balle dans le pied
Scientologie Réquisitoire sévère contre la Scientologie
Santo Daime (*) Sectes hallucinogènes au Brésil
Tvind Le fondateur de Tvind, arrêté à Los Angeles
Témoins de Jéhovah Une décision de vie ou de mort
Scientologie La scientologie menace
Scientologie Un ancien adepte condamné pour des injures contre un avocat scientologue
Scientologie Deux scientologues détenus en Egypte
Scientologie Institution scientologue menacée
Actualités diverses La foi par voie orale


(*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web.

 


  Suisse : Opus Dei

Un jésuite veut briser un silence de vingt ans

Le Temps, , 2 février 2002 par Patricia Briel

[Texte intégral]

Le Père Albert Longchamp, responsable de deux magazines chrétiens en Suisse romande, s'est vu intimer l'ordre de cesser tout débat autour de l'Opus Dei il y a vingt ans. Un député au Grand Conseil genevois l'a appris récemment. Etonné, il demande des explications à l'évêque.

Le Père jésuite Albert Longchamp, rédacteur en chef de l'Echo Magazine et directeur de la revue Choisir, recouvrera-t-il prochainement sa liberté de parole sur l'Opus Dei*, muselée depuis plus de vingt ans?

Pour avoir publié dans la revue Choisir de février 1981 une étude fouillée et critique sur l'Opus Dei, dont il n'était pas l'auteur, il s'est vu formellement interdire en mai de la même année de s'exprimer en public ou d'écrire quoi que ce soit sur cette prélature. L'interdiction émanait du préposé général de la Compagnie de Jésus, qui agissait lui-même sur ordre du secrétaire d'Etat du Vatican de l'époque, le cardinal Casaroli. Ce dernier avait-il été informé de la publication de cet article par un membre de l'Œuvre en Suisse? Sans doute.

Quoi qu'il en soit, le Père Longchamp était sommé de cesser tout débat autour de l'Opus Dei, «même si les faits décrits sont exacts», et «afin de ne pas blesser la charité dans l'Eglise», précisait son supérieur. Profondément choqué par cet ordre, et pris par d'autres soucis, le Père Albert Longchamp a obéi pendant vingt et un ans, à une exception près, qui lui valut un sévère avertissement. Mais aujourd'hui, encouragé par l'initiative d'un député auprès de l'évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, il est décidé à briser le silence qui lui a été imposé. Pour lui, la situation est en effet devenue intenable: journaliste occupant un poste à responsabilité dans deux magazines chrétiens de Suisse romande, président de la Commission des médias au sein de la Conférence des évêques suisses, il est contraint au silence alors que parler de l'Œuvre fait partie de ses devoirs professionnels, d'autant plus que le fondateur de l'Opus Dei devrait être prochainement canonisé.

Sa décision a mûri l'année dernière, à l'occasion de la publication d'une lettre de lecteur dans l'Echo du 22 mars 2001. La lettre exprimait le souhait de mieux connaître l'Opus Dei, et donc de lire un article sur cet institut dans le magazine. Albert Longchamp y répondait par un «non possum» (je ne peux pas), publié également dans l'Echo du 22 mars: «Depuis 1981 [...] il m'est interdit, sous peine de sanction, d'enquêter et de diffuser des informations «même exactes» concernant cet institut, son organisation, ses objectifs et ses structures [...]. Cette mesure n'a jamais été abolie par le Vatican. Avec mes vifs regrets.»

Etonné d'apprendre l'interdiction qui frappe Albert Longchamp, Pierre Marti-Manfrini, député au Grand Conseil genevois, écrit huit jours plus tard à Mgr Genoud pour solliciter des informations sur l'Opus Dei, vu que le rédacteur en chef du magazine ne peut pas s'exprimer. C'est la secrétaire de Mgr Genoud qui lui répond. Elle lui fait savoir que l'évêque lui recommande dans un premier temps de s'adresser à Albert Longchamp pour obtenir des réponses à ses questions. Dans un deuxième temps, l'évêque se dit prêt à recevoir le député pour en discuter. En date du 13 juin 2001, le député envoie une nouvelle lettre à l'évêque. Il s'est bien adressé au Père Longchamp, écrit-t-il, mais celui-ci lui a confirmé l'interdiction formelle de parler de l'Opus Dei qui pèse sur lui. «Ceci renforce ma détermination, en tant que catholique, d'essayer de comprendre cette conspiration du silence, en quelque sorte cette «omertà», continue le député. Vous comprendrez donc aisément que j'attends de la hiérarchie, et surtout de mon évêque, un éclaircissement à ce sujet, afin de dissiper tout doute quant à un pouvoir de pression de l'Opus Dei dans la vie de notre Sainte Mère l'Eglise.» Six mois plus tard, Pierre Marti-Manfrini, qui n'est plus député depuis le mois d'octobre, n'a reçu aucune réponse à sa lettre. En date du 17 décembre, il relance l'évêque: «Je ne peux croire que le problème de l'Opus Dei ne vous concerne en aucun cas, ni l'interdiction formelle faite au Père Longchamp d'en parler [...].» A la fin de sa lettre, l'ancien député exprime à nouveau le souhait de rencontrer l'évêque.

Contacté par Le Temps, Pierre Marti-Manfrini affirme n'avoir toujours pas reçu de réponse à son courrier, et ne pas comprendre le silence de l'évêque, ni pourquoi Albert Longchamp est encore sous le coup de cette interdiction. «Je n'admets pas cette mesure, explique-t-il. Dans l'Eglise, chacun doit pouvoir s'exprimer tout à fait librement.» C'est aussi l'avis d'Albert Longchamp, dont la liberté de parole est appréciée de ses lecteurs. Il se dit prêt maintenant à aller voir l'évêque et le nonce pour demander la levée de l'interdiction qui le frappe: «J'aimerais récupérer ma liberté d'expression. L'Opus Dei fait partie du débat public, et je suis empêché d'en parler, alors que cet institut m'informe régulièrement de ses activités. C'est une atteinte à mon honneur, à mes droits, et une violation de l'éthique journalistique. Une telle mesure d'exception en faveur d'une institution de l'Eglise catholique, ceci dans le cadre d'un débat qui n'avait aucun caractère diffamatoire, ne se justifie pas.»

Interrogé sur l'opportunité du maintien de l'interdiction qui frappe le rédacteur en chef de l'Echo Magazine, Beat Müller, directeur du Bureau d'information de la Prélature de l'Opus Dei en Suisse, ne souhaite pas s'exprimer sur une affaire qu'il juge «dépassée». «Nous ne pouvons résoudre son problème», affirme-t-il.

Le cas d'Albert Longchamp est donc dans les mains de l'évêque. Contacté, Mgr Genoud préfère ne pas prendre position pour l'instant sur la levée de l'interdiction qui touche le Père jésuite, souhaitant d'abord étudier attentivement le dossier.

*L'Opus Dei est un institut séculier de l'Eglise catholique, fondé en 1928 par l'Espagnol Josémaria Escriva de Balaguer. Il a été érigé en Prélature personnelle par le pape Jean Paul II en 1982.


Urgence [C'est un commentaire] Patricia Briel

Vingt ans après les faits, le maintien de l'interdiction qui frappe Albert Longchamp n'est plus tolérable. Elle n'a d'ailleurs jamais été justifiée: l'article qu'il avait commandé et publié dans la revue Choisir respectait toutes les règles de l'éthique et de la déontologie journalistiques. Il n'était en aucun cas diffamatoire: il s'attachait simplement à analyser le fonctionnement de l'Opus Dei avec un regard critique. On aurait pu espérer que le Vatican lève cette interdiction après quelque temps. Cela n'a jamais été le cas. Albert Longchamp est journaliste, il doit pouvoir s'exprimer librement sur l'Opus Dei, a fortiori dans les magazines dont il est responsable. Vouloir empêcher le débat au sein de l'Eglise catholique au sujet d'une institution contestée est un autogoal majeur, et une atteinte à l'esprit évangélique. Saint Paul lui-même recommandait la correction fraternelle entre chrétiens. Pourtant, il a été demandé à Albert Longchamp de se taire «afin de ne pas blesser la charité dans l'Eglise». Or, il est des silences qui sont plus mortifères que des paroles dures mais justes. La charité ne consiste ainsi pas à s'abstenir de critiquer, mais bien à laisser vivre le débat, surtout lorsque celui-ci se veut respectueux et honnête. Il est urgent qu'Albert Longchamp recouvre sa liberté d'expression.


  Burundi : Témoins de Jéhovah 

Témoins de jéhovah opposés aux vaccinations au Burundi !

ABP , 3 février 2002, transmis par Michel Marjollet

[Texte intégral]

Alors que les dirigeants des témoins de jéhovah, par l'intermédiaire de leur association - AIDAFRIQUE -récoltent des sommes importantes afin, disent-ils, d'aider les peuples d'Afrique en difficulté, ils contribuent au contraireà augmenter la souffrance et la misère, voire la mortalité en organisant une "contre campagne" de vaccination contre la rougeole. (Cf. dépêche Agence Burundaise de Presse du 17/02/2000)

(*)AIDAFRIQUE ou AIDE A FRIC ? http://www.palain.org/aidafric.htm, une association plus sectaire qu'humanitaire ? Pour info, texte de la
dépêche de l'ABP :

Burundi - Bujumbura - Sécurité La sécurité s'est améliorée dans Bujumbura rural par rapport au début de l'an 2000
BUJUMBURA, 17 fév (ABP) - Les administrateurs communaux de la province de Bujumbura rural ont tenu une réunion mercredi, au centre culturel islamique, présidée par le conseiller principal du gouverneur, pour échanger sur la sécurité dans cette province, les besoins dans les sites de protection et sur l'évaluation de la campagne de vaccination contre la rougeole organisée ces derniers jours dans Bujumbura rural. S'agissant de la sécurité, force a été de constater qu'en général, il y a eu une amélioration par rapport au début de l'année. Toutefois, les administrateurs communaux ont signalé ici et là quelques poches de rebelles qui commettent souvent des crimes et des vols dans les champs et dans les maisons.

Pour ne citer que quelques cas, il a été signalé la présence d'un groupe des forces pour la défense de la démocratie (FDD) en zone Rusizi, des embuscades contre les forces de l'ordre à Kanyosha samedi dernier et 4 personnes tuées par balles à Mubimbi dans la nuit de vendredi à samedi. Aux frontières de Mugongo-Manga-Isale-Mukike et Mutambu, on parle souvent des cas de vols du bétail et des récoltes sur pieds.

Quand à la situation dans les sites de protection, les administrateurs communaux ont parlé de la fréquence des maladies comme la rougeole, le paludisme, le choléra dans Kanyosha, ainsi que la dysanterie bacillaire et autres maladies liées au froid. Ces regroupés, ont dit les administrateurs communaux, ont besoin d'aide alimentaire et non alimentaire ce qui est en train d'être fait dans les différents sites par des ONGs oeuvrant dans Bujumbura rural. Signalons que 11 sites de protection sont à démanteler dans une première phase de trois mois. Il a été demandé aux administrateurs communaux d'être présents sur terrain pour connaître les besoins de la population.

Concernant l'évaluation de la campagne de vaccination contre la rougeole qui vient de durer trois jours, il a été constaté qu'à certains endroits, on n'a pas pu atteindre le taux de couverture vaccinale voulu comme à Ruyaga 50%, Kirekura 60% tandis qu'à d'autres endroits on a pu dépasser 100%. Des problèmes ont eu lieu pendant la campagne comme l'insuffisance du charroi dans un premier temps, les interférences comme la distribution des vivres et semences, une forte pluie et une contre campagne par les témoins de Jehovah à Ruyaga, Kavumu et Mageyo.

Cette campagne va s'étendre sur 16 sites comptabilisant une population de 47.098 enfants soit 38,8% de la population totale à vacciner.


Etats-Unis : Mormons 

Êtes-vous mormone?

La presse , 4 février 2002, par Yves Boisvert

[Texte intégral]

C'était ma première mormone, et ça n'a pas été brillant. Une belle grande mormone.

Nous étions à l'aéroport de Boston, en route pour Salt Lake City. Elle m'a dit qu'elle venait de Provo. J'avais fait mes devoirs: Provo, petite ville universitaire à 45 minutes de Salt Lake, siège de la grande université dirigée par les mormons, Brigham Young University. Siège aussi du conservatisme moral américain. Les mormons y composent 85% de la population. J'ai dû la regarder comme un entomologiste en route pour la forêt tropicale, estomaqué de tomber face à face avec le scarabée d'or à l'aéroport. Déjà? Mais est-ce bien un scarabée? Et où ai-je mis mon filet? - Ah! Provo! me suis-je exclamé, les yeux écarquillés. J'ai voulu lui demander si elle était, mais me suis mis à bafouiller au moment de prononcer le mot mormon, comme si j'allais l'insulter. Elle a vu que je n'avais pas de filet, mais plein de préjugés. -Êtes-vous mo... euh, êtes vous morm... Je veux dire... enfin... mormone? Mais oui, elle était mormone, imbécile.

Et alors? Alors, à la deuxième question, elle a dû croire que je voulais savoir si elle habitait chez ses parents, elle m'a parlé de son mari et a conclu en disant: "Vous savez, vous allez en rencontrer tout plein, là-bas, ne vous en faites pas." Elle avait raison, il y en a plein, ici. Salt Lake City, après tout, est la capitale de l'Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours.

La ville a été fondée en 1847 par 3000 mormons partis de la Nouvelle-Angleterre pour fuir la persécution religieuse après l'assassinat de leur prophète et fondateur. Hier, deux missionnaires de l'Église, l'une venue de Sibérie, l'autre de Californie, m'ont fait faire le tour des environs du fameux Temple mormon, l'édifice le plus célèbre de Salt Lake City. Les environs, parce que le Temple est réservé aux seuls mormons.

Mais l'Église - à laquelle les mormons pratiquants doivent verser 10% de leur salaire - a bien d'autres édifices, y compris un gigantesque et ultramoderne centre de rencontres, plus gros encore que celui de la ville, qui accueillera cette semaine les 10000 membres des médias venus couvrir les Olympiques. On nous a dit comment les premiers colons ont traversé l'Amérique avant que Brigham Young - le deuxième prophète - ne donne un grand coup de canne par terre. Une façon de dire: j'en ai marre, on arrête ici. D'un côté, il y a la plaine du désert, ses scorpions et ses tarentules, en face, la chaîne de montagne des Wasatch; ils venaient de traverser l'Amérique à pied et en char à boeufs, ils étaient fourbus, où voulez-vous qu'ils allassent? C'était le moment de donner un coup de canne. Quiconque a vu les montagnes disparaître dans une sorte de halo rose, en fin de journée, le comprendra.

Il y a plein de mormons, donc: 50% des 180000 habitants de Salt Lake City le sont (11 millions dans le monde, dont la moitié hors des États-Unis). Mais plusieurs le sont comme John, 61 ans, un des 25000 bénévoles des J.O. : "J'ai été baptisé, mais je ne vais plus au temple et je prends un verre, et même du café chaque matin! " Comme vous ne l'ignorez pas, les mormons de stricte observance ne boivent pas, ne fument pas et ne consomment pas de caféine.

Comme le gouverneur et plus de 80% des élus et des juges sont des mormons, il s'en trouve pour parler d'une "théocratie". Surtout quand vient le temps de parler des "stupides" lois sur l'alcool, que m'explique avec ironie Ann, la serveuse chez Baci, élevée en mormone, mais dont le piercing au milieu de la langue suggère une certaine dissidence. La bière locale ne doit pas contenir plus de 3,2% d'alcool. Il faut acheter une carte de membre (5$ pour deux semaines) pour aller dans un bar, que l'on nomme "club" privé, ou pour aller dans la section fumeurs des restaurants. Mais à moins de vouloir deux verres de bière en même temps ou un double scotch (c'est interdit), on peut consommer n'importe quoi dans les restaurants. Y compris le fameux "Polygamia Porter", une allusion aux anciens mormons qui étaient polygames.

Le prophète a eu la révélation que cela n'était pas bien, et en échange le gouvernement fédéral a accepté que l'Utah devienne un État, en 1896. Cette prophétie n'a pas convaincu tout le monde, et on évalue d'ailleurs que dans l'Utah rural, environ 30000 personnes vivent encore dans des familles polygames. Ted Green, le plus célèbre d'entre eux, a été condamné cette année à cinq ans de prison pour polygamie. Il avait six femmes, ce qui est nettement exagéré même pour un catholique, surtout qu'il y avait des mineures dans le lot. Ce que tout cela change aux Olympiques? Un certain zèle religieux qui fait qu'on a refusé des bénévoles. Une atmosphère très "famille" et ville de province.

Les bénévoles font des détours pour venir vous saluer. Ils sont fiers et veulent qu'on aime la ville. Mais on retrouve ici les mêmes histoires de pots-de-vin, les dépassements de coûts, les subventions fédérales, les entrepreneurs locaux qui en profitent. Même si les journalistes le voulaient, on ne peut pas être parfaitement typique et pittoresque en toutes choses.


  France : Sectes

Schuller: "mon fils est manipulé par une secte liée au fascisme

AFP , 4 février 2002

[Texte intégral]

SAINT-DOMINGUE, - Didier Schuller assure que son fils Antoine, à l'origine des révélations sur sa présence à Saint-Domingue, est "manipulé par une secte liée au fascisme européen", et affirme revenir en France pour l'en "libérer", dans une lettre aux lecteurs publiée lundi par le quotidien Hoy de
l'île, dont l'AFP a pu obtenir une copie à 01H00 locale (05H00 GMT) avant sa mise en vente.


Etats-Unis : Mormons 

Dans l'Utah, la polygamie, même interdite, a la vie dure

AFP , 4 février 2002, par Léon Bruneau

[Texte intégral]

SALT LAKE CITY (Etats-Unis) - Dans l'Utah, la polygamie est interdite depuis le dix-neuvième siècle, mais selon Rowenna Erickson, ex-seconde épouse dans une famille polygame, il s'agit toujours d'une pratique courante et devant laquelle les autorités restent indifférentes. A 62 ans, cette femme, qui a fondé avec Vicky Prunty en 1998 l'association "Tapestry contre la polygamie", à Salt Lake City (Utah), où se dérouleront les jeux Olympiques d'hiver à partir de vendredi, veut lever un tabou pour inciter les autorités à sévir. "Nous souhaitons que les autorités marquent le coup. Il s'agit d'un sacrifice humain. Elles ne font rien contre", dénonce-t-elle lors d'un entretien, en soulignant que la polygamie est encore "très courante" dans l'Utah. "Des mariages ont lieu tous les jours. Ce sont des sociétés très secrètes", ajoute-t-elle.

La polygamie est officiellement interdite dans l'Utah depuis 1896 et l'Eglise des Mormons, dont le siège mondial se trouve à Salt Lake City, excommunie ses membres qui la pratiquent publiquement.

Héritage - Mais la polygamie fait partie de l'héritage culturel et religieux des Mormons. Deux de ses fondateurs, Joseph Smith et Brigham Young, l'encourageaient. En outre, nombre de Mormons aujourd'hui, qui forment 70% de la population de l'Utah, ont parmi leurs aïeux des adeptes de la polygamie. Persécutés pour leur appartenance religieuse, les Mormons se sont installés majoritairement dans l'Utah en 1847, après avoir fui la côte est des Etats-Unis. Leur influence est toujours omniprésente. S'il n'existe aucune statistique officielle sur le nombre de familles polygames ou "plurielles" comme on les appelle ici, l'association de Rowenna Erickson estime leur nombre entre 30.000 à 50.000 dans l'Utah, et à 100.000 sur tout le territoire des Etats-Unis, habitant essentiellement l'ouest du pays. "Il s'agit d'une croyance fondamentale de la religion mormone", poursuit Rowenna Erickson, ce qui explique pourquoi, explique-t-elle, cette pratique n'est pas plus condamnée.

Problème d'image - Très médiatisé en août dernier, le procès de Tom Green, premier Mormon en 50 ans à être jugé pour polygamie dans l'Utah et condamné à 5 ans de prison, ainsi que la tenue des Jeux d'hiver, ont toutefois exposé cette pratique aux yeux du monde entier. Un quotidien local, le Salt Lake City Tribune, avertissait d'ailleurs dimanche, dans un article en première page, les habitants de l'Utah, pour qu'ils se tiennent prêts à faire face à une médiatisation à outrance de "clichés", qui voudraient notamment que la ville hôte des Jeux serait aussi "la capitale mondiale de la polygamie". De leur côté, les autorités locales, soucieuses de rectifier l'image de l'Utah avant les Jeux, ne démentent pas l'existence de telles pratiques, mais se montrent promptes à les minimiser. "Les gens ont tendance à associer la polygamie avec Salt Lake City", indiquait récemment à la presse le maire Rocky Anderson, un démocrate. "Mais cela fait presque 50 ans que je vis ici et je pense n'avoir rencontré que deux ou trois familles polygames dans ma vie. Ce n'est tout simplement pas quelque chose qui domine la vie des gens ici", a-t-il dit.

Rowenna Erickson, qui dit avoir été "pendant 34 ans la seconde épouse dans une famille polygame", les Kingston, avant de "s'être réveillée face au mensonge et à la fraude" et d'avoir quitté cette famille en 1992, tient un discours différent. Sa soeur aînée, en revanche, "pratique toujours la polygamie".


Etats-Unis : Mormons 

Qu'est-ce qu'un mormon?

La presse , 5 février 2002, par Yves Boisvert

[Texte intégral]

La flamme olympique est arrivée en Utah lundi au lever du soleil, en passant par le désert. Un Indien Ute a fait une danse sous une arche de pierre pour fêter cela. Et si tout va bien, la flamme sera en ville jeudi. Déjà, les rues d'une largeur insensée de Salt Lake City commencent à grouiller des inévitables échangeurs de pins et de tous les autres qui se baladent avec un laissez-passer dans le cou.

Et les mormons, dans tout ça? me demandez-vous. J'allais vous parler du combiné nordique, qui allie force, endurance et élégance formelle, mais puisque vous insistez, parlons des mormons.

Tout ça commence quand Joseph Smith, un natif du Vermont, voit apparaître à l'âge de 18 ans (1823) l'ange Moroni. C'est un drôle de nom pour un ange, mais ce qu'il lui a dit est encore plus étonnant: il lui révèle l'existence de tables en or où est écrite l'histoire de l'Amérique au temps de la Bible. Smith traduit ces textes, ce qui donne le Livre de Mormon, un ensemble de prophéties apparentées en bonne partie au message biblique. Le livre raconte l'histoire d'une tribu d'Israël qui se serait installée en Amérique six siècles avant Jésus-Christ, ce qui expliquerait la présence des Indiens d'Amérique.

Comment ça, où sont les tables en or? Je sens du scepticisme, mais ne nous perdons pas dans les détails techniques. Toujours est-il que les mormons sont des chrétiens qui croient que Jésus reviendra sous peu en Amérique, d'où le nom d'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours.

Après l'assassinat de Smith (1844), les mormons fuient vers l'Ouest et s'y installent pour fonder un nouvel Israël (il y a ici une banque Zion et un parc national du même nom). Ils croient que l'homme est fondamentalement bon et qu'il demeurera avec son épouse éternellement s'il est marié dans l'Église. Et toute la famille aussi, ce qui est un pensez-y bien.

Les mormons sont en moyenne très instruits (l'Université Brigham Young, ou BYU, qu'ils contrôlent, est bien cotée) et plusieurs ont beaucoup voyagé et sont polyglottes. Chacun est en effet susceptible d'être appelé en "mission" aux quatre coins du monde pour convertir des âmes. Ce n'est qu'en 1978 que le prophète a eu la révélation que les Noirs pouvaient devenir prêtres dans l'Église. Il faut dire que l'Église prend de l'expansion partout dans le monde (la moitié des 11 millions de mormons ne sont pas américains), en particulier en étant présente lors de catastrophes naturelles, comme on nous le montre au Centre des visiteurs de l'Église.

L'Église a un immense entrepôt plein de nourriture prête à être distribuée. Ils s'habillent de manière assez conventionnelle, sans uniforme. Mais il vaut mieux ne pas s'aviser de porter de shorts plus hauts qu'à mi-cuisse à BYU, me dit un ami biologiste qui y a fait son post-doctorat: on vous renverra à la maison. Ils portent du blanc le dimanche. Ils ne boivent pas, ne fument pas et ne font pas plein de choses avant le mariage. On peut être tenté de penser que dans ce petit État (près de 3 millions) dont la classe politique est mormone à plus de 80%, on vit dans une atmosphère passéiste un peu figée. Ce n'est pas le cas. Salt Lake City est la ville américaine où l'on trouve le plus grand pourcentage de familles avec un ordinateur (73%) et la quatrième au pays pour le nombre d'habitants branchés sur Internet. Les entreprises de biotechnologie et d'informatique se multiplient. On a profité des Jeux pour faire financer et installer un système de trains légers. Bref, sous les dehors ringards de son centre-ville en reconstruction, à l'ombre des rares gratte-ciel, dont celui de la Wells Fargo, la ville est donc très moderne. "Les mormons influencent la vie ici, mais j'ai plaidé dans bien des comtés aux États-Unis où les lois sur l'alcool sont plus sévères encore!" me dit Larry G. Reed, un avocat établi ici depuis 20 ans qui fumait une cigarette dans le parking de son édifice, lundi. "Personne ne m'embête parce que je fume, à part ma femme." Sur ce il m'indique le meilleur stand à espresso en ville, ce qui n'est pas mormon du tout. Quand les 100 bénévoles de Safegames 2002 commenceront à se promener en ville avec un chapeau orange fluo sur la tête, vendredi, pour distribuer des condoms aux 80000 visiteurs, on verra un peu mieux que les mormons ne se mêlent pas vraiment de dire aux autres quoi faire. "Ils sont contre le sexe hors mariage, contre l'homosexualité, c'est certain, ils ne distribueront pas des condoms, mais ils ne nous embêtent pas, ils ne sont pas aussi impliqués dans la vie publique qu'on peut le penser; ils se contentent de passer ces messages à l'église", me dit Robert Jones, 31 ans, de la Utah Aids Foundation, un des organisateurs de la distribution de condoms. "J'ai été élevé dans une famille mormone et je suis gay, je suis sorti de l'Église, mais mes parents comprennent et nous avons d'excellents rapports. J'ai déjà lu une étude qui disait que parmi les religions chrétiennes, les mormons sont une des plus tolérantes. Je pense que c'est le cas."

On sent d'ailleurs un début d'irritation locale mêlé d'insécurité de voir partout dans les médias nationaux ce que les gens d'ici appellent des "stéréotypes" et des "préjugés" sur l'Utah. D'autres estiment qu'un petit regard extérieur ne fera pas de mal: "L'Utah se distingue par cette religion et cette culture si différentes, mais les gens voudraient être comme tout le monde; l'Utah joue sur tous les tableaux: il voudrait être reconnu comme différent, mais être accepté comme pareil aux autres, ou même meilleur que les autres États", pouvait-on lire dans le Salt Lake Tribune dimanche. Mormons ou pas, on trouve ici en tout cas une ville singulièrement souriante et manifestement très fière de recevoir de la grande visite. Et tout ça, bizarrement, nous incite à boire un verre à leur santé.


Etats-Unis : Sectes

Deux membres d'une secte religieuse incarcérés aux Etats-Unis

Yahoo , 5 février 2002, par Yves Boisvert

[Texte intégral]

ATTLEBORO, Massachusetts - Deux membres d'une secte religieuse qui rejette la médecine moderne ont été incarcérés mardi aux Etats-Unis après avoir refusé de coopérer avec les autorités qui enquêtent sur la disparition de leur bébé.

Le juge du tribunal pour enfants Kenneth Nasif a souligné qu'il n'était pas convaincu que Rebecca Corneau ait fait une fausse couche à l'automne dernier, comme elle l'affirme. La jeune femme ainsi que son époux Davis Corneau ont été placés en détention dans l'attente d'une audience prévue la semaine prochaine. Le couple, est sorti du tribunal menottes aux poignets, après avoir perdu en appel devant la justice.

Selon son avocat, Rebecca Corneau a fait une fausse couche en novembre au domicile d'une amie dans le Massachusetts. Il a déclaré que le couple ne savait pas si le foetus était de sexe féminin ou masculin. Les deux époux ont également refusé de dire où les restes avaient été enterrés.

Carol Yelverton, une porte-parole du Département des services sociaux, a déclaré avant la décision prise par le juge Kenneth Nasif que les autorités tentaient de vérifier la véracité des allégations du couple.

''A ce stade, nous ne savons pas s'il y a eu une fausse couche ou si le bébé était né'', a-t-elle expliqué en soulignant qu'il s'agissait de déterminer s'il avait bien eu naissance et si l'enfant était mort en raison des manques de soins médicaux. Les autorités estiment que l'enfant est né et pourrait avoir souffert en raison des pratiques religieuses du couple.

Ce dernier fait partie de la secte religieuse ''The Body'' (le corps), qui rejette la médecine moderne. L'Etat du Massachusetts a déjà décidé de se charger de la garde de quatre enfants des époux Corneau, qui ont perdu un autre enfant à la naissance en 1999. Le nouveau-né a été inhumé dans le secret dans un parc du Maine.


Japon : Life Space

Le gourou condamné

Message reçu , 5 février 2002, par Pascal Zivi

[Texte intégral]

Hier le 5 mars 2002, Le gourou de la secte Japonaise[ Life space] Monsieur [ Takahashi koji ] a été condamné à 15 ans de prison ferme par la cour de
Tokyo.

Il y a a trois ans celui avait fait mourir le père d'un de ses adepte.Cette personne était tres malade, elle n'a recu aucun soin.Après sa mort le gourou
l'a fait momifier et a ensuite déclaré que cette personne était encore vivante.


  France : Sectes

Agrément de l'UNADFI

Copie de la lettre du 5 février 2002 adressée au Secrétaire de l'UNADFI

[Texte intégral]

Ministère de l'éducation nationale
Direction des affaires juridiques
Bureau des affaires générales des associations
DAJ A3 n° 02 208

Monsieur le Secrétaire Général,

Vous avez sollicité , pour l'union nationale des associations pour la défense des familles et de l'individu (UNADFI), l'agrément national en application du décret n° 92 1200 du 66 novembre 1992 relatif aux relations du ministère chargé de l'éducation nationale avec les associations qui prolongent l'action de l'enseignement public.

Cette demande a été soumise à l'examen du Conseil national des associations éducatives complémentaires de l'enseignement public qui a émis un avis favorable lors de sa séance du 11 décembre 2001.

J'ai l'honneur de vous informer que l'agrément national est accordé à votre association. Vous trouverez ci-joint, copie de l'arrêté qui a été signé en ce sens et qui fera l'objet d'une mention au Bulletin officiel de l'éducation nationale.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le secrétaire, l'expression de ma considération distinguée.

Pour le directeur des affaires juridiques
Le chef de service adjoint au directeur
Jacques Veyret


Suisse : Mormons 

Les mormons de Suisse, enquête sur une Eglise en plein essor

Le Temps , 6 février 2002, par Corinne Bloch

[Texte intégral]

Dans quelques jours, la silhouette du plus grand temple de l'Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours fera le tour de la planète via les écrans de télévisions. Et pour cause: c'est sous ses fenêtres qu'a été installé le podium où seront remises les médailles des Jeux olympiques qui s'ouvrent le 8 février prochain.

Que Salt Lake City soit la capitale des mormons - 70% de ses habitants font partie de cette communauté de 11millions d'adeptes - n'est un secret pour personne. Inutile pourtant de traverser l'Atlantique pour les rencontrer: les mormons sont 7500 en Suisse - contre 1800 il y a cinquante ans - répartis en 40 paroisses et trois pieux (diocèses). Et ils n'ont pas attendu les JO pour venir frapper à notre porte. La Suisse est d'ailleurs une terre d'implantation ancienne et privilégiée: c'est à Zollikofen, près de Berne, que les mormons ont construit en 1955 leur premier temple hors des Etats-Unis. Mais comme nul n'est prophète en son pays, ceux que nous rencontrons ont souvent l'accent de l'Utah et viennent de loin pour aborder les gens dans la rue: "Bonjour, excusez-moi, comment allez-vous?". Soeur Nielsen, une jeune Américaine, évangélise ce jour-là sur la place de la Riponne à Lausanne. "Bonjour, croyez-vous en Dieu?..." Elle est une "représentante de Dieu", affirme-t-elle pour expliquer sa tenue tirée à quatre épingles, et "voudrait bien partager le plan de bonheur qu'il a prévu pour les hommes". Mais les passants lui en laissent rarement l'occasion. "Pas facile, surtout dans une langue étrangère." De plus, elle a un peu la frousse. Si elle le fait, c'est d'abord par amour de son prochain. Qui n'a jamais croisé les missionnaires mormons, ces jeunes gens âgés de 19 à 25 ans, aux vêtements stricts, reconnaissables à un badge portant leur nom et se déplaçant toujours à deux? Ils sont 61 000 dans le monde, dont une soixantaine en Suisse romande. Ils consacrent deux ans de leur vie à semer la bonne parole dix heures par jour, six jours sur sept, et à leurs frais. C'est une forme de prosélytisme particulier, basé sur un système de croissance exponentielle: 95% des jeunes qui ont grandi dans une famille mormone participent à ce plan d'évangélisation.

Une trentaine de jeunes Romands sont actuellement en mission. Aucun n'y est forcé. Des jeunes comme les autres, avec un petit quelque chose en plus: "Mon frère a quitté ses vêtements XXL, ses "potes" et sa passion pour le ska et le snowboard pour partir en mission à Paris", raconte une Genevoise de la communauté. "Il faut beaucoup de courage, mais aussi une grande foi pour le faire." "J'ai toujours su qu'un jour je serais missionnaire, cela fait des années que je mets de l'argent de côté", confirme Elder (frère) Riches, un étudiant en sciences politiques de l'Utah en mission à Genève. Moins fortuné, Elder Virgilio, son collègue italien, un géomètre de 20 ans, a bénéficié de l'aide d'un fonds de l'Eglise. Les mormons suivent des règles strictes: pas de TV, pas de journaux, ni de coups de fil à leur famille. Elles figurent dans un petit guide que chacun connaît par cour et qui soigne le détail jusqu'à recommander de prendre une douche quotidienne et d'utiliser un déodorant. "De l'extérieur, cela peut sembler absurde, mais ces règles sont le produit de 150 ans d'expérience avec des missionnaires de toutes les cultures. Ces jeunes n'ont souvent pas plus de 20 ans, la plupart quittent leur famille pour la première fois", explique Anthony Coppel, responsable de la communication pour le pieu de Genève. "La mission a également une valeur initiatique, ce qui justifie une rupture avec leur style de vie". Elders Riches et Virgilio, eux, sont ravis. La communauté aussi. Elle bénéficie ainsi d'une main-d'ouvre bon marché, aussi enthousiaste qu'efficace. Certes, le porte-à-porte ne génère guère de conversions (à peine plus d'une sur mille), mais grâce aux amitiés que les missionnaires lient dans leur pays d'accueil, leur Eglise compte parmi les plus prospères: 162 pays d'implantation sur tous les continents, 274 000 baptêmes et 400 nouvelles églises construites en 2000. En dix ans, le nombre de mormons dans le monde a augmenté de 48%. En Suisse, ils sont 400 de plus chaque année.

Où se cachent-ils? Un peu partout, car une fois leur mission terminée, ils redeviennent aussi anonymes que n'importe quel citoyen. Votre médecin, votre concierge ou votre directeur est peut-être mormon, ou a grandi parmi eux. Ils sont plutôt discrets, viennent de tous les milieux et n'ont que faire des hiérarchies: pas de clergé professionnel et rémunéré, mais un tournus dans lequel chacun, quelle que soit sa profession, peut-être appelé à être prêtre pour un temps limité. "J'ai été nommé président du pieu de Genève pour neuf ans. Du coup, je me suis retrouvé à la tête de 3000 paroissiens", explique Eric Perrier. Ce cadre d'entreprise n'en revient pas. "A la fin de cette période, je deviendrai huissier, secrétaire ou enseignant d'école du dimanche. Tout est possible." Chaque fidèle s'acquitte également de la dîme: 10% du salaire est versé à l'église. Ces sommes alimentent de nombreux réseaux de solidarité auxquels chacun peut faire appel.

Faut-il pour autant leur donner le Bon Dieu sans confession? "Nous n'avons jamais eu écho de dérives sectaires concernant les mormons. Autrement dit, d'actes contraires à la loi commis au nom ou sous couvert de leur religion", affirme François Bellanger, président du Centre intercantonal d'information sur les croyances. Même réponse au Bureau des renseignements sur les mouvements religieux lié à l'Eglise catholique et installé à Morges. "Ici, nous sommes pourtant encore souvent considérés comme une secte, ce qui n'est plus le cas aux Etats-Unis", affirme une ancienne employée de la Radio suisse romande. "Moi, je suis née là-dedans, je me suis mariée à 19 ans et j'y suis restée. L'Eglise m'aide à avoir une discipline de vie et à progresser spirituellement, mais mes deux fils, eux, ne pratiquent plus. Je les comprends, nos règles sont difficiles."

Difficiles, sinon draconiennes. Ainsi, à plus de 60 ans, cette Vaudoise n'a toujours pas le droit, lorsqu'elle est seule, d'inviter de jeunes hommes missionnaires. "C'est vrai, mais ces règles sont sans cesse remises en question et évoluent avec la société", explique Anthony Coppel. "Ainsi, au début du siècle dernier, il n'était pas rare de rencontrer des missionnaires à barbe, portant chapeau et haut-de-forme, ce n'est évidemment plus le cas aujourd'hui." Ce qui est certain, c'est que ceux qui s'imaginaient croiser bientôt dans les rues de Salt Lake City "des bandes de polygames habillés comme au siècle dernier", selon la formule d'un membre de l'Eglise, risquent d'en être pour leurs frais. "La technique des missionnaires s'apparente à celle de la vente à l'arraché" A l'heure où chacun choisit sa religion à la carte, les plus belles promesses ne suffisent plus à séduire. Il faut savoir convaincre.

 


Suisse : Mormons 

Les techniques d'évangélisation des Mormons

Le Temps , 6 février 2002, par Corinne Bloch

[Texte intégral]

Michel Fontana ne fait partie d'aucun mouvement religieux. C'est en qualité de formateur de sociétés spécialisées dans la vente et de directeur de l'Institut de formation à la négociation qui porte son nom, qu'il a accepté pour Le Temps d'étudier les documents que nous lui avons transmis sur les stratégies d'évangélisation. Il nous aide ici à les décoder.

Le Temps: Peut-on comparer les techniques de certains mouvements religieux à celles de la vente?

Michel Fontana: Jusqu'à un certain point. Dans le cas des mormons, le processus s'apparente à ce que l'on nomme du "hard selling", en français de la vente à l'arraché. Je ne suis pas un expert en religions, mais je retrouve dans leur "entrée en matière" certaines règles de base: se présenter, créer le contact, lancer la discussion afin de créer un lien affectif avec l'interlocuteur. Quant à l'argumentation, elle est principalement fondée sur la réponse aux objections. Dans ce domaine, ils sont soumis à une forte concurrence de la part des Témoins de Jéhovah, encore plus performants semble-t-il, et mieux formés. Ces derniers suivent des cours de perfectionnement et possèdent un manuel détaillé: pour chaque thème abordé, il prévoit les objections des interlocuteurs - presque toujours les mêmes - et suggère des réponses qui permettent de relancer le débat. - Les mormons constatent que les liens affectifs augmentent considérablement les taux de conversion. - Des heures de discussion ramollissent les capacités de résistance émotionnelle de l'interlocuteur. D'où l'importance de pouvoir revenir plusieurs fois exposer la doctrine aux candidats. Pour ce faire, il faut savoir récupérer une discussion qui tourne mal à l'aide de questions ouvertes ou de formules du genre "je vous comprends, mais...", "je pensais comme vous auparavant..." Le but est d'affronter le conflit pour mieux le contourner.

Le manuel des Témoins de Jéhovah, lui aussi, est plein de ces formules. Petit à petit, on amène ainsi les gens à réfléchir. Un bon vendeur ne cherche pourtant jamais à convaincre quelqu'un d'acheter un bien dont il n'a pas besoin. Son but est de fidéliser le client, profiter de sa crédulité est un mauvais calcul à long terme. Or le prosélytisme utilise un procédé subtil pour répondre à des questions que les gens ne se posent pas. - Avec six conversions en moyenne par missionnaire, le résultat est pourtant assez médiocre. - Un bon vendeur a appris à laisser parler son interlocuteur pendant au moins la moitié du temps que dure l'entretien. Pour bien cerner ses besoins et adapter au mieux la solution qu'il proposera ensuite. Mais aussi parce que le client, puisqu'il a beaucoup parlé, se sentira respecté.

A l'inverse, le vendeur aura limité les occasions de faire des gaffes. Ce n'est qu'une supposition, mais pour ce que j'ai pu constater, les missionnaires proposent trop vite leur croyance en guise de solution, ce qui a pour effet de casser la confiance qui s'instaurait.


Suisse : Mormons 

Proselytisme mode d'emploi

Le Temps , 6 février 2002, par Corinne Bloch

[Texte intégral]

Prosélytisme, mode d'emploi Corinne Bloch Les mormons imaginaient profiter des JO pour lancer une campagne de publicité de plusieurs millions de dollars. Face aux critiques, ils ont changé d'avis, renonçant même à évangéliser dans les rues de Salt Lake City pendant les Jeux. "Le but était de transformer notre image, non de convertir." Il est vrai qu'ils possèdent pour cela des méthodes bien rodées:

Look: uniforme de représentant, chemise blanche, cravate, jupe ou pantalon foncés, badge. Lieu: porte-à-porte, rues, bus. Bref, partout où l'occasion se présente.
Formation: acquise pendant deux mois dans l'un des 15 "centres de formation missionnaires". Au programme: cours intensifs de langue, mais aussi exercices pratiques de communication.
Entrée en matière:
les missionnaires apprennent à se présenter, à sourire, à afficher un air naturel, à lancer la conversation. Pour ce faire, des jeux de rôles sont organisés dans un décor reconstitué (parc, appartement).
Présentation: sous forme de six leçons enseignées chez les nouveaux intéressés. Les missionnaires ont appris à écouter leurs interlocuteurs afin de mieux répondre à leurs questions.
Objectif: "Faire passer le message et créer des liens d'amitié sincère."
Soutien: les missionnaires sont soutenus par un responsable de mission et par des rencontres hebdomadaires avec les membres de la communauté. Résultats: six nouveaux convertis en moyenne par missionnaire. 80% d'échec avant le deuxième rendez-vous.
Technique moderne: aux Etats-Unis, les mormons n'hésitent pas à faire de la publicité à la télévision.
Concurrence: les mormons ne sont pas les seuls à bénéficier d'une formation. Les Témoins de Jéhovah, par exemple, suivent des cours réguliers et possèdent un manuel qui fournit des propositions d'entrée en matière, des conseils et des réponses aux oppositions possibles. Ils apprennent également à s'adapter à la religion de leurs interlocuteurs.


Suisse : Mormons 

Vrai ou faux ?

Le Temps , 6 février 2002, par Corinne Bloch

[Texte intégral]

Les mormons sont polygames. Faux: leur doctrine proscrit la polygamie depuis1890. Seuls quelques fondamentalistes, excommuniés de l'Eglise, continuent à la pratiquer.
Les mormons ont une ribambelle d'enfants. Vrai: dans la doctrine des mormons, les êtres humains existent sous forme d'esprits avant leur naissance et l'obtention d'un corps physique est l'une des conditions nécessaires à leur salut.
Les mormons possèdent le plus important fichier généalogique de la planète. Vrai: cette mémoire de l'humanité, sous forme de milliards de microfilms, est stockée à plus de 200 mètres sous terre dans les monts Wasatch (Utah).
Le recensement des ancêtres a une explication religieuse: les mormons croient à la possibilité d'un salut des âmes rétroactif et pratiquent le "baptême par procuration pour les morts".
Les mormons suivent des règles de vie draconiennes. Vrai: chasteté obligatoire jusqu'au mariage. Pas d'alcool, pas de fumée, pas de thé ni de café. Bref, rien dont on puisse devenir dépendant. L'habillement est libre.
On ne peut pas être noir et mormon. Faux: la prêtrise était autrefois interdite aux personnes de couleur, ce qui n'est plus le cas depuis une vingtaine d'années.


Suisse : Mormons 

Une histoire de Dieu, version américaine

Le Temps , 6 février 2002, par Corinne Bloch

[Texte intégral]

Le "Livre de Mormon", un ouvrage d'inspiration divine pour la communauté, un pastiche de la Bible pour les exégètes.

L'histoire des mormons commence en 1820 dans le Vermont, à l'est des Etats-Unis déchirés par les rivalités religieuses. Joseph Smith, un adolescent de 15 ans, ne sait plus à quelle Eglise adhérer. Dieu lui indique de n'en choisir aucune, toutes étant dans l'erreur. Trois ans plus tard, un ange lui révèle l'existence d'un "livre caché, écrit sur des plaques d'or".

Toujours bien inspiré, il les aurait découvertes quatre ans plus tard et traduites grâce à deux pierres magiques avant qu'elles ne disparaissent à nouveau. L'ouvrage qui en naîtra, le Livre de Mormon, aurait été écrit par les prophètes d'anciens peuples d'origine israélite ayant habité le continent américain avant et après la venue du Christ sur ce continent.

Un livre d'inspiration divine pour les mormons, un pastiche de la Bible pour les exégètes. "Pour nous, il ne fait pas de doute que Jésus est apparu dans le Nouveau Monde après sa résurrection", explique Eric Perrier, président du pieu (diocèse) de Genève. "Pourquoi le Christ aurait-il choisi de n'apparaître qu'aux peuples du Vieux Continent? Le Livre de Mormon raconte l'histoire des peuples de l'autre côté de la terre, il est aussi important que la Bible."

Avant d'être assassiné en 1844, Joseph Smith a eu d'autres révélations. Elles figurent dans le recueil Doctrine et alliance, un ouvrage régulièrement remis à jour puisque la révélation divine continuerait à être transmise par la bouche des prophètes vivants. Gordon B.Hinckley, qui dirige l'Eglise depuis 1995, assisté du Collège des douze apôtres, est le 14e successeur de Smith. Par la suite, l'histoire des premiers mormons n'est qu'une longue succession d'exodes et de persécutions qui les amènent jusque sur les bords du lac Salé, dans l'Utah. Ils y construiront Salt Lake City. Convaincus d'avoir rétabli sur terre l'Eglise originelle du Christ (d'où le nom de leur Eglise), ils attendent son retour pour l'avènement d'un royaume terrestre d'une durée de mille ans.


France : Mormons 

Les mormons de France défendent l'image de leur Eglise

AFP , 7 février 2002, par Corinne Bloch

[Texte intégral]

PARIS - Les mormons de France ont ressenti le besoin de défendre l'image de leur Eglise, à leurs yeux écornée à l'occasion de reportages à Salt Lake City (Etats-Unis), la "cité des mormons" où s'ouvrent vendredi les jeux Olympiques d'hiver.

Dans un communiqué publié jeudi, le département national de la communication de l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours (le nom officiel des mormons) "remercie" les médias pour leurs articles mais "regrette" certains de leurs contenus.

Les mormons de France évoquent notamment de "nombreuses références à des pratiques polygames" alors que celles-ci ont été abandonnées par les mormons "depuis 1890". "Les personnes qui pratiquent la polygamie en Utah n'ont rien à voir avec l'Eglise et sont en infraction avec la loi des Etats-Unis", écrivent-ils. Ils soulignent également "l'amalgame entre l'impossibilité de consommer de l'alcool en Utah et les règles de santé suivies par les membres de l'Eglise". "Il est tout à fait possible de consommer de l'alcool à Salt Lake City", assurent les mormons. Ils regrettent par ailleurs qu'aucun reportage n'ait évoqué l'attachement manifesté par l'Eglise au renforcement de l'unité familiale, ni les préoccupations humanitaires de ses membres "qui se privent de deux repas par mois et remettent à l'Eglise les sommes économisées afin de permettre à d'autres personnes dans la douleur de recevoir de la nourriture ou des biens de première nécessité".

Les mormons représentent 70% de la population de l'Utah et 50% de Salt Lake City. Ils ont notamment imposé des "lois sur les boissons alcoolisées" réglementant strictement la distribution et la consommation d'alcool


  Danemark : Saï Baba

Faiseur de miracles

Berlinske Tidende, 7 février 2002 - Traduction de Jacques Richard

[Extraits

Le gourou Saï Baba est le séducteur de gens qui cherchent un sens plus profond, écrit le journaliste Michael Bjerre, qui rapporte sa rencontre avec Saï Baba et sa "religion" en Inde.

Mercredi soir (30 janvier) DRTV (la première chaîne danoise) a diffusé une émission documentaire sur le gourou hindou Saï Baba, qui précédemment a été accusé d'abus sexuels et de filouteries par tours de prestidigitation. Des adorateurs contestaient par avance ce qui allait être diffusé. Des Danois fervents ont essayé, mais sans succès, d'empêcher l'émission.
On se sent soi-même malade d'être au contact de ça. C'est ce que disent aussi bien mon coeur, que mon entendement…..
J'étais stupéfait: un gourou hindou pouvait-il réellement représenter toute la solution?….
La séance devait avoir lieu sous un grand abri avec des piliers de bois……Lentement mais sûrement tous devenaient ensommeillés en une sorte d'hypnose en extase, où de même le corps physique était ressenti comme léger et presque décomposé. Le sentiment d'être une partie en communion avec une très haute communauté allait en s'intensifiant avec le cantique monotone.

Pendant des années (des gens) ont cherché un sens plus profond, et enfin, comme des milliers d'autres dans le monde, ils l'ont trouvé…..
Deux jours plus tard, en un lieu privé, ils maintiennet fermement que nous devons ressentir la présence de Saï Baba, même en son absence, car Saï Baba est partout et toujours, disaient en choeur de nombreux médecins les plus proches (de Saï Baba) persuasifs envers leurs hôtes danois.

Le prestidigitateur. L'émission de TV du 30/1 montrait comment les soi-disant miracles n'étaient que des tours de passe-passe.
De plus DRTV cherchait à dévoiler par des interviews avec plusieurs victimes, et avec une très forte documentation comment la propension de Saï Baba à violer des jeunes gens représente plus qu'une pure rumeur.
Les révélations bien documentées et émouvantes sur les escroqueries et sur les penchants de Saï Baba rejaillissent sur ses sincères disciples.
Aussi, chez nous, des professionnels et des gens de haute instruction petit à petit sont attirés vers le réseau du gourou….Mais quand on est en recherche, on peut être manipulé; et il y en a des quantités qui affirment avoir rencontré quelquechose de plus grand que les apparences extérieures.

J'ai été épouvanté de ce qu'un nouvel adepte m'a dit sur le chemin du retour."Ne jette jamais cette cendre ( celle que Saï Baba était censé pouvoir transmuter)…sinon des accidents pourraient arriver à toi ou à ta famille". Je n'ai jamais jeté cette cendre à la poubelle


France : Instinctothérapie 

Le gourou rejugé dans l'Essonne

Le Parisien , 8 février 2002

[Texte intégral]

Guy Claude Burger, fondateur de la secte de l'instinctothérapie, condamné le 6 décembre 2001 à Melun à 15 ans de réclusion criminelle pour des actes de pédophilie, sera rejugé par la cour d'assises d'appel de l'Essonne.

C'est la Cour de cassation qui l'a annoncé hier. A soixante-sept ans, l'apôtre du manger cru, avait été condamné l'année dernière pour le viol d'enfants et d'adolescents au château de Montramé, à Soisy-Bouy, près de Provins.

Son avocat ayant fait appel de cette décision, la Cour de cassation a décidé qu'il serait rejugé à la cour d'assises d'Evry (Essonne), en compagnie de Jean-Claude Rostaing, 34 ans, coaccusé, qui avait été condamné à cinq ans d'emprisonnement pour complicité de viols, pour avoir obligé sa petite amie, à avoir des relations sexuelles avec Guy-Claude Burger.


France : Raël

Conseil de prudence aux raëliens ...

Cyber sciences , 11 février 2002

[Texte intégral]

Pour la première fois, des chercheurs japonais associent le clonage à la mort prématurée de souris.

Dans la revue Nature Genetics, les scientifiques de l'Institut national des maladies infectieuses de Tokyo rapportent que 10 souris clonées sur 12 sont mortes prématurément. On savait déjà que de nombreux animaux, qui sont le fruit du clonage, avaient des problèmes d'obésité, des malformations et de graves anomalies génétiques. Mais c'est la première fois qu'on établit un lien entre le clonage et une courte vie.

Les 10 rongeurs n'ont même pas vécu 800 jours. Ce qui peut paraître prématuré quand on sait que des souris, nées d'une fécondation normale, vivent à peu près quatre ans.

Les chercheurs font remarquer que les souris présentaient une défaillance au niveau du foie et un système immunitaire défectueux. Les animaux étaient également atteints d'une pneumonie ou de tumeurs. La technique de clonage utilisée pourrait être en cause. Les souris ont été clonées par transplantation nucléaire, un procédé qui consiste à prendre un ovocyte, à en retirer le noyau contenant entre autres le matériel génétique et à le remplacer par un noyau d'un donneur.

De plus, les chromosomes des souris clonées étaient plus vieux que ceux de rongeurs du même âge. Le vieillissement des chromosomes est dû au raccourcissement des télomères. Les télomères sont des fragments d'ADN qui se trouvent aux extrémités des chromosomes. A chaque division cellulaire, une partie des gènes contenus dans les télomères disparaît. Lorsqu'il ne reste plus de télomères, la cellule cesse de se diviser, vieillit et meurt. Le phénomène avait déjà été observé chez la brebis clonée Dolly, dont les chromosomes sont plus vieux que l'animal lui-même.
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NB : Et si c'était pareil pour le clonage des êtres humains ? Mathieu Cossu.


Belgique : Actualités diverses

Faut-il s'inquiéter de l'activité des mouvements pentecôtistes?

La Libre Belgique , 11 février 2002

[Texte intégral]

Un contrôle dans une école privée met ce mouvement religieux sous le feu des projecteurs

Pas banal. Si les expulsions d'illégaux n'ont plus rien d'extraordinaire, il est rare que ceux-ci soient d'origine américaine. Jeudi passé, pourtant, la police locale de Rhode-Saint-Genèse, Drogenbos et Linkebeek a interpellé cinq personnes d'origine américaine qui n'étaient pas en règle de permis de séjour et de travail. Elles se sont vu signifier un ordre de quitter le territoire et quatre d'entre elles, toutes des femmes, ont déjà été expulsées vers New York.

Ces interpellations ont eu lieu lors d'un contrôle, en compagnie des services de l'emploi, dans une école privée, l'`International Christian Academy´, chaussée de Waterloo à Rhode-Saint-Genèse. Cet établissement est dirigé depuis les Etats-Unis et est plus que probablement lié à l'`Assembly of God´, un mouvement pentecôtiste.

L'histoire pourrait paraître anecdotique si ce n'est qu'elle met sous le feu des projecteurs ce mouvement religieux, créé à Los Angeles au début du XXe siècle par des protestants baptistes et apparemment en pleine expansion. Le principe fondamental de la théologie pentecôtiste est le retour aux vérités fondamentales de l'Ecriture sainte. En Belgique, la première implantation du mouvement daterait de 1931 mais il ne s'organiserait qu'en 1958 lorsqu'un groupe de 19 pasteurs forme l'`Union of Pentecostal Evangelic Churches´ qui, en 1965, devient `the Belgian Assemblies of God´.

Composé de multiples entités autonomes - 70 églises et 5 794 membres en Belgique, selon le site de `Assembly of God´ -, le mouvement est dirigé par des `ministres´ dont le nombre serait de 80 en Belgique. Prosélyte, il forme des missionnaires qui doivent suivre une formation accessible aux possesseurs d'un diplôme d'enseignement provenant d'une école pentecôtiste ou en accord avec cette théologie, ce qu'apparemment était l'`International Christian Academy´.

Faut-il pour autant y voir un mouvement sectaire? Pour Eric Brasseur, directeur du centre d'information et d'avis sur les organismes sectaires nuisibles (Ciaosn), ce mouvement est "clairement parmi les églises qui posent le plus de problème au public. C'est sur eux qu'on nous délivre le plus de témoignages non-sollicités".

Des interlocuteurs qui s'inquiètent des changements de comportement d'un membre de leur entourage devenu adepte d'une des églises pentecôtistes.

Il est vrai que ce mouvement demande une grande implication et une grande ferveur de ses membres. "Et si ce sont des personnes fragilisées, c'est une porte ouverte aux dérives", conclut Eric Brasseur.


Russie : Sectes

Les sectes prospèrent en Russie dans l'indifférence des pouvoirs publics

Yahoo , 12 février 2002

[Texte intégral]

MOSCOU - "Mon mari a été ruiné par la crise de 98. Il vient de rejoindre les néo-pentecotistes de "Parole de vie", il voit le démon partout. Que faire ?": des appels comme celui-ci, le centre d'information sur les sectes de Moscou en reçoit en moyenne cinq par jour.

Depuis la chute de l'URSS, les sectes n'ont cessé de prospérer en Russie dans l'indifférence des autorités et parfois même en profitant de l'aveuglement des défenseurs des libertés. L'église orthodoxe est la seule à s'être mobilisée contre les pseudo-religions. Les sectes russes ont aujourd'hui pris le relais des étrangères qui étaient auparavant les plus nombreuses, estime Alexandre Dvorkine, théologien et directeur de ce centre d'information unique en son genre.

Jusqu'à 800.000 Russes seraient aujourd'hui membres d'une secte, selon le responsable. "Une situation économique difficile, l'absence d'éducation religieuse pendant l'époque communiste et un énorme crédit de confiance pour tout ce qui venait d'Occident après la chute de l'URSS sont à l'origine du succès des sectes", estime-t-il.

Les deux petites pièces du centre, prêtées par l'église orthodoxe, croulent sous les publications des sectes étrangères (Eglise de scientologie, Témoins de Jéhovah, Moonistes...) et des sectes russes (Centre de la Sainte-Vierge, Eglise du dernier temps...). Le centre a édité une plaquette anti-sectes et Alexandre Dvorkine donne des conférences dans tout le pays. C'est bien peu pour lutter contre plusieurs dizaines de sectes qui cherchent à pénétrer l'armée, les prisons, les universités et font du lobbying auprès des députés. "L'Etat se fout de ce qui peut arriver au peuple", tranche le père Anatoli Berestov, barbe grise et lourde croix dorée sur sa soutane. Ce médecin neurologue a fondé dans l'enceinte de son église un centre de réinsertion des victimes des sectes qui a reçu gratuitement en 5 ans plus de 12.000 personnes venues de toute la Russie. Trois prêtres, cinq psychiatres et plusieurs psychothérapeutes y travaillent.

La plupart des sectes ont réussi à se réenregistrer comme organisations religieuses à la fin de l'année 2000 comme l'exigeait une nouvelle loi, au besoin en versant des pots de vin, affirme le père Berestov. "Il n'y a pratiquement aucun instrument juridique pour lutter contre les sectes, cela s'explique notamment par la crainte d'être critiqué par les Etats-Unis au nom de la liberté religieuse", ajoute Alexandre Dvorkine. Un député de Moscou, Mikhaïl Moskvine-Tarkhanov, a récemment réclamé au Kremlin la création d'une commission d'Etat afin de contrôler l'activité des sectes. En vain. Les Témoins de Jéhovah et l'église de scientologie sont les deux bêtes noires du père Berestov. Les premiers ont réussi jusqu'ici à échapper à l'interdiction en justice (mais un procès en appel, intenté par les parents d'anciens adeptes, devait s'ouvrir ce mardi), tandis que les seconds ont pignon sur rue à Moscou où ils revendiquent 10.000 membres. Leur "centre humanitaire Ron Hubbard" occupe un grand bâtiment du nord-est de Moscou et emploie 200 salariés.

Poursuivis en Europe devant les tribunaux, les scientologues ont réussi en Russie à obtenir l'aide du groupe Helsinki de Moscou pour l'une de leurs publications. "Helsinki défend tous les droits de l'Homme, y compris la liberté de conscience", se justifie la présidente du comité de Moscou, l'ex-dissidente Lioudmila Alexeïeva. "Avant, les défenseurs des droits de l'Homme luttaient contre l'Etat, maintenant ils ont trouvé un nouvel adversaire puissant, l'église orthodoxe, ce qui les conduit à défendre les "faibles, les sectes" regrette Alexandre Dvorkine.


Japon : Aum

Peine de mort requise contre l'ancien "ministre de la santé" de la secte Aoum

AFP , 12 février 2002

[Texte intégral]

TOKYO - La justice japonaise a requis mardi la peine de mort contre l'ancien chef bio-chimiste de la secte Aoum vérité suprême surnommé le "ministre de la santé" pour sa participation aux attaques mortelles de la secte à Tokyo et ailleurs en 1994 et 1995, a-t-on appris de sources officielles. "La peine de mort (par pendaison) a été demandée pour l'accusé Seiichi Endo", a déclaré un responsable de la Cour de district de Tokyo.

Endo, 41 ans, était "ministre de la santé et du bien être" dans le gouvernement fantôme de la secte et a joué un rôle clef dans ses expérimentations de virus et gaz toxiques. Il est accusé d'avoir comploté avec le gourou de la secte Shoko Asahara dans un premier attentat au gaz sarin à Matsumoto en juin 1994 ayant fait sept morts et un autre en mars 1995 dans le métro de Tokyo où 12 personnes avaient péri et des milliers avaient été blessés.

Endo est emprisonné depuis 1995. "On n'a jamais vu d'attaques plus vicieuses dans les annales du crime de notre pays. L'accusé a joué un rôle central dans la division de production du sarin", a indiqué l'agence Jiji, citant le parquet. Endo, qui avait étudié les virus et l'ingénierie génétique à l'Université de Kyoto, a toujours dit avoir adhéré à la secte parce qu'il jugeait "limitées les découvertes faites par la science".

Au cours du procès, il a dit regretter ses crimes mais a indiqué avoir pris part aux activités d'Aoum sans savoir que la secte voulait tuer des gens. "Nous devions faire tout ce que le gourou Asahara disait. On ne réfléchissait pas au sens ou aux objectifs", a déclaré le disciple. La date du verdict n'est pas connue. Sept autres membres d'Aoum ont été jusqu'à présent condamnés à mort mais ont fait appel de la sentence. Peine de mort requise contre l'ancien "ministre de la santé" de la secte Aoum


France : Scientologie

La scientologie s'attaque à l'UNADFI

La Croix , 13 février 2002

[Texte intégral]

La Scientologie s'attaque à la principale association anti-secte.

L'organisation "demande aux différents ministères d'arrêter de verser de
l'argent des contribuables à l'Unadfi"
(Union nationale de défense de la famille et de l'individu). Cette action survient à la veille d'un procès,
les 21 et 22 février prochains, où la scientologie risque la dissolution.


France : Instinctothérapie

Les étranges dessous du château de Montramé

Le Parisien , 13 février 2002 par Pascal Villebeuf

[Texte intégral]

Jusque très tard hier soir au tribunal de Melun, on a découvert de nouvelles facettes de l'affaire Guy-Claude Burger, gourou du château de Montramé (près de Provins), condamné en décembre dernier aux assises de Seine-et-Marne pour « viol et pédophilie » à quinze ans de prison. Quatre autres personnes étaient jugées pour agressions sexuelles et recel de pièces du dossier d'instruction, dont Christian Burger, le fils de l'apôtre du manger cru, en fuite à Bali.

Le procureur a essayé de démontrer l'influence de Guy-Claude Burger sur ses adeptes, lequel recommandait dans un livre les rapports sexuels entre adultes et enfants. Parmi les prévenus, hier, J........, magasinier de la société Orkos basée au château qui importe et vend en Allemagne des fruits exotiques. H..........est accusé d'attouchements sexuels remontant à l'été 1995 sur une fillette de 5 ans qui faisait partie des curistes. Ces derniers occupaient eux aussi une partie du château dans le but de se « resourcer » aux côtés des Burger.

A ses côtés, J.........s, chargé de l'entretien du domaine de Montramé, accusé lui aussi d'agressions sexuelles sur une adolescente de 14 ans. Et un absent de marque, C............., fils du gourou, poursuivi pour des agressions sexuelles sur deux jeunes garçons de moins de 15 ans, qui avait pris la fuite en 1997 après l'arrestation de son père. Il habiterait Bali en Indonésie.

Le président du tribunal et le procureur ont repris en détail plusieurs témoignages les concernant. Des témoignages qui semblent prouver que « les moeurs au château de Montramé auraient été plutôt débridées », « des enfants couchant même dans le lit d'adultes, n'étant pas avec leurs parents et subissant des caresses appuyées ».

« Ça venait toujours d'elle »
A la barre, les accusés nient. « Quelquefois, cette fillette m'embrassait sur la bouche. Mais cela venait toujours d'elle », affirme J.......... La présidente essaye de faire craquer G........, soulignant la forte influence du gourou Guy-Claude Burger. « Il vous fascinait. Vous avez suivi ses cours sur les rapports sexuels enfants-adultes ? » Réponse : « Des cours théoriques ne signifient pas un passage à l'acte. J'ai eu une relation triangulaire avec deux femmes adultes, mais jamais aucun geste déplacé envers un enfant. » Puis le président et le procureur interrogent B.......... Ce dernier était en 1997 le gérant de la société Orkos. « Après l'arrestation de Guy-Claude Burger, vous vous êtes improvisé coordinateur de sa défense. Vous avez été trouvé son avocat. Imprudemment, il vous a confié certaines pièces importantes du dossier. Et notamment les auditions des témoins à charge qui accusaient Burger. C'était une stratégie, pour faire pression sur des jeunes filles, dont certaines n'ont plus voulu témoigner aux assises », avance le procureur.

Celui-ci a réclamé sept ans de prison ferme pour C.......... et un mandat d'arrêt. Il a demandé six mois de prison avec sursis et 15 000 € d'amende pour B......... et respectivement huit mois et quatre mois avec sursis pour J........et J...........

Le jugement a été mis en délibéré.


France : Scientologie

Au tribunal de la Scientologie

L'Express , 14 février 2002 par Serge Faubert

[Texte intégral]

La pieuvre scientologue

Membre de l'«Eglise» fondée par Ron Hubbard, A.. S.. a été contraint de divorcer «à l'amiable» par les dignitaires de la secte. Il a aussi découvert un document prouvant de quelle manière il avait été manipulé

Des extraits des documents découverts par A.S.

COMPTE TENU DU JUGEMENT ETABLI PAR LE JURY.
LE JURY DECLARE:
Réponses à la plainte de Cathy Stoffen
1 - A.S. coupable;
2 - A.S. coupable;
3 - A.S. et Cathy Stoffen coupables : les accords signés lors de la cour de chaplain n'ayant pas été tenus pour la majorité;
4 - A.S. coupable;
5 - A.S. pas coupable : ils sont responsables tous les deux du fait du manque de communication qui les empêchait de prendre des accords temporaires s'appliquant à la situation de l'époque (A.S. ' étant sur le purif devait dormir plus que prévu);

CATASTROPHE NOUS…..…..
CATHY TOUT EST-RENTRÉ DANS L'ORDRE.
DEUX JOURS PLUS TARD, ALAIN VA CHERCHER SON FILS. A LA CRÈCHE VERS 15H, SANS PRÉVENIR SA FEMME, CE QUI EST LA MOINDRE DES CHOSES. CELA A MIS DE L'HUILE SUR LE FEU ET DENOTE UNE NON ENVIE DE FAIRE QUE LES CHOSES SE FASSENT DE FAçON CIVILISÉES EN UTILISANT LA TECHONOLOGIE DE RON. IL A ENSUITE DIT AU CHIEF E/O QU'IL AVAIT L'ACCORQ DU CHAPLAIN ET DE OSA, CE QUI EST FAUX. AUCUN ACCORD PRÉCIS…….PRIS.
LE BUT D'UNE ORG DE SCIENTOLOGIE EST………"'
Des extraits de courriers internes à l'Eglise de scientologie concernant le couple Stoffen.



«Ce qui suit est un programme pour manier A.S.. [...] Faites venir Alain dans un bureau pour l'interviewer. Faites attention à vous asseoir près de la porte pour le cas où il voudrait partir. Vous pourrez ainsi le stopper et manier ses désaccords. Ceci est très important, car il y a beaucoup de chances que cela se passe ainsi...»

Le document date de juillet 1997. Il émane du quartier général européen de l'Eglise de scientologie, à Copenhague. Lorsqu'il en a pris connaissance, voilà quelques mois, A.S. a sursauté. Après quinze années passées dans la secte, ce musicien classique réputé, de nationalité belge, croyait tout connaître de son organisation. Mais jamais il n'aurait imaginé que les pressions et les manoeuvres d'intimidation dont il a été victime aient pu être si méthodiquement planifiées. «Je me souviens parfaitement de la réunion en question, raconte-t-il. Ils m'ont convoqué dans les sous-sol du Celebrity Center - le centre culturel de la secte, rue Legendre, à Paris. Ils étaient quatre. Certains jouaient les méchants, d'autres les gentils. Ils n'ont pas relâché la pression. J'ai fini par céder.» Ce témoignage n'est pas unique dans l'histoire de l'Eglise de scientologie, installée en France depuis 1959. Mais, pour la première fois, un disciple repenti peut fournir la preuve écrite qu'il y a une instance disciplinaire particulièrement inquisitoriale au sein de la secte.

«Maniement» et excommunication
Dans les sous-sols du Celebrity Center, A.S. s'engage à verser 113 000 francs pour régler des séances d'audition - cette psychothérapie rudimentaire à laquelle se livrent les scientologues - qu'il se refusait jusque-là à payer. «Ces séances m'avaient plongé dans un état de confusion croissant. J'ai mis énormément de temps à m'en remettre. Plus tard, les scientologues m'ont expliqué que l'auditeur - le thérapeute scientologue - avait commis des erreurs. Mais ils ont quand même continué à me présenter la facture.»

Pour le faire plier, les scientologues du Celebrity Center lui ont mis un étrange marché en main. «Ou bien je payais, ou bien j'étais déclaré Potential source of trouble» - PTS, dans le jargon scientologue. Autrement dit, excommunié. Une sanction particulièrement redoutée des adeptes. Il est en effet interdit à tout membre de la secte de côtoyer un PTS et encore plus de lui adresser la parole.

Le programme de «maniement» ne s'arrête pas là. Les responsables de Copenhague envisagent alors tous les cas de figure. Y compris un éventuel revirement du musicien, une fois sa liberté de mouvement retrouvée. Après tout, ce mécontent serait bien capable de porter l'affaire devant la justice. Il faut donc qu'il renonce à tout recours devant les tribunaux. La consigne figure explicitement dans la circulaire adressée aux exécutants du Celebrity Center: «Dans tous les cas, vous devez lui faire signer une renonciation, ceci pour des raisons de sécurité. C'est très important.» Installé à Paris, A.S. se souvient avec amertume: «Ils sont parvenus à leurs fins. J'étais épuisé. Au bord des larmes. J'ai signé tous les documents qu'ils m'ont présentés. Alors, seulement, ils m'ont laissé partir.»

«Je mettais la Scientologie en péril, je représentais un danger pour ma femme et pour mon fils»

Ce descriptif édifiant de la manipulation, A.S. l'a retrouvé dans son «dossier d'éthique». C'est ainsi que la hiérarchie scientologue désigne les notes, rapports et circulaires qu'elle rédige sur chacun des adeptes. Des informations confidentielles qui ne doivent jamais être communiquées aux intéressés. Mais les bureaucraties ont toujours des failles. Il y a six mois, à la suite d'une erreur, Stoffen s'est retrouvé en possession de son dossier pendant quelques heures. Il n'a pas été long à dénicher une photocopieuse.

Ecoeuré, révolté, le musicien décide de quitter l'Eglise de scientologie. Les cadres de la secte ne se sont pas contentés de l'intimider pour vider sa bourse. Ils ont aussi violé l'intimité de sa vie conjugale. «En consultant mon dossier d'éthique, j'ai découvert qu'ils savaient tout sur moi et sur mon épouse.»

A.S. a rencontré sa femme, Cathy, dans la Scientologie. Ils ont eu un enfant. Mais le couple a fini par se déliter. En 1999, Cathy, adepte convaincue, décide de divorcer de ce mari qui est au ban de l'organisation. Direction le tribunal? Non. Au sein de l'Eglise, on s'adresse d'abord à la juridiction interne, le «chaplain». Un scientologue qui fait office à la fois de juge de paix et de procureur. Cathy Stoffen lui adresse rapport sur rapport. Alain entraverait sa progression spirituelle. Elle réclame un «maniement» de son mari par la secte.

Le couple se déchire à propos de la garde de l'enfant. L'hypothèse d'un divorce par consentement mutuel s'éloigne à grands pas. Le chaplain s'alarme. Il redoute par-dessus tout qu'un tribunal civil ne vienne arbitrer une séparation entre deux paroissiens de son Eglise. Pas question de laver le linge sale en public.

Le musicien et son épouse sont alors placés sous étroite surveillance. Chaque responsable scientologue y va de sa note ou de son rapport. A.S. a retrouvé quelques-uns de ces écrits dans son «dossier d'éthique». Une prose qui a parfois des relents de délation.

«J'ai fait en sorte qu'ils se séparent physiquement, écrit ainsi un certain Kamel Abdous, officier en chef de l'éthique. Je suis arrivé à un accord que Cathy quittait la maison et qu'elle aille vivre ailleurs avec l'enfant. [...] Je dois les revoir pour aboutir à une suite et continuer de manier le couple et les individus un par un.»
«Alain va chercher son fils à la crèche vers 15 heures sans prévenir sa femme [...], signale dans une autre note une des responsables du Celebrity Center, Nicole Guéroux. Cela a mis de l'huile sur le feu et dénote une non-envie que les choses se fassent de façon civilisée en utilisant la technologie de Ron [Hubbard, le fondateur de la Scientologie].»
«Alain s'est engagé à vendre la Rover le plus vite possible et à récupérer la 205, indique un troisième larron à la signature illisible. [...] Il ne l'a pas fait. Cela devient une affaire d'éthique.»

Morale et parodie de procédure
En octobre 2000, A.S. est à nouveau convoqué dans les sous-sols du Celebrity Center. Cette fois, il comparaît devant un tribunal: la cour de chaplain. Un président, André Djemad, et un jury de trois membres. Mais pas de défenseur et encore moins d'acte d'accusation. «Pendant une heure, ils m'ont fait la morale, raconte le musicien. Je mettais la Scientologie en péril, je représentais un danger pour ma femme et pour mon fils... Et puis ils se sont retirés.»

Deux mois plus tard, le 6 décembre, la cour rend son jugement. Il enjoint aux époux Stoffen d'opter pour un divorce par consentement mutuel. L'aspect financier de la séparation est réglé dans ses moindres détails. Les époux devront communiquer le jugement à leurs avocats respectifs afin qu'ils en reprennent les dispositions dans leurs écritures.

A.S. a refusé de se soumettre à cette parodie de procédure. Il attend que la justice de la République prononce son divorce. Quant aux 120 feuillets de son dossier d'éthique, il les a remis à son avocat, Olivier Morice. Celui-ci vient de déposer plainte pour «escroquerie en bande organisée, extorsion en bande organisée, chantage, exercice illégal de la médecine, exercice illégal de la pharmacie» contre les échelons français, européen et mondial de la secte. Contacté, le responsable parisien de l'Eglise de scientologie n'a pas souhaité s'exprimer sur cette affaire qu'il déclare ne pas connaître.


Belgique : Actualités diverses

Ramdam autour de l’expulsion des pentecôtistes

La Libre Belgique , 14 février 2002

[Texte intégral]

Comme relaté dans nos éditions de mardi, la semaine dernière les autorités belges ont procédé à l’expulsion de cinq ressortissants américains travaillant comme bénévoles, sans permis de travail ou de séjour en ordre, au sein de l’Internaional Christian Academy, une école liée à l’"Assembly of God ", une église protestante pentecôtiste.

Des expulsions qui font du bruit du côté protestant, principalement pour la manière dont elles auraient été exécuées : pas de possibilités d’appeler un avocat, ni l’ambassade ou le consulat.

Les responsables de l’"Assembly of God"belge auraient contacté les autorités belges à ce sujet mais n’ont pas voulu nous en dire plus. Du côté du ministère de l’Intérieur, destinataire logique d’une plainte, on parle juste d’un coup de fil. Quoi qu’il en soit, faits avérés ou non, il est certain que l’ "hospitalité belge" ne risque pas d’être mise à l’honneur outre-Atlantique.


France : Mormons

Des austères qui prient - Les mormons français

Le Point , 15 février 2002 par Vanessa Filhol

[Texte intégral]

Officiellement nommés membres de l'Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours, 31 000 mormons vivent en France. A l'instar de ceux de l'Utah, l'Etat américain qui accueille depuis une semaine les Jeux olympiques, ces mormons respectent les règles strictes de la communauté : ils se rendent à un office de trois heures tous les dimanches, paient la dîme tous les mois (soit un dixième de leurs revenus) et ne consomment ni alcool, ni café, ni tabac. " Nous avons une grande hygiène de vie, mais nous ne sommes pas des gens austères ! " affirme Bernadette Grenier, une missionnaire de 62 ans. Convertie avec son mari au mormonisme en 1962, après la visite à leur domicile de deux missionnaires, les époux Grenier ont deux enfants qui, comme tous les bons mormons, sont partis en mission - soit dix-huit mois de prosélytisme, financés sur leurs propres deniers - et ont épousé deux membres de l'Eglise.

A Paris, dans le 4e arrondissement, l'Eglise possède presque la totalité d'un hôtel particulier, transformé en " centre éducatif et culturel ". Sur la porte d'entrée, un écriteau incite les passants à entrer : " Famille, généalogie, venez à l'intérieur. " Ils donnent aussi des cours d'anglais gratuits. " Ces cours, c'est de l'escroquerie, s'insurge la présidente de l'Association de défense des familles et de l'individu des Yvelines, Marie Drilhon, car il ne faut pas croire que les missionnaires n'attendent rien en retour. "

Et, bien que les mormons ne figurent pas dans la liste du rapport parlementaire sur les sectes de 1995, Marie Drilhon estime que la religion mormone laisse à ceux qui choisissent de quitter l'Eglise " des séquelles psychologiques "


Chine : Falungong

La Chine expulse 53 adeptes étrangers du Falungong

Edicom , 14 février 2002 par Serge Faubert

[Texte intégral]

PEKIN - La Chine a expulsé vendredi 53 adeptes étrangers de la secte interdite Falungong qui avaient manifesté la veille sur la place Tiananmen. Les expulsés étaient originaires de 12 pays. Pékin détient encore six membres étrangers du mouvement interdit.

Tous les adeptes avaient été interpellés jeudi, dont certains avec brutalité alors qu'ils tentaient de protester sur la grande place de Pékin en déroulant des banderoles et en criant des slogans favorables au Falungong. Cette manifestation intervenait à une semaine de la visite du président George W. Bush.
Selon un porte-parole de l'ambassade américaine à Pékin, 33 adeptes américains de la secte ont été expulsés vendredi, tandis que l'ambassade allemande faisait état de six Allemands expulsés.

Jeudi déjà huit autres adeptes étrangers de la secte - quatre Britannniques, deux Finlandais et deux Français - avaient été expulsés par la Chine. Certains avaient été arrêtés à leur hôtel avant la manifestation de jeudi. Lundi dernier, un Canadien et un Américain avaient déjà été interpellés place Tiananmen avant d'être expulsés mardi de Chine.

Les récentes manifestations du Falungong visent à attirer l'attention sur la répression du Falungong, dont des dizaines de milliers de membres ont été arrêtés par les autorités chinoises, à une semaine de la visite du président George W. Bush à Pékin. Ce dernier s'est dit «inquiet» des arrestations de jeudi.


Corée : Moon

Moon célèbre 7200 mariages

Courriel de Pascal Zivi, 17 février 2002

[Texte intégral]

Je te siganale que le16 février 2002, la secte Moon a fait des mariages collectifs a Séoul en Coréee : 3200 couples.

Moon a aussi marié par satellite dans 186 pays 4000 couples le même jour.


Belgique : Scientologie

Sale temps pour les scientologues belges

La libre Belgique , 18 février 2002 par Roland Planchar

[Texte intégral]

Leurs fichiers sont déclarés illégaux. Ce qui augure mal, pour eux, du futur procès alors que l'enquête avance à grands pas

Un sérieux revers pour les scientologues de Belgique est presque passé inaperçu, le 30 janvier dernier.

Comme on nous l'a confirmé au parquet de la capitale, la chambre des mises en accusation de la cour d'appel de Bruxelles leur a en effet donné tort sur ce qui pourrait passer pour n'être qu'un simple point de procédure mais est, en réalité, très indicatif du sort que la justice devrait, sous réserve du jugement à venir et de la présomption d'innocence, jeter tôt ou tard sur l'`Eglise´ de scientologie. Une `Eglise´ présente dans notre pays depuis 1973 mais qui... n'en est pas une: au mois d'avril 1997, le Parlement belge l'avait rangée au rang des sectes dangereuses, rejoignant ainsi la position adoptée à cet égard par nombre de pays démocratiques.

L'arrêt de la chambre des mises, d'abord attendu pour la fin de l'année dernière puis rendu fin janvier, concerne les dossiers personnels des scientologues. Les enquêteurs du juge d'instruction bruxellois Jean-Claude Van Espen, qui enquêtait sur une affaire d'escroquerie imputée à la secte, avaient découvert, lors d'une vague de 25 perquisitions menées le 30 septembre 1999, des milliers de ces dossiers paraissant parfaitement illégaux car contrevenant gravement à presque toutes les dispositions de la loi de 1992 sur la vie privée (même modifiée par celle du 11 décembre 1998). Informations médicales précises, vie intime et sexuelle, données familiales et personnelles, comptes-rendus de `confessions´ culpabilisantes réalisées entre autres sous électromètre, rien n'y manque pour asseoir l'emprise sectaire sur les adeptes.

Logique: tant l'instruction que le parquet avaient estimé que, les données étant détenues illégalement et pouvant servir à escroquer les adeptes, les dossiers devaient rester en possession de la justice. Mais cela n'avait pas plu aux scientologues qui avaient introduit plusieurs actions en justice, finalement regroupées devant la chambre des mises, dans le dessein de les récupérer.

Fin janvier, donc, cette instance leur a dit `non´. Mais il faut s'intéresser aux motivations retenues. Il s'agit notamment, pour résumer ce que l'instance d'instruction a exprimé avec quelques précautions oratoires, du fait que les scientologues se sont eux-mêmes tiré une balle dans le pied...

En effet, croyant peut-être mieux convaincre la chambre des mises, ils se sont présentés comme sur deux fronts. D'une part, des membres de la secte ont esté à titre privé en affirmant que la justice devait se départir des dossiers saisis, car ils sont tout à fait privés. D'autre part, l'`Eglise´ a aussi prétendu qu'ils devaient être rendus, mais à elle-même, car elle se targuait d'en détenir la propriété. Des documents de cession signés par les adeptes existent par ailleurs à l'appui de cette thèse.

Bref, peu importe à qui les rendre, mais la justice devait se séparer des fameux dossiers... Sauf que, de ces prémisses, la chambre des mises a fort logiquement retenu que, en réalité, la secte se prévalait de la propriété de ces dossiers très intimes. Et c'est précisément ce que la loi sur la vie privée interdit, d'autant que les adeptes n'y avaient pas accès...

Bref, pourquoi la portée de cette étape de procédure est-elle singulière? Parce que la cour d'appel s'est ainsi prononcée, certes dans le respe