Actualités sur les sectes en janvier 2003

Mormons (*) Que sait-on de : les Mormons
Sectes (*)Médecins, attention : les sectes vous recherchent
Sectes (*)

Psychosectes et psychothérapie

Scientologie (*) La scientologie en guerre contre la psychiatrie
RaëlBientôt....
RaëlAntinori condamne Clonaid
RaëlNationalité du bébé cloné, un casse-tête pour le département d'Etat
RaëlUn crime contre l'humanité
RaëlEn attendant les preuves de Clonaid...
RaëlLe gourou des raéliens annule les tests ADN du bébé clone
RaëlLe clone tourne à la farce
RaëlRaël ne se présentera pas devant la justice américaine
RaëlDe clowns et de clones
RaëlClonage : Un deuxième bébé serait né
RaëlLes raéliens attendent la naissance de trois clones en janvier et février
RaëlBébé clone:le journaliste "indépendant" a proposé le sujet il y a des semaines
RaëlRaël : itinéraire d'un gourou en quête d'identités
RaëlBébé clone: Michael Guillen évoque une «supercherie» de Raël
RaëlChronique religieuse : Eve à l'image d'elle-même
Actualités diversesLa formidable imposture de Rorvik
RaëlPour sa tante, Raël "est un diable, il a tous les défauts"
RaëlL'enfant des Raéliens comme créature publicitaire
Vie universelleL'Eglise de la Vie universelle a déjà fait 40 000 adeptes outre-Rhin
RaëlProposition de résolution tendant à créer une commission d'enquête
RaëlLe matin des hallucinés
RaëlL'image de la science en prend un coup
RaëlLes hurluberlus du néant
RaëlTrois experts, dont le père de "Dolly", mettent au défi les raéliens
RaëlClonage reproductif: le commissaire UE à la Recherche pour une interdiction
RaëlRaélité Show
RaëlLes Français majoritairement scandalisés par le clonage reproductif
RaëlDes élus américains réintroduisent une loi interdisant le clonage humain
RaëlClonage humain reproductif : mise en garde du C.I.A.O.S.N
RaëlIl faut créer un "crime contre la dignité humaine"
Raël (*) 11/01/2003L'objectif du mouvement est le contrôle des membres
Raël (*) 11/01/2003Une sexualité sans contraintes
RaëlUn dirigeant de Clonaid devra comparaître devant la justice américaine
RaëlExtraterrestres... et publicité
SectesLa protection des mineurs, priorité de la Miviludes
RaëlRaël échappe à L'Infoman!
RaëlLa présidente de Clonaid annonce vingt nouveaux clonages
Raël«Son but, c'est d'avoir des femmes»
RaëlLa Commission des opérations de bourse américaine s'intéresse à Clonaid
RaëlClonaid, l'entreprise secrète des raéliens
RaëlUn ex-député fait l'apologie du mouvement raélien
RaëlCinq affaires d'agressions sexuelles
Raël (*) 16/01/2003Un canular pour tous, mais pas pour Claude Vorilhon
Raël (*) 17/01/2003Les raéliens pratiquent un rite morbide sur leurs morts
RaëlGisele Bundchen dit non à Raël
RaëlClonaid annonce la naissance lundi d'un bébé clone japonais
RaëlRaël: "Blague scientifique" ou pas, le bébé clone a fait connaître la secte
RaëlLe clonage reproductif bientôt "crime contre l'espèce humaine"
RaëlUn message en provenance du Canada
RaëlLe vice-président de Clonaid convoqué par la justice
RaëlOn les verra bientôt à poil
Raël (*) 23/01/2003Sur les pas de Raël en Périgord
RaëlClonaid annonce, toujours sans preuve, la naissance d'un clone au Japon
Shri Ram ChandraAugerans: la vente du château se précise
RaëlClonaid n'est pas "incorporated"
RaëlClonaid devant les juges le 29 janvier
RaëlLes charlatans ont-ils le chemin libre?
SectesLe Québec, terre promise des Français sectaires
SectesLa première puissance des sectes
SectesLe royaume des libertés individuelles
Raël (*) 27/01/2003 A propos de Clonaid
Gurdjieff (*) 27/01/2003"....l'homme se contente d'avaler une petite pilule..."
RaëlClonaid montre son laboratoire: cela ne prouve rien, selon un expert
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RaëlLe prétendu premier bébé cloné serait en Israël
RaëlUne association présidée par Kouchner a déposé plainte contre les raéliens
RaëlLes consignes du "prophète"
RaëlLe Sénat: le clonage reproductif, "crime contre l'espèce humaine"
Sectes & RaëlLe Sénat vote la possibilité de dissolution de sectes
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MormonsPour les jeunes mormons, partir en mission est désormais un privilège
SectesDe nouvelles armes contre les sectes
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FalungongUn citoyen américain membre du Falungong est détenu en Chine
RaëlReligieusement correct
Sectes"La vraie nature des sectes éclate vite"

 

(*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web

  Canada : Raël

Antinori condamne Clonaid

Radio Canada, 1er janvier 2003

[Texte intégral]

Le professeur italien Severino Antinori a condamné l'annonce faite par la firme Clonaid de la naissance d'un bébé prétendument conçu par la technique du clonage.

Le célèbre médecin italien, qui avait lui-même annoncé, avant de se rétracter, la naissance, en janvier, d'un bébé cloné, a qualifié les déclarations de la directrice scientifique de la firme américaine, Brigitte Boisselier, de «bluff». Il a par ailleurs estimé que cela allait être nuisible à la poursuite des recherches sur le clonage humain à des fins thérapeutiques.

Vendredi, Mme Boisselier a annoncé qu'elle avait mis au monde une fillette, surnommée Ève, conçue par clonage, à partir d'une cellule de sa mère, une Américaine de 31 ans.

Afin de prouver la véracité de cette annonce, des prélèvements d'ADN ont été effectués sur le bébé, sous la supervision d'un expert, dit indépendant, Michael Guillen. Scientifique de formation et ancien journaliste, M. Guillen ne fait toutefois pas l'unanimité, car on prétend qu'il est sensible aux idées véhiculées par la secte des Raéliens, à laquelle appartient Mme Boisselier et qui est à l'origine de la création de Clonaid.

Le monde entier condamne

L'annonce de Clonaid a immédiatement suscité de vives protestations partout dans le monde. L'Unesco a qualifié le clonage humain d'«intolérable violation de la dignité humaine», alors que le président des États-Unis, George Bush, a demandé au Congrès de légiférer pour interdire cette pratique. Un texte dans ce sens a déjà été approuvé par les représentants, mais reste bloqué au Sénat. Certains scientifiques affirment en effet que cette interdiction pourrait entraver des avancées médicales.

Par ailleurs, la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a annoncé qu'elle lançait une enquête sur la prétention du mouvement raélien d'avoir mis au monde le premier clone humain. L'agence fédérale pour la sécurité alimentaire et pharmaceutique américaine veut vérifier si le clonage a effectivement eu lieu et, si tel est le cas, si l'expérience a violé certaines lois américaines. Et cela même si Clonaid, la société liée aux Raéliens, affirme que le clonage a été effectué à l'extérieur des États-Unis.

Le clonage humain n'est pas illégal aux États-Unis, mais toute nouvelle expérience portant sur des humains doit être approuvée par la FDA. L'organisme précise avoir inspecté l'an dernier des installations appartenant aux raéliens en Virginie occidentale et dit avoir obtenu l'assurance qu'aucune expérience ne serait tentée sur le territoire américain.

Le Canada n'a pas encore de législation

L'annonce de la naissance d'un premier être humain cloné inquiète également de nombreux Canadiens. Le Canada ne s'est pas encore doté d'une loi empêchant le clonage d'embryons humains, mais un projet de loi interdisant cette pratique pourrait être adopté dès le début de la nouvelle année.

Ce projet de loi a été déposé le printemps dernier aux Communes par la ministre de la Santé, Anne McLellan. La législation en est à l'étape de l'étude en comité. Le projet de loi concerne la procréation assistée et devrait interdire le clonage humain, même le clonage d'embryons à des fins médicales ou de recherche.


  Etats-Unis : Raël

Nationalité du bébé cloné, un casse-tête pour le département d'Etat

Le Soir , 2 janvier 2003

[Texte intégral]

Le département d'Etat américain a admis lundi qu'il serait bien en peine de prendre une décision si la maman américaine d'Eve, le premier bébé au monde qui aurait été cloné, demandait un passeport ou la reconnaissance de la nationalité américaine pour sa fille.

Selon le porte-parole adjoint du département d'Etat Philip Reeker, une telle requête nécessiterait un examen juridique approfondi avant de pouvoir être envisagée. Le cas hypothétique d'un enfant cloné créerait une situation inédite et pour l'instant nous ne serions pas en mesure de déterminer comment la législation américaine en matière de nationalité s'appliquerait à cet enfant, a déclaré ce responsable à la presse.

C'est un dossier sur lequel les juristes devront se pencher si ce cas hypothétique se transformait en réalité et que la question se posait, a déclaré M. Reeker. Il a indiqué qu'à sa connaissance le département d'Etat (ministère des Affaires étrangères), qui est chargé de l'établissement des passeports et des questions de nationalité pour les enfants d'Américains nés à l'étranger, ne s'était pas encore penché sur la question.

La secte des raéliens a annoncé vendredi la naissance le 26 décembre du premier bébé conçu, selon elle, par clonage, en affirmant que la preuve de cette première serait disponible dans quelques jours. Selon Brigitte Boisselier, présidente de la société Clonaid, liée à la secte des raéliens, les parents du bébé sont un couple d'Américains. La mère, âgée de 31 ans, a accouché par césarienne hors des Etats-Unis dans un pays non précisé.

L'annonce a suscité le plus grand doute par la communauté scientifique, et provoqué une vague de réprobation dans les grandes capitales occidentales. Lundi, Mme Boisselier a indiqué que le bébé et sa mère devaient regagner leur foyer le même jour, suscitant immédiatement des spéculations de télévisions américaines sur leur éventuel retour aux Etats-Unis par avion ainsi que des interrogations sur les documents de voyage du nouveau-né.

Mme Boisselier a précisé à l'AFP qu'elle n'avait pas parlé de retour aux Etats-Unis, mais simplement au foyer. Selon la législation américaine actuelle, les enfants ne peuvent voyager en étant simplement mentionnés sur les passeports de leurs parents. Ils doivent être munis de leur propre passeport s'ils sont nés hors des Etats-Unis. Mais les enfants nés à l'étranger de parents américains n'ont pas droit automatiquement à la nationalité américaine. Leurs parents doivent remplir certains critères en matière de résidence aux Etats-Unis pour pouvoir transmettre la nationalité américaine à leurs enfants, a rappelé M. Reeker.


France : Raël

Un crime contre l'humanité

Libération, 2 janvier 2003 par Corinne Lepage

[Texte intégral]

Sans la brevetabilité du vivant, nous n'en serions pas là.

Corinne Lepage, ancienne ministre, est présidente du mouvement écologiste CAP 21 et de l'association CRII-GEN.

L'annonce, vraie ou fallacieuse, de la naissance du premier bébé cloné a soulevé une légitime indignation de la communauté internationale, unie dans la condamnation de ce que l'on pourrait appeler un crime contre l'humanité, car c'est en réalité bien de cela qu'il s'agit. Si toute prise de conscience est bonne à prendre et si les citoyens peuvent espérer qu'il en sortira, enfin, une réglementation internationale condamnant, sans aucune dérogation, le clonage reproductif et permettant la sanction pénale inévitable de ceux qui chercheront à se soustraire à cette interdiction, qu'il s'agisse des parents, des médecins ou des intermédiaires, cette seule mesure n'est pas suffisante, car elle ne cherche qu'à corriger tardivement les effets d'une évolution, sans s'attaquer à ses causes.

La première cause est à rechercher dans la marchandisation de la vie, sous toutes ses formes, qui s'est notamment traduite par la brevetabilité du vivant admise par l'Europe. Une décision prise sous la pression des chercheurs, des laboratoires et des agrosemenciers qui arguaient de l'impossibilité de rivaliser avec les Etats-Unis dont la Cour suprême avait admis, à une voix de majorité, voici vingt ans, la brevetabilité du vivant. Dès lors que le vivant végétal et animal est brevetable, l'humain est dans la ligne de mire. L'hypocrisie consistant à interdire le brevet direct mais à permettre le brevet sur la cellule ou le gène modifié ne trompe évidemment personne et sûrement pas les promoteurs des OGM. Il est du reste particulièrement piquant d'entendre les principaux responsables et thuriféraires des OGM, en France et en Europe, jouer les vierges effarouchées à propos du clonage et se transformer en chantres de l'éthique, oubliant au passage que sans la brevetabilité du vivant, il n'y aurait pas de clonage.

En effet, et c'est la deuxième cause de notre présente tragédie, la valeur marchande étant devenue la seule référence, plus aucune valeur morale ne résiste devant l'appât du gain. Clonaid, société commerciale, va vendre au prix fort le clonage, et les hésitations de nos politiques devant les besoins de la recherche et surtout les nécessités économiques invoquées par tous les laboratoires sont largement responsables de la situation. Comment ne pas songer, et la concomitance des événements y appelle, que l'Académie de médecine, adoptant récemment un avis sur les OGM, a cru bon de le justifier par les seules considérations économiques, alors qu'il n'existe à l'heure actuelle aucune étude scientifique sérieuse, avec un délai de latence suffisant, pour juger de l'effet sur la santé publique des OGM?

Faute de gouvernance mondiale capable, y compris dans le cadre d'instances existantes comme l'ONU, d'imposer un minimum de règles communes destinées simplement à permettre la survie de l'humanité, les décisions sont prises dans d'autres sphères et sont imposées au reste du monde. La restauration du politique devient une question de vie ou de mort, à terme, des humains et elle impose que tout ne soit pas permis en matière de recherche et de sciences appliquées. Même si une partie de la communauté scientifique reste viscéralement attachée à la liberté absolue de la recherche scientifique, il est temps de sortir de cette virtualité qui consiste à faire croire que la liberté du chercheur existe toujours. C'est largement faux, depuis que le marché précède la recherche appliquée, qui elle-même précède la recherche fondamentale. De même qu'il aurait dû être possible, au nom de l'ingérence éthique, d'interdire les expériences de Mengele, il faut pouvoir interdire certaines recherches ou expériences contraires aux règles minimales de l'éthique universelle.

Car, et c'est la troisième cause du mal, le matérialisme ambiant a convaincu nombre d'humains qu'ils étaient devenus des démiurges et que les mythes qui fondent l'histoire universelle étaient susceptibles de devenir des réalités. Il en va notamment ainsi du mythe des mythes, celui de l'éternité. Faust comme nouveau destin permettant toutes les transgressions, la duplication à l'infini des bourreaux, des criminels et des dictateurs, mais aussi l'apparition d'une nouvelle espèce dont nous ne savons en réalité rien.

La réalité est qu'il faut réapprendre l'humilité et sortir du scientisme fou dans lequel nous a plongés la croyance quasi religieuse dans notre capacité infinie à tout maîtriser, jusque et y compris notre propre création. C'est en revenant à la réflexion sur la réalité de la condition humaine, sa responsabilité à l'égard d'elle-même comme à l'égard des autres espèces que nous pourrons trouver les voies salvatrices capables de nous corriger de nos folies pendant qu'il en est encore temps. Sans doute se font déjà entendre les voix non dénuées d'arrière-pensées commerciales de ceux qui s'offusqueront du risque d'obscurantisme. Mais le principal risque d'obscurantisme ne vient-il pas de ceux qui veulent plonger l'humanité dans les ténèbres du pur matérialisme en oubliant que l'espoir, si nécessaire à la vie, ne peut venir que de l'aspiration à un monde meilleur, à un idéal, sans cesse recherché mais jamais atteint? A défaut des politiques, c'est à nous, société civile, de rappeler cette vérité et d'exiger qu'elle soit respectée.


Belgique : Raël

En attendant les preuves de Clonaid...

La Libre Belgique , 4 janvier 2003 par Laurence Dardenne

[Texte intégral]

Les prélèvements d'ADN sur le 1er enfant présumé cloné semblent compromis. Un tribunal de Floride demande de retirer aux parents la garde de leur fille. Présidente de la société de clonage, le Dr Boisselier répond à nos questions.

De passage à Bruxelles "par plaisir, mais également pour le business" le très controversé Dr Brigitte Boisselier, présidente de Clonaid, nous a accordé une interview exclusive, alors que le monde attend toujours la preuve de l'existence réelle du premier bébé cloné. Et alors que Claude Vorilhon, alias Raël, l'a priée de renoncer aux tests d'ADN.

Le côté `business´ qui justifie votre passage dans notre capitale est-il lié au clonage?

Bien sûr, mon business est à 100 % clonage, pour l'instant.

Nous voulions dire directement lié à la naissance d'enfants clonés à naître sur notre territoire...

Pas nécessairement en Belgique.

L'incertitude quant au fait qu'un expert indépendant puisse effectuer les prélèvements sur Eve pose un réel problème de crédibilité. Comment allez-vous apporter cette preuve tant attendue?

Une preuve que j'attends aussi avec impatience. Mais ce sont les parents qui détiennent l'accès et tant qu'il subsistera un doute sur le fait que l'enfant puisse leur être enlevé, ils vont probablement me faire patienter encore un peu.

Vous avez envisagé d'autres solutions pour apporter la preuve?

Oui, on pourrait peut-être s'en tirer différemment. Le maillon faible est cet expert indépendant. Etant de nationalité américaine, en face d'un juge américain, il est tenu par la loi de donner ces informations. On pourrait donc imaginer avoir un expert d'un autre pays. L'autre solution envisagée consisterait à faire les tests sur les prochains bébés à naître.

Que pensez-vous de l'attitude des parents?

Je comprends très bien qu'ils restent prudents même si, contractuellement, ils s'étaient engagés à rendre l'événement public et à accepter le passage d'un expert. Mais je n'ai pas le coeur à les pousser compte tenu de la folie de certaines demandes juridiques. Je ne désespère toutefois pas qu'ils changent d'avis. Ils nous ont demandé 48 heures de réflexion. Nous travaillons avec nos avocats.

Vous comprenez aussi le scepticisme légitime du public en l'absence de preuves?

Oui, mais quand une nouvelle technologie se développe, elle suscite des réactions. Il y a eu le dégoût, puis la peur et maintenant le doute. Il faudra bien un jour que les gens se fassent à la réalité.

Que pensez-vous de la demande du tribunal de Floride de retirer aux parents la garde de l'enfant?

Aucune juridiction ne pourrait nuire d'une façon quelconque à ceux qui ont fait cet enfant, et je m'inclus dans ceux-ci.

Vous n'aviez pas envisagé cette éventualité?

Non, cela me paraît si monstrueux, indigne que cela ne nous a jamais traversé l'esprit.

On peut répondre qu'il est monstrueux de concevoir un clone...

Dès que les gens verront le visage de l'enfant et qu'ils comprendront qu'il est le jumeau décalé d'un autre enfant, je suis persuadée que leurs doutes vont disparaître et que leur perception de l'événement va se décanter. Qu'il y aura un peu moins d'émotion et que ce sera plus rationnel.

Pourquoi pensez-vous que la situation sera plus aisée en Europe, pour la prochaine naissance de cette petite fille d'un couple de lesbiennes?

Peut-être que les parents se sentiront moins menacés et qu'ils accepteront donc cette expertise plus facilement.

Quelles sont les équipes qui assurent le suivi des grossesses?

Il existe deux équipes qui travaillent selon le continent. L'important est d'avoir des médecins possédant la licence pour travailler dans les pays concernés.

Avez-vous assisté au premier accouchement?

Non. Je m'étais pourtant toujours promis d'y assister mais il m'a semblé qu'il était plus prudent de ne pas y être pour m'assurer de ne pas être suivie. Il n'est pas impossible que j'assiste à la deuxième naissance.

Combien d'essais ont été nécessaires pour aboutir à une naissance à terme?

Parmi les dix implantations que nous avons effectuées, cinq sont sur le point ou sont déjà arrivées à terme. Les autres se sont soldées par des fausses couches spontanées.

Quels tests ont été réalisés pour vérifier le bon état de santé d'Eve?

Tout a été fait.

Les risques de développer plus tard d'autres maladies, notamment génétiques, demeurent malgré tout bien présents?

Comme pour tout enfant né le même jour à la même heure. Cela n'a rien à voir avec le mode de conception.

Et lorsque l'on vous dit que ce bébé est un cobaye humain...

On peut le qualifier de toute sorte. Je considère pour ma part que c'est un enfant qui a été désiré. Les parents ont pris, avec nous, le risque de l'obtenir et ils sont aujourd'hui heureux de l'avoir fait. Nous avons implanté un embryon testé au préalable et nous avons assuré un suivi pendant la grossesse comme cela se pratique en fécondation in vitro, même si nous avons `surassisté´ ce suivi. Si ce bébé a été `surétudié´, je ne le qualifierais pas pour autant de cobaye.

Que savez-vous des expériences similaires menées ailleurs?

À vrai dire, je n'en connais pas plus que vous. J'ai entendu des déclarations du Dr Antinori qui annonce une naissance début janvier. J'espère que tout se passera bien pour lui, comme ce fut le cas pour moi.

Certains experts ont affirmé qu'en Russie, des centaines de spécialistes étaient capables de faire naître des bébés par clonage, mais qu'ils manquaient de moyens. Qu'en pensez-vous?

Je pense qu'il en existe des milliers de par le monde et pas uniquement en Russie. En Chine, ils sont aussi bien avancés et même encouragés par le gouvernement. Il suffit d'avoir un équipement de type clinique de fécondation in vitro et des techniciens doués qui pratiquent beaucoup. En plus de connaître les caractéristiques propres à l'espèce humaine. Je suis convaincue que le clonage est accessible à toute personne qui connaît l'art...


France : Raël

Le gourou des raéliens annule les tests ADN du bébé clone

Libération, 4 janvier 2003 par Fabrice Rousselot

[Texte intégral]

New York de notre correspondant

Sur CNN, Claude Vorilhon, alias Raël, est apparu dans sa tenue de gourou. Une combinaison blanche surmontée d'un vaste pendentif. Au journaliste qui l'interrogeait, il a suggéré de l'appeler «sa sainteté Raël». Puis, dans un sourire, il a parlé de «mauvaise nouvelle». Avant d'annoncer qu'il avait demandé à Brigitte Boisselier, la présidente de Clonaid, la société rattachée à sa secte, de renoncer aux tests ADN supposés prouver la naissance, le 26 décembre dernier, du premier bébé clone de l'histoire.

Une semaine après l'annonce faite à Miami par Brigitte Boisselier, les doutes se multiplient donc sur la réalité de l'opération de clonage. En Floride, le 27 décembre, la chimiste française avait assuré que des prélèvements d'ADN seraient effectués sur «Eve», pour prouver que le bébé était bien le clone de sa maman. Mais, jeudi soir sur France 2, avant même l'intervention de Raël sur CNN, Brigitte Boisselier revenait en arrière. Depuis la Belgique, elle affirmait qu'il n'était «pas certain que les prélèvements aient lieu» et ajoutait que «les parents [du bébé] se donnaient quarante-huit heures pour décider si oui ou non ils le faisaient».

A en croire Raël et Brigitte Boisselier, ce revirement serait le résultat d'une action en justice déposée en Floride contre la secte et Clonaid. Un juge de Miami a convoqué le gourou, la chimiste, mais aussi les parents d'«Eve», dont l'identité n'a pas été révélée, pour une audience préliminaire le 22 janvier.

Le magistrat devra alors examiner la plainte déposée par un avocat du nom de Bernard Siegel. Celui-ci a demandé à l'Etat de Floride de retirer la garde du bébé à ses parents, en arguant du fait que l'enfant faisait l'objet d'une «exploitation commerciale» et qu'il pourrait «souffrir de graves troubles génétiques». «Cela fait beaucoup pour des parents qui sont rentrés chez eux et qui veulent juste avoir la paix et vivre bien avec leur enfant», a encore déclaré Brigitte Boisselier.

Parallèlement, les autorités américaines ont engagé une enquête préliminaire sur l'opération de clonage prétendument réalisée par les raéliens. Des inspecteurs de la FDA, l'agence fédérale pour le contrôle des médicaments aux Etats-Unis, ont perquisitionné lundi dernier les bureaux de Clonaid à Las Vegas, dans le Nevada. Des fouilles sont également intervenues dans une filiale de Clonaid en Corée du Sud, BioTech Fusion Inc.

Tout cela n'a pas empêché Brigitte Boisselier d'assurer sur une télévision belge qu'un second bébé clone allait naître aux Pays-Bas ce week-end. Elle a refusé de donner plus de précisions, mais elle avait déclaré auparavant que l'enfant était attendu d'un couple de lesbiennes. Vendredi après-midi, on ne savait pas grand-chose de plus. Selon une porte-parole des raéliens à Bruxelles, Brigitte Boisselier avait quitté la Belgique. Pour une destination inconnue.


Belgique : Raël

Le clone tourne à la farce

Le Soir , 4 janvier 2003 par Alain Lallemand

[Texte intégral]

Une escroquerie planétaire est-elle en train de connaître son épilogue ?

Prétextant de poursuites judiciaires entamées en Floride, le Français Claude Vorilhon, gourou du « mouvement raélien », a demandé à la chimiste française Brigitte Boisselier, présidente de la société Clonaid - liée à la secte et revendiquant depuis ce 27 décembre la paternité du premier clone humain - de renoncer aux tests d'ADN qui seuls auraient pu authentifier la prétendue « première », mise en doute par la communauté scientifique internationale.

Le raisonnement qui a poussé « Sa Sainteté Raël » à une telle demande est loin d'être limpide. Toujours est-il que l'« évêque-chimiste » Boisselier, interrogée jeudi soir par nos confrères de France 2 alors qu'elle se trouvait en Belgique, confirme que les prélèvements d'ADN ont été « repoussés » et pourraient même ne jamais avoir lieu.

Ce rebondissement, survenu alors que la secte avait annoncé des éléments de preuve pour ces tout prochains jours et la naissance d'un second clone ce week-end aux Pays-Bas, renforce un faisceau de présomptions qui nourrit une hypothèse redoutable : la secte, qui n'a jamais eu de réelle profondeur scientifique mais a par contre démontré un goût certain pour les finances de ses adeptes n'aurait-elle pas annoncé de manière intempestive la naissance d'un premier clone afin de s'attirer les dons de couples désespérés ? Car Clonaid, sur son site internet, appelle aux financements extérieurs et évoque une sorte de « participation aux frais », de 200.000 dollars par clonage.

Au même moment, un fonctionnaire de la Food and Drug Administration (FDA), l'agence américaine qui a perquisitionné en 2001 le laboratoire américain de Clonaid, affirme, sous couvert de l'anonymat, qu'il y a un an Clonaid ne travaillait même pas encore sur des cellules humaines, mais sur l'extraction de cellules provenant d'ovaires de vache... achetés dans un abattoir voisin. Et ce dans un « laboratoire » qui n'en avait que le nom, où même l'hygiène n'était pas assurée. On se rappellera par ailleurs que la « chimiste » Boisselier n'a aucune compétence en matière de clonage, et que ses activités « scientifiques » les plus marquantes ont consisté en... ventes de gaz sur la région lyonnaise pour compte de la société Air Liquide.

Le fait que Mme Boisselier se soit exprimée jeudi soir au départ de la Belgique pose la question de l'implantation de la secte dans notre pays. De source policière, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, Raël compte trente à quarante membres dans notre pays, guère plus, et aucune société commerciale propre.

Les remous soulevés par le dossier « clonage » pourraient valoir à cette secte un soudain regain d'attention de la part de l'État


Belgique : Raël

Raël ne se présentera pas devant la justice américaine

Le Soir , 4 janvier 2003 par Alain Lallemand

[Texte intégral

Le gourou de la secte des raéliens, Claude Vorilhon, alias «Raël», a affirmé vendredi qu'il ne se rendrait pas en Floride pour une audience préliminaire d'un tribunal qui doit statuer sur une demande pour que le présumé premier bébé clone au monde soit retiré à ses parents. Raël, les parents d'«Eve», ainsi que Brigitte Boisselier, présidente de la société Clonaid, fondée par les raéliens, et qui a annoncé, sans preuves, la naissance de ce supposé premier bébé clone, ont été convoqué à cette audience fixée au 22 janvier.

Dans un entretien accordé à la chaîne de télévision publique Radio-Canada, Raël a déclaré qu'il n'avait «absolument pas» l'intention de se présenter à cette audience, qui fait suite à une plainte d'un avocat de la Floride, Bernard Siegel. Me Siegel veut que la justice de cet Etat retire la garde du supposé bébé clone à ses parents, au motif que l'enfant pourrait souffrir de troubles génétiques graves. Dans sa plainte déposée mardi, l'avocat a affirmé que le bébé est un cobaye humain, objet d'une dangereuse expérience médicale. Il réclame à la justice qu'elle ordonne une expertise médicale pour déterminer son état de santé.

Ils n'ont aucun pouvoir juridique sur cet enfant, mais on veut l'enlever en prétextant (...) qu'il est exploité médiatiquement. Or, justement, le Dr Boisselier, très sagement, ne l'a jamais montré à la télé. On ne peut pas dire qu'il est exploité, puisque justement on lui reproche de ne pas le montrer, a estimé Raël dans cet entretien depuis Sherbrooke, ville du sud du Québec.

Si Brigitte Boisselier avait été catholique, je ne pense pas qu'on aurait convoqué le pape. Moi, je suis son chef spirituel, et je n'ai rien à faire dans la société (Clonaid, ndlr) et je n'ai aucun compte à rendre à la justice de Floride, a-t-il dit en expliquant sa décision.

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Commentaire
: Et, de plus, le "prophète bien -aimé" n'était au courant de rien ! Mathieu Ph Cossu


  Canada : Raël

De clowns et de clones

La Presse , 4 janvier 2003 par Lysiane Gagnon

[Texte intégral]

C'est bien connu, il y a des gens très intelligents qui n'ont aucun jugement. Il reste qu'on n'arrive pas à comprendre comment les sectes les plus farfelues réussissent à attirer tant de gens instruits qui, en principe, n'ont rien de marginal... Bref, des gens dont on s'attendrait à ce qu'ils aient l'esprit critique et les pieds sur terre.

Comment expliquer l'ahurissant cheminement de Brigitte Boisselier, grande prêtresse raélienne et directrice de Clonaid? Cette femme a eu, apparemment, une brillante carrière comme docteur en chimie analytique. Comment peut-elle croire qu'un chanteur raté a été élu par des petits bonshommes verts venus d'une autre planète? Le croit-elle, au fait? Hélas! c'est possible. On n'a qu'à penser à l'ahurissante aventure des disciples du l'Ordre du Temple solaire, dont plusieurs étaient ce qu'on appelle (bien abusivement) des «piliers de la société»: dirigeants de services de ressources humaines à Hydro-Québec, chef d'orchestre en Suisse, dynamique patron de l'entreprise Vuarnet... Ils sont tous allés à l'abattoir les yeux fermés, comme des caribous sans cervelle.

Remarquez, il y a également, dans les religions établies, bien des croyances complètement loufoques. Je m'abstiendrai prudemment d'entrer dans les détails, mais enfin, entre l'apparition des «Elohim» dans une grotte du Massif central et celle de la Vierge Marie à Fatima, disons qu'il n'y a pas une énorme différence de nature.

La différence, c'est que les mythes fondateurs des grandes religions datent de plusieurs siècles, tandis que les sectes viennent tout juste d'inventer les leurs, à une époque où la raison devrait avoir définitivement triomphé de la superstition. Autre différence: les religions établies se sont modérées avec le temps; elles ont perdu leur caractère hystérique et absolutiste. En général, leurs disciples se comportent à peu près normalement. Ils ne sont pas trop illuminés, ils ne se font pas brûler vifs pour se réincarner dans un monde meilleur, ils n'embrigadent pas les enfants (pas trop, en tout cas), ils ne s'imaginent pas qu'ils font partie d'une race d'origine extraterrestre. Je dis «en général», bien sûr: il y a des fous dans tous les milieux.

Autre possibilité, ces raélienneries, comme le moonisme et les florissantes entreprises de méditation transcendantale, ne seraient que de gigantesques fraudes menées par de petits futés qui s'en servent pour assouvir leur mégalomanie tout en devenant milliardaires. Chose certaine, les raéliens ont le sens du marketing.

Cette histoire de clonage est sortie juste après Noël (gros symbolisme: Ève, nouvel Enfant Jésus...) et, qui plus est, à un moment où les médias étaient à court de nouvelles. Ces manchettes retentissantes dans le monde entier ont drôlement aidé le recrutement. Et pour cause! Il y aura toujours des ego narcissiques qui rêveront de voir leur précieuse petite personne reproduite ad vitam aeternam. Il y aura toujours des pervers qui voudront créer la vie tout seuls, sans passer par l'accouplement. Il y aura toujours des couples stériles soucieux d'éviter les gènes «étrangers» et il y aura toujours des parents endeuillés qui espéreront remplacer l'enfant perdu par un bébé identique.

Le pire, c'est que ces rêves sont parfaitement illusoires: à cause de la différence de génération et d'environnement, un clone sera encore plus différent de l'«original» que deux jumeaux identiques le sont l'un de l'autre.

De toute façon, ce n'est pas demain qu'on saura si ce clonage de bébé est une réalité ou une supercherie. Le soi-disant «journaliste scientifique indépendant» choisi par la secte pour enquêter sur la question croit lui-même aux extraterrestres et aux soucoupes volantes! D'ailleurs, Raël, en homme d'affaires avisé, se dissocie prudemment de l'entreprise, et Mme Boisselier semble vouloir remettre aux calendes grecques le processus de vérification.

***

Autre question troublante: pourquoi donc le Québec est-il la terre d'élection de ces sectes européennes? Tant l'OTS que Raël ont implanté ici leurs sièges sociaux. Il y a la parenté linguistique, certes, et surtout les privilèges fiscaux dont bénéficient, au Canada, les sectes autant que les Églises établies. N'y aurait-il pas aussi un certain bouillon de culture propice à la floraison des sectes, qui viendraient en quelque sorte combler le vide laissé par l'effondrement trop soudain de l'Église catholique? La mentalité «nouvel âge», avec son cortège de superstitions pseudo-médicales, est bien répandue elle aussi...

Faudrait-il éliminer les abris fiscaux dont bénéficient les sectes? Interdire le clonage à des fins reproductives? Peut-on bannir Ève et Adam tout en acceptant Dolly et Starbuck? Autant de questions qui se poseront en 2003 avec plus d'acuité que jamais.


France : Raël

Clonage : Un deuxième bébé serait né

Le Parisien , 5 janvier 2003

[Texte intégral]

Un deuxième bébé cloné est né vendredi « à 10 heures du soir » dans un pays d'Europe du Nord. Il s'agirait d'une petite fille « pesant 2,7 kg et venue au monde par voies naturelles. Ses parents sont deux mamans lesbiennes de Hollande ».

C'est en tout cas ce qu'a annoncé hier Brigitte Boisselier, présidente de Clonaid et membre de la secte des raéliens, qui professe que l'espèce humaine a été créée par clonage il y a 25 000 ans par des extraterrestres.

Outre qu'elle n'a pas précisé le pays de naissance, Mme Boisselier n'a apporté aucune preuve à l'appui de ses affirmations, pas plus qu'elle n'en avait données pour la naissance d'un premier bébé clone supposé qui serait né de parents américains le 26 décembre dernier.

Tout en refusant de préciser si la naissance avait eu lieu aux Pays-Bas, le président de la secte des raéliens aux Pays-Bas, Bart Overvliet, a confirmé hier la naissance d'un deuxième bébé clone présumé. « Tout s'est bien passé, c'était un accouchement normal, pas de césarienne », a déclaré Bart Overvliet. Revenant sur des déclarations faites hier matin dans lesquelles il affirmait que l'accouchement aurait eu lieu aux Pays-Bas, il s'est montré évasif : « Je ne peux pas confirmer que l'accouchement ait eu lieu aux Pays-Bas. Cela a également pu se passer dans une clinique à l'étranger. »

Aucune source indépendante n'a pu confirmer cette naissance, pas plus que celle du 26 décembre.


Royaume-Uni : Raël

Les raéliens attendent la naissance de trois clones en janvier et février

AFP , 5 janvier 2003

[Texte intégral]

LONDRES - La société Clonaid, qui a revendiqué la naissance du premier clone humain sans en apporter la preuve, a annoncé dimanche que trois autres bébés clones devraient naître fin janvier ou début février, sans préciser dans quels pays ces naissances auraient lieu. "Nous avons produit plusieurs centaines d'embryons (clonés) rien que pour l'expérimentation, des tests génétiques, etc. Nous avons fait dix implantations (dans l'uterus), cinq ont réussi. Deux sont nés maintenant. Nous attendons les trois autres d'ici la fin janvier, début février", a déclaré Brigitte Boisselier, présidente de Clonaid, interrogée sur la BBC télévision.

La secte a revendiqué les naissances de deux bébés clones, l'un le 26 décembre, chez une couple américain, l'autre le 3 janvier, chez un couple de lesbiennes néerlandaises, sans en apporter de preuve scientifique, ce qui suscite le plus grand scepticisme.

La société de clonage humain Clonaid, dont les bureaux se trouvent à Las Vegas (Nevada), a été fondée par les raéliens, une secte installée au Canada et qui professe que des extraterrestres ont créé l'espèce humaine par clonage il y a 25.000 ans. Brigitte Boisselier a expliqué que les parents du premier clone, "Eve", né fin décembre, ne se soumettraient aux tests ADN que "quand ils seront prêts". "Au début ils voulaient profiter du bébé tous seuls. Une fois rentrés à la maison, ils ont découvert par la presse qu'il y avait beaucoup de problèmes légaux derrière tout ça et ils ne voulaient pas y être confrontés", a-t-elle expliqué. "Il est vrai que si un expert indépendant se rend chez eux, ou même dans un endroit secret, cet expert saura qui ils sont. Et si un magistrat lui demande ensuite de révéler qui ils sont, il devra le faire", a-t-elle poursuivi. Mme Boisselier a donc indiqué, que même si elle a "un contrat légal" disant que la maman du clone doit accepter des tests, elle préfère attendre qu'elle soit "prête" à le faire. Elle s'est dite convaincue que "dans cinq ans" personne ne sera plus choqué par le clonage reproductif. "Lorsqu'une nouvelle technologie apparaît, elle suscite au début des réactions de dégoût, puis de peur, puis des doutes et après il faut lentement l'accepter", a-t-elle affirmé.

Le gourou de la secte des raéliens, Claude Vorilhon, qui se fait appeler "Raël", a pour sa part expliqué qu'il voulait que Brigitte Boisselier travaille maintenant sur la "croissance accélérée" des cellules pour "parvenir à la vie éternelle" qui est selon lui l'objectif ultime du clonage. "Ce que j'appelle la première étape du clonage humain, c'est seulement d'aider des personnes stériles à avoir des enfants. C'est bien, mais ce n'est pas grand-chose. Cet enfant aura une éducation différente, un environnement différent et sera peut-être une personne très différente de vous", a déclaré "Raël".

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Le "prophète bien aimé" est donc, enfin, au courant ! Mathieu Ph. Cossu


  Etats-Unis : Raël

Bébé clone:le journaliste "indépendant" a proposé le sujet il y a des semaines

Le Soir , 2 janvier 2003

[Texte intégral]

NEW YORK - Le journaliste américain, présenté comme indépendant, chargé de vérifier que le bébé Eve est bien le premier clone humain, a essayé de vendre cette histoire à des chaînes de télévision américaines des semaines avant la naissance, selon le New York Times de dimanche.

Ces tentatives soulèvent des interrogations sur l'indépendence de Michael Guillen, un ancien reporter scientifique pour la chaîne ABC et physicien-mathématicien de formation, vis à vis des raéliens, secte fondatrice de la société Clonaid, souligne le journal.

Cette société, qui revendique la naissance d'Eve le 26 décembre dernier, l'avait désigné pour superviser un processus de vérification scientifique par des experts indépendants. "Mon but et mon seul but est de faire cela dans les règles de l'art, de manière aussi rigoureuse que possible", avait-il déclaré à l'AFP. Mais, selon le New York Times, il a offert une couverture exclusive de la naissance des mois avant qu'elle n'ait lieu. Il a notamment essayé de vendre un documentaire sur les efforts de clonage humain contre 100.000 dollars, indique le journal.

Un responsable de la Fox, cité par le quotidien, a rapporté que Michael Guillen a présenté un projet de programme télévisé il y a plusieurs mois, sur le clonage humain, et a proposé d'en être le producteur et l'animateur. La Fox avait décliné son offre. M. Guillen avait alors proposé le sujet à d'autres chaînes, comme ABC, NBC, CBS, CNN et HBO, ont raconté des responsables de celles-ci au Times.

Les prélèvements d'ADN visant à confirmer l'existence du bébé clone devaient avoir lieu mardi, après le retour du bébé au domicile de ses parents. Mais les tests ont été annulés et aucune preuve de l'autenticité du clonage n'a été apporté, alors que Clonaid a revendiqué samedi la naissance d'un deuxième bébé clone, en Europe, chez un couple de lesbiennes néerlandaises. Les raéliens croient que les humains ont été créés par clonage par des extra-terrestres qui auraient atterri sur la terre il y a 25.000 ans.


France : Raël

Raël : itinéraire d'un gourou en quête d'identités

Le Journal du dimanche , 5 janvier 2003 par Emmanuelle Chantepie

[Extraits

Elle s'abrite derrière un pseudonyme. Comme un dernier rempart pour protéger sa nouvelle vie. Loin, dissimulée sous son nom de jeune fille, pour tenter d'échapper définitivement à Raël, son ex-mari Claude Vorilhon. Un homme noyé définitivement sous une fausse identité : Raël. " Au début, raconte
Christine", il ne croyait pas à ce qu'il disait mais il s'est pris à son jeu et après sa dépression nerveuse, à la fin des années 80, il a choisi d'habiter entièrement ce personnage. Une question de survie mentale, affirme-t-elle. Seulement, le danger aujourd'hui, c'est qu'il y croit et, plus grave, des milliers de personnes le suivent. "
[.........]

A la maison, la vie est difficile. Christine élève quasiment seule leurs deux enfants. "Il n'était jamais là et il s'est mis à courir les filles, à mener une double vie", confie-t-elle. 1973, premier choc pétrolier. Le 30 novembre, Pierre Messmer, le Premier ministre, annonce solennellement à la télévision une série de mesures drastiques, comme la limitation de vitesse sur les routes et la suspension de toutes les courses et rallyes automobiles dans le pays. "Auto: la fin d'une époque ", titre Le point. " Claude a très vite compris que son fond de commerce allait s'écrouler, avance Patrice Vergés. Et, comme par hasard, il date du 13 décembre sa première rencontre avec les extraterrestres. " Claude n'en dit rien à Christine: "Je l'ai appris plusieurs mois plus tard, comme tout le monde, à la publication de son premier livre. " Une nouvelle fois, Claude change de look, se laisse pousser la barbe et les cheveux, commence à s'habiller en robe blanche et adopte une nouvelle identité : Raël. " C'est surtout après l'émission de Jacques Chancel, Le grand échiquier, que tout a commencé ", raconte, amère, Christine. " II l'a crédibilisé, et tous les médias se sont ensuite jetés sur lui. " Nous sommes au milieu des années 70. Le côté New Age et " soucoupiste " de Raël séduit. Pour Claude, devenu Raël, cette publicité est inespérée. Il enchaîne émissions, conférences et voyages. La famille déménage dans le Périgord.
" C'était une grande maison avec table ouverte. Qui voulait, venait, et moi, j'étais la domestique ", se plaint aujourd'hui Christine. Elle à la cuisine, lui batifolant avec ses extra- terrestres, les Elohims, qui l'emmènent cette fois sur leur planète. Là, il découvre notamment qu'il n'est pas moins que le demi-frère de Jésus...

A son retour sur terre, il exige qu'enfants et épouse lui donnent du Raël. Il publie de nouveaux ouvrages, où il prône tour à tour la
" géniocratie " - une sorte de gouvernement mondial qui serait dirigé par les génies -, l'eugénisme et le clonage, qui dans son esprit servira à reproduire ceux qui répondront " à certains critères ". Raël fonde même un parti et présente trois candidats aux législatives de 1978.

Au catalogue de ses fantasmes, on trouve aussi la " méditation sensuelle", pour accéder à " l'orgasme cosmique ". Chaque semaine, les adeptes, toujours plus nombreux, se pressent chez lui pour passer le week-end. Sûrs de pouvoir y mettre en ouvre les préceptes du " Guide des guides ". Certains parleront à cette époque d'un gigantesque lupanar.

Plusieurs adeptes seront condamnés pour pédophilie. " Je n'ai jamais été témoin de ce type de scène, affirme Christine. Mais lui, c'était un vicieux qui aimait être entouré de très jeunes filles. " Elle avoue même avoir eu peur pour ses propres enfants : " La fille du chef était devenue comme un trophée à décrocher. " Régulièrement humiliée par les nombreuses maîtresses de son mari, Christine décide en 1985 de le quitter. " Nous étions à table avec les enfants, quand Raël nous a assené que nous n'étions rien pour lui. Que désormais, seul le mouvement comptait. " Elle demande le divorce.

Deux ans plus tard, ultime sursaut du gourou. Raël, en pleine dépression nerveuse, veut revenir auprès de Christine et de ses enfants, entre-temps installés à Fréjus. Sa santé mentale est en jeu, comme le raconte son ex-épouse. Il ne sait plus à quel saint se vouer. Quelle identité choisir ? Insomniaque, tourmenté, il se bourre de somnifères, s'éloigne un temps avec sa " vraie " famille en Espagne.

" Finalement, la reconnaissance sociale liée au nom de Raël a eu raison de l'anonyme Claude Vorilhon ", admet Christine, qui raconte l'enfer dans lequel il les a alors tous plongés : " II m'a laissée sans un sou. M'a enlevé les enfants, non pour s'en occuper, mais pour les jeter sur les routes. Comme lui, au même âge. "

Aujourd'hui, Christine a patiemment remonté la pente. S'est reconstruit une nouvelle vie sous son nom de jeune fille. Aurore, sa fille, après avoir enchaîné les thérapies, vient d'entamer une procédure pour abandonner le nom de son père. Quant à la vieille tante Thérèse, elle ne sait plus comment appeler son " poussin " et se reprend souvent, gênée, quand elle doit parler de Raël : " Enfin Claudy, quoi ! " Le gourou qui, aujourd'hui, avec le clonage, brouille les filiations, gomme les identités et crée " Eve ", un nouveau type de fille-mère.


Etats-Unis : Raël

Bébé clone: Michael Guillen évoque une «supercherie» de Raël

Edicom, 6 janvier 2003

[Texte intégral]

WASHINGTON - Le journaliste américain qui devait superviser les tests d'ADN du bébé clone revendiqué par les raéliens suspend le processus de vérification. Michael Guillen a évoqué une possible «supercherie» élaborée dans un but publicitaire par la secte.
«J'ai suspendu ce matin le processus de vérification indépendante destiné à vérifier si oui ou non un bébé clone était né. L'équipe de scientifiques n'a pas eu accès à la famille supposée et, par conséquent, ne peut vérifier d'elle-même la revendication qu'un bébé clone est né», affirme Michael Guillen dans une déclaration rendue publique lundi.

«En d'autres termes, il est toujours entièrement possible que l'annonce de Clonaid fasse partie d'une supercherie élaborée, destinée à apporter une publicité au mouvement raélien», poursuit-il.

Il se dit prêt à reprendre le processus de vérification au cas où l'accès à la famille lui serait accordé.

Interrogée sur cette annonce, la porte-parole de Clonaid, Nadine Gary, a avoué sa surprise. «Je ne suis pas au courant», a-t-elle dit. Selon elle, Brigitte Boisselier, présidente de Clonaid, attendait en fin d'après-midi une réponse des supposés parents pour savoir s'ils acceptaient ou non que des tests d'ADN soient réalisés.

La société de clonage humain Clonaid, dont les bureaux se trouvent à Las Vegas (Nevada), a été fondée par les raéliens, une secte installée au Canada et qui professe que des extraterrestres ont créé l'espèce humaine par clonage il y a 25 000 ans.


France : Raël

Chronique religieuse : Eve à l'image d'elle-même

Le Bien Public, 6 janvier 2003 par Gérard Leclerc

[Texte intégral]

N'ayons pas peur des mots. Tout dans cette affaire de « premier » clonage humain relève de la provocation métaphysique et de la transgression de la loi divine. D'abord, que cette « expérience » ait été conçue, programmée, organisée dans une secte aux prétentions religieuses et eschatologiques constitue un premier indice sérieux.

Les Raëliens se veulent très consciemment en situation de défi à l'égard de la Révélation judéo-chrétienne. En second lieu, le fait qu'ils aient donné le nom d'Eve à l'enfant - clone - nous laisserons ici ouverte la question de l'authentification du clonage - se rapporte à l'idée d'une nouvelle humanité qui aurait la prétention de la toute-puissance dans sa volonté de maîtriser son devenir biologique, au mépris de tous les interdits, et notamment du plus structurant d'entre eux. Nous voulons parler de la relation au père et à la mère qui, formellement déniée dans le cas du clonage, se rapporte à la fascination narcissique du même et au refus de la différence, principe fondamental d'humanisation.

La simple sagesse humaine s'oppose à ce projet insensé de bouturage humain. Mais la Révélation nous ouvre à la dimension la plus essentielle de l'avènement de l'homme et de la femme. Il faut toujours en revenir aux premières pages du Livre de la Genèse : « Dieux créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa » (Gn. 1,27).

Dans l'espace ouvert par la différentiation sexuelle s'inscrit la toute-nouveauté du petit enfant, à l'intersection de deux patrimoines génétiques différents, et ainsi disposé à une histoire qu'il écrira lui-même. Mais cet espace grandit encore, à la mesure de l'Infini, lorsque Dieu apparaît comme la seule et vraie ressemblance. Si proche que cet enfant naisse de son père et de sa mère, sa proximité la plus irréductible se rapporte au Dieu transcendant. Cet étonnant paradoxe contient tout le mystère de la génération humaine, de l'irréductibilité de la personne, de la dignité de la paternité et de la maternité, dans la lumière de la relation unique avec une Providence qui appelle chacun par son nom.

Nous n'épuiserons pas ce mystère en quelques mots. Il nous suffira d'en indiquer ici la signification, qui s'oppose de façon irréductible à la transgression du clonage. La manipulation génétique qui fait sortit le même du même, renvoie la génération à une opération qui la mutile du rapport essentiel de la conjugalité - l'amour d'un homme et d'une femme - et dans cette logique fait écran à l'unique ressemblance, qui est celle de la Transcendance. On passe donc de la création à la fabrication, et la volonté de fabriquer le double de soi-même s'oppose à la référence, à la ressemblance divine qui n'a plus lieu d'être lorsque l'individualité ne se vit plus que dans une auto-référence absolue. Le déni de la Transcendance est atteinte à la Providence, elle est sous le même rapport, blessure gravissime à notre liberté et crime contre l'humanité touchée dans ses ressorts les plus profonds.

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Un point de vue intéressant parmi d'autres. Mathieu Ph Cossu


  Canada : Actualités diverses

La formidable imposture de Rorvik

La Presse , 6 janvier 2003 par Francis Tenman

[Texte intégral]

En 1978, le clonage d'un humain s'est révélé n'être qu'un canular.
La controverse actuelle autour des naissances supposées de bébés clones publicisées par la secte des raéliens n'est pas sans rappeler un précédent fameux : le formidable canular orchestré en 1978 par le journaliste américain David Rorvik. Cette année-là sort aux États-Unis un livre qui défraie la chronique : "A son image, le clonage d'un homme". Son auteur : David Rorvik, un journaliste scientifique indépendant, passionné de génétique et de parascience.

Le livre raconte comment, un beau jour de 1973, Rorvik a reçu un coup de fil d'un homme d'affaires milliardaire de Californie. Celui-ci affirme vouloir un héritier et se dit prêt à payer une fortune pour un clone de lui-même. Il se fait appeler Max et demande à Rorvik de lui trouver ,un scientifique qui pourrait mener l'netreprise à bien. Rorvik raconte comment une équipe de scientifiquesa été amenée dans un laboratoire clandestin dans une île du Pacifique.

Après trois années d'expériences, les chercheurs parviennent selon lui à produire un embryon humain viable renfermant l'ADN de Max, qu'ils implantent dans l'utérus d'une mère porteuse appelée du nom de code Sparrow (moineau), une résidante de l'île. En 1976 naît, selon ses dires, le premier clone humain.

Le 3 mars 1978, le quotidien New York Post fait sa une avec cette histoire sulfureuse et en publie les meilleurs extraits. Dans les jours qui suivent, les médias s'emparent de l'affaire et tout le monde ne parle plus que de Rorvik, de Max et de son clone. Lorsque l'ouvrage paraît, il s'installe en tête de la liste des meilleures ventes. Dans le monde politique, les réactions d'indignation pleuvent. Le congrès des États-Unis désigne une commission d'enquête pour tirer l'affaire au clair. L'annonce est accueillie avec le plus grand scepticisme par la communauté scientifique. La très prestigieuse revue "Science", dans son numéro du 24 mars 1978, publie la réaction de chercheurs qui refusent toute crédibilité aux assertions de Rorvik.

La technique de clonage décrite dans le livre est vaguement basée sur des expériences réussies menées dans les années 60 sur des batraciens. Mais les chercheurs contestent alors que cette technique soit applicable aux mammifères. Les choses commencent à mal tourner pour Rorvik. Un biologiste britannique, Derek Broomhall, dont les travaux sont cités dans le livre, porte plainte en diffamation contre lui et sa maison d'édition, Lippincott. Trois ans avant la parution du livre-choc de Rorvik, ce chercheur à l'Université d'Oxford avait publié dans la revue "Nature" un article dans lequel il détaillait comment il avait réussi à fusionner le noyau d'une cellule de lapin avec un ovocyte de lapine. Ces travaux étaient présentés à l'époque comme une importante avancée vers le clonage animal. Saisi de l'affaire, le juge John Fullam du tribunal de Philadelphie somme Rorvik de produire le clone humain. En l'absence de preuves, il déclare en 1981 que le livre « est un faux et un canular ». Les motivations de David Rorvik n'ont jamais été éclaircies. Curieusement, il n'a jamais voulu admettre l'imposture. Dans un entretien accordé au magazine "Omni" en 1997, il continuait de prétendre que l'histoire était vraie. Les raéliens auraient-ils réussi là où Rorvik n'avait fait que fantasmer ? L'avenir le dira, mais le parallèle avec la controverse actuelle est frappant, même si le contexte scientifique est radicalement différent.


  France : Raël

Pour sa tante, Raël "est un diable, il a tous les défauts"

Le Matin, 6 janvier 2003

[Texte intégral]

L'annonce du premier bébé cloné par la secte des raéliens a secoué le monde entier, un deuxième aurait vu le jour vendredi. Pour la première fois, la famille du gourou, en Auvergne, décide de dénoncer

Assis dans leur maison, à Ambert, en pleine Auvergne, Catherine et François Vorilhon hésitent. C'est lui qui, le premier, se décide à parler. "Notre démarche est très difficile. De peur d'être inquiétés par la secte, on prend des précautions, on a refusé les caméras. Mais, cette fois-ci, il est allé trop loin. Avec cette histoire de clonage, on ne pouvait plus garder le silence. On s'est tous téléphoné, je peux vous dire que je parle au nom de toute la famille."

Il, c'est Claude Vorilhon, leur cousin issu de germains. Mais c'est aussi Raël, gourou illuminé, génie médiatique et malin des raéliens, qui viennent d'annoncer, de nouveau sans preuve, la naissance hier du deuxième bébé cloné présumé, aux Pays-Bas. "Si nous nous sommes décidés à intervenir publiquement aujourd'hui, c'est que l'on tient à se désolidariser totalement de Raël. On a trop souffert de porter le même nom que lui. Nous tiendrons bientôt une réunion de famille pour décider d'un communiqué." "Au début, ça nous faisait rigoler"

, enfant d'Ambert, bourgade catholique perdue dans les sombres vallons d'Auvergne. Raël, enfant illégitime aussi, fruit d'une relation adultère entre un réfugié alsacien et sa mère, Colette. C'est dans cette petite ville que cet enfant unique a passé ses premières années, peu après la guerre, élevé par sa mère, sa tante et sa grand-mère, avant de rejoindre Paris, la chanson, le sport automobile, puis... les extraterrestres, qui en ont fait un gourou. "On l'a revu tout au début, il était déjà Raël, se souvient François. Il commençait à raconter son histoire de révélations, ça nous faisait tous rigoler. La famille regardait cela en coin." Elle enchaîne. "Lors d'une réunion, en 1984, j'en ai profité pour lui poser quelques questions. Il m'a juste demandé si je n'avais pas lu ses livres... J'ai eu le sentiment qu'il ne voulait pas me raconter le même bazar qu'aux autres, bref, qu'il voulait que je... comprenne. C'en est resté là."

Mais les ennuis, eux, ne font que commencer pour les Vorilhon, une ancienne famille d'Auvergne qui compte encore une grosse centaine de membres en France, dont plusieurs de profession libérale. Railleries, amalgame, téléphones, les Vorilhon se mettent à comprendre ce que signifie avoir un gourou parmi eux, un gourou lointain, certes, mais terriblement présent. Des virements bancaires à l'adresse de Raël leur parviennent, on se gausse des enfants à l'école, bref, comme le dit Catherine, leur "nom est sali". "Avant l'annonce du clonage, j'ai déjà beaucoup souffert. Ce qui m'a le plus touchée, ce sont les problèmes de moeurs dont on a parlé, confie-t-elle. Ça m'a fait vomir, c'était une douleur insupportable. De la spiritualité, il a fait de la boue." "Nous sommes saturés" Aujourd'hui, pour la première fois, "par devoir", ils ont donc eu envie de dire leur colère publiquement, leur ras-le-bol, leur peine aussi devant cet opprobre tombé du ciel sur la famille.

D'autres cousins, atteints par téléphone, parlent d'"horreur, de souffrance et de révolte", et de la perte, pour certaines professions libérales, de clients. "Nous sommes tous saturés, s'écrie cette femme. Cet homme est un diable, il a tous les défauts! Pas un instant il ne croit ce qu'il dit! Pour lui, seul le business compte... Je suis sidérée par la bêtise des gens." "Je l'ai vu une fois à une réunion de famille, il était habillé de noir, explique un autre. Il n'est pas resté, il a senti que personne ne répondait à ses crétineries... Là, il a passé les limites du supportable."

Pour le couple d'Ambert, il s'agit de dire mais aussi d'agir. Pas seul, bien sûr: seul un Etat, une société pourrait venir à bout de cette secte, mettre fin, aussi, à leur douleur. Mais, surtout, il faut agir vite, car, comme le glisse François dans un demi-sourire, "un Raël, c'est déjà terrible, imaginez qu'on en compte mille demain..."

Sa mère, sa tante et leur "petit poussin". Du curé au journaliste, la bourgade d'Ambert tente d'ignorer, dans un rictus rieur, l'existence d'un fils hélas devenu gourou cloneur. On sait, on regrette, on parle de bluff, de "grosse bêtise", mais après tout, comme le dit un habitant, Raël est un enfant du pays, et "on en dit pas trop de mal" tant qu'il n'y a pas d'esclandre. Il y a quelques années, pourtant, Raël, l'enfant bâtard, a voulu revenir célébrer son anniversaire à Ambert avec ses adeptes emplumés. Visionnaire et pragmatique, le maire d'alors a dit non, les commerçants aussi. Raël a piqué une colère de gourou en regrettant que cette décision ne les "fasse tous passer à côté de la fortune"... Depuis, Ambert s'y est fait et coule une vie tranquille et pieuse de province, avec son clocher en réfection, ses hôtels fermés, ses commerces et ses fameux fromages. "Ma fenêtre était souvent ouverte" Une rue, pourtant, retient l'attention: la rue Saint-Joseph, là où a vécu dans sa prime jeunesse le petit Claude, comme l'appelle encore sa mère Colette. Elle habite toujours là, elle a élevé son fameux fils avec sa soeur et sa mère, mais ses volets sont restés clos. Avant de les fermer, elle avait tout de même eu le temps d'évoquer Raël par téléphone, Raël qui a toujours prétendu avoir des origines... extraterrestres. "Et son père biologique, alors?" "Comment voulez-vous que je sache? Pour moi, son père, mort aujourd'hui, n'était pas un extraterrestre, mais il y a des jours où j'ai dormi seule, se défend-elle sans rire. Ma fenêtre était souvent ouverte, peut-être que j'étais endormie, comme lorsque l'ange Gabriel est apparu à Marie... Je ne sais pas ce qui s'est passé durant la nuit...." "Et Raël, vous le voyez encore aujourd'hui?" "Cela fait dix ans que je ne l'ai pas vu. Il est heureux au Canada, on lui fiche la paix."

Plus loin dans la rue, à quelques maisons, la tante de Claude a ouvert sa porte. Sur la table de la chambre à manger trônaient deux numéros d'Apocalypse, le journal édité par son neveu, qu'elle appelle aujourd'hui encore "mon poussin". Thérèse l'entend régulièrement au téléphone, mais comme sa soeur, n'a pas le temps d'évoquer ses histoires de clonage et se concentre sur la vie de famille. "Il m'a dit que c'était grâce à moi qu'il était devenu ce qu'il était, parce que je lui racontais des histoires. Aujourd'hui, c'est lui qui les raconte! Hélas, les Français le boudent..." Inévitable, la question des origines extraterrestres de celui qui prétend être le demi-frère de Jésus. "Claude avait un père officiel. Les extraterrestres, ça, c'est le livre... non, je ne crois pas que ce soit eux! Je ne crois pas tout ce qu'on dit, même s'il s'appelle Raël. Il sait bien ce que je pense. Quand on veut faire parler de soi, il faut bien dire quelque chose. Vous savez, il a été plus ou moins heureux dans sa vie d'enfant. Les histoires l'ont réconforté."

A l'évidence, plus que toute allusion aux affaires de moeurs ou problèmes fiscaux concernant son gourou de neveu, la dame âgée a préféré se souvenir de l'adorable petit garçon qui se débrouillait seul en montant à Paris, à l'âge de 15 ans. "Devant la télévision, je me souviens qu'il disait qu'il serait là-dessus une année plus tard! Il est parti en stop... Un beau jour, il a vu des extraterrestres. Il était tellement heureux de lancer ses livres. Jamais je n'aurais pensé que ça marcherait comme ça..."

La suite? On la connaît.


Belgique : Raël

L'enfant des Raéliens comme créature publicitaire

La Libre Belgique , 4 janvier 2003 par Rachel Crivellaro

[Texte intégral]

Bébé cloné ou non, la secte s'offre déjà une campagne de marketing planétaire.

ÉCLAIRAGE

Marche arrière toute. Après avoir annoncé urbi et orbi la naissance du premier bébé cloné, la société "génitrice"Clonaid - émanation de la secte Raël - a annoncé qu'elle s'abstiendrait de fournir la preuve irréfutable de l'existence de l'enfant qu'elle prétend avoir créé. De son côté, le journaliste indépendant censé superviser les examens génétiques destinés à vérifier l'authenticité de la naissance d'"Eve"a fait savoir qu'il suspendait pour l'heure ses efforts, faute d'avoir encore eu accès à l'enfant. Ce que d'aucuns pressentaient semble donc bel et bien virer à la supercherie planétaire, reste à voir ce que la secte raélienne aurait à gagner de ce probable grand bluff.

Décrié, le sulfureux mouvement - convaincu que la vie a été créée sur Terre par des extra-terrestres - ce sera d'ores et déjà offert un grand coup de publicité; une opération de communication mondiale et - a priori - à moindre frais.

En l'état actuel, il semble difficile que la secte encoure les foudres de la justice. Même si la supercherie devait se vérifier, il faudrait que quelqu'un ai subi un préjudice avéré pour que des poursuites soient entamées. Et encore, faudra-t-il déterminer quelle serait la juridiction compétente en la matière puisqu'il n'existe aucune indication sur le lieu et la manière dont s'est déroulé le prétendu clonage.

Certes, un juge de Miami a convoqué le gourou de la secte, Claude Vorilhon, et sa chimiste, Brigitte Boisselier, mais aussi les parents d'`Eve´, dont l'identité n'a toujours pas été révélée, pour une audience préliminaire le 22 janvier. Le magistrat examinera la plainte déposée par un avocat du nom de Bernard Siegel. Celui-ci a demandé à l'Etat de Floride de retirer la garde du bébé à ses parents, en arguant du fait que l'enfant faisait l'objet d'une exploitation commerciale et qu'il pourrait souffrir de graves troubles génétiques. Parallèlement, les autorités américaines ont engagé une enquête préliminaire, des inspecteurs de la FDA, l'agence fédérale pour le contrôle des médicaments aux Etats-Unis, ont perquisitionné les bureaux de Clonaid à Las Vegas, dans le Nevada. Des fouilles sont également intervenues dans une filiale de Clonaid en Corée du Sud, BioTech Fusion Inc. Reste à voir ce qu ressortira de ce qui s'apparente surtout à de la musculation d'ordre médiatique.

Dans l'absolu, Raël paraît surtout s'adonner à sa spécialité de secte: le prosélytisme. A fortiori, dans un domaine propice à tous les fantasmes et capable d'attirer une "clientèle" fragile. En plus de s'offrir une formidable caisse de résonance à leurs "théories", les Raéliens réalisent aussi une opération de marketing d'envergure mondiale, aux retombées en espèces sonnantes et trébuchantes. Le "clonage humain" tel que proposé par le mouvement revient - mine de rien - à 200.000 dollars, et il s'en trouvera toujours des personnes tentées, même s'il n'existe - pour l'heure - pas le moindre début de preuve scientifique de leurs assertions.


  Allemagne : Vie Universelle

L'Eglise de la Vie universelle a déjà fait 40 000 adeptes outre-Rhin

Le Figaro, 7 janvier 2003 par J-P.P

[Texte intégral]

Gabriele Wittek, «prophétesse» professionnelle, se présente comme une «porte-parole de Jésus».

Cette femme a déjà rassemblé autour d'elle 40 000 adeptes en Allemagne. Son «Eglise», une secte baptisée la «Vie universelle», qui a son siège à Würzburg, en Bavière, gère des «entreprises du Christ» : des jardins d'enfants, une école, une clinique, des exploitations agricoles et des magasins. En marge de leurs activités, ces «entreprises» répandent «la parole» de Mme Wittek.

Depuis 2001, les dirigeants de la Vie universelle ont enfourché un cheval de bataille qui leur attire beaucoup de sympathisants : la lutte contre la chasse.

Chaque premier samedi de chaque mois, ils organisent une «manifestation antichasse». L'avant-dernière, à Berlin, a réuni une centaine de personnes qui ont défilé d'Alexander Platz à la Porte de Brandebourg en qualifiant les chasseurs de «rabat-joie» et la chasse de «guerre sanglante».

Dirigée par un biologiste qui connaît bien son affaire, Kurt Eicher, cette action, baptisée «Initiative pour la suppression de la chasse», inquiète les autorités même si le nombre de chasseurs en Allemagne reste très inférieur à celui de leurs homologues français.

Spécialiste des sectes, Thomas Gandow dénonce «les éléments totalitaires» de la Vie universelle et recommande aux amis des bêtes de ne pas se laisser embrigader par cette «Initiative» qui n'est qu'une «organisation de combat» de l'Eglise de la Vie universelle.

Une brochure du ministère de la Jeunesse du Sénat de Berlin souligne de son côté «l'intolérance militante (de cette secte) à l'égard de ceux qui pensent autrement et de ceux qui la critiquent».

Carmen Schultze, porte-parole de la Fédération pour l'Environnement et la Protection de la Nature à Berlin estime que «l'Initiative» n'est pas une organisation «sérieuse» et juge «inacceptable» son absence «d'esprit critique à l'égard de la Vie universelle».

L'attaché de presse de la Vie universelle, Christian Sailer, a riposté en condamnant «les idéologues fanatiques» qui dénigrent les amis des animaux. Kurt Eicher reproche de son côté à la Société protectrice des animaux et aux Amis de la nature de faire trop peu contre la chasse. Il ajoute que ses liens avec la Vie universelle se limitent à quelques points communs dans leurs programmes respectifs, par exemple l'alimentation végétarienne et l'interdiction de tuer des animaux.

En 2001, la «prophétesse» Gabriele Wittek avait prédit l'Apocalypse si «les humains continuent à ignorer (sa) parole», des tempêtes, des épidémies et autres catastrophes. Bref, des choses qui arrivent malheureusement régulièrement. Mme Wittek ne risque guère de se tromper.


  France : Raël

Proposition de résolution tendant à créer une commission d'enquête

Assemblée Nationale , 7 janvier 2003

[Texte intégral]

N° 518
ASSEMBLÉE NATIONALE
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
DOUZIÈME LÉGISLATURE

Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 7 janvier 2003.
PROPOSITION DE RÉSOLUTION tendant à créer une commission d'enquête sur les activités du mouvement raëlien, ses moyens financiers et les tentatives de clonage reproductif de l'embryon humain sur le territoire français.
(Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République, à défaut de constitution d'une commission spéciale dans les délais prévus par les articles30 et 31 du Règlement.)

PRÉSENTÉE
par MM. Yves COCHET, NoËl MAMÈRE
et Mme Martine BILLARD,
Députés.

Bioéthique.
EXPOSÉ DES MOTIFS
Mesdames, Messieurs,
Ces dernières semaines, le mouvement raëlien a multiplié dans le monde des déclarations fracassantes relatives à l'expérimentation sur l'être humain et au clonage humain.
Selon Raël, le clonage permettra à l'humanité d'accéder à la vie éternelle. «La prochaine étape sera de faire des clones déjà adultes sans le procédé de croissance et de transférer la mémoire et la personnalité comme le font les Elohim avec leur 25 000 ans d'avance scientifique, dit-il. Après ma mort, nous pourrons nous réveiller dans un corps neuf comme après une bonne nuit de sommeil.»
Le raëlisme utilise la science une «religion». Raël s'affirme « dernier des prophètes », dans la lignée de Jésus - son demi-frère, dit-il, également issu d'une mère terrienne et d'un extraterrestre -, et bien d'autres, qu'il déclare avoir rencontrés en 1975, lors d'un voyage sur la planète des créateurs. Lors de ce deuxième contact, il assure s'être vu lui-même recréé en laboratoire : un processus de clonage accéléré.
En raëlisme, le clonage est considéré comme un fondamental, la clé de la vie éternelle. Nulle surprise, donc, que le mouvement soit présent depuis cinq ans, au moins médiatiquement, dans la course à la reproduction asexuée. Raël en personne, en mars 2001, a défendre le clonage humain devant une commission du Congrès américain.
Le mouvement Raëlien français fait partie des groupes philosophiques considérés comme mouvements sectaires de 2 000 à 10 000 adeptes dans le rapport de l'Assemblée nationale de la commission d'enquête sur les sectes du 22 décembre 1995.
La France a à plusieurs reprises défini et encadré la notion de sectes en France.
La loi du 18 décembre 1998 tendant à renforcer le contrôle de l'obligation scolaire doit permettre de lutter contre le prosélytisme des sectes dans le domaine éducatif. L'article 105 de la loi du 15 juin 2000 renforçant la protection de la présomption d'innocence et les droits des victimes permet aux associations de lutte contre les sectes d'exercer les droits reconnus à la partie civile.
Il ne s'agit pas de faire porter cette commission d'enquête sur le mouvement sectaire en France mais de s'interroger sur les pratiques contraires à la législation française de la secte raëlienne.
Brigitte Boisselier, la présidente de Clonaid, société liée aux raëliens, a annoncé le 26 décembre 2002 la naissance aux États-Unis d'une petite fille surnommée Eve et conçue selon elle par la technique du clonage. Dans le même temps la secte a annoncé l'existence de multiples grossesses, de mères porteuses de foetus issus du clonage humain. Le 4 janvier 2003, la porte parole a annoncé la naissance d'un deuxième bébé clone dans un pays d'Europe du Nord, une petite fille également née d'une mère lesbienne néerlandaise.
La présence importante des raëliens en France depuis 1974, la nationalité de la présidente et l'ampleur des déclarations de la secte peuvent laisser penser que des tentatives de clonage ont lieu en ce moment même sur le territoire français.
Dès lors, quand des mouvements pseudo-religieux utilisent la liberté pour faire progresser l'obscurantisme et partant, bafouer les libertés, leurs agissements quittent le terrain des idées et des croyances pour entrer dans la sphère du politique et du juridique.
C'est le cas, trop souvent, des groupements sectaires, qui, de surcroît, exploitent, aujourd'hui, à leur profit, ainsi que le présentait le rapport parlementaire les vides de notre société, l'absence de lisibilité, l'effondrement des grands systèmes idéologiques, la peur de l'avenir, la difficulté de comprendre ce qui nous arrive individuellement et collectivement.
La législation française définit les principes éthiques encadrant le clonage humain et ne permet pas le clonage non thérapeutique.
Au regard de ces considérations, la commission d'enquête aura pour objectif de vérifier l'existence de tentatives de clonages humains sur le territoire français et de façon plus générale les expérimentations organisées par cette secte. Elle devra vérifier également l'origine des fonds mis en _uvre, les porte-parole de la secte ayant annoncé que ces procréations médicalement assistés de clone étaient fait à titre gracieux auprès de couples raëliens.
Enfin, compte tenu du danger représenté par cette secte sur le plan éthique il apparaît opportun de réfléchir sur les conditions d'interdiction de celle-ci. Un récent sondage CSA-La Vie apporte de ce point de vue, un éclairage intéressant sur l'opinion des Français : 86 % d'entre eux seraient favorables à l'interdiction de certaines «sectes» telles que l'Ordre du temple solaire ou la Scientologie (11 % y sont opposés), qui posent, selon la MLS, «des problèmes d'une particulière gravité, notamment au vu d'agissements délictueux constatés dans le cadre judiciaire»; 73 % estiment que les «sectes» sont une menace pour la démocratie.
C'est pourquoi nous vous demandons, Mesdames, Messieurs, d'adopter la présente proposition de résolution.
PROPOSITION DE RÉSOLUTION
Article unique
Il est créé, en application de l'article 40 du Règlement, une commission d'enquête parlementaire de trente membres sur les activités du mouvement raëlien, ses moyens financiers et les tentatives de clonage reproductif de l'embryon humain sur le territoire français.

518 - Proposition de résolution de M. Yves Cochet : commission d'enquête sur les activités du mouvement raëlien, ses moyens financiers et les tentatives de clonage de l'embryon humain


  Canada : Raël

Le matin des hallucinés

Sciences Presse, 4 janvier 2003 par Lysiane Gagnon

[Texte intégral]

Des extra-terrestres, des clones, et un peu de sexe. Quel média aurait pu résister à une pareille histoire?

Fort heureusement, les journaux et téléjournaux ont été prompts à mettre en doute le sérieux de ce "bébé de l'année". Mais l'objectivité journalistique étant ce qu'elle est -si les Raéliens le disent, peut-être qu'ils l'ont vraiment fait- ils n'ont eu d'autre choix que de d'abord rapporter les propos de ceux que nous appellerons ici les hurluberlus de la science.

Quoique. Est-il exact de dire que les médias n'avaient pas le choix? Après tout, voici une scientifique, Brigitte Boisselier, qui n'a jamais travaillé de sa vie ni en technologies de la reproduction ni en médecine ni même en biologie -elle est chimiste- qui parle d'un bébé que personne n'a vu, né d'une mère que personne n'a vue, grâce à une technique que nul n'a identifiée, et à des experts que personne n'a nommés. Et qui obtient pourtant la Une de la majorité des journaux de la planète.

Quelle est la dernière fois qu'un scientifique a réussi à obtenir pareille visibilité?

Les médias se font fréquemment reprocher de ne pas accorder assez de place à l'information scientifique. Année après année, des découvertes en physique, en biologie ou en génétique, qui auront des répercussions incalculables dans les décennies à venir, passent presque inaperçues, reléguées sous la forme d'un entrefilet dans les pages intérieures. Débarque un groupe d'hurluberlus lançant une nouvelle qu'il leur a suffi d'enrober dans une apparence scientifique, et voilà que les médias leur accordent davantage de place qu'ils n'en ont accordé à tous les Prix Nobel réunis des 50 dernières années.

"Dès le moment où Clonaid a affirmé qu'elle n'avait aucune preuve de ce clonage, les reportages auraient dû cesser", s'indigne sur les ondes de MSNBC Arthur Caplan, directeur du Centre de bioéthique à l'Université de Pennsylvanie. "Cette histoire n'aurait même pas dû être imprimée", renchérit dans les pages du Pioneer Press de Saint-Louis (Missouri) le journaliste Joe Soucheray: "Les raéliens n'ont aucune crédibilité", et les médias méritent chaque ligne de critique qu'ils vont recevoir pour être ainsi tombés dans le panneau. Nous aurions dû, conclut-il, traiter cette histoire de la même façon que nous traitons les histoires de Bigfoot, de soucoupes volantes et d'astrologie.


L'objectivité journalistique, insiste le chroniqueur Tim Runnen, du Los Angeles Times, cette méthode qui consiste à montrer les deux côtés de la médaille, nous sert généralement bien. Mais dans une histoire comme celle-ci, elle démontre éloquemment ses limites: une secte de cinglés (a crackpot's cult), une annonce sans substance, une chercheure qui n'a jamais publié une ligne, et pourtant, sa conférence de presse obtient une audience digne du pape.

Seule mince consolation: quelques journaux de poids, comme le Los Angeles Times et le New York Times, ont eu le réflexe de ne pas faire "monter" cette histoire jusqu'à leur première page.


  Canada : Raël

L'image de la science en prend un coup

Sciences Presse, 4 janvier 2003 par Lysiane Gagnon

[Texte intégral]

D'ordinaire plus silencieux, les scientifiques ont pour une fois réagi: l'Association américaine pour l'avancement des sciences (AAAS) a émis un communiqué le 2 janvier, où elle enjoint les citoyens à demeurer sceptiques. "La couverture médiatique a connu deux phases: une première, que je qualifierais d'hystérique", écrit Alan Leshner, président de l'AAAS. Et une seconde, où on a enfin pu prendre un peu de recul.

A terme, certains s'inquiètent de l'impact que cette histoire aura sur l'image que le public se fait de la science. Que des hurluberlus qui se disent scientifiques puissent aller de l'avant avec un pareil projet, en dépit des risques insensés qu'ils font courir à la santé de l'enfant, n'est en effet pas de nature à rassurer qui que ce soit.

Car ce n'est pas juste une histoire amusante qui aura servi à meubler les journées creuses du congé des Fêtes. "Le message que reçoit le public, s'inquiète Arthur Caplan, c'est que la science n'a aucune règle." N'importe qui peut y faire n'importe quoi... pour autant qu'il ait de l'argent. Et quelle belle publicité pour une secte, qui peut de cette façon attirer encore plus de gens vulnérables... riches de préférence.

Pour le gynécologue français Israël Nisand, le clonage d'un être humain, qu'il se réalise maintenant ou dans 10 ans, c'est la "bêtise du siècle", et il propose que les gouvernements le rangent illico, avant qu'il ne soit trop tard, parmi les "crimes contre l'humanité".

Moins virulent, le généticien Alex Kahn n'en réclame pas moins la criminalisation du clonage humain. Pendant qu'il en est encore temps, puisque toutes ces annonces, celles des raéliens comme celles du Dr Severino Antinori (que les raéliens ont manifestement voulu prendre de vitesse, puisque "son" bébé est, lui, attendu pour janvier), aussi fantaisistes qu'elles soient, n'en ont pas moins une raison d'être: elles préparent le terrain. Le but est "d'inculquer à l'opinion publique le sentiment que le clonage est inéluctable" et qu'en conséquence, il ne sert désormais plus à rien de discuter de son interdiction.


  Canada : Raël

Les hurluberlus du néant

Sciences Presse, 4 janvier 2003 par Lysiane Gagnon

[Texte intégral]

Bien des choses auraient pu être pointées du doigt ces derniers jours. Par exemple, le fait que la compagnie Clonaid, bien que toute jeune, a déjà des histoires derrière elle. En 2001, elle a réussi à soutirer 200 000$ à un avocat américain, Mark Hunt, dont le fils de 10 mois était décédé d'une maladie cardiaque. Les sous devaient servir à cloner ce bébé. Le programme a été bloqué par l'Administration américaine des aliments et drogues (FDA), ce qui a permis d'apprendre que l'expert derrière cet espoir de clonage était... un étudiant. Sans aucune expérience en clonage animal.

Et puis, il y a cette autre réalité, qui a échappé à bien des journalistes. Si Clonaid faisait vraiment des expériences de clonage depuis quatre ou cinq ans, il devrait y avoir à son actif, à l'heure actuelle, des recherches publiées. Les raéliens invoqueront évidemment l'ostracisme dont seraient l'objet leurs malheureux chercheurs: mais la science ne fonctionne pas comme ça. Au contraire, en recherche scientifique, peu importe la nature de vos découvertes, peu importe qu'elles soient ou non controversées: si vous avez obtenu des résultats -même des résultats négatifs- vous réussirez toujours à les publier quelque part. Surtout à l'heure d'Internet.

L'absence totale de publications scientifiques -ne serait-ce que sur des expériences d'animaux clonés- est le meilleur indice du néant qui entoure cette soi-disant "Eve", de même que le deuxième bébé qui serait né sur un autre continent, de même que les trois autres bébés qui, prétend-on, seraient prévus pour février, de même que -cerise sur le gâteau- le refus des raéliens de procéder à des tests génétiques sur le bébé et sa mère. Le clonage, s'il se réalise, ne tombera pas du ciel... quoi qu'en disent les extra-terrestres.


  Etats-Unis : Raël

Trois experts, dont le père de "Dolly", mettent au défi les raéliens

AFP, 8 janvier 2003

[Texte intégral]

PITTSBURGH - Trois scientifiques de haut niveau, dont l'Ecossais Ian Wilmut, le père de la brebis "Dolly", mettent au défi la secte des raéliens de prouver l'existence de leurs supposés clones par le biais de tests génétiques pratiqués par une autorité scientifique respectée. "Il est essentiel que des experts indépendants non impliqués dans une forme quelconque de clonage soient présents lors du prélèvements de échantillons d'ADN", écrit Ian Wilmut, de l'Institut Roslin (Grande-Bretagne), dans une lettre ouverte publiée par l'Université de Pittsburgh (Pennsylvanie).

De simples tests d'ADN permettraient de prouver de manière indiscutable la réalité du clonage dans les deux cas de naissance revendiqués par Brigitte Boisselier, présidente de Clonaid, une société liée à la secte des raéliens.

Ces annonces des raéliens, faites sans la moindre corroboration indépendante, ont soulevé le scepticisme général de la communauté scientifique.

Les trois chercheurs demandent que ces tests "pour confirmer qu'Eve, le bébé que Clonaid revendique comme étant le premier clone humain", soient réalisés sous l'égide de l'Académie nationale des sciences (Etats-Unis). Ils rappellent aussi que "les techniques de clonage actuelles mettent gravement en danger la santé du clone nouveau-né". "Tous les résultats d'expérience de clonage décrivent un fort taux d'avortements tardifs ou de naissances d'animaux morts-nés", souligné Randall Prather, professeur de biotechnologie reproductive à l'Université de Missouri-Columbia. "Lorsque de jeunes clones ont été produits, la plupart souffraient d'anormalités apparentes qu'après la naissance (...) Il n'y a absolument aucune raison de penser que la situation serait différente chez l'humain", ajoute-t-il. "Les affirmations (des raéliens) soulignent l'urgence pour chaque pays de mettre en oeuvre une législation responsable sur le clonage humain reproductif", conclut Gerald Schatten, professeur d'obstétrique et de gynécologie à l'Université de Pittsburgh.


  Union Européenne : Raël

Clonage reproductif: le commissaire UE à la Recherche pour une interdiction

AFP, 8 janvier 2003

[Texte intégral]

BRUXELLES - Le commissaire européen chargé de la Recherche, Philippe Busquin, a réaffirmé mercredi sa condamnation du clonage reproductif humain et son