Actualités sur les sectes en mars 2004.
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Japon : Sectes
Les Japonais, proies idéales pour les innombrables sectes de l'Archipel
Courrier international, 1er mars 2004[Texte intégral]
TOKYO - En dépit du traumatisme causé par l'ex-secte Aum Vérité Suprême, dont le gourou vient d'être condamné à mort, les Japonais, en manque de repères spirituels dans une société où la consommation est érigée en valeur reine, sont des proies idéales pour les innombrables sectes de l'Archipel.
"En même temps que leur niveau de vie s'est amélioré, les gens sont devenus matériellement aisés tout en réalisant que le bonheur spirituel ou la satisfaction étaient de plus en plus difficiles à atteindre", explique Kimiaki Nishida, professeur de psychologie à l'Université de Shizuoka (centre).
"C'est une maladie qui affecte tous les pays industrialisés, dont le Japon", souligne ce spécialiste des phénomènes de contrôle de l'esprit.
Mais si le succès des sectes n'est pas spécifique à l'Archipel, les experts sont unanimes pour souligner que la nature même de la société japonaise --où le groupe prévaut sur l'individu et au sein de laquelle le sens critique a peu de poids face à l'importance de l'acceptation sociale-- constitue un terrain propice à l'endoctrinement des "brebis égarées".
Pour Hiroshi Yamaguchi, avocat à Tokyo et adversaire déclaré de la secte sud-coréenne Moon depuis des années, la prolifération des cultes au Japon est bien plus prononcée que dans les autres pays.
Les Japonais recherchent "d'autres formes de satisfaction que celles de la vie quotidienne" et s'ils ne parviennent pas à trouver une réponse immédiate, ils ont tendance à tomber dans le piège de la solution toute prête, souligne l'avocat.
Selon l'organisation anti-secte de M. Yamaguchi, il y aurait 20.000 "Moonistes" au Japon, moins qu'ils n'en revendiquent officiellement.
Créée en 1954 en Corée du Sud par le révérend Sun Myung-Moon, l'Eglise de l'Unification, plus connue sous le nom de "secte Moon", a pris son essor au Japon à la fin des années 1970, au crépuscule des grands mouvements étudiants gauchistes. Aujourd'hui, le recrutement se fait souvent par le biais des ménagères de 30-40 ans qui s'ennuient chez elles.
Mais les "nouvelles religions" ("shinshûkyô") ont décollé dans le Japon de la bulle financière des années 1980, où beaucoup de jeunes, déboussolés, ont préféré le repli sur soi à la contestation politique.
Ainsi la secte Aum Vérité Suprême, fondée en 1984 par le gourou Shoko Asahara, envoyé vendredi à la potence pour avoir orchestré le spectaculaire attentat au gaz sarin du métro de Tokyo en mars 1995 (12 morts et 5.000 empoisonnés), a su conquérir l'esprit de jeunes intellectuels en mal de spiritualité.
Mêlant mysticisme hindou, croyances bouddhistes et visions apocalyptiques, l'ex-secte Aum existe toujours au Japon, sous le nom d'Aleph et compterait quelque 2.000 fidèles.
Le Japon compte au total plus de 180.000 organisations religieuses, Eglises officielles comprises, selon les derniers chiffres de l'Observatoire national des religions.
Selon Sadao Asami, professeur de théologie retraité, le fait que les Japonais restent superstitieux, combiné à un "système de croyance religieuse toujours très primitif", profite aux gourous de tout poil qui font miroiter la liberté religieuse et l'épanouissement personnel pour recruter des fidèles.
"Le Japon ne possède pas la large base religieuse du christianisme, ni même celle du bouddhisme, mais il est doté d'un système spirituel non religieux basé sur le culte des ancêtres", souligne par ailleurs M. Nishida, se référant au shintoïsme, culte polythéiste de l'Archipel.
Dans ce climat particulier, les experts sont plutôt pessimistes quant à l'avenir.
"Est-ce que notre société a retenu une quelconque leçon de son expérience avec Aum ?", doute M. Yamaguchi, pour qui "le seul changement post-Aum réside dans le pouvoir accrû des moyens d'investigation que possède la police".
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Japon : Aum
Les Japonais trouvent que la corde est bien trop douce pour le gourou d'Aum
AFP, 2 mars 2004[Texte intégral]
TOKYO - La peine de mort à laquelle a été condamné vendredi Shoko Asahara, le gourou fondateur de la secte Aum Vérité Suprême, apparaît aux yeux des Japonais comme une sentence bien trop clémente à l'encontre de l'ennemi public numéro 1. Colère et frustration sont d'autant plus exacerbées que les avocats d'Asahara ont annoncé qu'ils faisaient appel.
Le gourou, de son vrai nom Chizuo Matsumoto, qui va sur ses 49 ans, a été reconnu coupable des 13 crimes dont il était inculpé et qui ont tué 27 personnes et blessé des milliers d'autres. Il a été désigné comme le cerveau de la spectaculaire attaque au gaz sarin perpétrée en mars 1995 dans le métro de Tokyo (12 morts et plus de 5.000 empoisonnés), le "pire crime terroriste" jamais commis au Japon. Shizue Takahashi, 57 ans, veuve d'un employé du métro décédé, s'est dite "contente et soulagée" à l'énoncé d'un verdict qui faisait peu de doute. "Dans le temps au moins, on pouvait traîner quelqu'un dans la rue et le rouer le coups jusqu'à ce qu'il meure lentement, et ce serait le châtiment le plus approprié pour lui", regrette Kuniko Watanabe, 68 ans, un employé à temps partiel de Saitama (nord de Tokyo). "Je souhaiterais qu'il souffre davantage avant de mourir. Mais les temps sont différents, aujourd'hui. Je veux aussi qu'Aum disparaisse vite", dit-il.
Selon les témoignages, l'immense majorité de la population, qui réclamait la tête d'Asahara, semble partager ces sentiments violents de répulsion, de dégoût et de haine à l'égard du gourou. "Il n'y pas de plus grande punition (que la peine de mort) et c'est bien dommage. Maintenant l'affaire va traîner jusqu'à la Cour suprême, mais j'aurais préféré qu'ils (les juges) bouclent l'affaire rapidement", déplore Takehiko Murai, un agent de voyage de 48 ans.
Du côté de la secte, qui existe toujours sous le nom d'"Aleph", un communiqué est venu réiterer les "plus profondes excuses aux victimes et à leurs familles" exprimées une première fois en décembre 1999. "Le verdict sera imprimé à jamais dans nos coeurs et nous allons poursuivre notre travail pour compenser les victimes", assure le communiqué. "Aleph" s'est engagée à verser 960 millions de yens (7 M EUR) de dédommagements aux victimes d'ici juillet 2005, dont 464,8 millions ont déjà été versés.
La secte regroupe aujourd'hui près de 2.000 fidèles et fait l'objet d'une surveillance attentive de la part de la police qui soupçonne que l'influence du gourou Asahara est encore grande parmi les disciples. Un des avocats des familles des victimes, Kenji Utsunomiya, a souligné que "les personnes assassinées ne reviendront jamais". "Il y a beaucoup de gens qui souffrent encore des effets (du gaz sarin)", a-t-il relevé en insistant sur "la responsabilité du gouvernement". "Il s'est agi d'une attaque terroriste majeure que le gouvernement n'a pas su empêcher", a-t-il accusé.
Le porte-parole du gouvernement, Yasuo Fukuda, s'est abstenu de répondre, se contentant de souhaiter que "les âmes des victimes reposent en paix".
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France : Sectes
Assemblée Nationale - Questions et réponses
MIVILUDES, 3 mars 2004[Texte intégral
12ème législature
Question N° : 30695 de M. Valls Manuel ( Socialiste - Essonne ) QE
Ministère interrogé : justice
Ministère attributaire : justice
Question publiée au JO le : 22/12/2003 page : 9762
Réponse publiée au JO le : 02/03/2004 page : 1644
Rubrique : ésotérisme
Tête d'analyse : sectes
Analyse : prévention et répression des mouvements sectaires. loi n° 2001-504 du 12 juin 2001. application
Texte de la QUESTION : M. Manuel Valls souhaite attirer l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur la politique française de lutte contre les sectes. La loi n° 2001-504 tendant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales, qui notamment créent un délit de manipulation mentale, demeure sans décret d'application. Cette loi est pourtant compatible avec la convention européenne des droits de l'homme. La lutte contre les sectes et contre les agissements de groupements prospérant sur la détresse et le malheur doit être prolongée. Dans ce cadre, il souhaite connaître ses intentions relatives à la loi mentionnée et quelles initiatives il envisage de prendre sur ce dossier sensible.
Texte de la REPONSE : Le garde des sceaux, ministre de la justice, fait connaître à l'honorable parlementaire que la loi du 12 juin 2001 tendant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales est appliquée depuis sa promulgation au Journal officiel le 13 juin 2001. S'agissant du délit d'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse prévu et réprimé par l'article 223-15-2 du code pénal, il a pu être dénombré, au 1er octobre 2003, trois enquêtes préliminaires et cinq informations judiciaires. Sur les trois enquêtes préliminaires, deux ouvertes exclusivement de chef d'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse ont été classées sans suite, la troisième ouverte de ce chef et de travail dissimulé a également été classée sans suite. Quant aux cinq informations judiciaires, l'une d'entre elles, des chefs d'abus de faiblesse et d'escroqueries, a fait l'objet d'une ordonnance de non-lieu, et les quatre autres sont toujours en cours.
SOC 12 REP_PUB Ile-de-France O12ème législature
Question N° : 30758 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes ) QE
Ministère interrogé : justice
Ministère attributaire : justice
Question publiée au JO le : 22/12/2003 page : 9763
Réponse publiée au JO le : 02/03/2004 page : 1644
Rubrique : ésotérisme
Tête d'analyse : sectes
Analyse : prévention et répression des mouvements sectaires. loi n° 2001-504 du 12 juin 2001. application
Texte de la QUESTION : M. Philippe Vuilque attire l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur l'application de la loi du 12 juin 2001 tendant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales. Alors que nombre de mouvements sectaires continuent à être condamnés pour diverses infractions, il l'interroge sur l'application de la procédure de dissolution spécifique que prévoit cette loi.
Texte de la REPONSE : Le garde des sceaux, ministre de la justice, fait connaître à l'honorable parlementaire que la possibilité de dissolution de mouvements à caractère sectaire ayant été condamnés pour des infractions prévues par l'article Ier de la loi du 12 juin 2001 tendant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales n'a pas été mise en oeuvre à ce jour, à défaut de condamnations définitives requises par cette loi. La mise en oeuvre de cette disposition suppose que deux condamnations définitives aient été prononcées à l'encontre de la personne morale ou du dirigeant de droit ou de fait de cette personne morale pour des infractions limitativement énumérées.
SOC 12 REP_PUB Champagne-Ardenne O12ème législature
Question N° : 30602 de Mme Carrillon-Couvreur Martine ( Socialiste - Nièvre ) QE
Ministère interrogé : justice
Ministère attributaire : justice
Question publiée au JO le : 22/12/2003 page : 9762
Réponse publiée au JO le : 02/03/2004 page : 1644
Rubrique : ésotérisme
Tête d'analyse : sectes
Analyse : prévention et répression des mouvements sectaires. loi n° 2001-504 du 12 juin 2001. application
Texte de la QUESTION : Mme Martine Carrillon-Couvreur attire l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur l'application de la loi de délit de manipulation mentale adoptée à l'unanimité en juin 2000. En effet, le développement des sectes liberticides constitue un phénomène de société suffisamment grave pour avoir nécessité des dispositions législatives et réglementaires adaptées afin de défendre les victimes des sectes et protéger la société. Cette loi, qui ne bénéficie toujours pas de décret d'application, ne porte pas atteinte aux libertés fondamentales : liberté de conscience, liberté de pensée, liberté religieuse, liberté d'association. Elle vient au contraire assurer la protection juridique des individus, des familles et de la société civile, victimes des sectes qui portent gravement atteinte à la dignité et à la liberté de la personne humaine, qui bafouent et violent les droits de l'homme. Par conséquent, elle lui demande de mettre en application dans les meilleurs délais la loi de délit de manipulation mentale adoptée à l'unanimité depuis plus de trois ans.
Texte de la REPONSE : Le garde des sceaux, ministre de la justice, fait connaître à l'honorable parlementaire que la loi du 12 juin 2001 tendant à renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales est appliquée depuis sa promulgation au Journal officiel le 13 juin 2001. S'agissant du délit d'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse prévu et réprimé par l'article 223-15-2 du code pénal, il a pu être dénombré, au 1er octobre 2003, trois enquêtes préliminaires et cinq informations judiciaires. Sur les trois enquêtes préliminaires, deux ouvertes exclusivement de chef d'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse ont été classées sans suite, la troisième ouverte de ce chef et de travail dissimulé a également été classée sans suite. Quant aux cinq informations judiciaires, l'une d'entre elles, des chefs d'abus de faiblesse et d'escroqueries, a fait l'objet d'une ordonnance de non-lieu, et les quatre autres sont toujours en cours.
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Vatican : Opus Dei
Lancement du processus pour donner un second saint à l'Opus Dei
Yahoo, 5 mars 2004[Texte intégral
ROME (AFP) - L'Opus Dei a lancé vendredi le procès pour la canonisation du cardinal espagnol Alvaro del Portillo, mort à Rome en mars 1994 à l'âge de 80 ans et successeur à la tête de "l'Oeuvre" de son fondateur Josémaria Escriva de Balaguer, proclamé saint en octobre 2002.
Le procès devant le tribunal du vicariat de Rome a été ouvert par le président de la conférence épiscopale italienne, Mgr Camillo Ruini. Un autre procès sera mené en parallèle par un tribunal dépendant de l'Opus Dei à partir du 20 mars, a précisé l'ordre. Mais la décision finale reviendra au Saint Siège et la procédure devrait prendre plusieurs années.
José Escriva de Balaguer, mort en 1975, a été béatifié en 1992 et déclaré saint en 2002. 35 cardinaux et 200 évêques de 55 pays se sont prononcés pour la canonisation de Mgr Portillo, a souligné l'Opus Dei. Le pape Jean Paul II était venu prier devant ses restes mortels le jour de sa mort, le 23 mars 1994. Il l'avait ordonné évêque en 1991 et avait accordé a son ordre en 1982 le statut, unique dans l'Eglise, de prélature personnelle, le faisant ainsi dépendre directement du pape.
Né à Madrid le 11 mars 1914, Mgr Alavaro del Portillo est devenu membre de l'Opus Dei en 1935, 7 ans après sa fondation, et a été ordonné prêtre en juin 1944. L'Opus Dei (l'Oeuvre de Dieu) est un mouvement laïc, mais il est statutairement dirigé par un religieux espagnol. Principal collaborateur de Josémaria Escriva de Balaguer, Alvaro del Portillo lui a succédé à la tête de "l'Oeuvre" pour promouvoir le rôle des laïcs dans l'Eglise. A sa mort, l'Opus Dei comptait 77.000 membres et 1.500 prêtres dans 55 pays et était devenu très influent au Vatican.
"L'oeuvre" est depuis dirigée par Mgr Xavier Echevarria, 71 ans, troisième prélat de l'Opus Dei, élevé par Jean Paul II au rang d'évêque en 1995. Elle revendique aujourd'hui 80.000 membres.
Puissant relais laïc au service du pape, qualifié de "garde blanche" ou plus péjorativement de "mafia du vatican", l'Opus Dei est accusé par ses détracteurs d'être ultra-conservateur, de fonctionner comme une secte, d'être élitiste et d'infiltrer tous les centres du pouvoir.
La direction de l'Opus Dei réfute ces allégations et se défend catégoriquement de faire de la politique ou d'avoir une quelconque influence.
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France :IVI
Le siècle de l'alchimie
Medito.com, 6 mars 2004[Extrait]
D'autres doctrines délirantes font froid dans le dos. Parmi elles, celle qui est professée par Ivi (Invitation à la vie) qui est plus spécifiquement axée sur la santé. Sur le site de la secte, on peut lire en gras : "La liberté de guérir étant laissée à chaque individu, sa guérison totale lui appartient et ne peut se produire que lorsque l'âme l'a choisi." ...
Autrement dit : si vous ne guérissez pas, c'est que vous ne le voulez pas vraiment, que votre âme n'est pas assez élevée. "Il n'y a pas de maladie inguérissable" annonce Ivi. Dans le bulletin Bulles, édité par l'Unadfi, on trouve les citations suivantes, attribuée à Yvonne Trubert, la fondatrice et gourou de l'organisation : "Le cancer : "Dramatique pour les médecins, il est simple pour vous : vous saurez guérir un cancer La leucémie ? Par les soins que vous saurez faire, on arrive totalement à irriguer (?) et à détruire la maladie. Les métastases s'envoleront (sic) sous vos doigts. Ce que je peux vous dire, c'est qu'elles disparaîtront. ( ) Tous les cancers, cancers des os, cancers des glandes (?), cancer du poumon, tous les cancers se guérissent." Elle aurait également affirmé : "Vous arriverez non seulement à alléger les souffrances des ces paralysés mais aussi à redonner une activité aux jambes et aux bras." Dans son livre "Homme nouveau - Nouvelle médecine", page 91 : "Maintenant, de cette époque branchée sur chimie, biochimie et physique qu'a été le XXème siècle, nous passons au siècle de l'alchimie, c'est à dire de la transformation possible de toute matière par la seule énergie de l'amour."
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Espagne :Actualités diverses
La conquista des Légionnaires du Christ
Libération, 9 mars 2004 par Jean-Hebert Armengaud[Texte intégral]
Voyage dans l'Espagne d'Aznar, à l'occasion des législatives du 14 mars. Aujourd'hui: le catholicisme. L'Eglise étend son emprise sur l'éducation.
Madrid envoyé spécial
Le campus est un grand îlot de verdure, cloîtré dans une banlieue résidentielle de Madrid. Des parkings, et surtout du gazon à perte de vue, taillé comme sur un green de golf. Et des pins qui parsèment le tout. L'université Francisco de Vitoria, privée, religieuse, respire la tranquillité et transpire l'argent. Elle est à peine à trente minutes de route de la grande université publique de Madrid, la Complutense, qui évoque en comparaison une cité de banlieue aux tours mal ravaudées. A Francisco de Vitoria, les élèves travaillent dans des bâtiments de luxe, de un à deux étages, jamais plus. Le foyer des étudiants est meublé de fauteuils larges et profonds. Rocio, 24 ans, fait une pause-café entre deux cours pour sa maîtrise d'économie, spécialisation en administration et direction d'entreprise. Fille de famille aisée andalouse, elle n'a pas hésité : «J'avais fait deux ans d'université publique à Séville, mais ici tout est plus simple. Tu peux aller demander conseil à tes profs quand tu veux, sans rendez-vous. Les cours sont obligatoires, tu n'es pas tentée de sécher. Et puis il y a les moyens, qui vont jusqu'aux détails, comme un bus gratuit pour descendre à Madrid, même si la plupart des étudiants, ici, ont leur voiture. En cours d'informatique par exemple nous avons chacun notre ordinateur et notre connexion à l'Internet, ce qui serait impensable dans une université publique.» Le luxe est cher, dans les 12 000 euros l'année.
Comme la plupart des grandes universités privées espagnoles, Francisco de Vitoria est sous tutelle religieuse. A Pampelune, la célèbre université de Navarre dépend de l'Opus Dei, à Bilbao, celle de Deusto est aux mains des jésuites. A Salamanque, la réputation de l'Université pontificale dépasse largement les frontières du pays. Rocio baisse la voix : «Ici, tous les professeurs sont des Légionnaires du Christ, une sorte de secte, genre Opus Dei. Certains commencent leurs cours par une prière collective. Et, en cours de philosophie par exemple, on apprend que l'existence de Dieu ne fait aucun doute ou encore que "Dieu est amour". Etrange pour des cours de philo...» Rocio s'en fiche, ne pense qu'à la valeur de son diplôme, ceux de Francisco de Vitoria ont la cote. Elle ne sait pas trop si elle «croit», mais, en tout cas, ne pratique plus depuis longtemps: «Je ne connais même pas les dix commandements. Certains profs font du prosélytisme, organisent parfois des séminaires à l'extérieur pendant les vacances, mais ils n'insistent pas avec les étudiants qu'ils sentent peu motivés.»
Cours de religion obligatoires
L'Espagne d'aujourd'hui ressemble à Rocio : de moins en moins croyante, de moins en moins pratiquante. Pourtant, dans un pays au passé chargé en la matière, l'Eglise garde une influence importante, voire croissante dans l'éducation: l'université Francisco de Vitoria a pris son autonomie en 2002, avant elle n'était qu'un simple centre universitaire annexe à la Complutense. Plus qu'un retour de la foi, ce «retour au religieux» vient d'en haut. La hiérarchie catholique et les mouvements comme l'Opus Dei et les Légionnaires du Christ ont l'oreille de José María Aznar, le président du gouvernement sortant, dont le parti est à nouveau favori aux élections de dimanche prochain. La marque la plus criante, et la plus contestée, en est la nouvelle loi sur l'éducation, votée récemment par les conservateurs. Elle rend obligatoire l'enseignement religieux ou des religions, selon l'option choisie du CP jusqu'en première. Preuve que l'influence du lobby catholique progresse. «Comme dans les autres pays européens, la sécularisation avance à grands pas en Espagne, mais, pendant les huit ans de gouvernement Aznar, l'Eglise a fortement tenté de récupérer le terrain perdu», explique José Martinez de Velasco, spécialiste des affaires religieuses à l'agence de presse EFE et auteur des Légionnaires du Christ, la nouvelle armée du pape.
L'influence de ces «légionnaires» serait à la mesure de leur goût du secret. La direction de l'université Francisco de Vitoria par exemple ne «communique pas» sur le sujet. Selon José Martinez de Velasco, au moins deux ministres importants du gouvernement sortant seraient très proches de cette congrégation ultraconservatrice fondée au Mexique en 1941 par le prêtre Marcial Maciel, qu'il continue aujourd'hui à diriger depuis Rome, où il a les faveurs de Jean-Paul II. Le pape y voit un instrument de son projet de «nouvelle évangélisation». La Légion du Christ et son bras séculier, Regnum Christi, sont très puissants au Mexique, évidemment, avec notamment l'université Anáhuac de Mexico, la plus prestigieuse du pays ; dans les autres pays d'Amérique latine, terre de «reconquista» religieuse pour Jean Paul II ; et aussi, plus récemment en Europe, particulièrement en Espagne. «L'Espagne est à Dieu, l'Espagne est pour le Christ, ne laissez pas l'ennemi voler cette belle Espagne que Dieu a prise avec lui», s'exclamait Marcial Maciel en 2001 lors d'un congrès des familles de Regnum Christi à Francisco de Vitoria. «L'ennemi», ce sont «les athées, les maçons», en général tous ceux qui «veulent détruire la famille, corrompre la femme, corrompre l'enfance».
En Espagne, les Légionnaires et les membres de Regnum Christi seraient plus de 40 000. «Les Légionnaires du Christ, comme d'autres congrégations semblables, véritables "Eglises parallèles", tels Communion et Libération ou le Chemin néocatéchuménal, ne mesurent pas leur pouvoir par le nombre d'adeptes, estime José Martinez de Velasco. Ils cherchent surtout de l'influence dans le monde politique, celui de l'entreprise, notamment pour leurs financements, ou celui de l'éducation. L'éducation, parce qu'ils veulent former les leaders de demain.» Comme d'autres, les Légionnaires du Christ étendent peu à peu leur influence dans les écoles et collèges privés ou les universités.
Un tiers des établissements scolaires espagnols sont privés, la quasi-totalité catholiques. Des centres financés en partie par l'Etat, qui paie notamment les salaires des professeurs. Les traces de l'Histoire sont encore là, des années après la fin de la dictature franquiste et son idéologie nationale-catholique. «La religion a toujours été un sujet de confrontation, parfois violente, comme sous la guerre civile, explique Miguel Recio, de la fédération de l'enseignement du syndicat Comisiones Obreras. Avec le retour de la démocratie, ce fut l'objet d'intenses négociations lors de l'élaboration de la Constitution, avec un résultat que beaucoup estiment insatisfaisant.»
Accords avec le Saint-Siège
L'Etat espagnol est non confessionnel mais la Constitution cite tout de même l'Eglise d'une façon ambiguë : «Les pouvoirs publics maintiendront des relations de coopération avec l'Eglise catholique... et les autres confessions.» Deux mois après l'adoption de la Constitution, le pouvoir politique de l'époque annonce la signature d'accords avec le Saint-Siège. «Un concordat qui ne veut pas dire son nom, puisque ces accords donnent une situation privilégiée à l'Eglise catholique», estime le théologien critique Juan José Tamayo. Les accords donnent une valeur civile au mariage catholique, exemptent l'Eglise d'impôt et lui donnent toute latitude pour nommer les professeurs de religion et élaborer le contenu des livres de classe en la matière. Vingt-cinq ans après, José María Aznar a rouvert la polémique sur l'éducation religieuse à l'école. Jusqu'à présent, deux tiers des élèves du primaire et du secondaire suivaient des cours optionnels de religion catholique, même dans le public, où les professeurs sont nommés par l'évêché mais payés par l'Etat ; les autres allaient en étude ou suivaient des cours de soutien. Comme plein d'autres, Rocio avait suivi jusque dans le secondaire les cours de religion catholique, «parce que mes parents me le demandaient et parce que ça donne des points faciles en plus».
A la rentrée 2004, l'alternative à la religion confessionnelle sera un cours obligatoire des religions. Et, quelle que soit l'option choisie, la note entrera dans la moyenne, dont dépend le passage en classe supérieure. «La société espagnole n'est pas une société laïque mais catholique», lance José Manuel Contreras, le président de la Concapa (Confédération catholique des parents d'élèves), un des puissants groupes de pression qui ont milité pour la nouvelle loi. «Si je suis catholique, je le suis dans tous les aspects de ma vie, quand je dors, quand je mange... et quand je vais à l'école.» Le clan opposé s'est mobilisé au sein d'une Plate-Forme pour une société laïque, qui multiplie actuellement les meetings, les manifestations, les réunions de quartier, les recours en justice jusqu'au Tribunal suprême.
«Cette loi, c'est un retour à l'héritage noir de l'Espagne, estime Miriam Municio, du Syndicat des étudiants. L'Eglise perd de plus en plus de terrain dans la société, alors elle tente de rentrer par la petite porte.» Dans leur immense majorité, les Espagnols se font toujours baptiser et continuent à se marier à l'église, souvent par tradition ou par goût des grandes réunions familiales. Mais seuls la moitié d'entre eux se déclarent «catholiques pratiquants». Et plus de 45 % avouent n'aller «presque jamais» à la messe seuls 1,6 % pratiquent une autre religion.
Une bataille perdue
Depuis la libéralisation de l'avortement, au début des années 80, jusqu'à, plus récemment, les «Pacs» légalisés par la plupart des grandes Communautés autonomes (régions), les préceptes de la hiérarchie catholiques ne cessent de reculer. Certaines régions débattent même aujourd'hui très sérieusement d'autoriser l'adoption par les homosexuels. «A terme, estime José Martinez de Velasco, la bataille de l'Eglise espagnole est perdue, ici comme dans les autres pays européens : ou elle s'adapte aux réalités sociales, ou ses fidèles ne seront plus qu'un petit groupe de fanatiques.» La réforme de la loi sur l'éducation n'est peut-être qu'un de ses derniers soubresauts, elleprouve néanmoins la puissance de ses relais.
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France : Sectes
Assemblée Nationale - Questions et réponses
MIVILUDES, 10 mars 2004[Texte intégral]
12ème législature
Question N° : 30855 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes ) QE
Ministère interrogé : jeunesse et éducation nationale
Ministère attributaire : jeunesse et éducation nationale
Question publiée au JO le : 22/12/2003 page : 9759
Réponse publiée au JO le : 09/03/2004 page : 1872
Rubrique : enseignement
Tête d'analyse : programmes
Analyse : cours d'éducation civique. sensibilisation aux mouvements sectaires
Texte de la QUESTION : M. Philippe Vuilque appelle l'attention de M. le ministre de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche sur l'information donnée par l'éducation nationale aux enfants concernant les mouvements à caractère sectaire et les dérives sectaires. Alors que l'enseignement du fait religieux paraît d'actualité, il s'inquiète de la place que pourraient y occuper les sectes. Il voudrait que le ministre lui confirme que l'évocation du phénomène des sectes prend toute sa place dans les cours d'éducation civique. Il s'agit de sensibiliser les enfants aux dangers sectaires, mais aussi de leur rappeler le caractère contradictoire des enseignements sectaires avec les principes fondamentaux de la laïcité, de la citoyenneté, des droits de l'homme et de l'enfant.
Texte de la REPONSE : La connaissance des faits religieux dans leur inscription sociale et culturelle et dans leurs multiples dimensions, temporelle et spatiale, littéraire, artistique et philosophique, est indispensable à l'intelligence de nos sociétés contemporaines et de notre environnement quotidien. Les différents rapports et les interventions au séminaire national sur l'enseignement du fait religieux organisé par la direction de l'enseignement scolaire (Paris, 5, 6, 7 novembre 2002) ont montré que « l'étude des faits religieux peut être abordée en établissant une claire distinction entre les registres du savoir et de la croyance, à la lumière des différentes disciplines et en partant des documents et approches propres à chacune ». (« L'enseignement du fait religieux », Actes de la DESCO, centre régional de documentation pédagogique de l'académie de Versailles, juin 2003). À côté des dispositifs de lutte contre les sectes mis en place au sein de l'éducation nationale (circulaire n° 2002-120 MEN-DAJ), c'est bien par une démarche de raison appuyée par un rappel constant et la claire affirmation des valeurs qui fondent l'école que l'on doit éclairer les élèves sur l'aliénation et les dangers auxquels conduit l'adhésion à des groupes sectaires. Les programmes d'enseignement de l'éducation civique - obligatoire de l'école primaire jusqu'au lycée - sont conçus de manière à favoriser chez chacun une appropriation personnelle des connaissances, valeurs et principes qui fondent la citoyenneté. Autour de thèmes comme ceux de « libertés », « droits », « devoirs », « justice », « sûreté », l'indispensable réflexion sur les phénomènes sectaires peut ainsi être mise en oeuvre, selon l'âge et le niveau.
SOC 12 REP_PUB Champagne-Ardenne O
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France : Sectes
Assemblée Nationale - Questions et réponses
MIVILUDES, 10 mars 2004[Texte intégral]
12ème législature
Question N° : 32367 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes ) QE
Ministère interrogé : Premier ministre
Ministère attributaire : Premier ministre
Question publiée au JO le : 27/01/2004 page : 572
Réponse publiée au JO le : 09/03/2004 page : 1793
Rubrique : ésotérisme
Tête d'analyse : sectes
Analyse : décret n° 2002-1392 du 28 novembre 2002. contenu
Texte de la QUESTION : M. Philippe Vuilque s'étonne que le décret n° 2002-1392 du 28 novembre 2002 instituant la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires ne se réfère pas, contrairement au décret n° 98-890 du 7 octobre 1998 instituant la mission interministérielle de lutte contre les sectes, au principe de dignité de la personne humaine. Il interroge M. le Premier ministre sur le sens de cette lacune, qui peut être interprétée négativement. S'il s'agissait d'un oubli volontaire, il serait dommageable pour la lutte contre les dérives sectaires, alors même que le principe de dignité de la personne humaine est consacré par le Conseil constitutionnel et par le Conseil d'État, et qu'il trouve une expression dans le code pénal.
Texte de la REPONSE : Le Premier ministre s'étonne que l'honorable parlementaire considère que la défense de la dignité de la personne humaine ne soit pas au coeur des préoccupations et de l'action de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. A cet égard, en lui confiant le soin de lutter contre les agissements attentatoires aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales, ou constituant une menace à l'ordre public ou contraires aux lois et règlements, le décret du 28 novembre 2002 a incontestablement élargi le champ d'intervention de la mission par rapport à celui de la mission interministérielle de lutte contre les sectes, dès lors que les atteintes aux droits de l'homme englobent nécessairement celles portées à la dignité de la personne.
SOC 12 REP_PUB Champagne-Ardenne O
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France : Sectes
Assemblée Nationale - Questions et réponses
MIVILUDES, 10 mars 2004[Texte intégral]
12ème législature
Question N° : 31920 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes ) QE
Ministère interrogé : affaires étrangères
Ministère attributaire : affaires étrangères
Question publiée au JO le : 20/01/2004 page : 406
Réponse publiée au JO le : 09/03/2004 page : 1799
Rubrique : ésotérisme
Tête d'analyse : église de scientologie
Analyse : lobbying. institutions européennes. lutte et prévention
Texte de la QUESTION : M. Philippe Vuilque appelle l'attention de M. le ministre des affaires étrangères au sujet de l'installation du Bureau européen des affaires publiques et des droits de l'homme de l'Église de scientologie à Bruxelles. Lorsque l'on connaît la propension au lobbying de ce mouvement sectaire, qui utilise en outre souvent des organisations satellites pour parvenir à pénétrer les institutions publiques, on peut craindre que les pratiques de pression et de harcèlement déjà connues au Conseil de l'Europe ou au département d'État américain se multiplient, voire se généralisent, dans l'enceinte communautaire. La présence physique de ce bureau à quelques dizaines de mètres des institutions européennes est un danger pour la qualité de la démocratie. Il demande donc que la France dénonce publiquement cette installation et prenne des initiatives auprès de la Commission européenne afin d'y remédier.
Texte de la REPONSE : Il n'appartient pas au ministère des affaires étrangères de porter un jugement sur le lieu d'installation, a fortiori lorsqu'il se situe à l'extérieur du territoire national, de tel ou tel mouvement. Nous ne pouvons par ailleurs nous substituer à l'appréciation et à l'action des instances européennes et des administrations belges concernées, à qui il appartient de faire preuve de la vigilance nécessaire. Il va de soi néanmoins que nous menons avec ces différentes autorités une concertation régulière.
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Cameroun : Sainte Eglise du Christ
Jacqueline Dikotto, torturée au nom de Dieu
Le Messager, 10 mars 2004 par Jean-Célestin Edjangue[Texte intégral
Sous prétexte de pratiquer des séances de désenvoûtement, la Sainte église du Christ à Douala-Bépanda, a détruit la vie dune jeune femme de 27 ans.
Jai été battue, torturée, ligotée, dans la nuit de jeudi 26 à vendredi 27 février 2004, par 4 parents de la Saint église du Christ, qui occupe les locaux de lex-cinéma Omnisports, à Bépanda. Jappelle à laide, pour être sauvée du calvaire que je vis depuis deux semaines maintenant.
Assise dans un lit, salle 5 du bloc A chirurgie, à lhôpital Laquintinie de Douala, Jacqueline Dikotto, une jeune femme de 27 ans, porte les marques de la barbarie dont elle a été victime, autant de la part de sa soeur aînée Noëlle que des pasteurs de la Sainte église du Christ. Patiente présentant de multiples traumatismes, des mains et bras avec des plaies infectées , indique le carnet de santé de Jacqueline Dikotto.De fait, outre les blessures profondes et sérieuses des mains qui nécessitent un bandage permanent en attendant dêtre opérées dans les prochaines heures, Jacqueline présente des traces de torture un peu partout sur le corps, depuis les chevilles jusquau dos. Les pasteurs mont frappée avec la manche dune raclette, de toutes leurs forces, persuadés quils pouvaient me désenvoûter , soupire la victime, qui poursuit : jai dit à ma soeur aînée que je nétais pas folle, et que je nétais pas du tout possédée. Elle na rien voulu entendre .
Pour comprendre ce qui a pu se passer et qui a conduit Noëlle à embarquer doffice sa soeur cadette, direction séances de désenvoûtement à la Sainte église du Christ, à Bépanda-Ompnisports, il faut sonder une drôle dassociation qui répond au nom énigmatique de Afrikraam-Cameroun. Son président, un certain Salvatore Ngonè, qui habite Ndokotti : lobjectif de notre association est de prodiguer à ses membres un enseignement qui touche à tous les domaines de la culture , confie-t-il : hygiène de vie, alimentation, psychologie, lutte contre le tabagisme, lalcoolisme et toutes formes daliénation mentales .
Un moment soupçonnée davoir effectué un lavage de cerveau de Jacqueline Dikotto, lassociation semble hors de cause, même si cest elle qui, par lentremise de Ngo Um Andriane, sa collègue de service chez Mme Amana à Bonamoussadi, a enrôlé Jacqueline Dikotto. Il y a deux semaines, mardi, elle assiste une autre camarade Mme Mvogo, enceinte de 6 mois et dont létat psychologique nest pas des plus rassurants : toute la nuit, raconte Jacqueline, nous avons passé le plus clair de notre temps à faire des exercices et mouvements comme on nous la appris à Afrikraam-Cameroun . Le lendemain, mercredi matin, la jeune femme est complètement perturbée. Cest en voyant létat psychologique dans lequel se trouve Jacqueline Dikotto dont les propos semblent incohérents aux yeux de sa soeur Noëlle, que cette dernière décide de lamener subir une séance de désenvoûtement à la Sainte église du Christ, à Bépanda-Ompnisports.
Bloc opératoire
Réussissant à fausser compagnie à ses bourreaux, la victime va regagner le domicile familial là Akwa-nord, après un petit tour à lhôpital Ad Lucem de Bonamoussadi pour soins. Cest la voiture de ma patronne qui ma conduite jusquà Mme Amana, qui, ayant vu les traces de coups et blessures que je portais, me filera 10.000 f cfa pour que jaille me faire soigner , ajoute la jeune femme éplorée. Malheureusement pour elle, la somme savérera insuffisante au vu de lampleur des dégâts que Jacqueline Dikotto a subis. Elle va alors prendre la route pour le domicile familial. Dès que je suis allé lui rendre visite, note Yacouba Mamoun, 28 ans, chauffeur de Mme Amana et donc collègue de travail de la victime, jai trouvé une fille méconnaissable, dérangée mentalement et qui a peur de tout le monde. Elle tentera de senfuir de la maison, une première fois, avant dêtre ramenée par les habitants du quartier Bonamouang, sur ordre de sa soeur aînée. Elle est ensuite attachée point et pieds à un fauteuil . Elle devra rapidement passer sur le billard.Violée ?
Le calvaire de Jacqueline Dikotto ne sera pas pour autant terminé. Au moment où son frère, laîné de la famille, arrive de Yaoundé après plusieurs alertes sur le sort de sa petite soeur, il la découvre mutilée, le corps plein decchymoses et saignant au niveau de lentrecuisse . Ce qui fait penser quen plus des marques visibles, dues aux nombreux coups, Jacqueline Dikotto pourrait avoir subi des violences sexuelles.Hier, mardi 9 mars 2004, en fin daprès-midi, des expertises gynécologiques devraient être pratiquées pour confirmer ou pas cette hypothèse. Mais quoi quil en soit, laffaire des tortures et autres violences que cette jeune femme de 27 ans a subies, est exemplaire de ce quelle met en lumière les dérèglements de notre société. Avec, une emprise de plus en plus grande des sectes pernicieuses et autres mouvements religieux qui poussent comme des champignons un peu partout au Cameroun.
Ces mouvements sectaires, qui ont pour la plupart des cas pris leurs quartiers dans des anciennes salles de cinéma poussent la logique du cynisme jusquà se donner souvent à des spectacles de manipulations mentales, de lavage de cerveaux et dabus de toutes sortes, pouvant aller jusquà des viols. Une drôle de manière de servir Dieu.
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Etats-Unis : Sectes
Un ancien prêtre orthodoxe arrêté en Géorgie
Canoë, 12 mars 2004[Texte intégral]
En Géorgie, l'arrestation d'un ancien prêtre orthodoxe s'est déroulée dans le chaos.
Des partisans de l'ex-prêtre, qui s'opposaient à son arrestation, ont manifesté, furieux.Lancien prêtre était réfugié depuis plusieurs mois dans une église pour échapper aux autorités.
Il est accusé d'incitation à la haine envers les Témoins de Jéhovah et les groupes évangélistes.
Les 200 policiers sur place ont finalement réussi, de peine et de misère, à pénétrer dans l'église pour l'arrêter.
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Espagne : Opus Dei
Coup dur pour l'Opus Dei
Transmis par courriel, 15 mars 2004[Texte intégral]
La victoire des socialistes en Espagne va également représenter un coup dur pour l'Opus Dei.
Rappelons-nous que lors de son arrivée au pouvoir, Aznar avait nommé quatre ministres membres de "l'Oeuvre", à savoir Esperenza Aguirre à l'Education Nationale et à la Culture, José Manuel Romay à la Santé, Isabel Tocino surtout Loyola de Palacio à l'Environnement qui, sous la seconde et heureusement dernière mandature Aznar, allait devenir Ministre des Affaires Etrangères, et par conséquent s'exprimant à l'O.N.U. au nom de l'Espagne de Sa Majesté Très-Catholique...
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France : Raël
Une ex-adepte de Raël, poursuivie en diffamation, obtient gain de cause
AFP, 16 mars 2004[Texte intégral]
BORDEAUX- Une ancienne adepte du mouvement raëlien, poursuivie en diffamation par le gourou Claude Vorilhon, alias "Raël", pour avoir évoqué dans une interview son expérience, a obtenu gain de cause mardi auprès d'un tribunal de Bordeaux et 3.000 euros de dommages et intérêts.
Dans son jugement, la 1ère chambre civile du tribunal de grande instance de Bordeaux, qui avait examinée l'affaire le 3 février, a estimé qu'il convenait "de sanctionner toute action en diffamation non fondée, car elle s'inscrit en contravention du principe de liberté d'expression".
Raël, qui réclamait 30.000 euros au titre du préjudice moral, "a voulu l'empêcher de témoigner", commentait de son côté Daniel Picotin, l'avocat bordelais de l'ancienne adepte.
Dominique Saint-Hilaire, une enseignante de 53 ans, qui a passé 13 ans dans le mouvement raëlien, grimpant rapidement "les échelons" en raison de ses connaissances en anglais, a témoigné dans un reportage télévisé, diffusé en octobre 2002 au Canada, où vit Claude Vorilhon, puis rediffusé deux mois plus tard sur un forum de discussions sur Internet.
L'enseignante avait notamment déclaré que le mouvement "était certainement une escroquerie", puis évoqué les "petits contrôles fiscaux" de Claude Vorilhon en France. "Je serais tentée de dire qu'il manipule", avait-elle également déclaré.
Tout en reconnaissant le caractère diffamatoire de ces déclarations, le tribunal a toutefois constaté "une certaine retenue" et "l'absence d'animosité personnelle" dans les propos de l'ancienne adepte, avant de conclure à sa "bonne foi".
Le tribunal a par ailleurs souligné que les nombreux documents présentés à l'audience montrent "de manière non contestable que l'association raëlienne est classée en France depuis de nombreuses années dans la catégorie des sectes, dont les dangers ont été officiellement dénoncés".
Me Picotin, qui interprétait ce procès comme une "tentative d'intimidation" envers les anciens adeptes désireux d'évoquer leur expérience, avait réclamé 10.000 euros de dommages et intérêts pour "procédure abusive et injustifiée".
Pour l'avocat, qui préside une association de lutte contre les sectes, ce jugement constitue une victoire sur les Raëliens et leur leader charismatique. Raël dit être le dernier "prophète" envoyé par des extra-terrestres qui auraient selon lui créé les humains en laboratoire il y a 25.000 ans.
Le gourou, un Français de 57 ans, avait fait parler de lui dans le monde entier, l'an dernier, quand son mouvement avait affirmé avoir réussi à faire naître des bébés clones.
Ironisant sur l'homme "qui se présente comme le demi-frère de Jésus Christ", Me Picotin entendait mardi faire suivre au Canada l'ordonnance du tribunal de Bordeaux, où figure justement son adresse, à Valcourt (Québec)... au 1382 du "Jardin des prophètes".
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France : Sectes
Assemblée Nationale - Questions et réponses
MIVILUDES, 16 mars 2004[Texte intégral]
12ème législature
Question N° : 31919 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes ) QE
Ministère interrogé : affaires étrangères
Ministère attributaire : affaires étrangères
Question publiée au JO le : 20/01/2004 page : 406
Réponse publiée au JO le : 16/03/2004 page : 2003
Rubrique : politique extérieure
Tête d'analyse : États-Unis
Analyse : relations bilatéralesTexte de la QUESTION : M. Philippe Vuilque appelle l'attention de M. le ministre des affaires étrangères au sujet de l'incompréhension de la politique de la France par les États-Unis d'Amérique en matière de laïcité. Dans son rapport sur la liberté de religion dans le monde pour 2003, le département d'État américain s'inquiète en effet de la position que le législateur français est invité, par le Président de la République, à prendre concernant le port de signes religieux, notamment à l'école. Ce rapport fait suite aux précédents, dans lesquels la France était stigmatisée pour sa politique de lutte contre les mouvements sectaires. Il lui demande quelles actions compte entreprendre le ministère des affaires étrangères pour expliquer la politique française dans ces deux domaines, et réaffirmer que la laïcité n'est pas un instrument d'oppression des religions mais une garantie pour la liberté de conscience de chaque citoyen, croyant ou non, pour l'égalité entre les cultes et pour la protection des droits fondamentaux contre les dérives sectaires.
Texte de la REPONSE : Le département d'État américain publie chaque année un rapport sur la liberté de religion, qui couvre l'ensemble des États. Jusqu'en 2001, ce rapport était en effet critique à l'égard de la France, mettant en cause la politique menée à l'encontre des « sectes », communément dénommées outre-Atlantique et dans de nombreuses instances multilatérales « nouveaux mouvements religieux ». La suppression de la mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) et son remplacement par la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) ont contribué à la reprise d'un dialogue plus serein sur ce dossier. Ainsi, le rapport 2003 du département d'État américain sur la liberté de religion dans le monde ne dénonce plus la politique française en ce domaine. Ce rapport rend même hommage à certains aspects de cette politique, notamment en matière de lutte contre l'antisémitisme. L'effort d'explication entrepris a donc commencé à porter ses fruits. Il doit être poursuivi. Il est vrai en revanche que le projet de loi portant application du principe de laïcité dans les établissements scolaires publics a suscité aux États-Unis, comme dans d'autres pays, des réactions contrastées et parfois critiques. Le ministère des affaires étrangères n'a eu de cesse, depuis lors, d'expliquer que la conception française de la laïcité, telle que reflétée dans le projet de loi en cours de discussion, ne procède pas d'une attitude d'indifférence ou a fortiori de méfiance vis-à-vis des croyances et des religions mais vise au contraire à favoriser l'expression de toutes les convictions, y compris religieuses, en veillant à préserver la neutralité de l'État et le principe de non-discrimination. Le ministère des affaires étrangères poursuivra sans relâche et avec détermination cet effort d'explication.
SOC 12 REP_PUB Champagne-Ardenne O
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Etats-Unis : Témoins de Jéhovah
Prince tourne le dos à d'anciens succès
Matinternet, 16 mars 2004 par Véronique Juneau [AgenceNews][Texte intégral]
Prince a déçu quelques-uns de ses fans en refusant d'interpréter certains titres de son répertoire au cours du gala d'intronisation du Rock and Roll Hall of Fame de lundi soir dernier, au Waldorf Astoria de New York.
L'artiste a expliqué ce refus en invoquant ses croyances religieuses. Les titres à connotation hautement sexuelle comme Cream, par exemple, ne figurent plus au répertoire de Prince, aujourd'hui membre de l'Église des Témoins de Jéhovah.
L'un des représentants du musicien a d'ailleurs confirmé au cours de la soirée que son client avait définitivement tiré un trait sur son personnage de sex-symbol.
La star intronisée a néanmoins repris les succès Let's Go Crazy, Sign of the Times et Kiss devant une foule enthousiaste au milieu de laquelle se trouvaient : Alicia Keys, Mick Jagger, Keith Richards, Bruce Springsteen, Yoko Ono, Dave Matthews, Kid Rock, John Mellencamp et George Clinton.
Z.Z. Top, Traffic, Bob Seger, Jackson Browne et The Dells ont aussi été intronisés au Panthéon du Rock au cours de cette cérémonie hommage.
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Canada : Réseau Pyramidal
Un réseau pyramidal sévit aussi à Montréal
Canoë, 18 mars 2004 par Stéphane Alarie - Journal de Montréal[Texte intégral]
Un réseau pyramidal comme celui mis au jour hier à Québec est également bien implanté à Montréal, où il sévit sous le nom La Moisson, a constaté le Journal en infiltrant cette organisation clandestine.
«Le réseau montréalais appelé La Moisson est une filiale dérivée de la pyramide démantelée à Québec sous le nom Cherry Report», a indiqué hier lagent Anne Mathieu, de la Sûreté du Québec.Le Journal a effectivement découvert quune des têtes de pont de ce réseau parallèle est une luxueuse résidence privée du secteur Mont-Royal.
Une séance de recrutement devait dailleurs sy tenir hier soir, mais elle a été annulée en catastrophe par ses dirigeants à la suite des rafles policières à Québec.Toutefois, le représentant du Journal avait déjà pu assister à une rencontre, jeudi dernier, en se mêlant à une cinquantaine dinvités entassés dans un salon.
La copropriétaire de la résidence, une comédienne qui a tenu des rôles secondaires dans des émissions de télé, y a alors livré une performance convaincante.
Quatre paliers
La dame était la principale oratrice de la soirée. Son rôle était détaler avec sa verve les avantages du réseau pyramidal et expliquer ses quatre paliers : semeur, faucheur, moissonneur, meunier.
Le but évident étant de persuader les prospects dallonger les 3000 $ exigés pour «labonnement» à ce «club privé». «Une communauté», a-t-elle précisé, où on ne parle pas dinvestissements, mais de «cadeaux inconditionnels» entre gens qui veulent «senrichir et enrichir les autres».
Un «don» devant les assurer de récolter huit fois leur mise en deux mois à condition dattirer deux autres donateurs.
«Et cest pas taxable », a juré la présentatrice, en suggérant de payer le dû par chèque en inscrivant le mot « cadeau», question déluder le fisc.
Tout au long de son discours dune heure, elle a martelé ces mots : légal, vérité, tax free, sans risque, privilège, entraide, intégrité. Un propos, nous a-t-il semblé, pas très loin du lavage de cerveau habituellement associé aux sectes, mais quont semblé boire les gens de lauditoire captif.
«Entrez et ça va changer votre vie. Moi, ça changé ma vie», sest esclaffé la femme.
Elle a ainsi dit consacrer désormais tout son temps à lorganisation du réseau, qui lui a permis dengranger près de 100 000 $ depuis novembre.
Sans doute pour ajouter à sa crédibilité, elle na pas caché son statut dartiste. Elle en a plutôt rajouté en présentant une comparse présente comme une directrice de casting importante à Montréal, qui aurait recruté dailleurs parmi sa clientèle.
Des notables
Insistant sur la légalité de laffaire, elle a dit que plusieurs notables en faisaient partie, dont une juge et un maire de banlieue.
Peu avant la fin de la fébrile réunion, des meuniers, ces participants prêts à récolter la manne, sont venus montrer leurs sourires de futurs riches à lassemblée. Une belle façon de faire miroiter un pactole.
«Vous allez suivre ça comme la bourse», a promis lune delles, tout en prévenant quil fallait un moment pour saisir le fonctionnement des «tableaux» où figurent les noms et téléphones des participants.
Tout ce baratin a manifestement fonctionné. Au moment de quitter la place, on a aperçu au moins quatre personnes brandissant leur chéquier.
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Canada : Réseau Pyramidal
Quatre dirigeants dun réseau pyramidal arrêtés à Québec
Canoë, 18 mars 2004 par Annie Fernandez - Journal de Montréal[Texte intégral]
Une arnaque pyramidale denvergure nationale, qui a fait perdre de largent à des milliers de gens, a été mise au jour avec larrestation de quatre dirigeants dune filiale bien implantée à Québec.
La pyramide Cherry report, ainsi que ses petites soeurs québécoises La Moisson et Gaïa, ont été affaiblies hier par dix-sept perquisitions menées à Québec, Montréal et en Beauce.Ces pyramides financières étaient dans la mire de la Sûreté du Québec depuis la fin 2002. Marcel Roy, un employé de 57 ans du Groupe Le Mesnil, à Québec, sa conjointe, Johanne OBrien, 45 ans, de même que Micheline Laliberté, de Sainte-Foy et une autre Fidéenne, ont été conduits au poste de la SQ hier pour un long interrogatoire.
Origine albertaine
En simultanée, linstigatrice du Cherry report, une dame de 55 ans qui vit à Leduc en Alberta, a été rencontrée par les enquêteurs des Crimes économiques de la SQ.
«Elle nous dit quelle aurait eu une vision pour aider les gens», a expliqué Ann Mathieu, porte-parole de la SQ.
Cette aide se décrit comme suit: les instigateurs de chaque pyramide, appelés les fermiers, recrutent deux «contremaîtres». Ceux-ci trouvent chacun deux «trieurs», qui eux recrutent chacun deux «cueilleurs».
Chaque participant investit un montant de 3000 $, en moyenne. En bout de piste, au sommet de la pyramide, on promet un «cadeau» allant jusquà
24 000 $.«À force de recruter, la source va se tarir et il y a des gens qui vont perdre de largent, définitivement, insiste Ann Mathieu. Il y a des gens qui sont allés jusquà emprunter pour investir. Ça touche toutes les couches sociales.»
Marcel Roy et Johanne OBrien devraient comparaître par voie de sommation. Après avoir passé une dizaine dheures avec les enquêteurs, M. Roy a réitéré la légitimité de son entreprise aux journalistes. «Cétait légal», a-t-il martelé.
Sa conjointe sest contentée de lancer à la blague quelle se sentait comme «une movie star» lors que les caméras et les micros se sont pointés vers elle.
Encore actif
Malgré cette frappe policière, la pyramide ne se serait pas encore écroulée. «Nous avons fait beaucoup de médiatisation. On a pris la peine de dire aux gens que les enquêteurs des crimes économiques étaient en activité.
Encore aujourdhui (hier), les gens nous disent que cest légal, déplore Ann Mathieu.
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Canada : Réseau Pyramidal
Un moyen sûr dy perdre sa mise
Canoë, 18 mars 2004 par Stéphane Alarie - Journal de Montréal[Texte intégral]
Nen déplaise à leurs fervents promoteurs, les organisations pyramidales sont mathématiquement vouées à léchec et plusieurs sont assurés dy perdre leur mise. Par exemple, si chaque participant ne recrutait que le strict minimum de deux nouveaux membres, il faudrait tout de même pas moins de 262 143 investisseurs pour atteindre le 18e palier seulement de la pyramide.
« Les gens qui récoltent de largent sont en général ceux qui ont lancé la pyramide. Inévitablement, à un moment la source va se tarir et on va manquer de participants à recruter », signale Anne Mathieu, de la SQ.Nempêche, la cupidité et lappât du gain restent souvent plus forts que la logique.
Lagent Mathieu relate que des adeptes croient parfois si dur au principe quils refusent découter les policiers qui leur expliquent que les pyramides sont illégales.
«Posez-vous la question, suggère-t-elle. Quand vous donnez 20 $ à une organisation vous attendez-vous réellement à en recevoir 400 $ ?»
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France : Sectes
Le plus pernicieux des masques employés est le masque religieux..
La Croix , 18 mars 2004[Texte intégral]
Certes, pour écrire utilement (comme pour agir), il faut limiter son sujet. Dans léditorial du 9 février, vous visez surtout les terrorismes de la prostitution, du travail des enfants, des enfants-soldats et de la traite des ouvriers. Noublions pas la forme moderne desclavage quest lexploitation des adeptes des sectes. Ils ont souvent été captés parce quils étaients vulnérables, mais plus souvent encore parce que la secte les a affaiblis en les privant systématiquement de leur esprit critique. Le plus pernicieux des masques employés est le masque religieux, pour terroriser.
JACQUES RICHARD - (Paris)
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Russie : Krishna
Les orthodoxes moscovites en guerre contre l'édification d'un centre krishna
AFP , 21 mars 2004[Texte intégral]
MOSCOU - "Le culte de Krishna est une secte et ses adeptes n'ont pas leur place à Moscou", affirme une Moscovite de 25 ans, Marianna Dorochenko, venue avec plus de 2.000 orthodoxes manifester dimanche, dans le centre de la capitale russe, contre la construction d'un grand centre krishna. "Nous voulons attirer l'attention du gouvernement sur le problème des sectes totalitaires", explique cette jeune historienne, au milieu d'une foule de manifestants brandissant des icônes et des drapeaux noir-jaune-blanc de la Russie tsariste.
Les pancartes brandies mettaient en garde: "Attention! Les adeptes de Krishna font du lavage des cerveaux", "Amis, défendez votre foi", "Nous sommes contre l'expansion des sectes" et "Non à l'extrémisme religieux".
L'administration de Moscou a accordé gratuitement aux adeptes du culte de Krishna un terrain de 1,2 hectare dans le nord-ouest de la capitale russe où sera construit un "centre culturel" capable d'accueillir jusqu'à 8.000 personnes. "Ce sera le plus grand centre dédié à krishna en dehors de l'Inde", souligne Kirill Frolov, porte-parole de l'Union des citoyens orthodoxes, qui organisait la manifestation, sur la place Pouchkine.
Entre les discours des organisateurs appelant à "protéger les valeurs spirituelles de la Russie", les manifestants, dont beaucoup de femmes portant selon la tradition orthodoxe russe foulards et longues jupes, chantaient des prières. "Souvenons-nous de la secte Aum qui a organisé une attaque au gaz dans le métro de Tokyo. Je ne veux pas qu'une autre tragédie organisée par des extrémistes religieux se reproduise à Moscou", affirme une manifestante, Elena Sergueïevna, 66 ans. "Le culte de Krishna est une secte totalitaire qui n'a rien à voir avec l'hindouisme traditionnel", souligne le théologien Alexandre Dvorkine, directeur d'un centre orthodoxe anti-sectes et l'un des organisateurs de la manifestation.
"La construction d'un si grand centre krishna à Moscou est un précédent dangereux", estime M. Dvorkine, expliquant que "les autres sectes allaient elles aussi réclamer aux autorités l'autorisation de construire" des grands lieux de culte dans la capitale russe. Selon lui, les dimensions du centre sont comparables à celles de l'immense cathédrale orthodoxe du Christ-Sauveur où le patriarche russe Alexis II célèbre les messes lors des grandes fêtes religieuses. "Nous ne sommes pas contre la construction en général des centres de Krishna à Moscou, mais leurs dimensions doivent être plus modestes et ils doivent être situés en banlieue", juge M. Frolov, regrettant que les autorités de Moscou "n'aient pas demandé l'avis des Moscovites".
En janvier dernier, des responsables orthodoxes, musulmans et juifs russes se sont prononcés contre la construction d'un centre krishna à Moscou, estimant qu'il ne correspondait pas à "la tradition russe". Le centre krishna doit être construit dans le quartier de Khodynskoïé Polé où plus de 1.300 personnes sont mortes et autant ont été blessées dans une bousculade le 18 mai 1896 lors d'une fête consacrée au couronnement du dernier tsar russe Nicolas II. "Nous ne voulons pas que ce centre soit construit sur les lieux de la tragédie", affirme le chef de l'Union des citoyens orthodoxes, Valentin Lebedev, en appelant les manifestants à "prier pour les malheureux qui viendront dans ce centre".
Selon les organisateurs, le 21 mars est l'anniversaire de la mort d'un moine orthodoxe, Grigori (Iakovlev) "tué en 2000 par un adepte de Krishna" dans la région de Krasnoïarsk (Sibérie). Les manifestants ont recueilli des signatures contre la construction du centre qu'ils comptent transmettre aux autorités.
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France : O.T.S
Les familles des victimes de l'OTS veulent rouvrir l'instruction
Libération , 22 mars 2004[Texte intégral]
PARIS - Les familles de membres de l'Ordre du Temple solaire (OTS) victimes d'un massacre dans le Vercors, en décembre 1995, ont versé trois nouveaux éléments à l'appui d'une demande de réouverture de l'instruction, dont un document montrant, si son authenticité est vérifiée, l'existence de relations entre la secte et des partis politiques.
Alain Vuarnet, René et Muguette Rostan, Willy et Giséla Schleimer et leur avocat, Me Alain Leclerc, qui contestent la thèse du suicide collectif retenue jusqu'ici par la justice, ont expliqué lundi leur démarche lors d'une conférence de presse.
Le premier document est la copie d'une lettre datée du 21 avril 1997 et adressée par un cabinet d'avocats à une banque, détaillant la répartition de 17 millions de francs (environ 2,5 millions d'euros) entre plusieurs personnalités et partis politiques, l'OTS et l'AMORC (Ancien et mystique ordre de la Rose-Croix), organisation soupçonnée de liens avec l'OTS.
Les parties civiles et leur avocat admettent n'avoir à ce jour aucune garantie que ce document, reçu par courrier anonyme, ne soit pas un faux mais demandent à la justice de s'en saisir.
"C'est un document tellement énorme qu'à la lecture il peut paraître peu vraisemblable", a reconnu Alain Vuarnet. "Nous demandons simplement à la justice qu'elle veuille bien contrôler l'authenticité de ce document."
"Si le document est vrai, il prouve que l'Ordre du Temple solaire était en activité après le dernier massacre du 22 mars 1997 (le "suicide collectif" de cinq adeptes au Canada) et que les responsables de cette organisation criminelle sont encore en vie", écrit Me Leclerc dans le complément de requête qu'il a adressé lundi au procureur de la République de Grenoble, pour la réouverture de l'information sur l'affaire du Vercors.
Le deuxième document est un procès verbal d'audition du dr. Jean-Marie Abgrall, spécialiste des sectes mis en examen pour violation du secret de l'instruction.
Il y affirme, comme il l'a fait dans des déclarations au Point ou à Nice-Matin, que l'Ordre rénové du temple (ORT), ancêtre de l'OTS, avait des relations avec le réseau Gladio, monté pendant la guerre froide par les services secrets américains pour lutter contre le communisme en Europe.
Jean-Marie Abgrall ferait aussi état de relations entre l'Amorc, dont il a lui-même fait partie quelque temps, et les réseaux français en Afrique, dits "réseaux Foccart".
LANCE-FLAMME AU PHOSPHORE
"C'est une vérité qui nous dépasse, qui va jusqu'au secret d'Etat", dit ce psychiatre dans une déclaration publiée le 15 février 2003 par Nice-Matin. "Je m'exprimerai un jour (...) Il y a trop d'enjeux, d'intérêts en jeu."
Jean-Marie Abgrall "révèle (...) que l'Ordre du Temple solaire, comme l'Amorc et l'ORT, étaient créés et contrôlées par des réseaux de services secrets français et étrangers", explique Me Leclerc - des informations, souligne l'avocat, dont le psychiatre n'avait pas fait bénéficier l'instruction.
Les parties civiles et leur avocat demandent que le dr Abgrall soit entendu sur ces déclarations par la justice.
Enfin, le troisième document est une "note blanche" des renseignements généraux sur le procès du chef d'orchestre Michel Tabachnik, poursuivi pour "participation à une association de malfaiteurs" dans le cadre de l'enquête sur ce massacre.
Ce rapport, qui multiplie les remarques visant à discréditer les parties civiles, a été transmis par son auteur le 28 mai 2001 au juge d'instruction Luc Fontaine, qui l'a lui-même fait parvenir pendant le délibéré au vice-président du tribunal de grande instance de Grenoble, Gérard Dubois, chargé de prononcer le jugement.
Me Leclerc dénonce une intervention "déloyale, irrégulière et illégale" visant à "influencer le magistrat".
"Ces éléments nouveaux sont de nature à conforter l'idée selon laquelle l'instruction de M. le juge Fontaine n'a pu être menée à bien afin de rechercher et d'identifier l'ensemble des auteurs des crimes commis par la nébuleuse OTS avec ses mobiles financiers", conclut l'avocat.
Les familles des victimes du massacre du Vercors reprochent à la justice de n'avoir pas pris en compte la piste du crime commis par des éléments extérieurs, confortée selon elles par des expertises réalisées sur les cadavres carbonisés.
"Nous avons retrouvé du phosphore. S'il y a du phosphore, cela veut dire qu'il y a eu utilisation d'un lance-flamme pour tuer ces personnes", a ainsi expliqué Alain Vuarnet. "Pour neuf cadavres sur 16, la carbonisation est allée jusqu'à la fusion des os, ce qui veut dire une chaleur d'au moins 1.600° C alors que dans une forêt, en plein hiver, avec de l'essence et du bois, on ne peut pas aller au-delà de 700° C."
C'est sur la base de ces rapports d'expertise et d'autres éléments que les parties civiles et leur avocat ont déposé le 21 octobre leur demande de réouverture de l'instruction.
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France : Raël
Raël contre Ophélie Winter
Communiqué , 22 mars 2004[Texte intégral]
PARIS, LE 22 mars 2004 - Dans son numéro du mois de mars 2003, le magasine MAX a publié un article "Ophélie Winter. le strip". A la fin de l'article, alors que la journaliste l'interroge sur le point de savoir si "comme J-Lo (Jennifer Lopez), elle pense que le clonage est l'avenir de l'homme" Ophélie Winter répond "Non, je pense qu'il faut tuer RAEL".
Les propos tenus par Ophélie Winter sont criminels et tombent sous le coup des lois. Nul n'est autorisé à appeler au meurtre. Cette phrase n'avait visiblement pas pour objectif de faire rire ; elle n'était pas seulement l'expression d'une opinion sur le clonage, elle était un appel au crime.
Nous soulignons l'impact des propos tenus, relayés par la journaliste, notamment au regard du public jeune de la chanteuse. Seuls ceux qui ont la mémoire courte peuvent avoir oublié les effets des appels au massacre lancés par les journalistes et les artistes nazis contre les juifs. Les journalistes et les artistes nazis ont préparé le terrain pour Hitler en incitant à la haine des juifs tant en Allemagne qu'en France avec pour résultat des millions de victimes.
Faut-il qu'un fanatique, encouragé par Ophélie Winter, tue Raël ou qu'il place une bombe lors d'une réunion raëlienne ? Les incitations à la haine et au meurtre sont des délits sanctionnés par la loi. Une assignation lui a été délivrée pour délit de provocation publique non
suivie d'effet à la commission d'un crime. La revue MAX est également
assignée pour la publicité faite à ces propos.L'audience aura lieu le 7 avril à 13h30 au TGI de Nanterre.
Les Raëliens du monde entier boycotteront les spectacles et produits d' Ophélie Winter et ils encourageront leurs amis à en faire de même à moins qu'Ophélie Winter ne s'excuse publiquement pour son incitation au meurtre et appelle à la non-violence.
Le Mouvement Raëlien prône l 'amour, la paix, la non-violence et lutte contre le racisme, le machisme, et l'obscurantisme. www.rael.org
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France : Sectes
Assemblée Nationale - Questions et réponses
MIVILUDES, 23 mars 2004[Texte intégral
12ème législature
Question N° : 21690 de Mme Poletti Bérengère ( Union pour un Mouvement Populaire - Ardennes ) QE
Ministère interrogé : justice
Ministère attributaire : justice
Question publiée au JO le : 07/07/2003 page : 5335
Réponse publiée au JO le : 23/03/2004 page : 2335
Rubrique : ésotérisme
Tête d'analyse : sectes
Analyse : lutte et prévention
Texte de la QUESTION : Mme Bérengère Poletti attire l'attention de M. le garde des sceaux, ministre de la justice, sur la nécessité de mettre en place des magistrats spécialisés pour mieux lutter contre les sectes. Certes, des efforts de sensibilisation ont été faits par la justice. L'autorité judiciaire participe aux réunions des cellules départementales de vigilance, prévues par la circulaire du 7 novembre 1997, du ministère de l'intérieur. A cette occasion, les procureurs de la République sont régulièrement informés des dérives sectaires qui pourraient se manifester dans leur ressort. De même, des formations ont été mises en place, auprès des futurs magistrats, par le biais de modules, dans le cadre de l'école nationale de la magistrature. Pourtant, la multiplication des procédures judiciaires - et l'aggravation des infractions encourues (abus sexuels sur mineurs, mise en danger d'autrui, homicides involontaires, provocation au suicide, mise en état de sujétion psychologique et physique) - démontrent l'urgence d'un dispositif spécifique d'ensemble luttant contre l'emprise sectaire, et l'usage de techniques d'assujettissement mental et physique. Malgré ces avancées incontestables, elle lui demande où en est la réflexion du ministère pour mettre en place des magistrats spécialisés près des tribunaux et des cours d'appel.
Texte de la REPONSE : Le garde des sceaux, ministre de la justice, fait connaître à l'honorable parlementaire que la chancellerie effectue un suivi attentif de toutes les procédures mettant en cause des mouvements sectaires, et participe activement à l'élaboration et à l'application de la politique gouvernementale. Cette action est conduite par une cellule spécialisée en la matière, créée au sein de la direction des affaires criminelles et des grâces et dirigée par un magistrat. La direction de la protection judiciaire de la jeunesse assure, par ailleurs, un suivi de la situation des mineurs en lien avec des mouvements à caractère sectaire. Afin de lutter contre le phénomène sectaire, l'institution judiciaire a développé trois axes : la désignation d'un correspondant en matière de sectes au sein du parquet général, un échange d'informations entre les magistrats du parquet et les associations de lutte contre le phénomène sectaire, et l'institutionnalisation de réunions de concertation. Les procédures font donc l'objet d'une coordination au plan régional par un magistrat du parquet général. Celui-ci prend l'attache du substitut général chargé des affaires de mineurs dans toutes les situations où les mineurs ont un lien avec des organisations à caractère sectaire. Il veille à la coordination de l'action de l'autorité judiciaire avec celle de l'ensemble des autres services de l'État responsables en ce domaine. Actuellement, il ne paraît pas opportun, en plus de la désignation de ce magistrat, de créer une instance spécialisée pour connaître des affaires judiciaires dans lesquelles sont impliqués des groupes sectaires. En effet, les atteintes aux personnes et aux biens commises dans ce cadre revêtent des incriminations variées, relevant soit du droit pénal général, soit du droit pénal spécial. Par ailleurs, il est tout à fait essentiel que l'ensemble des magistrats soit sensibilisé à ces questions. Á cet effet, l'École nationale de la magistrature organise, chaque année, des sessions de formation qui permettent notamment aux magistrats de parfaire leurs connaissances en ce domaine.
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France : O.T.S
Point de presse du Procureur de Grenoble
AFP , 24 mars 2004[Texte intégral]
GRENOBLE - Le procureur de la République de Grenoble Jacques Fayen tiendra vendredi un point de presse afin de donner et d'expliquer sa décision sur la demande de réouverture de l'information judiciaire dans l'affaire des 16 adeptes de l'Ordre du temple solaire (OTS) morts en 1995 dans le Vercors.
Le point de presse aura lieu à 10h00 au tribunal de Grenoble, salle 626.
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Belgique : Scientologie
Uderzo porte plainte contre Scientologix
Libération , 24 mars 2004[Texte intégral]
L'Eglise de scientologie veut utiliser Astérix comme agent de marketing.
Bruxelles correspondance - Dans son édition d'aujourd'hui, l'hebdomadaire satirique Pan, une sorte de Canard enchaîné belge, révèle les nouvelles aventures d'Astérix : voilà la bande à Uderzo et Goscinny invitée à jouer les bardes de service pour chanter les vertus de l'Eglise de scientologie. Un gag ? Tout ce qu'il y a de plus sérieux.
Cette glorification était censée, jusqu'à vendredi dernier, se dérouler au coeur du plus ancien collège catholique de Belgique : le collège Saint-Michel, qui accueille en son enceinte un théâtre, autonome mais néanmoins lié par voie de consanguinité à la prestigieuse institution jésuite. C'est là que, le 4 avril, l'Eglise de scientologie avait donné rendez-vous à ses fidèles (ils sont plus de 5 000 en Belgique), pour le compte dixit l'invitation officielle de «la plus exceptionnelle soirée de gala privée de toute l'histoire de Bruxelles». Une soirée dont le plat de résistance consistait en une pièce de théâtre pour le moins codée : Mission Cléopâtre II. Une suite aux tribulations de Uderzo et Goscinny ? A celles de Chabat et Jamel ? Plutôt une relecture à la lumière de l'orthodoxie scientologue. Où la question est de savoir laquelle de l'Italie de César et de la Belgique (soutenue par... Cléopâtre) sera le premier pays «clair». Autrement dit, scientologue.
Les membres belges de l'Eglise verraient bien leur pays premier de la classe européenne de la secte à col blanc. En septembre, l'installation en grandes pompes de l'Eglise de scientologie au coeur du quartier européen de la ville n'avait laissé personne indifférent. Toute la classe politique avait été invitée à l'inauguration. Mais un cordon sanitaire politique avait été élaboré à l'unanimité. L'opération de séduction de l'Eglise de scientologie avait alors échoué, mais celle de marketing avait remarquablement marché.
Après l'échec politique, la nouvelle tentative de séduction des scientologues passe maintenant par la volonté d'assimilation de codes culturels populaires ou branchés. Les principaux intéressés n'ont pas tardé à réagir. Uderzo n'aura pas attendu jusqu'au 4 avril pour déposer plainte (en référé). Depuis ce lundi, le dessinateur d'Astérix a chargé son conseil juridique d'une affaire qui le laisse proche de l'écoeurement. Dans l'interview donnée à Pan, Uderzo met en garde : «Je ne suis pas encore mort. Jusqu'à nouvel ordre, mes personnages ont encore un père, qui est à même de pouvoir mener leurs vies jusqu'où le père pourra. Il est hors de question de se servir d'eux pour essayer d'apporter de l'eau au moulin de quoi que ce soit, qui plus est de cette secte. Ces gens ont pris des libertés qui risquent de leur coûter très cher.»
Alain Chabat, dont le titre du film (Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre) a inspiré le happening de la petite sauterie mystique, se dit «profondément choqué». Et menace de passer à l'attaque dans le cas où la parodie théâtrale (qui se tiendra dans un autre lieu de la capitale belge, Saint-Michel ayant résilié le contrat) devait s'inspirer de sa version cinéma.
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Russie : Krishna
Les bâtisseurs d'un temple Krishna font scandale dans un Moscou orthodoxe
AFP , 24 mars 2004[Texte intégral]
MOSCOU - Le chef des adeptes de Krishna en Russie, Vadim Tounéïev, montre fièrement le plan du temple qu'il veut bâtir dès la fin 2004 à Moscou, et qui a déclenché une petite guerre de religion avec des orthodoxes.
"Il pourra accueillir 2.000 croyants les jours de fête", se réjouit cet ancien chercheur en biochimie, qui se fait appeler B.S. Goswami, son "nom spirituel", depuis qu'il a rejoint l'Association internationale pour la conscience de Krishna (AICK), une secte pour de nombreux pays, mais reconnue comme religion en Russie depuis 1988, au même titre que les protestants ou les catholiques.
Assis en tailleur sous un tableau du dieu Krishna, il reçoit en toge orange et trait de glaise rituel tracé sur le nez, comme tous les jeunes adeptes -- au crâne rasé à l'exception d'une petite mèche -- croisés dans la cour boueuse d'une bâtisse de brique rose, qui abrite leur petit temple actuel dans un faubourg du nord-ouest de Moscou.
Le teint hâlé rapporté d'un récent voyage en Inde, "pour mobiliser des capitaux pour le projet", estimé à 10 millions de dollars, il rit à l'évocation de ses 2.000 farouches adversaires descendus dans les rues de Moscou aux cris de "Amis, défendez votre foi", dans une Russie majoritairement orthodoxe.
L'oeuvre d'"extrémistes" selon lui, inquiets de l'ampleur prise par l'AICK, qui avance 100.000 adeptes à travers toute la Russie, où la chute de l'URSS et de son athéisme d'Etat a été suivie d'une poussée des mouvements sectaires.
Plan d'architecte en main, Vadim Tounéïev épouse du doigt les lignes des trois coupoles qui doivent dominer ce "premier vrai temple hindouiste" en Russie, construit "dans la plus pure tradition indienne".
Sur un terrain proche obtenu gratuitement par l'AICK de la mairie de Moscou -- grâce à son statut de mouvement religieux --, il voit déjà s'élever ce temple, flanqué d'un centre culturel.
Un gigantesque chantier, qui pourrait durer cinq ans, sur ce terrain d'un hectare, proche du centre. Une oeuvre voyante qui selon les rumeurs pourrait rivaliser avec la cathédrale orthodoxe du Christ-Sauveur, la plus imposante à Moscou.
"Un délire" balayé par le chef des adeptes de Krishna, qui assure que son temple ne dépassera pas les 35 mètres.
Reste à obtenir le permis de construire, contre l'octroi duquel des mouvements orthodoxes comptent faire pression, même si l'Eglise orthodoxe n'a pas officiellement pris position dans le conflit, selon M. Tounéïev.
Ce "centre culturel védique de Moscou", géré par les adeptes de Krishna, sera "ouvert à tous les hindouistes", croyance dont se réclame la secte,
assure-t-il.Le chef krishna affirme que son projet est soutenu par la communauté indienne de Russie, dont de nombreux croyants hindouistes viennent prier selon lui dans le petit temple, d'une capacité de 200 personnes, installé au rez-de-chaussée du discret bâtiment rose, qui doit être rasé dans un mois.
Rencontré là, l'homme d'affaires Sanjeet Kumar Jha, président de l'association des Indiens de Russie et membre de la secte, affiche le soutien de sa communauté, forte de 30.000 personnes, au projet de temple.
Dans le restaurant des adeptes de Krishna, Radjech Radjan, président de l'association des étudiants indiens de Russie, affirme ne pas faire partie de la secte, mais venir prier là "en tant qu'hindouiste".
Le chef des adeptes de Krishna montre fièrement une photographie de lui aux côtés du Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee, venu visiter les locaux lors d'une visite officielle à Moscou.
Vadim Tounéïev affirme avoir le soutien de New Delhi. Un engagement dans une "guerre sainte" en terre orthodoxe sur lequel l'ambassade d'Inde à Moscou n'a pas souhaité se prononcer.
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Belgique : Scientologie
L'Eglise de Scientologie mène une nouvelle offensive à Bruxelles ces derniers jours
RTBF , 24 mars 2004[Texte intégral]
La secte d'origine américaine multiplie les actions sur le terrain et les campagnes de publicité pour recruter de nouveaux membres.
Le 4 avril, au théâtre Saint-Michel, à Etterbeek, la pièce "Mission Cléopâtre II"était à l'affiche. Etait parce que le théatre Saint-Michel a décidé d'annuler la représentation. S'ajoute à cette annulation, la plainte déposée par le dessinateur Albert Uderzo, le père d'Astérix. L'organisateur de la soirée n'était autre que l'Eglise de Scientologie. Le théâtre Saint-Michel affirme avoir résilié le contrat, signé en méconnaissance de cause. Souvent, en effet, la secte américaine avance masquée.Pour une action contre la drogue, organisée mardi après-midi dans une rue de la commune d'Ixelles, cest l'association "Non à la drogue, oui à la vie" qui se présente comme l'instigatrice de cette initiative dans un communiqué de presse. L'association ajoute qu'elle est parrainée par l'Eglise de Scientologie. En réalité, elle n'en est que l'un des multiples paravents. Le courriel envoyé aux rédactions émane du reste du bureau des relations publiques de la secte.
Dernier exemple en date, une annonce publicitaire insérée dans l'hebdomadaire bruxellois gratuit "Zone 02". L'encart vante les mérites de la dianétique pour lutter contre le stress et la dépression. La dianétique est la doctrine de base de la Scientologie, inventée par le fondateur de la secte, Lafayette Ron Hubbard. En Belgique, la Scientologie et plusieurs de ses dirigeants sont inculpés, notamment, pour exercice illégal de la médecine et de la pharmacie et sur la base de la loi contre les organisations criminelles
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France : Raël
Opération "un dico pour Raël"
Charlie Hebdo , 24 mars 2004[Texte intégral]
Dans un article de 2003, on expliquait la tactique juridique des raéliens : elle consiste à attaquer ceux qui critiquent la secte, puis à " oublier " de déposer les dossiers au tribunal dans les délais. De la sorte, c'est tout bénef pour Raël. Les gens qui sont attaqués sont emmerdés car ils ont des frais d'avocats... Et le gourou évite de se retrouver lui-même face à un tribunal. Comme la loi nous y oblige, nous reproduisons ce droit de réponse dans son intégralité.
DROIT DE REPONSE
A la suite d'un article intitulé " Comment Raël fuit les tribunaux ", publié en page 11 du n° 599 du journal Charlie Hebdo daté du mercredi 10 décembre 2003, et signé par Monsieur ANTONIO FISCHETTI, Monsieur CLAUDE VORLHON, dit RAËL, entend exercer le droit de réponse dont il dispose en application de l'article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.
Dans cet article, il est fait mention d'instances judiciaires dans lesquels Monsieur CLAUDE VORILHON, dit RAËL, aurait été partie.
Cet article laisse entendre que dans trois affaires judiciaires, en matière de droit de la presse, Monsieur Claude VORILHON aurait agit de sorte à encourir sciemment la prescription et perdre ainsi ses