Actualités sur les sectes en avril 2005.
(*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web
France : Solidarité et progrés
Jeremy
BULLES , n°85 - 1er trimestre 2005
[Texte intégral]
Le 27 mars 2003, un étudiant de 22 ans, Jeremy Duggan est mort mystérieusement à Wiesbaden, en Allemagne. Le jeune homme était arrivé à Paris en septembre 2001 poursuivre des études à la Sorbonne et à l'Institut britannique. En mars 2003, il rencontre près de l'esplanade des Invalides un certain Benoît qui vend le journal "NouvelleSolidarité ", émanation de " Solidarité et Progrès ".
Le 18 mars, influencé, semble-t-il, par ce Benoît, Jeremy annonce par téléphone à sa mère qu'il part à Wiesbaden, en Allemagne, avec une dizaine dautres jeunes hommes, manifester contre la guerre en Irak et assister à la conférence annuelle de l'Institut Schiller. Il quitte Paris le vendredi 21 mars mais quelquesjours plus tard, en pleine nuit, il téléphone à son amie française puis à sa mère. Selon ses propres termes, il avait " appris des choses très
graves " et paraissait se trouver en grande détresse. Etait-ce lié au fait que Jeremy est dorigine juive ?En effet, Jeremy semblait ignorer que le leader Lyndon Larouche, antisémite notoire, véhicule l'idée que des Juifs américains conspirent pour dominer le monde...
Dans l'après-midi du jeudi 27 mars, deux inspecteurs de police viennent annoncer à la mèrede Jeremy que son fils sest suicidé. Ce dernier aurait quitté précipitamment la maison où il logeait à Wiesbaden, aurait couru 5 km, aurait été heurté par une voiture puis dix minutes plus tard, renversé et tué par deux autres voitures. La police avait alors conclu à un suicide. Le journal britannique, The Telegraph, a pu obtenir une copie du rapport de police relatant lamort de Jeremy. II révèle un grand nombre d'erreurs et de contradictions qui laissent à penser que l'enquête est partie sur de fausses pistes. Aucune autopsie ne fut demandée et les vêtements de Jeremy furent même détruits.
Compte tenu de ces éléments, l'avocat de lafamille Duggan annonçait en novembre 2003 que l'officier britannique saisi de l'affaire, appelait les autorités allemandes à la réouverture du dossier. (Source : The Guardian).
Deux ans après la mort de Jeremy, ses parents demeurent très actifs pour tenter de comprendre pourquoi et comment leur fils est décédé. Le 1 er avril 2004, à Londres, une manifestation de soutien réunissant personnalités et représentants de diverses organisations s'est déroulée à la Chambre des Communes. Une réunion comparable a eu lieu le 7 février 2005. Le 2 mars dernier, une conférence de presse a été donnée au Crowne Plaza Hotel à Wiesbaden en Allemagne.
Pour plus d'informationr : http://Justiceforjeremiah.com
France : Sectes
Témoignage Gourelle de village
BULLES , n°85 - 1er trimestre 2005
[Texte intégral]
Point nest besoin de sappeler Sri Mataji, Mahikari ou autres personnages en haut de laffiche, il existe dans une région de louest, une personne qui depuis plus de vingt ans remplit ce rôle et met une dizaine de familles en galère.
Le départ de ce mouvement se trouve dans un petit village où plusieurs familles se reçoivent et font des travaux de construction en sentraidant. Dans lune des familles, se trouve le personnage clé de cette affaire, que lon appellera N., une mère de famille, femme au foyer mais ce nest pas tout N. a soi-disant des dons médium magnétiseuse guérisseuse. Elle se serait auto-guérie dune tumeur au cerveau. (Cest ce quelle déclare à qui veut lentendre) mais il savère après enquête quil ne sagit que dune tumeur bénigne opérée et soignée sans complication. Elle est, par ailleurs, en relation avec un médecin généraliste de son village qui lui adresse parfois quelques clients. Elle apparaît comme conseillère. Conviviale, elle anime sa résidence et règne sur son domaine. Cest lâme de ce groupe sectaire.
Tout laisse supposer, au travers des témoignages recueillis par la gendarmerie locale et lantenne ADFI, quelle se sert didées de plusieurs inspirations : Osho Rajneesh, New Age, hindouisme. Cela dans un but lucratif. Son rêve est davoir un château où elle regroupera ses adeptes. Cest une femme intuitive et rouée qui cultive des idées de grandeur. Elle aime être adulée, cest une comédienne sans scrupule, une marionnettiste de talent qui a soif de pouvoir et dargent, dotée dun égoïsme énorme et dune moralité plus que douteuse.
Sa façon de procéder est simple : mettre en confiance, ce qui lui est facile puisquelle connaît bien des jeunes dans son entourage, et les convaincre. Souvent ces jeunes sont en crise dadolescence, dautres ont vécu des chocs psychologiques dordre familiale ou amoureux. Tous ces jeunes travaillent avec le mari de N. à la remise en état de ses biens immobiliers. Ils sont encouragés à effectuer quelques petits larcins dans des supermarchés ou magasins de bricolage (vis, serrure, peinture, colle .). Cela est présenté sous forme de jeu. Certains enfants sont partis de ce groupe, rejetés soit parce quil apportaient la contradiction à N., soit parce quils ne pouvaient rien apporter sur le plan du travail ou de la finance. Quelques-uns lont abandonnée après avoir pris conscience quen faisant des discours « elle sy croyait ».La famille de N. déménage plusieurs fois. De locataires de leur appartement, ils deviennent propriétaires dune maison quils construisent et revendent 76000 euros. Cette vente servira à financer lachat dun nouveau bien immobilier, quelle fera restaurer par les « jeunes adeptes » et certains parents : ouverture des fenêtres, transformation des écuries en pièces habitables ; le tout sans permis de construire et sans contrôle de la commune.
Une fois restaurée la bâtisse est revendue trois fois plus cher et le capital ainsi engrangé permet lachat dun château. Actuellement, le château est en vente pour 640 000 euros.
Ce groupe qui est sous linfluence dune femme-gourou présente toutes les caractéristiques dune secte. Le but recherché est lenrichissement personnel ainsi que la soif de pouvoir sur des personnes qui étaient psychiquement faibles lors de leur rencontre. Cest bien labus frauduleux dun état de faiblesse.
Lorsque les premiers jeunes ont été embrigadés, la recherche de nouveaux arrivants était présentée comme une « récolte ». Les filles étaient des « glaneuses », et les moyens de racolage typiquement féminins (pas de relation sexuelle mais filles provocantes, aguicheuses, flirts).
Il restait à N. à présenter sa pseudo-religion, ses pseudo-méditations et à se servir de quelques passages de livres ésotériques (Osho Rajneesh, La prophétie des Andes de James Redfield ) pour que tous soient convaincus de ses compétences.Accueil très convivial, valorisation de ladepte, compréhension des difficultés quil traverse, N. trouve toujours une solution à tous les problèmes et cest toujours la même : il faut se débarrasser du passé, couper les liens qui nous y rattachent, cest-à-dire la famille, les amis. Il ne faut pas penser à lavenir, cest le présent qui compte. Si un adepte essaye de comprendre et pose trop de questions, il est mis à lindex, dévalorisé devant tout le monde puis, sil persiste, cest la quarantaine : pendant 40 jours, personne ne lui adresse la parole très difficile à vivre.
Dès quun couple se forme, N. le détruit car il représente un danger pour elle en apportant inévitablement la contestation (5 divorces et 3 couples non mariés).
Réunion deux fois par semaine et le week end. Quelques instants de convivialité. Méditation. Puis on va aider le mari aux travaux de la maison. Chose normale, N. apporte tellement quil faut bien la remercier. Cela a permis à cette famille de multiplier la valeur de ses biens immobiliers par 10 en 20 ans.
Ce nest pas la première fois que lon constate que des individus implantés très localement peuvent maintenir un petit groupe dadeptes à leur dévotion.
Japon : Soka Gakkaï
La Soka Gakkai offre ses condoléances suite au décès du pape Jean-Paul II
Web , 4 avril 2005
[Texte intégral]
TOKYO - Soka Gakkai International (SGI) a émis aujourd'hui la déclaration suivante au sujet de la mort du pape Jean-Paul II :
Le décès du pape Jean-Paul II est une occasion de grande tristesse pour tous ceux qui ont admiré et ont été inspiré par son engagement profond pour la paix. Dans un monde déchiré par la violence et la méfiance, ses initiatives courageuses pour promouvoir le dialogue continueront d'exercer une influence profonde et durable. Il a, sans relâche, tendu la main aux peuples de différentes religions et établi des passerelles de compréhension. Ses contributions à la cause de la paix resteront un testament précieux pour toute l'humanité. Avec les hommes de bonne volonté du monde entier, nous déplorons la disparition de ce grand homme.
Einosuke Akiya, le président de Soka Gakkai, s'est aujourd'hui rendu à l'ambassade du Vatican à Tokyo pour y exprimer formellement ses condoléances.
Soka Gakkai International est une association bouddhique laïque qui compte 12 millions de membres répartis dans 190 pays et territoires. Ses activités en faveur de la paix, de la culture, de l'éducation et du dialogue entre les religions s'inspirent de la longue tradition de l'humanisme bouddhique.
France : Kinésiologie
Assemblée Nationale - Question de Mr Philippe Vuilque (Kinésiologie)
JO , 5 avril 2005
[Texte intégral]
12ème législature
Question N° : 61802 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes ) QE
Ministère interrogé : solidarités, santé et famille
Ministère attributaire : solidarités, santé et famille
Question publiée au JO le : 05/04/2005 page : 3434
Rubrique : santé
Tête d'analyse : traitements
Analyse : kinésiologie. bilan et perspectives
Texte de la QUESTION : M. Philippe Vuilque souhaite attirer l'attention de M. le ministre des solidarités, de la santé et de la famille sur la kinésiologie. Au regard des dérives sectaires de cette théorie dénoncées par de nombreuses familles, il lui demande de bien vouloir faire le point sur la kinésiologie, son origine, son développement et ses risques.
Chili : Sectes (Colonia Dignidad)
La colonie de l'indignité
Libération, 5 avril 2005 par Claire Martin
[Texte intégral]
Santiago du Chili de notre correspondante - Au détour d'un long chemin de terre cahoteux et poussiéreux, longé ici et là de masures de tôle et de bois, se découvre un paysage tout droit sorti d'un film de Walt Disney. Au lointain, des champs et des forêts grimpent jusqu'aux neiges éternelles de la cordillère des Andes, tandis qu'au bas de la route, des enfants jouent au football à côté d'une jolie petite école blanche. A droite, un pan de ferme, un tracteur et quelques hangars. A gauche, une petite église qui semble fraîchement repeinte. Villa Baviera est-il annoncé, gravé dans la roche. C'est ici que débute la propriété de 17 000 hectares, située près de la petite ville de Parral, dans une région pauvre et rurale à 350 km au sud de Santiago, bordant le fleuve Perquilauquen jusqu'à la frontière avec l'Argentine. Une propriété isolée et bucolique qui a été, en fait, le nid d'un gourou, Paul Schäfer, accusé d'y avoir exercé sa pédophilie en toute liberté et un centre de torture sous la dictature de Pinochet.
La Colonia Dignidad, nommée aujourd'hui Villa Baviera, est fondée au Chili en 1961 pour «venir en aide aux orphelins du tremblement de terre», qui a eu lieu peu avant dans la région. Les 300 personnes qui la composent viennent d'Allemagne, d'une secte fondée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale à Siegburg, près de Cologne, par Paul Schäfer. Cet obscur personnage autoritaire fuit, déjà, une plainte pour viols sur mineurs.
Malgré ces antécédents, la société de bienfaisance et d'éducation ainsi que la définit son statut , est accueillie au Chili à bras ouverts par les autorités, et les paysans du coin. Ces derniers trouvent à la colonie, véritable exploitation agricole prospère qui compte une fabrique de carreaux, une scierie, une laiterie, un moulin et un atelier de mécanique automobile, un travail saisonnier. Mieux encore, elle construit une école, bientôt un hôpital de vingt-cinq lits à l'intérieur de l'enceinte. Le seul de la région. Tous deux sont gratuits (car subventionnés par l'Etat) et ouverts à la population.
Pris au piège derrière les barbelés
Derrière cette façade de générosité, la réalité est tout autre. Si aujourd'hui seuls des fils barbelés entourent la propriété, à leur arrivée dans les années 60, les colons sont pris au piège derrière des murs hauts de plusieurs mètres, des barrières électrifiées, surveillées par des détecteurs de mouvements et des caméras. Depuis 1999, alors que Paul Schäfer a quitté la colonie pour fuir la justice chilienne , la colonie évolue. En ce début d'année, elle a ouvert ses portes aux touristes et aux journalistes. Mais pendant quarante ans, protégée par des personnages haut placés du monde politique et économique, de la justice et de la police chilienne, elle aura été un Etat dans l'Etat.
Les colons sont coupés du monde et du temps, sous la coupe de Paul Schäfer, maître absolu des lieux. Tous s'expriment en allemand. «Il lisait la Bible, il prêchait. Il était l'envoyé de Dieu», explique Martin, un Allemand né dans la colonie qui continue d'y travailler comme chef de production de la boulangerie. «Tous les matins, il nous réunissait, il distribuait le travail de la journée et nous criait : "Quelles sont vos pensées sales ?" Il fallait qu'il sache tout, on ne pouvait rien cacher.» Pour éviter ces «pensées», la valeur prônée est le travail. «Enfant, j'ai travaillé du lever au coucher du soleil tous les jours de la semaine, sans relâche, sans jamais être payé, ni aller à l'école, relate Martin, visiblement nerveux et désireux de parler, sûrement pour la première fois. Et monsieur Schäfer, je le voyais, ne travaillait jamais, il passait en voiture saluer.»
«Je suis arrivée ici par bateau après quatre mois de voyage, j'avais 9 ans, se souvient quant à elle, dans un espagnol très approximatif, Sieglinde Zeitner Bohnau, âgée aujourd'hui de 51 ans. L'aîné de mes huit frères et soeurs avait seulement 10 ans», poursuit cette dame aux traits fatigués et aux vêtements désuets. «On a tous été séparés de notre mère, et, entre nous, séparés par sexe. Les contacts étaient interdits. Je pleurais toutes les nuits sous les couvertures et je fuguais pour aller la retrouver.» Aujourd'hui responsable avec son mari de la boucherie-charcuterie de la colonie, elle raconte avoir demandé des comptes à sa mère, il y a quelques mois. «Je ne pouvais pas repartir en Allemagne, lui aurait-elle répondu, j'étais seule sans mon mari, j'avais tout laissé, je ne savais pas qu'on m'empêcherait de vivre avec vous.»
Pour sa désobéissance, Sieglinde est mise à l'écart. Elle est dépréciée et surveillée. Si elle ne mentionne pas de châtiments corporels, d'autres témoignages relatent des passages à tabac en public, avec usage parfois d'électricité. Architecte, âgé de 81 ans, arrivé en même temps que Paul Schäfer dans la colonie où il continue de vivre, Johannes Wieske se souvient de ses pleurs et ses prières pour que «Dieu les sorte de cette situation» : «Une fois, j'ai dit à Paul Schäfer : "Tu mens." Et il m'a tapé dessus jusqu'à ce que je tombe inconscient à terre. Puis, il m'a drogué pour me maintenir dans un état second.» Il dit encore, comme pour se justifier : «J'ai toujours été très timide. Je n'ai pas pu m'opposer.»
Gourou pédophile
Du fait de l'évolution de la colonie qui serait impulsée par de jeunes dirigeants désireux de la «normaliser», Sieglinde peut enfin se marier à 46 ans avec l'homme qu'elle essaie de retrouver la nuit depuis six ans. Les mariages, comme les relations sexuelles, dépendaient avant du pouvoir discrétionnaire de Paul Schäfer. Six mois plus tard, elle a un petit garçon qu'elle appelle son «cadeau de Dieu». Martin, quant à lui, à la naissance de son premier fils, prend conscience qu'on lui a volé une partie de son enfance. «Avant je croyais que vivre sans mes parents était normal, explique-t-il amèrement. Je connais aujourd'hui combien la relation de père à fils est merveilleuse. Je ne connaîtrais jamais l'inverse.» Quand on lui demande s'il veut partir, il répond aussitôt, comme d'autres colons rencontrés : «Evidemment, mais avec quel argent ? D'autant que je n'ai pas de diplômes. J'ai juste obtenu mon permis de conduire. Et la boulangerie est un métier d'avenir : du pain, on en achètera toujours.» Le colon moyen, autrement dit qui ne fait pas partie de la direction, semble effectivement pauvre. Etrange quand la fortune de la Villa Baviera est évaluée à 100 millions d'euros par le sénateur de la région Jaime Naranjo, fervent opposant à l'enclave, et qu'elle est notamment poursuivie pour fraude fiscale. Où va donc l'argent ?
Une question sans réponse. Ce que le porte-parole de la Villa Baviera, Michaël Müller, aime en revanche à répéter, c'est que les colons sont soulagés de la récente arrestation de Paul Schäfer. Tous ceux rencontrés disent s'être sentis trahis dans leur croyance par un homme qui les a «abandonnés» et leur a menti. Et s'ils pensent que les témoignages d'actes pédophiles d'une part, de torture d'autre part, sont vrais, ils n'auraient rien vu, rien su. «Peut-être, suggère Marcelo Araya, journaliste d'investigation pour la chaîne Chilevision, parce que ces exactions, ils les ont vécues au quotidien, finissant quelque part par les trouver normales, peut-être aussi parce qu'ils se sentent coupables.»
«Car toute l'organisation de la secte avait pour but ultime, outre l'enrichissement, celui de satisfaire les appétits sexuels de Paul Schäfer», souligne Hernan Fernandez, l'un des principaux avocats de mineurs victimes d'abus. «A 76 ans, il avait encore des relations sexuelles avec trois à quatre enfants par jour. Il réveillait les jeunes garçons dans leur sommeil quand il avait envie d'eux, la maison des garçons se trouvant juste à côté de la sienne. Selon les témoignages, il y aurait plus de 200 victimes, abusées souvent en public, souvent aussi droguées.»
José Efrain Morales est amené à l'hôpital par ses parents alors qu'il n'a que 2 mois pour une grippe grave. Jamais ils ne pourront le récupérer. «La grippe ne passe pas», leur répondra l'hôpital. Adopté par la colonie, José Efrain, devenu «Vedder», réussit à la quitter en 2002 pour Santiago et porte plainte. Agé aujourd'hui de 37 ans, ce Chilien a raconté à l'hebdomadaire La Nacion Domingo (1) : «J'étais un des favoris de Schäfer. Mes relations sexuelles avec lui ont débuté à l'âge de 8 ans. Elles ont duré jusqu'à mes 25 ans. Il était très doux, séducteur. Il était comme un père pour nous. Etre avec lui signifiait avoir des privilèges. On ne travaillait pas, on pouvait se parfumer, on avait droit à du shampooing. Tous voulaient avoir cette place. Il poursuit : Tous ceux qui ont moins de 50 ans aujourd'hui sont passés une fois dans sa chambre. Schäfer était très attirant, il manipulait nos émotions.»
Aux adoptions validées par des juges complaisants, s'ajouteront d'autres méthodes. Dans les années 90, tous les week-ends, un bus passe ainsi chercher les enfants pauvres et les amène dans la colonie sous prétexte de se divertir. «A leur arrivée, Schäfer les recevait et choisissait un enfant pour le week-end», explique l'avocat Hernan Fernandez.
Centre de torture
Même si le puzzle est encore incomplet, il est établi que Paul Schäfer a collaboré avec la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990). L'enclave allemande devient un des centres de torture les plus importants du Chili. Adriana Borquez raconte avoir été l'une des victimes de Schäfer lui-même. Enfermée durant vingt-quatre jours dans un souterrain à l'intérieur de la colonie en 1975, cette ancienne professeure de français, qui vit à Talca, à deux heures de la colonie et marche aujourd'hui à l'aide de béquilles, a porté plainte en 2004. «Je me souviens avoir senti que mes bourreaux se masturbaient pendant qu'ils me torturaient, soit avec de l'électricité, soit en me faisant violer par des chiens et d'autres techniques que je ne veux pas aborder, explique-t-elle avec lenteur. On entendait tout le temps des cris, jusqu'au moment où j'ai entendu ma propre voix. J'ai compris qu'ils étaient pré-enregistrés. La lumière n'était jamais éteinte et les repas étaient apportés à des heures complètement aléatoires pour éviter qu'on puisse se repérer dans le temps.»
Alors quand le porte-parole de la colonie, Michaël Müller, dit s'excuser pour ce qu'elle a subi, Adriana sort de ses gonds. «Ils disent ne rien savoir, ne pas pouvoir nous aider. Mensonges !, explose-t-elle. Les anciens bras droits de Paul Schäfer continuent de vivre là-bas, rien n'a changé.» Une certitude que partagent les familles de disparus de Parral, la ville voisine. Elles ne voient dans l'ouverture de la colonie qu'un rapide maquillage pour attirer les touristes. Et faire oublier que là sont peut-être enterrés leurs morts.
Belgique : Médical
«Guérisons divines» et amalgame
La Libre Belgique, 6 avril 2005 par Roland Planchard
[Texte intégral]
Le «Cercle des amis de Bruno Gröning» est véritablement dangereux. Mais fallait-il accuser de façon aussi globale? Même la Sûreté est «surprise».
Le «Cercle des amis de Bruno Gröning» est né en 1979 en Allemagne, 20 ans après la mort de l'intéressé, survenue alors qu'il comparaissait en jugement pour exercice illégal de l'art de guérir, à la suite de prétendues guérisons miraculeuses. Et ses proches avaient donc poursuivi plus tard sur sa lancée, fondant un mouvement vite perçu comme sectaire.
Cette organisation prône, selon une note publique du «Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles» (ou CIAOSN, qui fait référence en Belgique et même au-delà) , qu'il «existe une force supérieure (...) qui peut donner la guérison» et que Gröning «possédait une connaissance précise et intuitive de cette force». Bref, en suivant son enseignement, on pourrait «capter la force divine» et ainsi tout guérir: allergies, cécité, surdité, diabète, cancer, sclérose en plaques, maladies vasculaires ou gynécologiques, et on en passe!
Ce mouvement est donc véritablement dangereux, en ce qu'il rend, au mieux, la médecine classique supplétive, avec les risques que cela comporte. De surcroît, «si la guérison n'est pas constatée», le Cercle Gröning met en cause la «foi» du malade, la qualité et l'influence de son entourage, et non sa «technique». «De cette manière, la théorie reste toujours sauve.» Or le directeur du CIAOSN, Eric Brasseur, nous indiquait justement, mardi, que «les guérisons avancées par le Cercle ne sont pas validées scientifiquement, ni reconnues par la médecine conventionnelle». Le Bundestag allemand l'avait lui-même constaté dès 1998. Classique, côté sectes: l'individu est donc aussi porté à se séparer de sa famille, de son entourage.
Le problème ne réside donc certes pas dans la valeur de la mise en garde effectuée par la Sûreté de l'Etat, dont c'est d'ailleurs l'une des missions. En revanche, la forme ainsi que l'utilisation faite du courrier qui fut envoyé à l'ONE par le service de renseignement peuvent poser problème. Il s'agit du caractère global du reproche fait à ces institutions et aux accoucheuses (lire ci-contre).
En effet, si la tentative d'ingérence du Cercle Gröning dans le milieu de la petite enfance paraît relevée à bon escient par la Sûreté, il n'est en rien avéré que toutes les personnes mises en cause, dans ce milieu, auraient cédé à l'appel sectaire. Il s'agit au plus de quelques-unes, voire simplement de faits n'ayant plus cours.
Toujours est-il qu'on se souvient qu'une affaire peut-être du même ordre avait suscité la polémique, en février 2003, avec l'annonce prématurée qu'une choriste du groupe Urban Trad, qui allait représenter la Belgique à l'Eurovision, appartenait à l'extrême droite néo-nazie. Alors qu'elle avait en fait renié les opinions qui étaient celles de... son père. Une note de la Sûreté, émise par elle en version trop «brute», avait été «surutilisée» par le ministre de l'Audiovisuel de la Communauté française du moment.
La Sûreté parle
Alors, qu'en pense-t-on cette fois à la Sûreté? Son administrateur général, Koen Dassen, nous l'a dit mardi et se veut mesuré et ne condamne rien «parce qu'il y a une procédure judiciaire» à laquelle il donne priorité. Il n'empêche, il a «été surpris de voir qu'une circulaire se base presque directement sur des avis ou des informations données par la Sûreté. Dans un cadre général, je veux rappeler que toute administration doit respecter la règle de proportionnalité. Il y a des règles administratives. On ne peut se retrancher purement et simplement derrière une information d'un service (de renseignement). Ce n'est pas ainsi que cela marche. Ces informations ont une valeur de renseignement, rien de plus. Elles ne remplacent pas des procédures administratives». Pour lui, l'action de la Sûreté «ne peut prendre la place» des procédures de traitement de ces informations proprement dites.
Belgique : Médical
L'Union des accoucheuses attaque l'ONE pour diffamation
La Libre Belgique, 6 avril 2005 par Monique Baus
[Texte intégral]
Elle l'accuse de discréditer sa profession sur base d'un courrier de la Sûreté de l'État. En cause: une infiltration sectaire possible.
L'Union professionnelle des accoucheuses belges (UPAB) traîne l'Office de la naissance et de l'enfance (ONE) en justice pour diffamation. Son avocat, MeGeorges-Henri Beauthier, a lancé la procédure lundi.
A l'origine de l'histoire, un courrier adressé à l'administratrice générale de l'ONE, Danièle Lecleir: deux feuillets à l'en-tête de la Sûreté de l'Etat, datés du 7 février dernier et réceptionnés trois jours plus tard à l'ONE. Cette lettre prévient l'Office de l'intérêt témoigné au corps médical et paramédical par le Cercle des amis de Bruno Gröning (un organisme dont certaines caractéristiques lui font rencontrer la définition de l'organisation sectaire nuisible) qui «tente d'infiltrer le secteur de la petite enfance». Elle cite le cas précis «d'une des membres active dans cette stratégie et ayant lancé une maison de la naissance à Liège, la Maisonnée» et signale «l'ouverture de l'asbl la Maison de la naissance à Bruxelles» dont les promoteurs «insistent sur le choix qui est offert aux parents d'accoucher en dehors du cadre établi qu'est le milieu hospitalier».
«Le concept des maisons de la naissance (...) s'inspire de l'enseignement du gourou allemand, Bruno Gröning, dans la prévention, le traitement et la guérison des maladies», poursuit la lettre. «Dans cette logique, la place de la médecine traditionnelle est essentiellement supplétive. Ceci représente un danger potentiel pour les malades qui tombent entre leurs mains.»
Sur décision de son conseil d'administration, Danièle Lecleir décide de mettre en garde son personnel. Le mois dernier, elle envoie donc une série de lettres reproduisant celle reçue de la Sûreté de l'Etat. Elle y ajoute néanmoins un paragraphe: «Au regard de ce qui précède et dans la mesure où ces informations confirment le malaise que notre Office ressentait déjà face à certaines pratiques, notamment d'ordre publicitaire, développées par certaines maisons de la naissance et l'asbl Alter-natives, nous vous demandons d'adopter la plus grande réserve et de redoubler de prudence dans les contacts que vous pourriez avoir avec ces structures. Nous souhaitons également que vous vous absteniez de participer aux séances d'information (...) organisées par celles-ci et que, sans porter de jugement, vous attiriez l'attention des familles (...) sur le risque possible.»
A noter que deux concepts différents sont concernés. Les Maisons de naissance (la Maisonnée à Liège, et deux autres à Namur et La Louvière, pour le côté francophone). Et la Maison de la naissance, une asbl d'information située à Bruxelles. Toutes deux pratiquent l'accompagnement naturel des naissances, sans hyper- médicalisation.
Tardives précisions
Ayant eu vent de la mise en garde écrite de l'ONE, les infirmières accoucheuses ont décidé de réagir et de porter l'affaire devant la justice. «Danièle Lecleir aurait dû nous en parler», se plaint Bénédicte de Thysebaert, présidente de l'UPAB. «Nous n'avons pu avoir aucun contact avec l'ONE.» Ce que réfute l'administratrice de l'Office qui, vu l'ampleur prise par l'affaire, a envoyé un nouveau courrier lundi soir au même personnel visé par sa première mise en garde.
Elle y prend davantage de précautions et précise «n'avoir en aucun cas voulu créer un amalgame entre un possible mouvement sectaire et une profession ou quelques- un(e)s de ses représentant(e)s».
Japon : Aum
Feu vert à la première exécution d'un membre de la secte Aum
Swissinfo , 7 avril 2005
[Texte intégral]
TOKYO - Un des principaux membres de la secte meurtrière Aum va être exécuté, un tribunal de haute instance japonais venant de rejeter un dernier recours. Il sera le premier membre de la secte à être mis à mort.
Il a été reconnu coupable d'avoir assassiné quatre personnes quelque temps avant de participer à l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995. Il fait partie des treize membres de la secte Aum qui ont été condamnés à mort.
La Cour Suprême a confirmé le jugement. Les avocats de la défense ont demandé la clémence du tribunal, arguant que l'homme était sous le "contrôle mental" du gourou de la secte.
Mais les trois juges qui président le tribunal ont refusé en bloc son recours, bien qu'ils reconnaissent que le gourou a orchestré les crimes. Ceci laisse penser que la peine de mort prononcée l'an passé pour ce dernier sera aussi confirmée par le tribunal.
Côte d'Ivoire : Raël
Recherche de la paix et de l'unité : les raéliens interpellent les hommes de Dieu
AllAfrica , 7 avril 2005 par Renaud Djatchi
[Texte intégral]
Le mouvement raélien de Côte d'Ivoire a organisé le vendredi 1er avril dernier une conférence publique dans la salle Delafosse de l'hôtel du District du Plateau animée par Chrisostome Djoussouvi, son guide national. "Rôle de la religion dans un processus de paix" était le thème de cette conférence.
Pour Djoussouvi Chrisostome, l'objectif visé à travers cette conférence est d'interpeller les hommes de Dieu sur la situation de crise de la Côte d'Ivoire. Parce que la crise perdure et met tout le monde dans une situation désespérante. C'est pourquoi il est plus qu'indispensable que chaque religion amène ses fidèles et ses sympathisants à renouer véritablement avec la pratique religieuse et l'observation des commandements. Car la religion doit nous enseigner à être gracieux dans notre communication, élégant dans nos pensées et généreux avec amour. "Notre propre changement a des conséquences beaucoup plus importantes que nous ne l'imaginons pour une raison simple : si nous changeons, nous changeons le monde. Si nous voulons rétablir l'ordre dans notre pays, nous devons d'abord rétablir l'ordre en nous-mêmes et la religion a l'enseignement qu'il nous faut pour y arriver", a-t-il ajouté. Car pour le conférencier, la religion nous enseigne des valeurs que sont l'humilité, le pardon, la compassion, l'équité, l'honnêteté, la générosité. Il nous faut donc faire usage de tout cela pour ramener la paix dans notre pays.
Par ailleurs, M. Djoussouvi Chrisostome a souhaité la déchristianisation et la déislamisation du fonctionnement de la République en permettant aux chrétiens et aux musulmans de créer leur propre chaîne de télévision et de radio, de sorte que les temps d'antenne qui leur sont actuellement réservés sur les médias d'Etat soient accordés aux nouvelles minorités religieuses qui ont peu de moyens pour leur expression mais beaucoup de valeurs à enseigner. Il a également souhaité que toutes les confessions, entreprennent une campagne de réconciliation vraie qui passe par un nouveau Forum de réconciliation nationale interethnique dans un esprit d'humilité et de pardon véritable
France : Opus Dei
Dictature aux apparences démocratique
Medito , 5 avril 2005
[Texte intégral]
OPUS DEI, Saint Balaguer et Jean Paul II : dictature aux apparences démocratiques
Suzanne MOUTIN est religieuse dans une communauté. Elle offre à présent à nos lecteurs ses intéressantes réflexions sur l'Opus Dei. Vous pouvez consulter également son travail sur "la résistance dans l'Eglise d'aujourd'hui" (lien à cliquer)
- Quelques informations :
- L'OPUS DEI est un organisme officiellement créé en 1924, pendant la République Espagnole pour lutter contre cette République et afin de permettre le retour d'une monarchie de droit divin, au cours de la guerre civile espagnole, le fondateur Escriva de Balaguer s'est enfui d'abord en France, puis il est revenu en Espagne, il a rejoint le putschistes à Burgos et il est devenu le directeur de conscience des époux Franco, il s'est installé avec eux à Madrid. Les premiers bureaux de l'Opus Dei étant installés directement au Ministère de l'Intérieur à Madrid..
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- L'ambition de l'organisme à ce moment là, était de jouer un rôle comparable dans le régime franquiste à celui de l'inquisition sous Philippe II. L'Opus Dei s'est ainsi développé pendant toute la période franquiste en Espagne, puis en Amérique Latine, en plaçant des oratoires, des chapelles de l'Opus Dei dans chacune des délégations espagnoles où les ambassadeurs avaient leur chapelain de l'Opus Dei avec eux. Mais, comme à cette époque là il n'y avait pas de représentation diplomatique de l'Espagne dans les états démocratiques, il n'y a que dans les dictatures d'Amérique Latine que ça s'est développé.
- Simultanément, l'Opus Dei a commencé en Europe à renouer avec les cadres de certaines organisations catholiques. Quand Franco est mort , l'Opus Dei a commencé a faire sa transition, et à comprendre qu'il fallait s'adapter aux apparences démocratiques pour pouvoir survivre et conserver son pouvoir d'influence. C'est la période où l'Opus Dei abandonne progressivement son discours fascisant, et se retranche derrière un discours beaucoup plus démocratique.- Après un moment de stagnation, l'Opus s'est de nouveau développé lors de l'élection de l'un de ses membres au trône pontifical, Karol Wojtyla, l'évêque de Cracovie. A ce moment-là d'ailleurs, personne ne savait qu'il était membre de l'Opus Dei. Ceci n'a été su que quelques semaines après son élection, parce qu'il a fait imprimer un recueil de ses prédications dans des centres de retraite de l'Opus Dei, il l'a diffusé au sein de la curie. A partir de ce moment-là Jean Paul II a changé le statut de l'Opus Dei pour le placer sous sa direction immédiate et personnelle, en dehors du contrôle des évêques locaux. Cela reste une organisation très secrète. Lorsque l'Opus Dei ouvre un centre dans une ville, elle en informe l'évêque du lieu et lui indique quel est le responsable du centre. Mais l'Opus Dei refuse d'indiquer à l'évêque du lieu les membres locaux. Il y a donc des membres de l'Opus Dei autour de lui, sans qu'il sache lesquels, ce qui est assez désagréable. Prenez le cas de Jacques Gaillot, découvrant au moment où il se fait démettre de ses fonctions, que son secrétaire depuis de nombreuses années était membre de cette organisation, et qu'il faisait régulièrement des rapports sur ses activités.
- Aujourd'hui, l'Opus est tout-puissant à Rome. Son ascension a été couronnée par la béatification de Mgr Escriva de Balaguer par Jean Paul II (un ami de longue date de l'uvre) en 1992, dix-sept ans seulement après sa mort, à l'issue d'un procès expéditif, où seuls les témoignages positifs ont été retenus. Déjà évêque de Cracovie, Mgr Karol Wojtyla venait à Rome à l'invitation de l'Opus, qui l'hébergeait au 73, viale Bruno-Bozzi, dans une belle résidence de la banlieue cossue de Rome. L'Opus a continué à se montrer généreux envers le pape polonais, par exemple en participant au financement de Solidarnosc. Le cardinal Wojtyla était le candidat de l'Opus à la papauté. C'est le cardinal König, archevêque de Vienne et proche de l'Oeuvre, qui a joué un rôle déterminant dans son élection.
Outre le changement de statut et la béatification, le pape s'est entouré de membres de l'Opus. Parmi ses proches collaborateurs, on peut citer ses quatre chapelains, son porte-parole laïque, numéraire de l'Opus. M. Alberto Michelini, député national de l'ex-Démocratie chrétienne et membre de l'Opus, est conseiller du Vatican pour les questions de télévision et M. Gianmario Rovero, lui aussi membre, est conseiller financier.- Les congrégations romaines ont également de nombreux membres " opusiens ", et celle chargée de la cause des saints, qui a statué sur la béatification d'Escriva, en a trois, dont Rafaello Cortesini, chef de bureau. Le cardinal Palazzini, ami de l'Oeuvre, en était le préfet lorsque la cause d'Escriva fut introduite en 1981, et Mgr Javier Echevarria Rodriguez, l'actuel prélat de l'Opus et successeur d'Escriva, était consultant !
- Mais la nouvelle stratégie de l'Oeuvre est d'infiltrer les organisations internationales, comme les Nations unies, l'Unesco ou l'OCDE. Le Parlement européen à Strasbourg et la Commission à Bruxelles sont ses lieux de prédilection, et le nouveau président de la Commission, M. Jacques Santer, un ami. A Louvain, en revanche, la bataille menée par l'Opus fut perdue grâce à la ténacité du vice-recteur, le Père Gabriel Ringlet. Il a refusé de renouveler le bail de deux résidences pour étudiants ouvertes sur le campus par l'Opus, en interdisant à celui-ci de distribuer sa littérature aux étudiants aussi longtemps qu'il triche sur son identité. Cette décision a été prise à l'unanimité par le conseil d'administration de l'université. " L'Opus ne vise que l'élite de la société, explique le Père Ringlet, ce qui est inacceptable pour notre université. Je ne peux pas voir ma foi là-dedans. La quête de la perfection a quelque chose de très orgueilleux et de malsain. Je ne peux accepter une religion qui lave plus blanc que blanc... la couleur des sépulcres ! Car, au bout du chemin, on trouve toujours l'exclusion, le racisme. En ces temps de montée de l'extrême droite, on ne se prémunit peut-être pas assez contre les dictatures spirituelles. "
- C'est bien d'une dictature qu'il s'agit, qui risque de prendre la papauté en otage. Cette " arme du Pape " est à double tranchant !
- Quelle influence aura-t-elle sur l'élection du nouveau pape ? quels seront ses rapports avec celui qui succédera à Jean Paul II ?
- En résumé : c'est une société fermée, très élitiste, et constituée de nombreuses ramifications internationales . Avec une influence incontestable dans certains milieux et en particulier dans tout ce qui touche au gouvernement de l'Eglise catholique.. En France, le Père Trouslard, qui est le spécialiste des sectes et leur détracteur (du coup souvent menacé de mort) a fait des interventions et des commentaires qui sont intéressants.Lien sur un commentaire du Père Trouslard
http://www.prevensectes.com/opus13.htm
Lien d'un article de Henri Denis théologien lyonnais
http://www.prevensectes.com/opus13.htm#14- Suzanne MOUTIN
[religieuse]
Suisse : Raël
Deux «anges de Raël» tiennent les rênes d'un «café féminité»
La Liberté , 5 avril 2005 par Marie Bertholet/ Jerôme Cachin
[Texte intégral]
Des affiches invitent le public à des rencontres sur le thème de la féminité dans un restaurant de Lausanne. L'association qui les organise est d'obédience raélienne. Enquête.
Les affiches rose et mauve placardées sur les murs de Lausanne se gardent bien de le mentionner: au moins deux des organisatrices du «café féminité» qui a lieu demain soir dans l'établissement Le Ripp's sont membres de la secte de Raël. Il s'agit de Dora Kefi, attachée de presse de la secte en Suisse romande et de Myriam Dorsaz. Officiellement, c'est une association, Femmes planét'terre, qui organise ce nouveau café...
«Je suis raélienne», reconnaît Dora Kefi. «Mais les «cafés féminité» et l'association n'ont rien à voir avec ma religion», s'empresse-t-elle d'ajouter. Elle se défend de faire du prosélytisme.
Egalement membre de Femmes planét'terre, Myriam Dorsaz admet elle aussi volontiers son appartenance aux raéliens «depuis 25 ans». Et, comme Dora Kefi, elle nie un quelconque lien entre sa secte et les réunions organisées au Ripp's. La rencontre de demain est la deuxième d'une série qui a débuté le 8 mars (Journée internationale des femmes) avec pour thème «La féminité dans la société: son importance». Une rencontre doit avoir lieu chaque mois.Les «valeurs» des deux sexes
«Il ne s'agit pas du tout d'un café féministe», affirme Dora Kefi, qui veut promouvoir «les valeurs féminines que sont l'écoute, la compassion, la douceur».
Quant aux valeurs des mâles, elles sont, toujours selon les mots de Dora Kefi, «l'action, le leadership et l'audace». Cette opposition entre les «valeurs» des deux sexes, bien en évidence sur l'affiche («valeurs féminines: valeurs de compréhension - valeurs masculines: valeurs d'action») et dans le discours des deux femmes, se retrouve aussi dans les textes de la secte.
Au cours de ces rencontres, Dora Kefi nous explique aussi vouloir inciter les mâles à développer leurs qualités «féminines», en leur apprenant à vivre plus pleinement leurs émotions. Le «café féminité» vise, de plus, à encourager les femmes à prendre leur place dans la société, «mais pas le pouvoir aux dépens des hommes», nuance Dora Kefi. «Je pense qu'il est faisable d'être à la fois douce et ferme», estime Myriam Dorsaz.Similitudes troublantes
Là aussi, la rhétorique est raélienne. Sur un site internet de la secte, un texte intitulé «La féminisation - L'homme de demain sera-t-il une femme?» ne laisse en effet planer aucun doute sur la similitude entre le discours des organisatrices du café et celui de la secte. Mais il y a plus troublant encore, car Dora Kefi et Myriam Dorsaz ne sont pas n'importe quelles raéliennes...
La secte est née dans les années septante. A l'origine, il y a une prétendue révélation faite à Claude Vorilhon, alias Raël. Un petit extraterrestre aux longs cheveux noirs, aux yeux en amande et à la peau olivâtre lui aurait appris que les Elohims, venus d'une autre planète, avaient créé la vie sur terre. Le gourou vend ses livres et la secte prospère. L'engagement de la secte pour le clonage, avec ses relents d'eugénisme a défrayé récemment la chronique.
Colliers de plumes
Mais, avant tout, au centre des principes prônés par Raël, il y a la soumission sexuelle de ses disciples femmes. L'instrument de cette soumission est l'«Ordre des anges», auquel peuvent adhérer «de belles jeunes femmes prêtes à tout pour le plaisir de Raël». («La Liberté», 2 août 2001). Les anges de Raël se distinguent par le port de colliers à plumes blanches. Or, en examinant la photo d'un récent article sur le «café féminité» («Lausanne-Cités», 7 avril 2005), une évidence s'impose: Myriam Dorsaz et Dora Kefi portent des colliers à plumes.
Sur cette question, Myriam Dorsaz refuse de s'expliquer. Dora Kefi déclare pour sa part: «Oui, j'appartiens à l'Ordre des anges et j'en suis fière!»
«La Liberté», en 1997 et 1998 avait refusé de publier un droit de réponse de la secte suite à un article qui affirmait que cette dernière «prône théoriquement dans ses écrits la pédophilie et l'inceste». Les raéliens avaient fait recours, mais le Tribunal cantonal fribourgeois, puis le Tribunal fédéral, avaient alors admis que la secte «promeut bel et bien la pédophilie et l'inceste dans ses écrits». La justice avait finalement donné raison à «La Liberté»: un journal a le droit de refuser un droit de réponse lorsqu'il est manifestement erroné. Comme l'était celui des raéliens lorsqu'ils disaient réprouver la pédophilie et l'inceste.
Italie : Satanisme
Un membre des "bêtes de Satan" condamné à 19 ans de prison
AFP , 5 avril 2005
[Texte intégral
MILAN - Un membre des "bêtes de Satan", un groupe satanique, a été condamné lundi à 19 ans de prison pour complicité de meurtre par le tribunal des mineurs de Milan (nord de l'Italie). Mario Maccione, 17 ans à l'époque des faits en 1998, a été reconnu coupable d'avoir participé aux meurtres de Fabio Tollis et Chiara Marino, âgés de 16 et 19 ans, brutalement assassinés et enterrés dans un bois.
Le juge a pratiquement suivi le procureur qui avait requis 20 ans de prison. Le juge Fabio Tucci a en revanche relaxé Massimiliano Magni, également 17 ans à l'époque des faits, estimant que les preuves retenues contre lui étaient insuffisantes. Le procureur avait requis une peine de 10 ans de prison. Les parents de Chiara Marino ont laissé éclaté leur colère à la suite de cette sentence : "Ce n'est pas une justice. Les juges devraient aller vendre de la charcuterie, du jambon et du fromage", a hurlé le père de la jeune fille à la sortie de l'audience.
Le père de Fabio Tollis a pour sa part déclaré qu'il était "satisfait à moitié" et qu'il attendait au moins une condamnation partielle de Massimiliano Magni. "Il ne faut pas oublier ce qu'ils ont fait, ils étaient mineurs et ils s'en sont pris de manière horrible à quelqu'un d'encore plus jeune qu'eux", a-t-il dit.
Deux membres des "bêtes de Satan", dont leur chef Andrea Volpe, avaient déjà été condamnés fin février à des peines de 30 et 16 ans de prison pour le meurtre de trois personnes. Outre Chiara Marino et Fabio tollis, ils étaient accusés d'avoir tué Mariangela Pezzotta, 27 ans, l'ancienne fiancée de Volpe. Cinq autres membres du groupe comparaîtront devant la justice en juin.
Belgique : Actualités diverses
L'étrange gourou de Fourniret
Le Soir, 11 avril 2005 par Marc Metdepenningen
[Texte intégral]
C'est la troisième fois que des fouilles sont menées dans la maison des Fourniret à Sart-Custinne. Photo Roger Milutin.
Les fouillesqui reprennent aujourd'hui à Sart-Custinne dans la propriété de Michel Fourniret constituent l'une des pièces majeures du puzzle criminel que reconstitue le juge d'instruction Bernard Claude. Mais les enquêteurs du SJA de Dinant continuent à explorer, discrètement, d'autres pistes susceptibles d'éclairer le parcours du tueur. C'est ainsi qu'ils se sont rendus à Neufchâteau pour y consulter le dossier d'une secte autrefois implantée à Libin, la « Noire Eau », dont le gourou, un prêtre défroqué, avait été consulté à plusieurs reprises par Michel Fourniret au début des années 90, alors qu'il travaillait comme surveillant dans un établissement d'enseignement de la région de Saint-Hubert.
Cette rencontre de Michel Fourniret avec les adeptes de la « Noire Eau » rend compte de la sexualité perturbée de « l'Ogre des Ardennes » et signale qu'au cours de sa période de « latence » (ces dix années sans agressions de jeunes filles, comme il l'affirme), il tentait au moins de trouver des dérivatifs à ses pulsions criminelles.
La « Noire Eau » était dirigée par un ancien prêtre dominicain, André T., aujourd'hui âgé de 68 ans. Ce prêtre, chassé de son Ordre « en raison de ses conceptions sexuelles », s'était signalé dans les années 70 par des prises de position singulières en faveur de la « liberté sexuelle » alors qu'il travaillait pour un centre communautaire créé à Bruxelles par l'Eglise de Belgique. Il nous a fait beaucoup de tort, il proclamait partout que le centre était favorable à ses thèses, nous rapporte Max D., un ancien prêtre avec lequel il publia un ouvrage sur le communautarisme chrétien.
Chassé des Dominicains, André T. créa à Bruxelles un centre où il enseignait « l'orgasmothérapie », fondée sur une technique de « massages sexuels » basée sur une interprétation libre des théories du disciple de Freud, Wilhelm Reich. La communauté déménagea ensuite vers Libin, en province du Luxembourg, où André T. créa, sous le nom de la « Noire Eau », un centre permanent dédié à ses croyances spiritualo-sexuelles. Il y avait là des résidents permanents, nous confie Jean L., un ancien adepte de la « Noire Eau ». J'y venais souvent de Paris. André T. se présentait comme un thérapeute. Nous nous y retrouvions à 13 ou 14 personnes. Nous payions 300 FF (45 euros) pour ses séances. Le gourou était omnipotent. Il nous enseignait sa technique de massages. Après, nous pratiquions l'amour naturel, soit des relations sexuelles entre participants libérés de toute attache conjugale ou autre.
Cette communauté, c'était la cour des miracles, nous confie un magistrat de Neufchâteau, aujourd'hui retraité, qui avait mené des poursuites pour « tenue de maison de débauche et exercice illégal de la médecine » à l'encontre d'André T. Condamné à Neufchâteau en 1990, le gourou fut toutefois acquitté par la cour d'appel de Liège.
En 1994, André T. fut dénoncé par une adolescente et une fillette âgée de moins de dix ans, victimes de ses théories sexuelles déviantes fondées sur « le massage des organes sexuels et la promiscuité copulative ». André T. préconisait la multiplicité des relations sexuelles apparaissant comme l'aboutissement bénéfique d'un massage. En 1996, il fut condamné à trois ans de prison, dont deux avec sursis, à Neufchâteau.
Les enquêteurs de Dinant recherchent toujours André T., qui se serait établi en France. D'autres adeptes de la « Noire Eau » sont en cours d'interrogatoire.
Me Luc Balleux, avocat de Fourniret, confirme que le Français a eu des contacts avec le gourou de la secte. Pour les enquêteurs de Dinant, il s'agit maintenant d'établir si, à Libin, Fourniret n'avait pas trouvé l'occasion de satisfaire ses pulsions sur de jeunes adolescentes sans être contraints de les tuer à l'issue de ses sordides « parties de chasse ». Et d'éclairer aussi les relations de Fourniret, le mystique, avec le prêtre défroqué. En 1984, Fourniret se rangeait résolument du côté de « Dieu » dans une lettre adressée à la juge d'instruction qui venait de l'arrêter : « A présent tu (Dieu) seras mon complice »...
France : Sectes
Assemblée Nationale - Question ( Jean-Marc Roubaud) enfants scolarisation
JO , 12 avril 2005
[Texte intégral]
12ème législature
Question N° : 62382 de M. Roubaud Jean-Marc ( Union pour un Mouvement Populaire - Gard ) QE
Ministère interrogé : intérieur
Ministère attributaire : intérieur
Question publiée au JO le : 12/04/2005 page : 3643
Rubrique : ésotérisme
Tête d'analyse : sectes
Analyse : enfants. scolarisation
Texte de la QUESTION : M. Jean-Marc Roubaud appelle l'attention de M. le ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales le problème des mouvements sectaires qui touchent les jeunes dans notre pays. La mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) s'inquiète dans son rapport annuel des mouvements sectaires, plus que les grandes sectes déjà connues des autorités ; ce rapport s'intéressant avant tout à la manière d'empêcher les jeunes de se laisser convaincre. La mission considère que les dérives sectaires ont été moins apparentes en 2004 mais qu'elles gagnent en diversité et complexité avec le développement de nouvelles structures plus diffuses. Elle observe notamment l'apparition de groupes comme le satanisme, la nébuleuse new age, les thérapies alternatives, ou encore les tentatives d'infiltration en direction des publics fragiles... Un essaimage qui ne remet pas en cause les sectes plus anciennes et plus connues comme les adeptes de Ron Hubbard ou de Moon. Le rapport demande notamment le renforcement du contrôle de l'obligation scolaire, contrôle de la situation des 1 000 enfants environ qui, hors de l'école, sont instruits dans leur famille, et contrôle des 40 000 élèves fréquentant les établissements privés hors contrats, dont une infime minorité sont des communautés fermées ou intégristes, ou des lieux de pédagogie alternative qui mériteraient une attention renforcée. Le plus souvent, en effet, ces établissements sans contrat avec l'éducation nationale n'ont rien à voir avec les sectes, il s'agit de boîtes à bac (des écoles de remise à niveau), d'écoles religieuses, ou de pédagogies libertaires. La mission demande aussi un contrôle des enseignements privés et indépendants en psychothérapie ; selon le rapport, ils se multiplient, gourous et charlatans aussi. En conséquence, il lui demande quelles mesures concrètes en phase avec ce rapport le Gouvernement entend prendre afin de lutter efficacement contre les mouvements sectaires en France et plus particulièrement concernant le renforcement du contrôle de l'obligation scolaire ainsi que des enseignements privés et indépendants en psychothérapie.
UMP 12 Languedoc-Roussillon N
France : Sectes
Assemblée Nationale - Question ( Mme Chantal Robin-Rodrigo - lutte et prévention
JO , 12 avril 2005
[Texte intégral]
12ème législature
Question N° : 62600 de Mme Robin-Rodrigo Chantal ( Socialiste - Hautes-Pyrénées ) QE
Ministère interrogé : intérieur
Ministère attributaire : intérieur
Question publiée au JO le : 12/04/2005 page : 3644
Rubrique : ésotérisme
Tête d'analyse : sectes
Analyse : lutte et prévention
Texte de la QUESTION : La mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) s'est inquiétée dernièrement de la progression sensible du satanisme en France. En effet, la vague de profanations de cimetières en France a attiré l'attention de la mission interministérielle. La mode favoriserait cette évolution : la vague gothique est devenue une attitude esthétique très tendance chez certains adolescents. La mouvance sataniste serait constituée de « micro-groupes hybrides aux attaches multiples et aux obédiences mal affirmées ». Ils se rassembleraient autour d'un socle de valeurs communes, comme « des références antichrétiennes et antirépublicaines, de mêmes goûts musicaux, des pratiques sexuelles déviantes, un goût prononcé pour la magie et/ou le vampirisme ». Chez les jeunes, l'adhésion au satanisme serait souvent vécue comme une étape initiatique, un désir de se mettre à l'épreuve par la transgression des normes sociales. Cependant, la mission se veut rassurante et relève qu'en France, il n'existerait plus de structures officielles actives représentant le satanisme. Enfin, l'un des principaux vecteurs de développement serait Internet, qui joue un rôle non négligeable de diffusion pour toutes les pratiques sectaires. Les sites à risques seraient, par ailleurs, de plus en plus nombreux et la pratique des mots clés cachés peut amener le navigateur à des pages qu'il ne prévoyait pas de fréquenter. Ceci serait particulièrement pernicieux pour les enfants et les jeunes. Internet serait aussi un bon moyen de fixer des rendez-vous discrets, d'organiser des diffusions massives, sans que les pouvoirs publics (ou les parents) en aient connaissance. Dans l'impossibilité de réguler la circulation de l'information, le discours de prévention à l'égard des plus jeunes devient essentiel. En conséquence, Mme Chantal Robin-Rodrigo demande à M. le ministre de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales de lui indiquer ses intentions au sujet de ce dossier.
SOC 12 Midi-Pyrénées N
Suisse : Raël
«Nous ne faisons pas de prosélytisme»
24 heures , 13 avril 2005 et la lettre d'une lectrice
[Texte intégral]
Le tout nouveau Café féminité est organisé par deux membres du mouvement de Raël. Sans annoncer la couleur.
Des rencontres sur le thème de la féminité organisées dans un restaurant lausannois sont orchestrées par deux raéliennes. Taisant leur appartenance
religieuse aux participants, cellesci se défendent de tout prosélytisme. Rien dillégal, assurent les autorités.
«Valeurs féminines: valeurs de compréhension; valeurs masculines: valeurs daction.» Voilà pour les thèmes de la deuxième rencontre du Café féminité qui se déroule ce soir dans létablissement Le Ripps, place de la Riponne. Rien danormal dans un paysage lausannois animé par de nombreux et
variés cafés à thème. Sauf que le Café féminité est organisé, notamment, par deux adeptes de Claude Vorilhon, dit Raël, grand gourou de la secte du même nom, nous apprend le quotidien La Liberté dhier.Risque de prosélytisme? Tentative facile de «recrutement»? Dora Kefi, attachée de presse de la secte en Suisse romande, et lune des chevilles ouvrières du café sous la bannière de lassociation Planètterre, sen défend. «Oui, je suis membre des raéliens, reconnaît-elle. Mais ces cafés nont rien à
voir avec ma religion. Je veux juste aider ces femmes, leur apporter une philosophie de vie positive.»Sur quelle base? Les textes de Raël, dont les préceptes, trouvés sur certains sites internet, rappellent les idées développées par les instigatrices du café (la féminité comme remède pour lhumanité, vecteur dune révolution pacifique)? «Non, je parle uniquement en tant que femme, avec son parcours
personnel, affirme Dora Kefi. Nous ne faisons pas de prosélytisme, même si je suis certainement influencée par la pensée de Raël, qui est belle.»Les organisatrices du Café féminité ne sont pas punissables, pour autant que leurs activités ne heurtent pas la population. En effet, de telles réunions ne sont pas soumises à autorisation liberté dexpression oblige à condition quelles ne dépassent pas une certaine ampleur. Et il nest, en
outre, pas obligatoire dindiquer son appartenance religieuse. Quant au patron de létablissement Le Ripps, il estime quil nest pas de son ressort de contrôler les personnes louant ses locaux.
-------------------------------------------------------La lettre adressée au journal par une lectrice :
cafés féminité organisés par des raéliennes : bonjour la publicité gratuite
(24Heures du 12 avril 2005).S'il n'est pas possible légalement d'interdire la tenue de telles réunions, motifs pris qu'elles émanent d'une secte bien connue, il est parfaitement loisible pour un patron de bistrot ou un propriétaire de salle de refuser une manifestation de ce type dans ses locaux, moyennant certes la perte de quelques francs. Le Tribunal fédéral a d'ailleurs récemment débouté un raélien qui avait engagé action en justice contre un cafetier genevois qui avait refusé de lui servir une bière parce qu'il était raélien (arrêts 6P.137/2004 et 6S.374/2004 du 20 janvier 2005).
Il est regrettable que surfant sur l'actualité, 24Heures se soit empressé de faire un article le jour-même de la tenue du second café, totalement dépourvu d'un quelconque sens critique, comme les autres médias qui se sont fait abuser par les affiches roses racoleuses. Ainsi, il aurait par exemple été possible de proposer une analyse plus poussée de textes de la secte ou de propos d'adeptes concernant le thème de la féminité. Ou encore, consulter quelques sites internet de prévention contre les sectes pour nuancer l'argumentation, voire poser quelques questions à leurs webmasters, dont certains se seraient alors fait un plaisir de vous fournir une publication du mouvement raélien dans laquelle Dora Kefi se vantait du succès de son premier café et d'échos élogieux reçus par quelques médias romands. Pas de prosélitysme caché ? Pas de rapport avec le mouvement raélien ? Allons bon... à d'autres !
Mais hélas, de nos jours, de jolis minois et un discours anti-féministe rousseauiste crasseux ont plus de chance d'attirer le lecteur qu'une information critique. C'est triste !
Sylvie Freymond, Lausanne
collaboratrice de http://www.prevensectes.com,
Belgique : Soins Psy
1000 personnes sont venues écouter le psy de la communication non violente
La Libre Belgique , 12 avril 2005
[Texte intégral]
Marshall Rosenberg, séduction ou prédiction?
Selon Marshall Rosenberg, le monde est peuplé de chacals et de girafes. Les uns critiquent, jugent et se heurtent au conflit. Les autres, adeptes de la communication non violente (CNV), ignorent les remarques et décèlent la sensibilité sous l'agressivité des chacals.
La girafe, l'animal au plus grand coeur, est également le symbole choisi par la jeune asbl verviétoise Girasol convertie à la CNV, à l'initiative de la venue de Rosenberg jeudi dernier au Palais des Congrès. Le «maître» a exposé sa douce théorie devant 1000 personnes, adeptes ou découvreurs du concept.
Présenté par Thomas d'Ansembourg («Cessez d'être gentil, soyez vrai!»), «sauvé des eaux par Marshall», le psychologue américain a titillé le public, par des exercices pratiques et des récits d'anecdotes. Comment, dans des camps de réfugiés au Moyen-Orient, il a su nouer le dialogue. Dans les «écoles girafe» qu'il a créées, il a fait table rase des punitions, récompenses et évaluations. Dans bien des prisons, il a usé de justice réparatrice plutôt que punitive.
Objectif de la conférence: apprendre à éradiquer de notre comportement les critiques, les punitions, les récompenses, la culpabilité et le langage du «je n'avais pas le choix». A remplacer par «la prise de responsabilité de ses sentiments et la formulation de demandes et non d'exigences, dans un langage positif» assène Rosenberg, traduit dans une sorte d'écho martelant.
Ainsi, ne dites plus: «Tu ne m'écoutes jamais!», dites: «Lorsque je parle, pourrais-tu avoir l'élan d'attendre que j'aie fini avant de prendre la parole à ton tour pour répondre ainsi à mon besoin d'expression?» Tordu? «C'est l'exercice à fournir pour ne plus parler la langue des chacals» répond-il, imitant les deux animaux à l'aide de marionnettes. Et le public de rire, d'opiner, de réfléchir profondément.
A entendre la formule magique, on aurait presque envie que Rosenberg s'installe à Liège afin de faire profiter certains secteurs plutôt «chauds» en ce moment des vertus de la communication non violente...
Mais, comme l'a souligné Olivier Hamal, député permanent MR, «si l'expression peut éviter certains conflits, cette conférence apparaît un peu comme un prêche de secte. Et je doute que ces théories soient facilement applicables...» La mélodie enjouée grattée à la guitare par le conférencier en fin de soirée achève le tableau. Marshall Rosenberg, nouveau gourou ou gentil utopiste?
Cité du Vatican : Opus Dei
Un diocèse sans territoire
AFP, 12 avril 2005 par Barry James
[Texte intégral]
CITE DU VATICAN - Parmi les questions sans réponse sur le conclave qui élira la semaine prochaine le successeur de Jean Paul II, l'une concerne le rôle qu'y jouera l'Opus Dei, une puissante organisation conservatrice catholique aussi appelée "l'Oeuvre".
L'Opus Dei (Oeuvre de Dieu), qui compte 80.000 membres à travers le monde, essentiellement des laïcs, est aussi surnommée "la pieuvre de Dieu" en Espagne où elle a été fondée en 1928 et où elle a joué un rôle politique majeur dans la période du franquisme et de l'après-franquisme.
Deux des 115 cardinaux électeurs du prochain pape, le Mexicain Julian Herranz et le Péruvien Juan Luis Cipriani Thorne, appartiennent à l'Opus Dei. Mais ce chiffre ne reflète pas le rôle que "l'Oeuvre" joue au Vatican. Si d'autres groupes conservateurs, comme les Légionnaires du Christ ou Communion et Libération, bénéficiaient de l'appui du pape défunt, l'Opus Dei est le seul à qui Jean Paul II a accordé en 1982 le statut - unique dans l'église catholique - de Prélature personnelle. L'Opus Dei est ainsi devenu un diocèse sans territoire, régi à la fois par
le droit canon et ses propres statuts et ne rendant compte qu'au pape.L'organisation jouit de la confiance du cardinal Camillo Ruini, vicaire de Rome et président de la conférence épiscopale italienne. Le cardinal Ruini, présenté comme un possible "papabile", a engagé l'an dernier la procédure de béatification du deuxième dirigeant de l'Opus Dei, Mgr Alvaro del Portillo. Jean Paul II avait canonisé son fondateur, Jose Maria Escriva de Balaguer, en 2002, 27 ans seulement après sa mort, lors d'une célébration à laquelle assistaient plus de 40 cardinaux.
En 1998, le pape a aussi accordé à l'Oeuvre une université théologique à Rome, placée au même niveau que la prestigieuse université grégorienne tenue par les jésuites.
De tels signes de confiance donnent à l'Opus Dei des arguments pour rejeter les étiquettes d'organisation manipulatrice, secrète ou sectaire qui lui sont apposées, même de l'intérieur de l'Eglise catholique.
Les membres de l'Opus Dei sont encouragés à rechercher la perfection spirituelle dans leur vie quotidienne et dans leur travail. Les "numéraires", le noyau dur de l'organisation, sont recrutés dans les milieux cultivés et éduqués et incités à occuper un rôle important dans leur domaine. Ils font voeu de chasteté et d'obéissance, pratiquent la mortification corporelle (flagellation) au moins une fois par semaine et vivent en communauté selon des règles strictes avec d'autres membres de "l'Oeuvre".
Dans le passé, des évêques s'étaient inquiétés du prosélytisme agressif de l'Opus Dei sur les campus universitaires et de ses entreprises pour couper les
adeptes de leur famille.Tout en se présentant comme une organisation de laïcs, l'Opus Dei compte ses propres prêtres qui confessent et accompagnent spirituellement les membres. Au Vatican, le porte-parole, Joaquin Navarro-Valls, est membre de l'Opus Dei.
Julian Herranz, président sortant de la commission disciplinaire de la Curie romaine et membre de plusieurs congrégations, est connu pour inviter d'autres prélats à de fréquentes rencontres dans une villa romaine appartenant à l'Opus Dei.
Selon les observateurs, l'Opus Dei est le seul groupe organisé suffisamment influent pour jouer un rôle durant le conclave.
Le Vatican a récemment confié à l'archevêque de Gênes, Tarcisio Bertone, le soin de combattre les hérésies contenues dans "Da Vinci Code", le best-seller de Dan Brown dans lequel un évêque de l'Opus Dei commande à un moine de l'organisation (qui ne compte pas de moines) de commettre des meurtres.
France : Sectes
Sectes : Attention danger
Clicanoo , 13 avril 2005 par Jérome Leglaye
[Texte intégral]
Catherine Picard, la présidente de lUnion nationale des associations de défense de la famille et des individus (UNADFI), et ancienne députée, auteur de la loi About-Picard, se trouvait hier à la Réunion. La présidente de lassociation anti-sectes, venait faire le point sur limplantation de ces mouvements à la Réunion.
Élue depuis un an à la présidence de lUNADFI, je suis venue à la Réunion, non seulement pour faire un point sur limplantation des sectes dans lîle, mais aussi pour relancer la section locale qui est en sommeil depuis quelques mois. Cest sur sa propre initiative que lancienne parlementaire, auteur de la loi qui porte son nom sur les sectes et nouvelle présidente de lassociation, est venue à la Réunion afin de faire le point sur les sectes. Le constat est particulièrement alarmant. On saperçoit rapidement que lensemble des grands mouvements sectaires nationaux et internationaux sont présents à la Réunion, précise la présidente de lUNADFI. Mais depuis quelques temps, on constate une pénétration importante des mouvements évangélistes de guérison ainsi que des nouveaux gourous new age.
Pour Catherine Picard, les enfants et les femmes sont les premières victimes de ce type de sectes qui profitent dune certaine forme de fragilité pour sengouffrer dans la brèche. Ainsi, dès 2000, un rapport interministériel mettait ces faits en exergue. Dans lensemble des départements doutre-mer et à la Réunion, les populations semblent particulièrement sensibles à la propagande et au prosélytisme sectaire... A la Réunion, cette influence provient de lAustralie et de la Nouvelle-Zélande. Elle se juxtapose partiellement avec celle quexercent des sectes dorigine asiatique dans la plupart des états de locéan Indien. Ce constat, qui certes date de lan 2000, est toujours dactualité.
De plus, il est accentué, daprès la nouvelle présidente de lUNADFI par laccroissement des mouvements dits évangélistes et de tous les pseudo gourous qui apportent de nouvelles méthodes de bien être. Ainsi, on évalue à 20 000 le nombre des personnes à la Réunion qui seraient impliquées dans un mouvement sectaire ou qui pourraient en être très proches. Si ce chiffre peut paraître important, il faut savoir que les statistiques de lassociation relayés par les pouvoirs publics montrent que plus de 500 000 personnes, au minimum, sont impliquées dans des mouvements sectaires en métropole.
Une offensive militaire
Si le problème sectaire est grave pour lindividu, il peut lêtre aussi sur un plan beaucoup plus insidieux comme la politique et léconomie. Ainsi, on sait que nombre déglises évangélistes qui proviennent du nord du continent américain ont comme slogan Convertir lAmérique, pour conquérir lEurope. Ces missions ont véritablement une politique agressive de conquête par le prosélytisme. Ainsi, un église évangéliste du sud des USA forme 3000 missionnaires par an. Missionnaires qui sont parfaitement intégrés à la population locale car avant de pouvoir précher, les candidats missionnaires doivent se rendre deux ans dans le pays qui leur a été assigné afin dapprendre la langue et les coutumes locales.
Dautres sectes, par le biais de centres de formation ou de pseudo recherche, simplantent dans des entreprises de pointe et cherchent à récupérer le maximum de personnes ayant des connaissances très spécifiques. Catherine Picard ne dit pas autre chose : Les grands mouvements sectaires internationaux travaillent, évoluent et pensent, comme des entreprises internationales. Et elles font la guerre comme elles. Mais, les pays européens sorganisent. Une grande majorité des pays de lEurope de louest prennent exemple sur la situation française qui, avec le rapport Vivien de 1995 et la loi About-Picard, a été le premier pays à pointer du doigt le problème des sectes, non seulement concernant lintégrité des individus, mais aussi sur le problème de linterpénétration entre ce type de croyances et le verrouillage de certaines sociétés de pointe.
Cependant, la lutte contre les sectes doit aussi respecter la liberté de chacun et rester très prudente sur le choix religieux de chaque individu. Catherine Picard, malgré son combat, reste très sereine sur ce problème : Jamais le travail sur les sectes ne doit être attentatoire à la liberté de conscience, mais au nom de la liberté de conscience on ne doit pas être attentatoire aux libertés individuelles et publiques.
Lassociation anti secte Créée il y a trente ans, lUnion nationale des associations de défense des familles et de lindividu, reconnu dutilité publique, étudie les phénomènes sectaires, organise les préventions contre ce risque et aide les personnes qui ont subi linfluence des sectes. Lassociation travaille avec les pouvoirs publics comme lÉducation nationale, le ministère de lIntérieur et des Cultes ou encore le ministère de la Justice. De nombreux parlementaires sont impliqués dans lassociation. Ainsi la nouvelle présidente Catherine Picard, qui remplace la figure emblématique quétait Jeanine Tavernier, est une ancienne députée qui a fait voter en 2001 une loi qui porte son nom. Lunion regroupe 21 associations et possède 15 antennes en France et dans les Dom. En 2004, elle a reçu plus de 18 000 appels et elle sest occupée de près de 500 victimes. Lunion édite un bulletin qui peut être commandé au 130 rue de Clignancourt à Paris, et possède un site http://www.unadfi.org
France : Sectes
Relancer l'Association de défense de la famille et des individus
Journal de la Réunion , 13 avril 2005
[Texte intégral]
Combattre la dérive sectaire
À La Réunion, l'Association de défense de la famille et des individus est en sommeil depuis deux ans. La présidente de l'Union nationale, Catherine Picard, a multiplié les contacts durant une semaine pour la relancer.
La présidente de l'Union nationale des Associations de défense de la famille et des individus, Catherine Picard, auteur de la Loi About-Picard contre les manipulations mentales, était dans l'île pendant une semaine. Durant son séjour à La Réunion, elle a multiplié les rencontres avec les partenaires éducatifs, institutionnels et socioculturels pour remettre en place l'Association de défense de la famille et des individus de La Réunion, en sommeil depuis 2 ans.
Prévention et information
Hier, le directeur du CRIJ (Centre régional d'information jeunesse), Olivier Bresch, a convié les journalistes à la rencontrer en compagnie de Serge Fabresson, conseiller d'Éducation populaire et de jeunesse à la DDJS, et représentant secte à la Préfecture de La Réunion. Il s'occupe entre autres du contrôle d'agrément des associations sportives, de jeunesse et d'éducation populaire et vérifie les projets éducatifs des centres de loisirs et de vacances.
La prévention et l'information sont importantes. La maxime de la lutte est peut-être celle qu'elle énonce ainsi : "jamais le travail sur les sectes ne doit être attentatoire à la liberté de conscience de l'individu et jamais au nom de la liberté de conscience, on ne peut porter atteintes aux libertés individuelles et publiques".Tous victimes
Lors de cet entretien, Catherine Picard n'a pas livré de diagnostic de la situation à La Réunion, mais elle a combattu les idées reçues : "il n'est pas vrai que les adeptes sont forcément des personnes fragiles. Vous pouvez assister à une conférence historique sur l'Égypte et être victime de méthodes de manipulation. Le terreau de la misère sociale est favorisant, mais les sectes touchent tout le monde. Il n'y a pas de lien entre le nombre d'adeptes d'une secte et sa dangerosité. Un petit mouvement peut être très dangereux".
Mouvement Évangéliste, Mission Salut et Guérison, Témoins de Jéhovah, Église évangéliste du septième jour... Il n'y a pas de chiffres sur La Réunion aujourd'hui, mais le phénomène s'intensifie en France comme dans les DOM. Cependant, "les cellules de vigilance présidées par les préfets ne sont pas toujours mises en route", bien qu'elles soient "le seul lieu où l'ensemble des responsables des pouvoirs publics peut se concerter".Sectes, attention danger
Entre 1995 et 2001, l'État s'est engagé à combattre les sectes, c'est même, ajoute-t-elle, "une problématique européenne sur laquelle les gouvernements s'entendent pour travailler. Il y a aussi une prise de conscience des pouvoirs publics européens". Certaines propositions d'épanouissement personnel, de coaching peuvent conduire à une dérive sectaire. La psychothérapie également peut être détournée et utilisée.
Comment reconnaître un mouvement sectaire ? "À partir du moment où il y a atteinte à la dignité humaine, mise en état de sujétion, physique ou psychologique, il y a dérive sectaire", indique Catherine Picard.
Suisse : Raël
Au café des raéliens, la soucoupe volante a atterri pour recruter terriens et terriennes
La Liberté , 14 avril 2005 par Marie Bertholet
[Texte intégral]
Mardi soir, à Lausanne, une quarantaine de personnes ont pris part au «café féminité», dont un quart d’adeptes venus orchestrer la discussion. Regards croisés d’un participant berné et d’une participante pas dupe.
Il est 19h30, dans l’arrière-salle du restaurant Le Ripp’s, à Lausanne. En ce mardi 12 avril, c’est la responsable suisse des «anges de Raël» Dora Kefi qui ouvre le deuxième «café féminité » devant une quarantaine de participants, dont une dizaine d’hommes (voir nos éditions de lundi, mardi et mercredi). Flanquée de ses deux acolytes, Myriam Dorsaz et la jeune Valérie, la cheffe des «anges» pèse ses mots: «Je n’ai qu’un rêve: que le café féminité se développe.» Tout au long des deux heures que va durer la réunion, les raéliens ne feront aucune mention de leur secte. Mais une dizaine de participants abondent dans le sens des trois animatrices en adoptant sans détour la phraséologie raélienne et échangent des sourires complices avec elles: à l’évidence, au moins un quart de l’assistance est composé de bons disciples de la secte.
En guise d’introduction au thème de la féminité, un court-métrage sans commentaire est projeté au public. Le film met en scène des planètes, l’atterrissage d’une soucoupe volante, ainsi qu’un extrait du film «Le cinquième élément» montrant Leeloo, la séduisante extraterrestre de fiction créée par Luc Besson. Mais l’inscription «Université raélienne », visible sur le boîtier de la cassette vidéo, trahit sa provenance... Les raéliens ne sont pas toujours discrets.
«Je ne voyais pas le rapport entre le film et la féminité», témoignera Marc* après la réunion. Le jeune homme s’est laissé avoir: il ne savait pas que le «café féminité» était une réunion visant à recruter de nouveaux adeptes de la secte. «La vidéo était kitsch et sa bande-son était celle du Roi lion!», remarque Patricia*, qui, pas dupe, y était allée pour voir des raéliens en action, et pour s’en moquer ensuite.
Le film montre aussi des humains de tous les continents et des animaux très colorés se côtoyant en harmonie. D’ailleurs, «couleur» est un concept qui revient fréquemment, non seulement dans la bouche de Dora Kefi, mais aussi dans le discours de plusieurs participants.
Pour lancer la discussion, les animatrices invitent l’assistance à évoquer les «valeurs féminines» et «masculines» qui leur venaient à l’esprit. Largement suggérées par Dora Kefi et Myriam Dorsaz, les réponses sont notées sur un tableau: «sensualité, douceur et sensibilité» ont été inscrites dans la colonne féminine; «courage, action et audace» dans celle réservée aux mâles. Les trois animatrices exhortent ensuite les femmes à développer leurs «qualités masculines», et vice versa. «Le discours était relativement banal et tournait en rond», estime Patricia.
«Cétait orchestré»
«C’était orchestré. Certains discours tenus par des participants montraient qu’ils étaient là pour orienter les sujets», estime Patricia. «J’ai tendance à prendre toujours le côté positif des choses, c’est pour ça que je n’ai pas remarqué qu’il s’agissait d’un café raélien», avoue Marc, énervé.
La séance en est à sa deuxième moitié. Fermant les yeux, Dora Kefi invite le public à réfléchir deux minutes à ce que chacun «a envie de changer en soi». Un tiers des participants ferme aussi les yeux. «A ce moment-là, j’ai pensé qu’il y avait peut-être quelque chose de louche. Mais cela ne m’a pas inquiété outre mesure», poursuit Marc. Sous prétexte d’«inviter les participants au prochain café féminité, qui se tiendra le 10 mai prochain», les animatrices font circuler une feuille. Les participants sont invités à y inscrire leurs coordonnées. Mais pourquoi devoir s’inscrire, alors que la date du prochain rendez-vous est déjà annoncée? A deux moments distincts, Dora Kefi et Renata (la quatrième organisatrice du café) ne manqueront pas de fustiger leur éducation religieuse, musulmane pour l’une, catholique pour l’autre. Il est 21h30: le deuxième «café féminité» des raéliens est terminé.
* Noms fictifs
France : Opus Dei
Un conclave sous le regard attentif de l'Opus Dei
Nouvel Obs , 15 avril 2005 par Daniel Woolls
[Texte intégral]
MADRID (AP) -- Alors que les cardinaux préparent le conclave dans le plus grand secret, il est une organisation catholique qui joue très gros dans l'élection du futur pape: c'est le très influent et très conservateur Opus Dei, dépeint sous un jour si peu flatteur dans le «Da Vinci Code», le best-seller de l'écrivain américain Dan Brown.
Fondé en Espagne en 1928, ce mouvement controversé regroupe aujourd'hui plus de 80.000 membres à travers le monde, dont un grand nombre de laïcs mais aussi des centaines de prêtres, d'évêques et même deux des cardinaux chargés de choisir le nouveau pape lors du conclave qui s'ouvre lundi au Vatican.
Or, l'Opus Dei -qui s'est fixé pour mission de donner aux laïcs un rôle dynamique dans la propagation de la parole de Dieu- a été fermement soutenu par Jean Paul II tout au long de son pontificat. Cet appui s'est même traduit par la canonisation en 2002 de son fondateur, Josemaria Escriva de Balaguer, ou encore par la nomination de l'un de ses membres, Joaquin Navarro-Valls, pour occuper le poste ultrasensible de porte-parole du Vatican.
Jean Paul II voyait en l'Opus Dei un excellent moyen de faire face à la sécularisation croissante de la société et de conforter ses positions doctrinales conservatrices dans toute une série de domaines.L'ennui, c'est que l'Opus Dei (L'Oeuvre de Dieu, en latin) est un mouvement controversé, prônant la discrétion, qui a été accusé de pratiques sectaires, tels le lavage de cerveaux pour encourager la dévotion aveugle ou les activités financières douteuses.
Dan Brown a d'ailleurs surfé sur cette réputation pour dresser un tableau particulièrement sombre de l'Opus Dei dans le «Da Vinci Code» où le meurtre de départ a été commis par un de ses membres, un dévot adepte de pratiques de mortification. L'organisation est présentée dans le roman comme un centre occulte de pouvoir religieux, politique et économique oeuvrant à dissimuler et limiter le rôle des femmes dans l'Eglise catholique.
Sans tomber dans cette hystérie anti-Opus Dei, il est indéniable que l'organisation a encore accru son influence et son poids dans l'Eglise catholique, notablement au Vatican, au cours du pontificat de Jean Paul II.«Il y a évidemment une inquiétude sur le fait de savoir si le prochain pape sera ouvert à quelque chose comme l'Opus Dei», souligne Anthony Figueiredo, professeur de théologie à l'université Seton Hall, près de New York, un prêtre qui exerçait autrefois son sacerdoce au Saint-Siège. «Je suis sûr qu'en cette période de pré-conclave, c'est l'un des sujets dont discutent les cardinaux», ajoute le père Figueiredo, en faisant allusion aux congrégations générales (réunion de tous les cardinaux au Vatican) qui se tiennent quotidiennement depuis lundi.
L'Opus Dei bénéficie du statut privilégié de «prélature personnelle», ce qui signifie, dans les faits, que son chef, actuellement Mgr Javier Echevarria, n'a de comptes à rendre à aucun diocèse mais uniquement au pape.
Le père Figueiredo ne doute pas que des membres influents de l'Opus Dei jouent, en cette période de pré-conclave, un rôle actif de lobbying au Vatican. «Je suis sûr que quelqu'un comme le prélat de l'Opus Dei parle probablement en ce moment à ses membres cardinaux», avance-t-il. Pour lui, Opus Dei jouit d'une «énorme influence» au Vatican à travers ces cardinaux et tous les autres membres du clergé qui occupent des postes dans les bureaux du Saint-Siège et qui peuvent en être proches.
Toutefois, pour certains théologiens en Espagne et ailleurs, l'enjeu du conclave ne devrait pas être déterminant pour l'Opus Dei: l'organis