Actualités sur les sectes en septembre 2005.
(*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web
France : Scientologie
"Dans la secte"
Courriel, 1er septembre2005
[Texte intégral]
"Dans la secte" traite du sujet délicat et douloureux des victimes de sectes. Bien qu'il s'attaque à une secte en particulier - la plus médiatique - le scénario de Pierre Henri vise à aider toutes les victimes dans leur ensemble.
Il atteint parfaitement son but : tout en délicatesse, à son rythme, il parvient a bien montrer au lecteur la descente aux enfers de Marion, lente, mais inexorable ; comment, petit à petit, sa vie quotidienne a pris une tournure délicate, le stress, les fausses solutions (fêtes, alcool, LSD...).
Tout est raconté à la première personne, ce qui a pour mérite d'établir un lien direct, sans tabou, avec le lecteur. Marion nous raconte comment, sans s'en rendre compte et pour ainsi dire volontairement, elle s'est retrouvée prise dans l'engrenage. Elle raconte tous les petits détails, et parfois, c'est assez pénible de le lire, de voir comment elle a ??té manipulée.
Ce qui rend la lecture encore plus terrifiante, c'est que les arguments de la "secte" semblent justes : le lecteur a un peu les mêmes réactions que Marion : "je ne suis pas bien, mais ces gens sont gentils, ils peuvent sans doute m'aider". Le processus d'aliénation est très bien décrit et montre comment ces gens profitent de la moindre faiblesse "psychologique".
A cet égard, les dessins de Louis Alloing sont parfaits : ils sont très doux, et montrent toute la fragilité de Marion. Et en même temps, ils rendent parfaitement compte de la dureté des gens de la secte, tout en les montrant mielleux lorsqu'il faut amadouer l'adepte.
La couverture illustre très bien cette ambivalence du trait : les deux ombres sont particulièrement menaçantes, voire terrifiantres. La pauvre Marion paraît bien démunie face à elles. Elle se fait l'égérie de la faiblesse des personnes victimes de sectes.
Un ouvrage instructif et touchant, à lire absolument.
France : Raël
Nouveau livre de Houellebecq: l'Unadfi dénonce une "apologie" des raéliens
AFP, 1er septembre2005
[Texte intégral]
PARIS - Catherine Picard, présidente de l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu (Unadfi), qui lutte contre les dérives sectaires, a dénoncé jeudi dans le dernier roman de Michel Houellebecq, une "apologie" des raéliens. "Je pense que sous des formes de fiction, de provocation, il y a une apologie de la secte raélienne, et cela me chiffonne évidemment", a déclaré Mme Picard à l'AFP, relevant qu'il "y a une cinquantaine de pages qui présentent la secte", dans ce roman intitulé "La possibilité d'une île". Pour elle, "on est sur un double langage habilement fait" qui estime d'un côté que "ce mouvement sectaire correspond à l'idée (que se fait l'auteur) de l'éternité, de l'immortalité" et qui affirme d'un autre côté "ne pas cautionner ce mouvement".
Mme Picard a toutefois jugé "assez juste" la description de la secte. "Ce qui est intéressant, c'est la manière de montrer la secte sous son véritable aspect mafieux et je me demande comment Raël peut être tout à fait satisfait de se voir, s'il est bien le modèle du texte, complice d'assassinats, de camouflages, de disparition de corps", a-t-elle relevé. Mais malgré tout, "ce qui me gêne le plus, c'est qu'on parle de Raël", a poursuivi Mme Picard. "Comme ce bouquin n'est qu'un acte de communication et pas une oeuvre littéraire, plus on le centre sur le sujet Raël, plus on donne de caution et de légitimité à Raël qui doit être ravi qu'on lui fasse une publicité gratuite", a-t-elle estimé. "C'est de nouveau le moyen de les remettre en scène (...) en fin de compte, Houellebecq les cautionne", a-t-elle affirmé.
Lundi, les raéliens ont félicité l'auteur pour son dernier ouvrage qui met en scène un personnage contemporain, Daniel, et ses clones, des "néo-humains" qui souffrent d'avoir renoncé à leur part d'humanité, avec en décor une secte promettant l'immortalité à ses membres.
France : Sectes
Quand les sectes semparent de la science
AFIS, 1er septembre2005
[Texte intégral]
Dans Sciences et Avenir de septembre 2005
Santé et mouvements spiritualistes : danger !
Le dossier de Sciences et Avenir de la rentrée 2005 est réalisé par Olivier Hertel et sinscrit au coeur de notre mission : il dénonce et explique quelques méthodes de charlatans qui se servent de la science pour introduire de graves dérives et mettre la santé du public en danger. Avec un titre sans équivoque « Sectes et sciences : la grande manipulation » Le dossier se décompose en trois parties. La première, sur deux pages, est une réflexion générale de type introductif. Pourquoi de plus en plus de personnes se tournent-elles vers des mouvements spiritualistes ou religieux qui se prétendent scientifiques ?Science responsable ou science alibi ?
Deux hypothèses sont avancées :1- La religion a renoncé à son pouvoir institutionnel, [1] mais le besoin de croire est resté. La science endosserait donc le rôle de la religion, bien assis grâce à notre lien privilégié avec les technologies du quotidien. De là à suivre aveuglément celui qui suggère une fusion des deux, il ny a quun pas.
2- Les adeptes des nouveaux mouvements religieux sont impliqués dans la culture scientifique ; [2] ils ont besoin de fonder leurs croyances sur du rationnel et naviguent ainsi de lun à lautre.
Sciences et Avenir résume la situation en avertissant que si la science est appelée à la rescousse dans ces mouvements sectaires, cest bien pour « fournir un alibi rationnel » aux illuminés. Le lecteur en déduira à juste titre que cest bien le gourou qui fabrique son adepte, le manipule en détournant la logique même de la démarche scientifique.
Claude Sabbah, héritier de Hamer
Après les tentatives dexplication du phénomène, le dossier souvre sur un article consistant : "Les gourous en blouse blanche". Il sagit de quelques disciples de Ryke Geerd Hamer, qui proclament à de grandes assemblées de fidèles que la maladie nexiste pas. Le gourou le plus représentatif, héritier direct de la médecine nouvelle, est Claude Sabbah, ancien médecin. Il a mis au point le concept de « biologie totale ». Il prétend que la maladie est un moyen de survie programmé par le cerveau. On ne peut quapprécier lincohérence totale du propos de Sabbah qui illustre cette thèse : « Si tous les gens qui aujourdhui ont une maladie ne lavaient pas, ils seraient morts depuis belle lurette ! ». Qui dit programmation dit déprogrammation. Sabbah se fait fort de vous déprogrammer en quelques, nombreuses, séances. Il y a les séances de biologie totale, et puis il y a les stages de quelques jours qui vous permettront de devenir vous aussi psychothérapeutes en biolo.La biologie totale, une nouvelle psychanalyse
En quoi consiste cette mystérieuse thérapie ? Cest une pratique psychanalytique, rien dautre. Lauteur du dossier, Olivier Hertel, sest soumis à une séance. Sa constipation ? Certainement un abus sexuel dans lenfance ! Mais le (la) thérapeute naffirme rien, ne se mouille pas, il ou elle fait des allusions et pousse son client à aller pêcher lui-même le poisson visé. On ne peut sempêcher de faire un rapprochement avec la psychanalyse elle-même qui, par manipulation allusive et insistante, provoque la fabrication de faux souvenirs.Méthodes diversifiées et destructrices
Mais la biologie totale va plus loin ; elle décode les conflits à travers les générations ! Cest la psycho-généalogie. Vous êtes mal dans votre peau ? Cest la faute de votre grand-père, tante ou ascendant quelconque qui ne vous a pas tout dit et a eu le malheur davoir une vie privée ! Vous ne savez pas tout de vos ascendants et ça vous mine. Ladepte doit déterrer les problèmes en explorant sa famille. Encore une méthode qui va faire le lit de conflits, voire de drames familiaux, à cause daccusations farfelues...Mais on sen étonnera peu, car les sectes ont un but commun : briser tout lien social (la famille est bien une interface privilégiée avec le social) pour mieux garder ladepte dans le noyau serré de la secte. Et puis la méthode la plus connue, celle qui est issue directement de la médecine nouvelle, cest de stopper toute médication conventionnelle. Cest dailleurs ce qui a envoyé en prison monsieur Hammer, condamné en juillet 2004 à Chambéry. Dautres adeptes de Hamer essaiment partout en même temps que Claude Sabbah ; son représentant en Belgique, Louis V. est inculpé, suite à la plainte dune famille dun de ses patients décédé, et dautres dossiers de patients disparus ont été trouvés chez lui. Gérard Athias, disciple de Sabbah, lui, y ajoute ...les tarots de Marseille. Il soigne aussi en jouant avec les mots ; il a écrit 8 livres de "médecine" où il explique par exemple que lallergie au pollen est une réaction à la mère, et que la varicelle est un changement de regard sur la mère (celle qui varie, à lenvers). Mais bien sûr tous ces escrocs réfutent, avec lair scandalisé qui convient, toutes les accusations de "sectes" et de "gourous".Scientologie et impunité
Le second volet du dossier concerne la scientologie. Une perspective historique montre à quel point le fondement est totalement absurde. Une histoire des origines nous situerait à 75 millions dannées en arrière, avec la déportation, depuis une autre planète, de 13 milliers de milliards dêtres humans, jetés dans des volcans, assommés de bombes H. Les âmes des êtres sacrifiés, les Thétans, qui furent capturés par filets électroniques.... faut-il narrer la suite ? Cest un salmigondis dabsurdités, que dailleurs les adeptes ne connaissent pas. Car la scientologie recrute grâce à dautres critères, plus abordables : test de personnalité, avec deux cent questions. Impressionnant ! deux cent questions pour vous tout seul ! On vous trouvera des troubles, jamais irréparables, mais à traiter durgence. Se purifier, vite !. Dabord par une pratique anodine, le jogging. Une cure de vitamines en sus de la course, et vous êtes rassurés ; cest à la mode et cela paraît sain, tout de même ! Puis le mental est passé au crible. Encore un peu de psychanalyse (commune à beaucoup de sectes), ça vous dit ? Juste pour débusquer les engrammes cachés dans votre inconscient, ces saletés responsables de vos maladies psyschosomatiques, et qui vous encombrent la tête. En langage clair, on appelle ça du nettoyage de cerveau. Mais un petit outil "pour faire science" vient en renfort : lélectromètre, garant de la surveillance de vos pensées mauvaises, enregistrées. Olivier Hertel note que les scientologues échappent bien à la justice et se demande pourquoi. Arnaud Palisson, docteur en droit [3] affirme pourtant que le droit français permet de démanteler cette secte (pour escroquerie souvent aggravée, tromperie en droit de la consommation au sujet de lélectromètre en vente, exercice illégal de la médecine au sujet des techniques de purification). Trois des juges qui travaillent sur plusieurs affaires judiciaires concernant la scientologie se sont procurés la thèse de doctorat de Arnaud Palisson. Espoir...Témoins de Jéhovah et raéliens
Leur cheval de bataille à eux, cest de faire tomber la théorie de lévolution. Et pour mieux convaincre, ils font croire que les scientifiques nétant pas tous daccord, il est permis de douter de leur fiabilité. Et de retourner la situation comme un gant en prétendant « que pour croire en lévolution, il faut avoir la foi des scientifiques. Moralité : la secte, cest eux ! » Raéliens comme Témoins de Jéhovah sont créationnistes. Ils brodent des scénarios des origines à grand renfort de personnages mythiques, comme les Elohim des raéliens qui auraient faire naître les terres grâce à des bombardements dans locéan primitif, ou prévoient lapocalypse comme les Témoins de Jéhovah, apocalypse qui népargnera que les adeptes.Le dossier dans son ensemble est très intéressant. La partie la mieux traitée demeure celle sur la biologie totale et des gourous en blouse blanche. Elle insiste bien sur la manipulation intellectuelle, les incohérences, mais aussi lescroquerie aggravée, la menace pour la santé, sans oublier le ridicule de leurs théories fondatrices. A. L.
[1] Hypothèse de Nathalie Lucas, chargée de recherche au Centre détudes interdisciplinaires des faits religieux du CNRS à Paris[2] Hypothèse de Danièle Hervieu-Léger, présidente de lÉcole des hautes études en sciences sociales
[3] Voir la note de lecture sur son ouvrage Grande enquête sur la scientologie, une secte hors la loi dans le numéro 265 de SP
Belgique : E.U.R.D
La Chambre condamnée
lire aussi
Le Soir, 2 septembre2005
[Texte intégral]
Bruxelles - La Cour d'appel de Bruxelles a condamné la Chambre des représentants au motif qu'elle a porté atteinte à l'image d'une organisation retenue dans le rapport sur les sectes publié en 1997. L'Etat se pourvoira en Cassation.
L'organisation en question est l'Eglise universelle du royaume de dieu.
En première instance, l'action avait été jugée irrecevable.Les quotidiens Le Soir et De Standaard publieront dans leur édition du week-end une partie de l'arrêt, en vertu de la décision de la Cour. En cas de non publication, l'Etat aurait été condamné à payer une astreinte de 1.000 euros par semaine, le pourvoi en Cassation n'étant pas suspensif.La Cour d'appel de Bruxelles n'a pas retenu dans son arrêt le principe constitutionnel qui veut qu'aucun membre de l'une ou l'autre Chambre ne peut être poursuivi ou recherché à l'occasion des opinions et votes émis par lui dans l'exercice de ses fonctions.
Une première.Lors d'une conférence de presse, le président de la Chambre Herman De Croo a jugé la situation très grave. Si l'arrêt venait à être confirmé par la Cour de cassation, il "pourrait signifier la fin de l'indépendance parlementaire", selon le premier citoyen de l'Etat.
Belgique : E.U.R.D
L'Etat belge condamné
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La Libre, 2 septembre2005 par V.d.W
[Texte intégral]
Un tribunal a jugé que les conclusions de la commission d'enquête sur les sectes étaient trop légères.
La plainte a été déposée par l'Église universelle du Royaume de Dieu.
Danger ! dit le président de la Chambre.Fait exceptionnel: suite à une plainte déposée par l'Eglise universelle du Royaume de Dieu (UIRD ou encore communauté du Caillou) un tribunal, la cour d'appel de Bruxelles a, le 28 juin dernier, condamné l'Etat belge, représenté par le président de la Chambre, Herman De Croo. Motif? Le rapport de la commission d'enquête sur les sectes contiendrait des critiques et des assertions publiées à la légère et sans vérification. L'Eglise universelle du Royaume de Dieu était, notamment, assimilée à une «véritable association criminelle dont le seul but est l'enrichissement». Les conclusions mentionnaient aussi des activités «d'une vaste entreprise d'escroquerie». La Chambre a décidé de se pourvoir en cassation.
La commission d'enquête «chargée d'élaborer une politique en vue de lutter contre les pratiques illégales des sectes et le danger qu'elles représentent pour la société et particulièrement les mineurs d'âge» avait rendu son rapport le 28 avril 1997. Dans l'annexe de ce rapport, figurait une liste d'associations décrites comme ayant un comportement sectaire. Quatre d'entre elles avaient à l'époque décidé de porter plainte contre l'Etat belge: l'Eglise universelle du Royaume de Dieu, l'Eglise de scientologie, Vibration Coeur et la Communauté de la Cité. Jusqu'à présent, seule l'action intentée par l'Eglise universelle a abouti à une condamnation qu'elle a obtenue en appel.
Immunité
Quelle est le raisonnement de la cour d'appel: reconnaissant le principe d'irresponsabilité parlementaire, La Cour n'a pas constaté de faute lors du fonctionnement de la commission d'enquête. Mais elle a estimé que la demande de l'Eglise universelle était partiellement fondée du chef de violation du devoir de prudence à l'occasion de la rédaction du rapport public, cette violation ayant porté atteinte à l'image de l'asbl au sein de la population. L'Etat belge est condamné à verser 1 euro symbolique (20 millions de francs étaient demandés) et à publier une synthèse du jugement dans deux journaux. Même s'il ne souhaitait pas s'exprimer sur le contenu du jugement rendu, le président de la Chambre, Herman De Croo (VLD) ne cachait pas, vendredi, sa surprise, sa déception face à un arrêt «qui va totalement à l'encontre du plus élémentaire respect de l'immunité parlementaire». Car, la première immunité, rappelle M. De Croo, est celle de l'irresponsabilité parlementaire qui est reconnue à tous les parlements de tous les Etats démocratiques et confirmée par la Cour européenne. Et si ce genre d'arrêt devait se multiplier, dit-il, on pourrait faire taire tous les parlementaires.
Légères, les affirmations? Le rapport parlementaire contesté ne pouvait faire autre chose que de reprendre les affirmations qui avaient été lancées à huis clos par des témoins. De plus, rappelle le président de la Chambre, toutes les associations mises en cause avaient la possibilité, à l'époque, de venir s'exprimer ou de déposer des conclusions. L'Eglise universelle du Royaume de Dieu ne l'a pas fait. «Nous devons respecter les décisions de justice mais la justice, demande M. De Croo, doit aussi respecter l'indépendance du Parlement et la séparation des pouvoirs.»
Belgique : E.U.R.D
Le Parlement giflé par la Justice
Le Soir, 4 septembre2005 par Michelle Lamensch
[Texte intégral]
La Chambre aurait porté atteinte à limage dune secte, selon la cour dappel / La Justice porte atteinte à limmunité des parlementaires, riposte Herman De Croo.
C'est toute l'institution parlementaire qui tremble sur ses bases. Pour la première fois en Belgique, la justice - la cour d'appel de Bruxelles - estime que la Chambre a violé son devoir de prudence et fait preuve d'une grande indélicatesse dans la rédaction du rapport de la commission parlementaire d'enquête sur les sectes, déposé le 28 avril 1997. Cette violation, dit la cour, a porté atteinte à l'image de l'Eglise universelle du royaume de Dieu au sein de la population - un mouvement protestant pentecôtiste d'origine brésilienne. L'arrêt condamne le Parlement au paiement d'un euro symbolique.
Ceci est d'une gravité colossale pour l'immunité absolue du parlementaire !, a réagi, vendredi, le président de la Chambre, Herman De Croo. J'irai jusqu'au bout, en cassation et, s'il le faut, devant la Cour européenne des droits de l'homme. Si la Chambre est définitivement condamnée, je m'en vais car ce serait la fin de l'indépendance parlementaire.
En juin 1998, l'Eglise universelle du royaume de Dieu et trois de ses administrateurs avaient assigné l'Etat belge, représenté par le président de la Chambre, parce qu'ils estimaient que les passages du rapport parlementaire qui les concernaient donnaient une image erronée de l'ASBL et que la commission avait fait preuve de négligence en la matière.
Les passages litigieux rapportent les déclarations d'un témoin, recueillies à huis clos, comme c'est l'usage lorsqu'on craint des représailles. Ce témoin évoque, à propos de l'ASBL, une véritable association criminelle, dont le seul but est l'enrichissement, une vaste entreprise d'escroquerie.
Notons que la justice ne dispose pas des déclarations des témoins auditionnés à huis clos, mais seulement du résumé qui en a été fait par la commission.
En novembre 2000, Le tribunal de première instance de Bruxelles avait déclaré la demande de l'ASBL irrecevable. Celle-ci avait interjeté appel.
Dans son arrêt du 28 juin 2005, la cour d'appel reproche à la commission d'avoir, dans son rapport adopté par la Chambre, formulé les assertions relevées plus haut de manière affirmative et sans réserve. Assertions entourées par une série de faits et constatations également formulés sans la moindre réserve. La cour estime que, comme pour tout propos ou texte, le contrôle de ce qui doit être imprimé doit s'effectuer en tenant compte de l'ensemble du contexte que l'on peut supposer connu d'un lecteur attentif. La cour attribue aussi à la commission une autorité spécifique dans la mesure où celle-ci signale s'être elle-même soumise à l'objectivité, à la vérité et à la responsabilité. La cour relève encore la portée particulièrement lourde du contenu de certains extraits du rapport où l'organisation est accusée de graves délits, dans deux cas sans aucune réserve.
La cour reproche aussi au document de rester particulièrement vague à propos des sources d'informations et de ne pas établir de distinction, ou à peine, entre des faits ayant une certaine vraisemblance et de pures assertions.
Riposte de Herman De Croo : Les rapporteurs de la commission ne peuvent faire que rapporter des propos ! Chaque organisation citée a reçu un courrier sur ce qui a été dit à son sujet et elle a pu déposer un mémorandum.
Plus fondamentalement, le président de la Chambre déplore que cet arrêt de la cour d'appel ouvre dangereusement la porte au contrôle judiciaire sur ce qui se dit au Parlement. Ceci va à l'encontre de la plus élémentaire des immunités du parlementaire : l'irresponsabilité qui lui permet de voter et d'exprimer librement, oralement et par écrit dans tout document officiel, des opinions dans l'exercice de son mandat sans encourir aucune responsabilité civile ni pénale.
S'appuyant sur la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, Herman De Croo insiste : Cette immunité parlementaire est absolue. Les cours et tribunaux ne sont pas compétents pour juger de l'usage qui en est fait. Les personnes qui s'estiment lésées par les opinions ou par les votes des parlementaires ne peuvent faire valoir leurs droits par la voie judiciaire.
L'irresponsabilité parlementaire, conclut le président de la Chambre, est une expression de la séparation des pouvoirs entre le législatif et le judiciaire.
Conseil de l'Europe : Actualités diverses
Visite officielle du Commissaire aux Droits de lHomme en France
Conseil de l'Europe, 5 septembre2005
[Texte intégral]
Strasbourg - Le Commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Alvaro Gil-Robles, débute aujourdhui à Marseille sa première visite officielle en France. Au cours des deux prochaines semaines, le Commissaire visitera plusieurs régions et aura des rencontres officielles à Paris afin de préparer un rapport sur le respect effectif des droits de l'homme dans le pays.
Pendant cette visite, il rencontrera Nicolas Sarkozy, Ministre de lintérieur, Philippe Douste-Blazy, Ministre des affaires étrangères, Pascal Clément, Ministre de la justice, Azouz Begag, Ministre délégué à la promotion de légalité des chances et Catherine Vautrin, Ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité.
Pour ce qui est du domaine judiciaire, le Commissaire sentretiendra avec Renaud Denoix de Saint-Marc, Vice-Président du Conseil dEtat, Bruno Cotte, Président de la chambre criminelle de la Cour de Cassation et Régis de Gouttes, Premier Avocat Général près la Cour de Cassation. Il visitera également plusieurs juridictions régionales. Jean-Paul Delevoye, Médiateur de la République française, accompagnera le Commissaire dans certaines de ces visites.
Le Commissaire rencontrera également des représentants des ONG et des syndicats ainsi que des leaders religieux, notamment Monseigneur André Vingt-Trois, Archevêque de Paris et le Docteur Dalil Boubaker, Recteur de la Grande Mosquée de Paris.
Il se rendra dans différentes institutions à travers le pays, notamment dans des centres daccueil et de rétention détrangers, des commissariats, des maisons darrêts et prisons, un hôpital psychiatrique ainsi que des foyers pour les victimes de violences domestiques.
Après Marseille, le Commissaire ira à Aix-en-Provence le 6 septembre avant de se rendre à Paris du 7 au 14 septembre. Dans la capitale et sa région, le Commissaire aura des rencontres officielles et effectuera diverses visites. Le 15 septembre, le Commissaire se rendra dans les Hautes-Pyrénées et le 16 septembre en Normandie. Il sera en Alsace le 19 septembre avant de finir sa visite, le 20 septembre, à Paris où une conférence de presse sera organisée.
A la suite de sa visite, le Commissaire préparera un rapport sur le respect effectif des droits de l'homme en France quil présentera au Comité des Ministres et à lAssemblée parlementaire du Conseil de l'Europe avant de le rendre public.
Pour plus dinformations, vous pouvez consulter le site http://commissioner.coe.int
Contact :
John Dalhuisen, Bureau du Commissaire aux Droits de l'Homme
Tél. +33 (0)6 61 14 70 37
Contact Presse
Division de la Presse du Conseil de l'Europe
Tel. +33 3 88 41 25 60 - Fax. +33 3 88 41 39 11
E-mail: PressUnit@coe.int
Belgique : Scientologie
L'Eglise de scientologie salue la condamnation de l'Etat belge
AFP, 5 septembre2005
[Texte intégral]
BRUXELLES - L'Eglise de scientologie a salué lundi la condamnation de l'Etat belge, jugé coupable fin juin par la cour d'appel de Bruxelles pour avoir stigmatisé un mouvement protestant pentecôtiste dans un rapport parlementaire sur les sectes.
Cette décision, rendue publique vendredi, est un "signal donné à l'Etat belge que le dialogue est le seul moyen de clarifier les fausses informations qui forment la base de la politique discriminatoire de la Belgique à l'égard des nouveaux mouvements religieux", estime la branche belge de la scientologie.
"Nous espérons que l'Etat reconnaîtra enfin que la discrimination à l'égard des minorités religieuses n'a pas sa place dans une société démocratique de droit", ajoute-t-elle dans un communiqué.
L'Eglise universelle du Royaume de Dieu, une église protestante d'origine brésilienne, avait déposé plainte après avait été épinglée par la commission parlementaire chargée en 1997 d'étudier les dangers liés aux sectes.
La cour d'appel de Bruxelles a jugé que les parlementaires avaient manqué de "prudence" en accusant le mouvement pentecôtiste de "graves délits" sans faire de distinction claire entre "des faits ayant une certaine vraisemblance et de pures assertions".
L'Etat a été condamné à verser un euro symbolique et à faire publier le jugement dans la presse, a annoncé vendredi le président de la Chambre des représentants, Herman De Croo, qui a décidé d'introduire un recours devant la cour de cassation.
Epinglée dans le même rapport parlementaire, l'Eglise de scientologie a également porté plainte. L'affaire est toujours pendante devant les tribunaux belges.
Présente en Belgique depuis plus de 20 ans, la scientologie cherche en vain à se faire reconnaître comme Eglise.
"J'ai refusé tout contact avec l'Eglise de scientologie, malgré des demandes de l'étranger notamment", a déclaré en juillet le ministre de la Justice, Laurette Onkelinx, chargée des cultes.
France : Actualités diverses
Les protestants réclament une révision de la loi de 1905
Le Figaro, 5 septembre2005 par Sophie de Ravinel
[Texte intégral]
Les protestants réclament une révision de la loi de 1905
Lors de leur Assemblée du désert, ils ont demandé le respect de leur liberté de conscienceEntre souvenir et avenir, quinze à vingt mille protestants se sont rassemblés hier sous les chênes et les châtaigniers du Mas Soubeyran, dans le Gard, pour leur traditionnelle Assemblée du désert. Président de la Fédération protestante de France - qui fête son centenaire le mois prochain -, le pasteur Jean-Arnold de Clermont était invité cette année pour marquer l'anniversaire de la loi de 1905. Il y a rappelé la neutralité nécessaire du politique à l'égard du religieux et dénoncé les ingérences trop souvent constatées.
«Nous avons à revendiquer notre identité protestante.» Hier, au coeur des Basses Cévennes, dans une région marquée par les guerres de religion, le pasteur Jean-Arnold de Clermont a donné le coup d'envoi d'un trimestre qui s'annonce chargé pour la Fédération protestante de France. Fondée en 1905, elle fêtera son centième anniversaire les 21, 22 et 23 octobre avec une série de manifestations. Son président compte aussi sur la montée en puissance des commémorations de la loi 1905 - jusqu'au mois de décembre - pour rappeler son souhait d'une rénovation du texte ou analyser la vague évangélique sur laquelle, selon lui, les médias surfent trop facilement.
Invité par les protestants du sud de la France qui commémorent le temps des persécutions chaque premier dimanche de septembre, Jean-Arnold de Clermont a ainsi présenté hier les «deux défis majeurs» que les protestants doivent relever aujourd'hui, dont celui «des caricatures de l'évangélisme venues d'outre-Atlantique (...) portées par une médiatisation le plus souvent ignorante des réalités religieuses».
Ce qu'il souhaite pour les protestants de France est loin de «l'impérialisme de la foi». Tout de même, une participation active aux débats publics sans qu'ils se laissent «impressionner par tous ceux qui au nom de la laïcité ne voudraient avoir en face d'eux que des citoyens spirituellement anonymes».
Conservateur du Musée du désert autour duquel quinze à vingt mille protestants se sont rassemblés hier, Denis Carbonnier confirme que «le protestantisme à un message à donner à la société : qu'il existe un christianisme alternatif au catholicisme, le protestantisme fondé sur la liberté». Denis Carbonnier - dont l'arrière-grand-père a cofondé le lieu de mémoire cévenol en 1910 - tient aussi à rappeler que «les protestants ont oeuvré à la rédaction de cette loi de 1905 par leur nombreuse présence dans les ministères concernés». «La littérature protestante, ajoute-t-il, témoigne depuis la XIXe siècle de sa volonté de séparation de l'Église et de l'État.»
Un point auquel tient particulièrement Jean-Arnold de Clermont qui a appelé, hier, à une «vigilance active» dans ce domaine et dénoncé des dérives administratives allant à l'encontre de la liberté de conscience. «Il ne faudrait pas que la laïcité devienne une religion qui exclurait les convictions religieuses», a-t-il mis en garde. En ce sens, il rejoint la position de nombreux responsables religieux catholiques. Mais il prend ses distances avec eux lorsqu'il demande une révision de la loi de 1905 qui, selon lui, entrave la liberté de culte. Dans le dernier numéro du journal Réforme, il dénonce ainsi les relations privilégiées entretenues par l'État avec l'Église catholique. Selon lui, parmi les différentes communautés de croyants, «les seuls qui trinquent sont les protestants puisqu'ils ne posent, en apparence, pas de problème».
Jean-Arnold de Clermont souhaite visiblement que change cet état de fait. «Être évangélique, c'est être ouvert au débat», affirme-t-il dans Réforme. Nul doute qu'en prenant ainsi les évangéliques conservateurs à contre-pied, il ne soit pris à la lettre au sein de sa propre Fédération.
France : Actualités diverses
La possibilité d'un bide
Metro, 1er septembre2005
[Texte intégral]
Le dernier Houellebecq ? Metro l'a lu dans les conditions réelles : après avoir été pilonné par les dizaines d'articles précédant sa sortie. Résultat ? Eh bien, c'est du Houellebecq...
D'abord, La Possibilité d'une île est un livre de saison. On va vers l'automne. Houellebecq (et son personnage) est à l'automne de sa vie, il nous parle du vieillissement des corps, de rêves de survie, des vieux en surnombre, des "nains" (M. H. n'aime pas les enfants), des "kids" (M. H. envie leur jeunesse )... C'est un livre cynique, comme Diogène le provocateur, le masturbateur... M. H. n'est pas Diogène, cependant, il est trop riche.
L'espoir, mais bien tard
C'est un bouquin triste, poignant même, dont seule l'extrême fin donne un peu d'espoir (il suffira de patienter deux mille ans). C'est un pavé désolant pour ceux qui aiment le beau style, la littérature exigeante ou les images sophistiquées. Désolant aussi pour les amis du progrès social, les amoureux du genre humain (qui y est exterminé sans pitié) et les romantiques (le sexe y est le seul plaisir, le seul but).
C'est du pur Houellebecq, donc... Il se vendra, il aura un prix, mais sera-t-il un succès ? Ceux qui avaient détesté ses autre livres n'ont pas beaucoup de raisons d'aimer celui-ci : provocations toujours aussi crues et au premier degré ; style toujours aussi plat et daté (dans trente ans, qui se souviendra qu'en 2005 on disait "genre" à tort et à travers ?). Bref, sans surprise. D'autant que les critiques nous ont déjà raconté l'histoire : Daniel, un comique mal pensant, s'ennuie dans sa grande maison en Espagne, aime Isabelle, quadra amoureuse qui n'aime pas le sexe, puis adore Esther, jeune actrice très chaude qui n'aime pas l'amour. Daniel fait des films X, gore, racistes mais très vendeurs. Daniel dérive, fréquente la secte des raéliens, s'y plaît, puis écrit sa vie tandis que deux mille ans plus tard les clones descendants de Daniel commentent sa vie et la leur. Daniel vieillit, se sent exclu de la planète des jeunes, perd ses désirs, perd son chien...
Les bêtes, pas les gens
Houellebecq aime toujours autant la science (il est quand même ingénieur) et les chiens. Maintenant il aime aussi les voitures. Après une cinquantaine de pages confuses, son roman décolle. On s'y sent à l'aise, ennuyé, amusé, désolé, gêné parfois (comme quand un pote, brillant ivrogne, délire) mais à l'aise, entre poésie, SF, souffrances métaphysiques et chronique sociale déjantée.
L'automne est arrivé. Le Houellebecq aussi. Tout va bien. Il paraît qu'il a gagné des millions avec ce livre. Tout va bien pour lui. Il est attaqué de toutes parts. On n'a rien sans rien... Didier Pourquery
'Le site de M. H., www.michelhouellebecq.com : l'auteur y répond à ses détracteurs et se livre un peu (rubrique Ecrits/Journal).
France : Sectes
Assemblée Nationale - Réponse. (Philippe Vuilque) protection enfants
JO, 6 septembre2005
[Texte intégral]
12ème législature
Question N° : 64579 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes ) QE
Ministère interrogé : Premier ministre
Ministère attributaire : Premier ministre
Question publiée au JO le : 10/05/2005 page : 4725
Réponse publiée au JO le : 06/09/2005 page : 8337
Date de changement d'attribution : 02/06/2005
Rubrique : ésotérisme
Tête d'analyse : sectes
Analyse : protection. enfants
Texte de la QUESTION : M. Philippe Vuilque appelle l'attention de M. le Premier ministre sur les liens entre la mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires et le défenseur des enfants. De nombreux enfants sont victimes de dérives sectaires, que ce soit dans le cadre familial, ou dans le cadre extra-scolaire, voire scolaire. Dans ces conditions, il lui demande quel travail commun ces deux institutions peuvent mener ensemble sur le sujet des enfants victimes des dérives sectaires.
Texte de la REPONSE : Le droit français offre des ressources importantes pour assurer aux enfants qui pourraient être victimes de dérives sectaires la protection à laquelle ils ont droit. La protection générale de l'enfance en danger est assurée par les mesures d'assistance éducative prévues par les articles 375 et suivants du code civil quand la santé, la sécurité ou la moralité d'un mineur non émancipé sont en danger ou si les conditions de son éducation sont gravement compromises. Des mesures spéciales de protection de l'enfant peuvent être décidées en application du droit civil de la famille : retrait total ou partiel de l'autorité parentale, attribution du droit de garde ou maintien des relations familiales. Le droit pénal contient également de nombreux dispositions propres à maintenir l'intégrité physique des mineurs ou à sanctionner les atteintes morales ou les carences affectives dont ils pourraient faire l'objet. Les cas de maltraitance physique ou psychologique de mineurs en relation avec l'appartenance d'un ou des parents à un mouvement dit à caractère sectaire sont exceptionnels. Les dispositifs mis en place pour les prévenir et les réprimer apparaissent suffisants. Le président de la Miviludes et la défenseure des enfants se sont déjà rencontrés pour aborder un certain nombre de sujets touchant à la protection de l'enfance et favoriser en tant que de besoin et sur des cas concrets une collaboration utile.
SOC 12 REP_PUB Champagne-Ardenne
Roumanie : Religions
La nonne roumaine morte crucifiée sera exhumée pour une nouvelle autopsie
AFP, 7 septembre 2005
[Texte intégral]
BUCAREST - Le corps de la jeune nonne roumaine morte en juin après avoir été crucifiée par un prêtre et quatre religieuses, sous prétexte d'être "possédée par le diable", sera exhumé pour une nouvelle autopsie, ont décidé mercredi les procureurs chargés de l'enquête. "Les procureurs ont admis notre demande d'exhumation et, avec l'aide de Dieu, j'espère que tout ira bien", a déclaré aux journalistes le prêtre
Daniel Corogeanu, accusé de "meurtre aggravé".
Père Daniel et les quatre co-accusées, qui ont passé plusieurs heures au Parquet mercredi, ont contesté les résultats de la première autopsie, affirmant que les causes du décès n'avaient "pas été correctement établies". Arrêtés fin juin, les cinq inculpés avaient été mis en liberté un mois plus tard, la Cour d'appel de Bucarest ayant constaté des "vices de procédure" dans la décision d'un tribunal bucarestois de prolonger de 30 jours leur détention préventive.
Ils sont accusés d'avoir enchaîné sur une croix, bâillonné et privé d'eau et
de nourriture pendant plusieurs jours une nonne de 23 ans, Irina Cornici,
décédée le 15 juin.
Durant l'interrogatoire, les cinq inculpés se sont déclarés "innocents" et ont assuré avoir agi pour "délivrer du mal" la jeune femme. Les révélations sur la mort de la jeune femme ont suscité un vif débat en Roumanie sur les pratiques "moyenâgeuses" tolérées par l'Eglise orthodoxe
Canada : Falungong
S'il est expulsé en Chine par Ottawa un adepte de Falun Gong craint la mort
Cyberpresse, 8 septembre2005
[Texte intégral]
Ottawa - À la veille d'une visite du président chinois Hu Jintao, un adepte de Falun Gong a demandé au gouvernement fédéral que sa femme et lui ne soient pas expulsés vers la Chine.
Fang Yaobin affirme craindre qu'avec son épouse, Xiong Fengying, il puisse être emprisonné, torturé et possiblement tué si Ottawa exécute un ordre d'expulsion qui a suivi le rejet de leur demande du statut de réfugié.
«La persécution de Falun Gong dure depuis six ans et elle augmente, a dit M. Fang. Les méthodes utilisées pour la persécution sont plus impitoyables et en même temps plus dissimulées à la population. La persécution est encore plus dissimulée alors que la Chine tente d'éviter la condamnation de la communauté internationale pour ses crimes.»
Le couple chinois, qui est arrivé à Vancouver pour visiter sa fille en 2001, devrait être déporté d'ici à la fin du mois. Depuis qu'il est au Canada, M. Fang est un militant actif de Falun Gong.
La semaine dernière, des partisans du mouvement spirituel ont présenté une pétition au premier ministre Paul Martin pour réclamer qu'il exerce des pressions sur Hu Jintao concernant la question des droits de l'homme et la situation de Falun Gong. La première visite officielle au Canada du chef d'État chinois doit débuter jeudi. Elle durera 10 jours.
La Chine a interdit Falun Gong en 1999, soutenant qu'il s'agit d'un culte menaçant la sécurité d'État.
Selon des observateurs, il est peu probable que M. Martin aborde cette question durant le séjour de M. Hu, avec qui les principales discussions devraient porter sur les changements climatiques, l'énergie, la science et la technologie, les investissements, le commerce et le tourisme.
Belgique : E.U.R.D et Sectes
Sectes : que la justice ne hurle pas avec les loups
Le Soir, 9 septembre2005 par Serge Moureaux
[Texte intégral]
CARTE BLANCHE
Le " Soir " a publié, en application d'un arrêt du 28 juin 2005 de la 1re chambre de la cour d'appel de Bruxelles, des extraits de celui-ci. Cet arrêt met directement en cause le rapport du 28 avril 1997 de la commission parlementaire d'enquête relative aux " pratiques illégales des sectes " en tant qu'il concerne " l'Eglise universelle du royaume de Dieu " considérée par la commission, au terme de son enquête, comme une organisation sectaire nuisible pour les raisons que le rapport expose de façon circonstanciée.
En tant que président de la Commission d'enquête, je me dois de réagir.
Je tiens à préciser que le rapport incriminé par la cour d'appel n'est pas le fait de quelques imprudents, mais qu'il a été approuvé à l'unanimité par la Commission et ensuite par la Chambre, à la seule exception, éclairante, des représentants du Vlaams Blok !
Ce rapport est donc l'oeuvre de la Chambre tout entière dans le cadre de ses prérogatives. Parmi celles-ci figure le droit d'enquête, attribution réservée aux assemblées parlementaires par la Constitution et les lois qui l'organisent. Ce droit d'investigation est exceptionnel et à l'abri de tout contrôle extérieur, que ce soit du pouvoir exécutif ou du pouvoir judiciaire. C'est tellement vrai que les commissions d'enquête disposent des prérogatives des juges d'instruction (selon des modalités que la loi précise), ce qui entraîne qu'à l'immunité parlementaire absolue de l'article 58 de la Constitution s'ajoute pour les commissions d'enquête l'immunité particulière qui protège le travail des juges d'instruction.
En se permettant d'analyser, de critiquer et finalement de condamner le travail du législateur dans l'exercice de l'une de ses compétences exclusives, la cour d'appel de Bruxelles viole ouvertement le principe de la séparation des pouvoirs et la répartition constitutionnelle de ceux-ci.
La séparation des pouvoirs est souvent invoquée pour protéger le pouvoir judiciaire. Mais cette règle n'est pas à sens unique. L'arrêt du 28 juin 2005 de la cour d'appel est, dans cette optique, tout à fait intolérable. Car il tend à conférer aux juges le droit de s'immiscer dans l'exercice de la fonction du législateur et de la contrôler. Ce qui est, à l'évidence, contraire à notre Constitution.
Le plus grave est sans doute que la cour d'appel prétend substituer son appréciation - et ce, avec une incroyable prétention et légèreté - à celle d'une commission parlementaire qui disposait à propos de l'Eglise universelle du royaume de Dieu d'un dossier et d'une documentation que la cour d'appel - et pour cause - ignore totalement, car ce dossier et cette documentation sont confidentiels.
Faut-il rappeler que la commission a entendu de très nombreux témoins (plus d'une centaine) et un grand nombre d'entre eux à huis clos, parmi lesquels non seulement des témoins des faits, mais aussi des magistrats (procureurs généraux, procureurs, substituts, juges d'instruction), et de hauts fonctionnaires de police (PJ, gendarmerie, Sûreté) ? Une grande partie de ces auditions est couverte par le secret le plus absolu.
Il n'empêche qu'elles servent évidemment à fonder les conclusions d'une commission d'enquête. Il en va de même des rapports longs et argumentés transmis à la commission par les autorités de police et de gendarmerie, la Sûreté de l'Etat ou les parquets. Ces documents, souvent exhaustifs, ne sont pas rendus publics et n'ont pas à l'être. Parler, comme l'a fait la cour d'appel, de ce qu'on ne connaît pas est ahurissant. Mais il y a pire.
La cour d'appel n'a même pas lu correctement le rapport. Les attendus de son arrêt le démontrent. Ainsi, la page 242 du rapport, n° 62 du tableau synoptique, relatif à l'organisation sectaire qui a engagé l'action judiciaire, montre que cette dernière a été renseignée comme sectaire par quatre instances officielles (ce qui est l'un des chiffres les plus élevés de tout le tableau synoptique, le maximum étant cinq, dans un cas) et qu'en outre elle a été renseignée à ce titre par des témoins tant connus qu'anonymes - tous entendus sous serment. Ne pas leur accorder crédit aurait signifié dans le chef de la commission un singulier comportement.
Il faut noter que la commission, sur 189 organisations recensées au cours de ses travaux, n'a consacré une monographie particulière qu'à une quarantaine d'entre elles, et cela lorsqu'elle disposait d'un appareil critique suffisant pour se permettre une analyse plus approfondie du cas. Ce qui était la situation de l'Eglise universelle du royaume de Dieu. On notera à ce propos que la commission était assistée pour la rédaction et la supervision du rapport et des monographies par M. Marcel Trousse, président émérite du tribunal de Liège, désigné comme expert par la commission (voir pp. 13 et 14 du rapport).
Enfin, et ce n'est pas le moins important, je dois souligner que toutes les organisations renseignées par les instances officielles comme potentiellement sectaires ou criminelles ont reçu une invitation à se faire entendre par la commission, avec l'opportunité d'un débat contradictoire que certaines d'entre elles ont saisie. L'Eglise universelle du royaume de Dieu a préféré éviter le risque des questions qui furent posées aux autres organisations sur la base des dossiers constitués par la commission.
D'aucuns cherchent par tous les moyens à protéger ce mal sociétal moderne que constitue le sectarisme organisé. Le lobby sectaire est présent un peu partout. Et, s'agissant des organisations d'origine américaine, il est activement et officiellement soutenu par le gouvernement des Etats-Unis.
Celui-ci a mis en cause notre commission d'enquête comme celle de l'Assemblée nationale française. On pourrait espérer que nos instances judiciaires ne hurlent pas avec les loups.
D'autant que lorsque les rapports des services officiels de répression et les dépositions de témoins entendus sous serment par une commission d'enquête aboutissent à mettre en cause la responsabilité pénale d'une association et de ses membres, c'est aux magistrats du parquet qu'il revient d'assurer le suivi judiciaire et d'engager les procédures adéquates.
La commission d'enquête peut rapporter ses constatations et éclairer l'appareil judiciaire, elle ne peut ni instruire à charge et à décharge sur le plan répressif ni, évidemment, sanctionner ou condamner. Que dans beaucoup de cas, les commissions d'enquête aient dû constater l'absence totale de suivi dans le chef de l'autorité judiciaire n'habilite nullement cette dernière à dénigrer le travail préparatoire d'une commission d'enquête dont les constatations sont restées totalement inexploitées par la seule carence des magistrats.
On soulignera qu'en l'espèce la Cour a ajouté la malignité à l'audace en imposant la publication anticipée d'un arrêt non définitif, l'éventuelle cassation qui suivra laissant ainsi subsister le dommage moral infligé aux membres de la commission d'enquête et à la Chambre des représentants.
Pour ma part, je n'ai aucune intention de laisser les choses en l'état et je veillerai personnellement à rétablir complètement l'honneur de la commission que j'ai présidée et dont j'atteste haut et fort le sérieux du travail qu'elle a accompli en toute indépendance, avec obstination et courage, car du courage, on le sait, il en faut beaucoup pour s'attaquer au phénomène sectaire.
Les récentes péripéties le prouvent une fois de plus.
Japon : AUM
Le gourou de la secte Aum soumis par la justice à une évaluation psychiatrique
Presse Canadienne, 12 septembre2005
[Texte intégral]
Un médecin mandaté par la justice a entamé lundi une évaluation psychiatrique de Shoko Asahara, gourou de la secte Aoum Shinrikyo, reconnu coupable d'avoir orchestré en 1995 l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo. Il s'agit de déterminer s'il est mentalement apte à être rejugé en appel.
Cette évaluation, décidée par la Haute Cour de Tokyo à la demande des avocats de la défense, est la première pour Shoko Asahara. Le tribunal a en revanche refusé de suspendre la procédure au motif que l'état mental du gourou se serait dégradé.
Asahara a été condamné à la peine de mort l'an dernier, au terme d'un procès de huit ans. Il est considéré comme le cerveau de l'attentat du métro tokyoJite et d'une série d'autres crimes qui ont fait au total 27 morts et plusieurs milliers de blessés. Ses avocats ont fait appel de la sentence.
Selon la chaîne NHK, le praticien chargé d'examiner le gourou dans sa prison de Tokyo doit procéder à des examens psychiatriques mais aussi sanguins. L'évaluation complète devrait prendre deux mois.
Etats-Unis : Scientologie
Les scientologues en quête d'âmes en Louisiane
Libération, 13 septembre 2005 Par Thomas Hofnung
[Texte intégral]
L'Eglise est très présente à La Nouvelle-Orléans, où elle distribue aide et propagande
Sous une grande tente collée au casino de La Nouvelle-Orléans, où la police a provisoirement installé son état-major, un soldat pose son fusil, retire ses rangers avant de s'allonger sur une table de massage. Une volontaire plutôt sexy de l'Eglise de scientologie, en short et en tee-shirt jaune canari, pose les mains sur son torse, sur ses jambes, puis sur son dos. Dans le jargon de la secte, on appelle cela un nerve assist : une séance de relaxation qui doit permettre d'évacuer les traumatismes et les mauvaises ondes. Dans le centre-ville déserté, les candidats sont essentiellement des militaires ou des sauveteurs. «Cela m'a fait du bien, dit le soldat en rechaussant ses rangers à l'issue d'un «massage» de dix minutes. Je ne suis pas membre de l'Eglise, mais je vais prendre la documentation et je verrai plus tard.»
Prosélytisme. Outre des savons, des sous-vêtements ou des médicaments, la secte propose un condensé des principes élaborés par Ron Hubbard, son fondateur décédé en 1986. Les livrets sont disposés bien en évidence sous la tente. La main sur le coeur, Eitan Sonnenberg, un jeune volontaire originaire de Los Angeles, explique pourtant : «Nous ne sommes pas ici pour faire du prosélytisme, mais uniquement pour aider.» Le visiteur se voit tout de même remettre une carte au dos de laquelle sont obligeamment inscrites les coordonnées de l'Eglise. «Ils m'ont donné du pain, mais je ne veux rien avoir à faire avec eux, s'énerve Steve, l'un de ces irréductibles qui vivent encore en ville. En Europe, ils ont plumé l'un de mes amis.»
Au lendemain du passage de l'ouragan Katrina, les membres de la secte sont arrivés en force : ils sont plus de 500 en Louisiane et dans le Mississippi, toujours prêts à aider les déplacés ou les sauveteurs. L'un des membres les plus éminents de l'organisation, l'acteur John Travolta, a lui aussi débarqué à La Nouvelle-Orléans, le 6 septembre dans son jet privé, pour distribuer médicaments et vaccins. Sur place, il a été chaleureusement accueilli par le shérif de la commune de Jefferson, à l'entrée de la cité. Car les scientologues travaillent main dans la main avec les forces de l'ordre. Ils sont hébergés, sur la rive ouest du Mississippi, dans l'un des rares commissariats qui fonctionnent encore dans la ville ravagée. «Et quand nous devons nous déplacer dans les quartiers, les policiers sont toujours prêts à nous escorter», se félicite Eitan Sonnenberg.
Echange. Loin de sa réputation sulfureuse en France, la Scientologie est considérée comme une Eglise à part entière aux Etats-Unis, à laquelle les forces de l'ordre donnent volontiers un coup de main. Un simple échange de bons procédés, si l'on en croit ce sergent de police rencontré au commissariat de Metairie, où les volontaires en jaune ont dressé une autre tente : «Avec leurs massages, ils nous aident à mieux accomplir notre tâche. C'est tout ce qui m'importe.» En ville, on serait bien en peine d'apercevoir l'ombre d'un pasteur, d'un prêtre, d'un rabbin ou d'un imam. Visiblement, seuls les scientologues occupent le terrain des âmes, en quête de nouveaux membres. Katrina et son cortège de drames ne sont pas perdus pour tout le monde.
France : Sectes
Assemblée Nationale - Question. (MMe Martine Aurillac) lutte et prévention
JO, 6 septembre2005
[Texte intégral]
12ème législature
Question N° : 73473 de Mme Aurillac Martine ( Union pour un Mouvement Populaire - Paris ) QE
Ministère interrogé : intérieur et aménagement du territoire
Ministère attributaire : intérieur et aménagement du territoire
Question publiée au JO le : 13/09/2005 page : 8481
Rubrique : ésotérisme
Tête d'analyse : sectes
Analyse : lutte et prévention. bilan
Texte de la QUESTION : Mme Martine Aurillac appelle l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire, sur le mouvement sectaire en France. Le parlementaire Alain Gest avait été l'auteur, en 1994, d'un rapport sur les sectes en France. Il répertoriait notamment les sectes et plus exactement les associations que l'on pouvait assimiler à des sectes en France. Depuis, le gouvernement avait mis en place un observatoire des sectes. Aussi, elle lui demande si, selon les observations de cet organisme et de son ministère, ce phénomène tendrait à diminuer ou si, au contraire, on assisterait à une recrudescence de ces mouvements.
Texte de la REPONSE :
UMP 12 Ile-de-France N
Brésil : E.U.R.D
L'Eglise Universelle devient un parti politique au Brésil
AFP, 13 septembre2005
[Texte intégral]
RIO DE JANEIRO - La puissante Eglise Universelle du Royaume de Dieu (EURD, évangélique) a crée son propre parti politique au Brésil, sous le nom de Parti Municipalisé Rénovateur (PMR), a-t-on appris mardi de source parlementaire.
Le Tribunal supérieur électoral (TSE) a autorisé l'enregistrement définitif du PMR, portant à 28 le nombre de partis politiques au Brésil où 450.000 signatures d'électeurs sont nécessaires pour créer un nouveau parti.
L'EURD, qui a déjà un groupe parlementaire au Congrès et dans les assemblées législatives et municipales du pays, aura désormais ses propres candidats aux élections générales d'octobre 2006.
Selon la presse brésilienne, le PMR aurait commencé à être organisé en 2003 par un membre de l'EURD, l'évêque-député Carlos Alberto Rodrigues du Parti Liberal (PL, droite de la coalition gouvernementale), expulsé des rangs de l'église universelle en février 2004 pour trafic d'influence et extorsion.
La croissance du PL, qui abrite le plus grand nombre de députés liés à l'EURD, aurait réduit le pouvoir d'influence de l'EURD au sein de cette formation politique. Cette baisse de pouvoir aurait motivé la création d'un nouveau parti.
Lundi, l'ancien évêque Carlos Alberto Rodrigues, a renoncé à son mandat de député pour le PL, un mois après que le président du parti, Waldemar Costa Neto, eût lui-aussi renoncé à son poste de député. Tous deux figurent sur la liste de 18 députés menacés de perdre leur mandat pour avoir été accusés d'avoir reçu des fonds illicites du Parti des travailleurs (PT) au pouvoir.
En renonçant, les députés espèrent éviter que la Chambre des députés annule leur mandat. Cela leur permettra de se présenter aux élections de 2006
L'Eglise Universelle du Royaume de Dieu a été fondée il y a 20 ans par Emir Macedo, un ancien employé de la Loterie de l'Etat de Rio (LOTERJ) et revendique plus de six millions de fidèles dans le monde. La moitié d'entre eux au Brésil où se trouvent plus de 2.000 de ses 2.500 temples construits dans 46 pays.
Il y a quatre ans, la revue brésilienne économique Exame avait classé l'Eglise Universelle à la 29ème place des principaux groupes privés avec un chiffre d'affaires estimé à un milliard de dollars, qui provient essentiellement de "contributions" des fidèles dans le monde
France : Soins Psy
"Livre noir de la psychanalyse": émoi chez les "psys"
AFP, 13 septembre2005 par Claude Casteran
[Texte intégral]
PARIS - "Le livre noir de la psychanalyse", qui dresse un bilan très sévère d'un siècle de freudisme, met en émoi les "psys" dans un pays présenté comme le plus freudien au monde, avec l'Argentine.
Alors que les Français parlent volontiers "le psy" sans toujours en avoir conscience ("refouler", "faire son deuil", "faire un transfert", "une femme castratrice", "tuer le père", etc), les auteurs ont voulu rassembler en un seul volume "l'ensemble du dossier à charge contre le freudisme". Sous la direction de l'éditrice Catherine Meyer, ce pavé de 830 pages (29,80 euros, éd Les Arènes) est paru le 1er septembre. Sous-titré: "Vivre, penser et aller mieux sans Freud", il réunit 40 auteurs de diverses disciplines et de dix nationalités. Tiré initialement à 10.000 exemplaires, il a déjà bénéficié d'un deuxième tirage de 5.000 exemplaires, selon l'éditeur, très satisfait de l'accueil du public. L'ambition de Mme Meyer est de "réveiller" la France - championne du monde de la consommation d'antidépresseurs et de tranquillisants - de "sa torpeur psy" en présentant d'autres théories du psychisme, quitte à "frapper un grand coup".
Le titre - venant après d'autres "Livres noirs" comme celui, fameux, du communisme ou, actuellement en librairie, de Saddam Hussein - semble en effet associer la psychanalyse à une forme de terreur. Selon l'ouvrage, "à l'étranger, la psychanalyse est devenue marginale, ses effectifs sont en chute libre". En France, selon ce livre, elle a été vécue par la génération de mai 68 comme "un vent de liberté" avant de devenir "un dogme intouchable". Elle ne doit plus "scléroser la pensée et culpabiliser les parents", ajoute l'ouvrage, en citant d'autres approches "stimulantes" comme les thérapies issues de la psychologie scientifique ou se référant aux neurosciences.
Dans ce livre, Mikkel Borch-Jacobsen, qui enseigne aux Etats-Unis, accuse Sigmund Freud d'avoir inventé de fausses guérisons tandis que son collègue néerlandais, Filip Buekens, estime que les arguments des lacaniens (ndlr: parmi les psychanalystes les plus influents de France) sont "incohérents pour toute personne douée de raison". Pourtant, rappelle la préface, les héritiers de Jacques Lacan ont obtenu en février 2005 de Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé, qu'il fasse disparaître du site internet du ministère un rapport de l'Inserm défavorable à la psychanalyse. Pour le psychiatre suisse Jean-Jacques Déglon, spécialiste de la toxicomanie, "près de 10.000 vies auraient été épargnées" si la psychanalyse n'avait pas contribué à bloquer, pendant des années, le développement des traitements médicaux de substitution.
Un tel livre, paraissant sur fond de vieilles querelles entre écoles psychanalytiques, ne pouvait que susciter de vives réactions. Mardi, dans Libération, le "psy" et écrivain Daniel Sibony a estimé que "la fureur des auteurs relève de l'irrationnel". Sur "Oedipe", le portail de la psychanalyse francophone, Elisabeth Roudinesco, une des voix les plus connues de ce secteur, note que "la tonalité générale est celle d'un réquisitoire qui vise à dénoncer toute tentative d'explorer l'inconscient". Notant que de nombreux passages du livre sont "diffamatoires", elle souhaite que "la jeune génération psychanalytique ne se trompe pas sur la signification de ce "+Livre noir+ qui connaîtra le sort de tous les brûlots de ce genre, au même titre que +L'effroyable imposture+ de Thierry Meyssan", niant la réalité de l'attentat du 11 septembre 2001 sur le Pentagone.
Belgique : Soins Psy
De l'ordre sur la planète psy
La Libre Belgique, 15 septembre2005 par Vincent Rocour
[Texte intégral]
Alors qu'un livre sur la psychanalyse suscite la polémique, Rudy Demotte s'apprête à sortir la santé mentale de l'ombre. Il va ainsi reconnaître la psychothérapie. Et réglementer sa pratique «pour garantir la qualité».
Pure coïncidence. Alors que la parution de l'ouvrage collectif «Le Livre noir de la psychanalyse» suscite une vive polémique, le cabinet du ministre de la Santé publique, Rudy Demotte (PS), met la dernière main à un projet de loi visant à réglementer l'exercice des professions de santé mentale. Le texte, qui a été rédigé avec la collaboration du député Yvan Mayeur (PS) et de la sénatrice Annemie Van de Casteele (VLD) a fait l'objet de nombreuses consultations. Il pourrait être soumis à l'ensemble du gouvernement au cours du mois d'octobre.L'objectif est double. Il s'agit d'abord de sortir la santé mentale de l'ombre dans laquelle elle a été confinée. Jusqu'à présent, en effet, les professionnels de ce secteur particulier de la santé -secteur en pleine croissance- ne sont pas clairement reconnus comme des praticiens de l'art de guérir. Pour les psychiatres et les psychologues, cela n'a jamais posé trop de problème: leur diplôme -de médecine pour les uns, de psychologue pour les autres- tenait lieu de reconnaissance. En revanche, pour les psychothérapeutes (psychanalystes, comportementalistes, etc.), le flou est de mise: pas de diplôme reconnu, pas de titre protégé, grande diversité des courants. La psychothérapie, il est vrai, ne se laisse pas enfermer dans des catégories rigides et a suscité -et peut susciter encore- des réticences auprès des tenants de la médecine classique. Elle a pourtant pris une place importante dans la société.
Le deuxième objectif poursuivi par Rudy Demotte, et ceci est la conséquence de cela, est de réglementer l'exercice de la santé mentale. Comme il n'y a pas de diplôme reconnu de psychothérapeute, il n'y a pas non plus de règles d'accès. Tout le monde -n'importe qui, diront certains- peut se prétendre psychothérapeute.
«Il faut séparer le bon grain de l'ivraie, en écartant les charlatans, argumente Rudy Demotte, pour assurer aux citoyens une qualité de soins qui ne peut être garantie aujourd'hui.»
Accès réglementé
Concrètement, trois catégories de professions de la santé mentale seront reconnues pour la pratique autonome: les professions médicales (psychiatres, neuropsychiatres ou pédopsychiatres), les professions de psychologie clinique (psychologues cliniques ou sexologues) et les professions de psychothérapie (psychanalystes, comportementalistes, etc.).
La reconnaissance des praticiens appartenant aux deux premières catégories va de soi: leur diplôme suffit. C'est pour être reconnu psychothérapeute que des critères sont établis. Le praticien devra ainsi être titulaire d'un diplôme universitaire ou d'un diplôme donnant lieu à une reconnaissance comme assistant de santé mentale (logopèdes, assistants sociaux, etc.). Il devra, en outre, avoir suivi une formation organisée par une association reconnue et avoir été jugé apte à l'exercice de la psychothérapie par une organisation professionnelle - «laquelle s'assure de l'accomplissement d'une psychothérapie personnelle à visée didactique».
Les personnes qui ne répondent pas à ces conditions ne pourraient ni exercer une profession de la santé mentale ni faire usage d'un titre quelconque. Le texte précise toutefois que les autres professionnels de l'art de guérir -un médecin généraliste, par exemple- ne serait pas exclu du champ de la santé mentale: ils pourront continuer à prescrire des antidépresseurs.
Un Conseil supérieur des pratiques relatives à la santé mentale» serait, par ailleurs, institué. Il aurait pour mission d'éclairer le ministre dans l'élaboration de sa politique, de rédiger des règles générales de déontologie et de gérer les demandes ou les retraits d'agrément.
Italie : Opus Dei
Le fondateur de l'Opus Dei statufié et béni par Benoît XVI
Le Monde, 16 septembre2005 par Henri Tincq
[Texte intégral]
Où s'arrêtera l'ascension du fondateur de l'Opus Dei ? Dix ans seulement après sa mort (en 1975), Josemaria Escriva de Balaguer était béatifié par Jean Paul II. En octobre 2002, il devenait le 465e saint canonisé par le pape défunt. Son procès avait été l'un des plus expéditifs de l'histoire. Une nouvelle étape a été franchie dans un culte qui frise désormais l'idolâtrie. Une statue en marbre, de 5 m de haut, de saint Josemaria Escriva a été dressée et bénie par Benoît XVI, mercredi 14 septembre à Rome, sur la façade du transept gauche de la basilique Saint-Pierre, le plus haut lieu du catholicisme.
Le saint espagnol de l'Opus Dei est en bonne compagnie. Jean Paul II avait voulu que les niches du transept gauche soient occupées par les statues des plus grands. Le fondateur de l'uvre voisine désormais avec l'un des plus authentiques évangélisateurs de l'histoire chrétienne : saint Grégoire, fondateur de la première Eglise en Arménie. Plus de 150 sculptures monumentales d'apôtres et de saints décorent déjà les murs intérieurs et extérieurs de la basilique et de la célèbre colonnade. Commentant la fulgurante promotion de son prédécesseur, Mgr Javier Echeverria, actuel prélat de l'Opus Dei, a affirmé au moment de la bénédiction : "A partir d'aujourd'hui, la statue de notre saint s'incruste de façon pérenne dans la basilique Saint-Pierre."
Cette statue est l'oeuvre du sculpteur italien Romano Cosci, qui s'est mis au travail parce que saint Josemaria Escriva lui aurait miraculeusement sauvé la vie après une chute d'échafaudage. Elle représente le dévot prêtre revêtu de ses ornements sacerdotaux, les bras ouverts. Aux pieds surgissent deux anges, dont l'un présente un livre ouvert avec ce verset de l'Evangile : "Lorsque je serai élevé de terre, j'attirerai tout vers moi." Enfin on ne prend jamais assez de précautions les blasons pontificaux de Jean Paul II et de Benoît XVI ont été sculptés sur le socle.
La volonté de puissance et d'influence de l'Opus Dei, qui compte 80 000 membres dans le monde, tourne à la démesure. L'un de ses prêtres français, Philippe Jourdan, vient d'être nommé évêque de la petite Eglise catholique d'Estonie. Ce fut l'une des dernières nominations de Jean Paul II avant sa mort. Benoît XVI serait plus réservé que son prédécesseur à l'égard de l'uvre et s'est contenté, mercredi, de bénir la statue.
Italie : Satanisme
Les exorcistes italiens tiennent actuellement leur convention nationale
Metro, 18 septembre2005
[Texte intégral]
Bien peu de personnes savaient que les exorcistes de la péninsule tenaient actuellement leur convention. Le pape Benoît XVI, à l'issue de son audience hier au Vatican, a salué les exorcistes italiens qui, a-t-il révélé, se réunissent en ce moment. Le lieu de la réunion, probablement à Rome, n'a pas été révélé.
Le démon rôde toujours
En 1999, le Vatican a publié une version actualisée du rituel de l'exorcisme, la première depuis 1614. Il a rappelé que le démon, "prince de ce monde", était toujours à l'oeuvre. Ce rituel commence par des prières et une bénédiction, puis se poursuit par l'aspersion d'eau bénite, l'imposition des mains sur la personne possédée et le signe de la croix. Il se termine par une "formule impérative" pour ordonner au démon, "ennemi du salut humain", de quitter le corps qu'il tourmente. "Vade retro, Satana !"L'une des plus prestigieuses universités pontificales, Regina Apostolorum, vient d'annoncer qu'elle allait pour la deuxième année consécutive proposer aux prêtres un cours sur le satanisme et l'exorcisme. En raison de son succès l'an dernier, avec près de 130 inscrits, ce cours de quatre mois, qui débutera en octobre, pourra être suivi par visioconférence.
Double meurtre sataniste
D'après certaines estimations, 5 000 personnes appartiendraient à des sectes sataniques en Italie, pour les trois quarts des jeunes âgés de 17 à 25 ans. L'an dernier, deux adolescents membres d'un groupe rock de heavy metal, Les Bêtes de Satan, ont été tués "en sacrifice" par les autres membres du groupe, un double crime qui a horrifié l'Italie.
Espagne : Raël
Caméra cachée chez les Raéliens en "séminaire sensuel" à Barcelone
AFP, 18 septembre2005
[Texte intégral]
(TEMOIGNAGE) Par Pierre Ausseill
MADRID - "A l'inscription, tu choisis un bracelet, vert si tu es ouvert à toutes les expériences sexuelles, rouge si tu es disponible mais en quête de partenaires stables": une journaliste espagnole de Mundo-TV a raconté à l'AFP son reportage initiatique dans la secte des Raéliens.. Spécialiste des reportages en caméra cachée, "May" s'est immiscée au premier "séminaire sensuel" organisé en Espagne par le gourou français Claude Vorhilon, alias "Raël", début août, dans un hôtel de bord de mer près de Barcelone.
Le reportage diffusé jeudi soir par la chaîne Antena 3, suit la vie des 500 participants, adeptes ou curieux ayant appris l'existence du séminaire sur internet. Parmi eux, une poignée d'Espagnols, de nombreux Français, Italiens et Allemands. Le prix de l'inscription au séminaire était de 600 euros, la moitié si l'on acceptait de partager sa chambre.
On y voit Raël professer sa doctrine, dont est en partie inspiré le dernier ouvrage du polémique écrivain français Michel Houellebecq, "La possibilité d'une île".
Le gourou affirme que l'homme a été créé en laboratoire par les extra-terrestres, dont il serait le dernier prophète, défend le clonage humain, encourage une sexualité débridée.
Il est entouré de ses "Anges", "un harem de 30 à 40 très belles jeunes femmes, qui se sont engagées par écrit à ne jamais rejeter ses avances et à le protéger, au prix de leur vie si besoin, contre toute agression", assure "May", qui a demandé que son vrai nom ne soit pas publié.
L'état-major du mouvement anime également les cours: le psychologue Daniel Chabot, et l'"évêque" Brigitte Boisselier, une scientifique française dont la société Clonaid avait annoncé à grand renfort de publicité, mais sans fournir de preuve, avoir réussi le premier clonage humain.
Outre la joie de vivre et l'attente extatique des petits hommes verts, on y inculque le sens plus terre-à-terre du denier du culte. "Raël promet que le retour sur terre des extra-terrestres est imminent mais affirme qu'ils ne viendront pas tant qu'il n'aura pas construit leur future ambassade à Jérusalem", raconte la journaliste.
On ignore s'il compte édifier sa céleste chancellerie près du Mur des lamentations ou de l'Esplanade de mosquées. Mais le gourou "explique qu'elle va coûter 50 millions d'euros et qu'il n'en a encore réuni que 10".
Coût de l'adhésion au mouvement des Raéliens: 400 euros pour ceux qui ont un emploi. Le contrat, disponible sur le site internet du mouvement, précise que tout adepte devra reverser à l'organisation 10% de ses revenus. Après les cours, les soirées animées: colin-maillard où tout le monde se tripote les yeux bandés, filles déguisées en garçons et garçons en filles, shows érotiques sur piste de danse.
"May" n'a pas approfondi les expériences sexuelles nocturnes qui selon elle se poursuivaient dans les chambres.
"La journée on te pousse à caresser les autres, le soir à faire l'amour. Beaucoup sont séduits. Le plus bizarre, c'est que presque tous croient vraiment à ces histoires d'extra-terrestres", commente la journaliste.
"May" a poussé le jeu jusqu'au baptême raélien, les mains apposées du gourou sur son front et sa nuque, pendant qu'un Ovni est censé capter son ADN. Il me disait: 'tu es belle, je t'aime'.
J'ai esquivé ses avances. Il m'a quand même nommée représentante des Raéliens en Espagne, disant qu'il avait de grands projets dans ce pays, ajoute la journaliste. Quoique dans le collimateur de l'église catholique, les sectes ne sont visées par aucune loi spécifique en Espagne. Elles n'y ont fait l'objet que de rares poursuites pour des atteintes à l'intégrité physique, comme la pédophilie ou le trafic de drogue.
France : Actualités diverses
Sarkozy: le texte de loi de 1905 "peut supporter un toilettage"
AFP, 13 septembre2005 par Claude Casteran
[Texte intégral]
PARIS - Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a estimé lundi que le texte de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'Etat "peut supporter un toilettage", en ouvrant un colloque sur le centenaire de cette loi à l'Académie des sciences politiques et morales à Paris. Cette loi, a souligné le ministre, a "été adoptée dans un climat de combat, alors qu'un siècle plus tard, nous sommes dans un climat d'apaisement", de la société civile face à la question des religions.
"En un siècle, la France a changé", a noté M. Sarkozy. Si la loi de 1905 est "un bon texte, un texte fondateur, important, solide", alors, si un texte est aussi fort qu'on le dit, il peut supporter un toilettage.
"Les textes "peuvent être adaptés sans que soit brisé le moins du monde le consensus autour d'eux", a-t-il ajouté, en jugeant que "jamais un ministre de l'Intérieur ne s'est senti autant ministre des Cultes".
France : Sectes
Offensive judiciaire contre Unadfi accusée d'être "une police de la pensée"
AFP, 20 septembre2005
[Texte intégral]
Un collectif d'avocats lié à l'association "Cap pour la liberté de conscience" a poursuivi mardi devant le tribunal de grande instance (TGI) de Paris l'Unadfi, spécialisée dans l'information sur les sectes, pour demander sa dissolution en l'accusant d'être "une police de la pensée". "Pour la première fois", selon l'un de ces avocats, Me Bertrand Salquain, une action est intentée pour demander la dissolution de l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu (Unadfi).
Ce collectif, lié à l'association "Cap pour la liberté de conscience" qui se présente comme "un tremplin d'information et d'action pour les individus et les groupes" victimes d'une "chasse aux sorcières" anti-sectes, demande également des dommages-intérêts pour une dizaine de personnes, adhérents ou proches de mouvements comme l'Eglise de scientologie ou la secte d'inspiration catholique Ivi, qui auraient eu à subir des préjudices liés à des dénonciations de l'Unadfi.
Tour à tour, les avocats de ces personnes, s'exprimant devant la 1ère chambre du TGI de Paris, ont qualifié l'Unadfi de "Big Brother", de "police de la pensée", voire de "bras armé des Renseignements généraux", animée par un nouveau "maccarthysme".
L'Unadfi, défendue par Me Serge Tubiana, ex-président de la Ligue des droits de l'homme (LDH) et son antenne du Nord, représentée par Me Denis Lequai, ont dénoncé, derrière le paravent d'une association pour la liberté de conscience, "un groupe faisant le panégyrique de mouvements à qui on peut reprocher des pratiques sectaires"
Jugement le 15 novembre.
France : Sectes
Assemblée Nationale - Question/réponse - (Philippe Vuilque) AMMA AMRITA
JO, 20 septembre2005
[Texte intégral]
12ème législature
Question N° : 61114 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes ) QE
Ministère interrogé : Premier ministre
Ministère attributaire : Premier ministre
Question publiée au JO le : 22/03/2005 page : 2854
Réponse publiée au JO le : 20/09/2005 page : 8686
Date de changement d'attribution : 30/08/2005
Rubrique : ésotérisme
Tête d'analyse : sectes
Analyse : lutte et prévention
Texte de la QUESTION : M. Philippe Vuilque appelle l'attention de M. le Premier ministre sur les agissements de Amma, dirigeant du mouvement Amrita. Dans le rapport 2003 de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) initialement installé sur le site internet de la MIVILUDES, il était inscrit : « Amma, dirigeant le mouvement Amrita, prétend guérir la lèpre en touchant de sa langue les lésions du lépreux. Elle affirme également guérir le cancer par imposition des mains et en prenant le malade dans ses bras » (p. 20). En revanche, dans le rapport publié à la Documentation française et remis aux parlementaires, ce paragraphe avait disparu. Cette affaire a été révélée par le journal la République du Centre qui avait enquêté, dans son édition du 4 décembre 2004, sur l'installation d'un ashram d'Amma à Pontgouin (Eure-et-Loir). Or, selon le journal, c'est le secrétaire général de la MIVILUDES qui a demandé que le paragraphe litigieux soit supprimé. Toujours selon cette source, il aurait expliqué : « C'est une erreur. On n'avait pas assez d'éléments pour affirmer cela. Amma n'a jamais dit cela. Nous sommes dans une approche mystico-religieuse, mais le mouvement ne refuse pas les soins. Ce n'est pas un mouvement à dérive sectaire. » Il faut toutefois relever que la ferme de Pontgouin, s'inspirant de l'hindouisme, propose de guérir les maladies chroniques, de consoler de la perte d'un être cher, et de dispenser des vibrations positives moyennant finances. Il lui demande de bien vouloir fournir des précisions sur ce dysfonctionnement grave qui entache la lutte contre les dérives sectaires incombant au Gouvernement.
Texte de la REPONSE : Le point soulevé par l'honorable parlementaire à propos du mouvement Amrita montre que, loin de constituer un dysfonctionnement, le comportement de la MIVILUDES a été strictement conforme à ce que doit être l'attitude à l'égard des mouvements à caractère sectaire. Interrogé par le maire de la commune de Pontgoin sur l'acquisition d'une propriété par l'association Maison Amrita, le secrétaire général de la précédente mission interministérielle (MILS) avait indiqué en réponse, le 13 mars 2002, que l'association ne figurait pas sur la liste annexée au rapport parlementaire de 1995 et que la MILS n'avait pas connaissance de plaintes la concernant. Le secrétaire général de la MIVILUDES ne fait que parvenir aux mêmes conclusions après qu'une nouvelle enquête a été demandée au préfet d'Eure-et-Loir ; ce dernier a transmis le 30 juin 2004 un rapport de l'inspection du travail exigeant un certain nombre de modifications dans le chantier de rénovation des bâtiments, modifications que l'association a accepté d'apporter. Ainsi, tant sur le plan des principes constitutionnels tenant à la liberté de conscience que sur l'application des lois et règlements visant notamment le droit du travail, il apparaît que la vigilance administrative a été exercée dans les conditions requises suivant les orientations données par le président de la mission. Si des agissements répréhensibles étaient signalés aux autorités, concernant par exemple l'exercice illégal de la médecine, ce dossier serait instruit avec la même attention.
SOC 12 REP_PUB Champagne-Ardenne O
France : Sectes
Assemblée Nationale - Question/réponse - (Philippe Vuilque) Douanes
JO, 20 septembre2005
[Texte intégral]
12ème législature
Question N° : 68464 de M. Vuilque Philippe ( Socialiste - Ardennes ) QE
Ministère interrogé : économie
Ministère attributaire : économie
Question publiée au JO le : 28/06/2005 page : 6365
Réponse publiée au JO le : 20/09/2005 page : 8757
Rubrique : ésotérisme
Tête d'analyse : sectes
Analyse : lutte et prévention
Texte de la QUESTION : M. Philippe Vuilque attire l'attention de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur le rôle des douanes en matière de lutte contre les mouvements qualifiés de « sectes ». Il lui demande quels sont les leviers sur lesquels les services douaniers peuvent agir pour lutter avec efficacité contre les dérives sectaires.
Texte de la REPONSE : Dans le domaine de la lutte contre les dérives sectaires, l'action de la direction générale des douanes et droits indirects se manifeste pour l'essentiel selon deux axes principaux : le recueil du renseignement, d'une part l'information et la sensibilisation des services douaniers au phénomène, à ses caractéristiques économiques et financières et à sa dimension transfrontalière, d'autre part. En ce qui concerne le recueil du renseignement relatif aux dérives sectaires, les diverses missions incombant à la douane ne lui permettent que rarement d'appréhender directement le phénomène sectaire et de constater des agissements répréhensibles pouvant s'apprécier comme résultant de dérives sectaires. Néanmoins, à l'occasion de l'exercice de ses missions classiques liées à la police des marchandises, au contrôle des aspects financiers des transactions commerciales et des flux physiques de capitaux, la douane peut se trouver en situation d'obtenir des renseignements relatifs à des faits susceptibles de constituer des dérives de type sectaire. Cette mission de vigilance exercée par la douane dans ce domaine trouve notamment à s'appliquer dans le cadre des contrôles à la circulation en vue de lutter contre les trafics illicites. Les suites d'un contrôle et certaines procédures contentieuses sont susceptibles de révéler des éléments d'appréciation d'une possible dérive sectaire. La direction générale des douanes et droits indirects ne manque alors pas d'adresser des rapports d'information à la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), placée auprès du Premier ministre. La direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) a vocation à être l'interlocuteur opérationnel douanier privilégié de la MIVILUDES : les informations collectées par les différents services à l'occasion des contrôles effectués sur le terrain sont centralisées par la DNRED, qui les synthétise et les communique à son tour à la MIVILUDES lorsqu'elles s'avèrent pertinentes. En ce qui concerne l'information et la sensibilisation des personnels de la direction générale des douanes et droits indirects dans le domaine des dérives sectaires, une fiche documentaire à l'usage de l'ensemble des services douaniers a été établie en liaison avec la MIVILUDES. Elle est destinée à informer ces derniers sur les missions de la mission interministérielle, ainsi que le rôle que la douane peut être amenée à jouer dans le domaine de la lutte contre les dérives sectaires (présentation du phénomène des dérives sectaires appréhendé de manière globale, mais aussi, sur un plan plus technique, information des agents sur les différents critères à retenir à l'occasion de la mise en oeuvre des contrôles). Par ailleurs, la documentation élaborée et mise à jour par la MIVILUDES est tenue à la disposition de l'ensemble des services. A terme, la sensibilisation et la formation des services sur l'importance du rôle de la douane en matière de recueil, d'analyse et de transmission de renseignements relatifs aux dérives sectaires devraient permettre de renforcer la contribution de cette administration à cette mission. Ces actions pourraient, le cas échéant, être conduites en partenariat avec la MIVILUDES.
SOC 12 REP_PUB Champagne-Ardenne O
Grèce : Témoins de Jéhovah
Suspension de la peine de prison d'un objecteur grec défendu par Amnesty
AFP, 20 septembre2005
[Texte intégral]
ATHENES - La justice militaire grecque a suspendu mardi la peine de trois ans et demi de prison infligée en août dernier à un objecteur de conscience grec, témoin de Jéhovah, adopté comme prisonnier d'opinion par Amnesty International, a indiqué l'Association des objecteurs grecs.
La cour militaire d'Athènes a assorti cette suspension, qui restera en vigueur jusqu'au procès en appel, d'une interdiction de sortie du territoire, a précisé l'association dans un communiqué.
"Comme d'habitude, l'objecteur recevra dès sa sortie de prison une nouvelle convocation sous les drapeaux, autorisant de nouvelles poursuites", a toutefois ajouté cette organisation qui dénonce depuis des années les pratiques des autorités militaires dans ce domaine.
Boris Sotiriadis, un Géorgien d'origine grecque, naturalisé grec, n'avait pas vu reconnu son droit à l'objection alors qu'il avait déjà effectué son service militaire dans son pays d'origine. Il était devenu témoin de Jéhovah après ce premier passage sous les drapeaux.
Appelant à sa libération immédiate, Amnesty avait de nouveau réclamé à la Grèce de cesser de poursuivre les objecteurs. Dénonçant notamment la durée "punitive" du service civil, le double du service militaire, l'ONG mène actuellement une campagne internationale sous le titre "Grèce: cessez-le feu pour les objecteurs".
En mars 2005, le comité des droits de l'homme de l'ONU avait aussi invité la Grèce à améliorer la situation des objecteurs de conscience.
France : Raël
Bron : la municipalité fait enlever les affiches à l'effigie de Raël
Le progres, 21 septembre 2005
[Texte intégral]
Plus de vingt-quatre heures après leur découverte sur des panneaux municipaux, sur trois sites différents, les affiches à l'effigie du gourou Raël ont été enlevées par les services techniques de la ville de Bron, hier, en début d'après-midi.Si la mairie a hésité sur la façon de procéder, elle s'est finalement basée sur un arrêté de 1982, réservant l'affichage public aux associations brondillantes. Elle craignait en effet un recours en justice pour atteinte à la liberté d'expression, la secte ayant la réputation d'être procédurière.
La mairie a donc dépêché sur place des policiers municipaux pour constater les faits et prendre des photos. Mais aujourd'hui, certaines affiches demeurent. Rue Roger-Salengro, les colleurs ont pris soin d'en exposer sur le dos des panneaux, donnant sur le parking du supermarché.
Canada : Raël
Les raéliens lancent une offensive tous azimuts contre les médias du Québec
Cyberpresse, 22 septembre 2005 par Karim Benessaieh
[Texte intégral]
Les raéliens en ont assez des médias québécois et demandent aux tribunaux d'intervenir. Traités ces dernières années d'«objets sexuels prêts à mourir», de clowns et de fumistes, ils ont vu leur chef Raël se faire ridiculiser sur le plateau de Tout le monde en parle et ont eu droit aux blagues salaces des animateurs de radio.
Résulta