Actualités sur les sectes en décembre 2005.
(*) Articles ou documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web
Canada : Témoins de Jéhovah
Il vit dans une famille d'accueil de Témoins de Jehovah: sa mère demande son transfert
Presse canadienne, 1er décembre 2005[Texte intégral]
Un petit garçon de 4 ans baptisé et élevé dans la religion catholique doit, depuis quelques semaines, vivre comme sa famille d'accueil qui fait partie des Témoins de Jehovah.
Le garçon aurait même assisté à des réunions de Témoins de Jehovah selon sa mère biologique qui réclame son transfert dans une autre famille.
La question des transfusions sanguines refusées par les membres de cette religion est loin de rassurer la mère qui y voit une menace pour la santé de son enfant.L'avocat de la famille, maître Herman Bédard, a fait parvenir une mise en demeure à la DPJ en réclamant que le petit garçon soit transféré dans la même famille d'accueil que sa soeur, une famille de religion catholique.
Presque 3 semaines plus tard, l'enfant est toujours au même endroit.
La mère s'inquiète aussi parce que l'enfant a été placé dans au moins 4 familles différentes au cours des 6 derniers mois.
France : Raël
Le gourou et le pédophile
L'Express, 2 décembre par Françoix Koch[Texte intégral]
Ouverture aujourd'hui du procès d'un responsable de l'Eglise raëlienne accusé d'agressions sexuelle sur une fillette de 6 ans
Appelons-la Priscille. Agée de près de 16 ans aujourd'hui, elle avait entre 6 et 8 ans lorsqu'elle a été agressée sexuellement par Gilles Carbonell, 56 ans. Sous le coup d'un mandat d'arrêt depuis plus d'un an, cet ancien «responsable auprès des médias chargé des questions juridiques de l'Eglise raëlienne» devrait être jugé par défaut, le 2 décembre, par le tribunal correctionnel de Versailles. Priscille a raconté au juge d'instruction qu'elle avait subi à plusieurs reprises des violences, en particulier l'introduction d'un doigt dans le sexe, à Versailles puis à Lyon, au domicile de Brigitte Boisselier, sa mère, pendant les absences de celle-ci. Très proche de Claude Vorilhon, alias Raël le Messie, Boisselier eut son heure de gloire fin 2002 en tant que patronne de Clonaid, la société sur laquelle le gourou de cette secte loufoque s'est appuyé pour lancer la supercherie du premier bébé cloné.
«La doctrine raëlienne sur l'éveil sexuel des enfants a contribué à briser les interdits qui auraient dû empêcher Gilles Carbonell de passer à l'acte sur une enfant», soutient Me Rodolphe Bosselut, l'avocat de l'Union nationale des associations de défense de la famille et de l'individu (Unadfi), partie civile. Il se réfère à l'expertise médico-psychologique de Priscille qui conclut à «l'authenticité d'un traumatisme d'ordre sexuel». Mais aussi à des explications au cours de l'information judiciaire: «Il faut le faire, car c'est écrit dans la bible des raëliens», aurait susurré Carbonell pour anesthésier les réticences de l'enfant. L'audience du 2 décembre devrait confirmer qu'il s'agit d'une nouvelle dérive de cette mouvance sectaire qui prend les allures d'un club échangiste international pour adeptes des extraterrestres.
Canada : Témoins de Jéhovah
Le petit garçon placé dans une famille d'accueil de Témoins de Jehovah sera transféré
Presse canadienne, 1er décembre 2005[Texte intégral]
Le petit garçon de 4 ans, élevé dans la religion catholique, que la DPJ avait décidé de placer dans une famille d'accueil de Témoins de Jehovah, aura une nouvelle famille d'accueil.
Les proches du bambin, dont sa mère biologique, réclamaient qu'il soit confié à une famille de confession catholique.
Au lendemain de la diffusion du reportage de TQS, la DPJ a finalement décidé de transférer l'enfant dans la famille où est hébergée sa petite soeur de 2 ans.C'est ce que souhaitait la famille biologique qui craignait, entre autres, que l'enfant ne puisse célébrer la fête de Noël.
Italie : Satanisme
Une longue enquête sur un double crime a conduit à un groupe sataniste
Le Temps, 5 décembre par Eric Jozsef, Rome[Texte intégral]
Bières, sexe, hard rock et stupéfiants. L'histoire de Fabio Tollis et Chiara Marino aurait pu n'être qu'une crise d'adolescents, fascinés par la culture dark et la musique heavy metal. Au sortir d'un pub, le 17 janvier 1998, leur aventure s'est transformée en l'une des plus atroces histoires de l'Italie judiciaire, sur fond de violences, tortures et de vénération de Satan.
Il est près de minuit ce soir-là, lorsque les deux jeunes gens, âgés respectivement de 16 et 19 ans, quittent le Midnight, un club de Milan fréquenté par les passionnés de hard rock et de musique assourdissante. Fabio y a notamment retrouvé quelques-uns de ses amis, en particulier ceux du groupe dont il était occasionnellement le chanteur et qui porte un nom évocateur: Circus of Satanis. Pour Chiara et Fabio, cette soirée est comme un requiem.
On ne les reverra jamais plus. Au bout de quelques heures, leurs parents signalent leur disparition aux autorités policières. En vain. Dans la chambre de la jeune fille, les enquêteurs trouvent un petit autel, un gros pied de bouc et un faux crâne humain. Trop peu pour en conclure à une quelconque appartenance à une secte satanique. Pendant des années, les investigations vont ainsi piétiner. Mais les parents de deux jeunes gens refusent de se résigner.
Quatre ans après les faits, sans nouvelles, la mère de Chiara s'enchaîne au Palais de justice de Milan pour revendiquer «son droit de savoir si ma fille est vivante ou non». De son côté, le père de Fabio, Michele Tollis, va partir à la rencontre des amis de son fils, plonger dans le milieu du hard rock, écumer les concerts en quête du moindre indice. Il en ressort convaincu que «le satanisme et le heavy metal sont étroitement liés». En janvier 2004, il découvre dans les colonnes d'un journal local que le corps d'une jeune femme a été retrouvé, enterré, à Somma Lombardo une commune voisine.
Mariangela Pezzotta, 27 ans, a été violemment assassinée. Son ancien compagnon est rapidement mis en examen: il s'agit d'Andrea Volpe, 27 ans lui aussi, connu dans la région pour ce qui n'apparaît encore que comme des excentricités. Constamment vêtu de noir, il circule dans une voiture à l'effigie du diable. «Quand, j'ai vu les photos d'Andrea Volpe, j'ai immédiatement prévenu les autorités, raconte Michele Tollis. Je savais qu'il se trouvait avec mon fils le soir de sa disparition.» Et pour cause, les deux jeunes gens auraient appartenu au même groupe de musique, le Cirque de Satan.
Au commissariat, le père apporte un énorme dossier sur le monde du hard rock et des milieux dark, sur les références gothiques et les cultes néo-païens, les vieilleries de sorcières et les rituels néo-nazis. «Il avait tout seul mené une véritable enquête», racontera plus tard un responsable des carabiniers. Ces informations vont s'avérer des plus utiles.
Volpe passe finalement aux aveux: Fabio Tollis et Chiara Marino ont été sauvagement assassinés le soir de leur disparition. Le 5 juin 2004, leurs corps sont retrouvés dans une fosse située dans un bois de Somma Lombardo. Sept autres jeunes, dont Nicola Sapone, Pietro Guerrieri et Mario Maccione, seront par la suite arrêtés, suspectés d'avoir tué avec Volpe trois de leurs amis et poussé un quatrième au suicide. Agés de 23 à 30 ans, tous faisaient partie de la secte baptisée «les Bêtes de Satan».
«Cette affaire est unique dans le panorama judiciaire italien, souligne le juge Toni Novik dans le mandat d'arrêt. Ce sont des faits difficiles à raconter pour les personnes qui les ont analysés.» De fait, les confessions des inculpés sont des récits d'horreur.
Eliminés dans le cadre d'un rituel satanique, Fabio Tollis et Chiara Marino ont été l'objet de multiples outrages. «Pour faire taire Tollis, mortellement blessé, Nicola Sapone lui a mis dans la bouche une écorce de châtaigne puis l'a étranglé», notent les enquêteurs. Les deux jeunes gens ont été auparavant blessés de nombreux coups de couteau. Puis tabassés à l'aide d'un gourdin récupéré dans un chantier. «Mario (Maccione) aura frappé environ quatre-vingts fois», admettra Pietro Guerrieri. Au terme de l'homicide, les assassins s'abandonnent «à la désacralisation des pauvres restes dans une orgie de sang», lit-on dans le rapport de police, «l'outrage final étant le fait d'uriner sur les cadavres». Nicola Sapone aurait ensuite dansé sur la sépulture des deux jeunes gens en s'exclamant: «Zombies, vous n'êtes plus que des zombies.»
Mais pourquoi? «La mort de Chiara Marino avait été prévue de longue date», a confessé Massimino, l'un des anciens membres de la secte. «Elle s'était éloignée du groupe et pouvait devenir dangereuse.» De plus, «Maccione qui, durant les rituels, entrait en transe et affirmait communiquer avec Satan, soutenait qu'elle incarnait la Vierge». Quant à Fabio Tollis, il aurait été supprimé parce qu'il «apparaissait hésitant devant le projet de meurtre» et parce qu'il «rivalisait avec Maccione dans la vision des démons». A son arrivée en cellule, ce dernier a déchiré une image sacrée, posée au mur et représentant un saint: «Je ne crois pas en Dieu et encore moins en la Justice, a-t-il hurlé. Pour moi, il n'existe que Satan.»
Au printemps dernier, Volpe, Sapone, Guerrieri et Maccione (mineur au moment des faits) ont été condamnés à des peines de réclusion allant de 16 à 30 ans de réclusion. Le mystère de Fabio Tollis et Chiara Marino est enfin résolu.
Mais le débat, déjà ancien, sur les dangers présumés du heavy metal et de son imaginaire sanguinaire a rebondi. Volpe et Sapone étaient des piliers du Circus of Satanis. C'est grâce au hard rock qu'ils ont croisé Fabio Tollis. Ce qui fait dire aujourd'hui à son père Michele: «C'est la musique qui a été le commencement de tout. C'est à travers elle que mon fils s'est lié à ceux qui l'ont tué.»
France : Sectes - Actualités diverses (LOI 1905)
Clément souhaite «longue vie» à la loi de 1905
Le Figaro, 6 décembre par Guillaume Perrault[Texte intégral]
Le Garde des Sceaux, Pascal Clément, a vu hier dans la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat un «instrument de paix sociale» et a jugé inopportun de réformer ce texte fondateur, comme le propose pour sa part le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy.
Le garde des Sceaux, qui s'exprimait lors d'une séance de l'Académie des sciences morales et politiques consacrée au centenaire de la loi de 1905, a estimé que la laïcité était «une composante essentielle du modèle français». A l'appui de sa démonstration, Pascal Clément a rappelé les deux articles principaux de la loi portée par Aristide Briand : d'une part, «la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l'intérêt de l'ordre public» ; mais, d'autre part, «la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte».
Saluant l'équilibre ainsi obtenu, le ministre de la Justice a appelé à «une mobilisation sans faille pour faire respecter la laïcité» et à «refuser le communauta risme». Le garde des Sceaux qui a rappelé deux fois qu'il s'exprimait au nom du gouvernement a ensuite lancé : «Le repli sur son identité, qu'elle soit religieuse ou autre, est la négation de nos valeurs communes. La France est une communauté de destin. On ne peut être catholique, musulman ou juif puis Français, a-t-il poursuivi. Oublier ce fondement de la République, c'est ouvrir la porte à des revendications qui conduiraient à séparer les Français.»
Le ministre de la Justice s'est donc efforcé de prouver que l'Etat restait fidèle à la lettre et à l'esprit de la loi de 1905. La loi du 15 mars 2004 sur «l'application de la laïcité dans les services publics», qui prohibe notamment le port «ostentatoire» de tout signe religieux dans les lycées publics, s'inscrit «dans la droite lignée» de la législation de la IIIe République, a argumenté Pascal Clément. La loi nouvelle réaffirme la neutralité de l'espace public, sans interdire l'appartenance discrète à une religion». De même, la création du Conseil français du culte musulman (CFCM) représente, pour l'hôte de la Place Vendôme, «une étape majeure pour reconnaître au culte musulman la place qui est la sienne (...) sans que l'Etat s'ingère dans les affaires internes au culte».
Un rempart contre les sectes
Le garde des Sceaux a enfin vu dans la loi de 1905 un rempart contre le phénomène des sectes «qui camouflent des intérêts matériels derrière la spiritualité». En effet, a estimé Pascal Clément, «le principe de laïcité impose aux pouvoirs publics de définir la frontière entre une religion et un groupement sectaire. Cette prérogative exceptionnelle doit s'entourer de précautions pour garantir la liberté de conscience, a concédé le ministre de la Justice. Mais les sectes doivent également respecter le droit de la République laïque».
Réconciliant dans sa conclusion la laïcité, «conquête de la République», et les religions, «un choix de vie et une espérance», Pascal Clément a souhaité «longue vie» à la loi de 1905.
France : Sectes - Actualités diverses (LOI 1905)
Lutte contre les sectes - N'attendons pas un nouveau drame pour agir
AFP, 6 décembre - Communiqué de presse des députés membres de la Mission Interministérielle de lutte contre les dérives à caractère sectaire (MIVILUDES)[Texte intégral]
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Nous prenons acte avec satisfaction des récentes déclarations du garde des Sceaux qui, à loccasion dun discours devant lAcadémie des sciences morales et politiques dans le cadre de la commémoration du centenaire de la loi de 1905, a rappelé que les sectes se devaient de « respecter le droit de la République laïque ».
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Ces déclarations du Ministre de la Justice, qui reconnaît par ailleurs que les sectes « camouflent des intérêts matériels derrière la spiritualité », viennent légitimer les interventions des parlementaires, de droite comme de gauche, pour la sauvegarde des intérêts moraux et physiques de leurs concitoyens et en faveur dun état des lieux précis de la mouvance sectaire dans notre pays.
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Ces déclarations du Ministre militent en faveur dune nouvelle commission denquête parlementaire que nous réclamons depuis 2002 et seule capable danticiper et de prémunir nos concitoyens de tout nouveau drame. Cest en ce sens que nous entendons agir, dautant quun large consensus existe entre nous pour orienter ce travail en direction de la protection de la santé des mineurs. Nattendons pas un nouveau drame de lOTS pour agir contre toutes formes de dérives qui sont de nature à mettre en cause les libertés individuelles et collectives ainsi qu'à porter atteinte à l'intégrité psychique et parfois physique des personnes.
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Philippe VUILQUE Président du groupe détudes sur les sectes à lAssemblée nationale Député de Ardennes (Soc.) Vice-Président du Conseil régional (Champagne-Ardenne)
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Martine DAVID - Députée du Rhône (Soc.) Vice Présidente du groupe détudes sur les sectes à lAssemblée nationale
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Georges FENECH - Vice-Président du groupe détudes sur les sectes à lAssemblée nationale. Membre du Conseil dorientation de la Mission Interministérielle de Vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) Député du Rhône (UMP)
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Jean-Pierre BRARD - Vice-Président du groupe détudes sur les sectes à lAssemblée nationale Membre du Conseil dorientation de la Mission Interministérielle de Vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) Député de la Seine-Saint-Denis (CR)
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Alain GEST Député de la Somme Membre du Conseil dorientation de la Mission Interministérielle de Vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES)
France : Sectes - Actualités diverses (LOI 1905)
1905: le statu quo ne satisfait complètement aucun culte, selon M. Machelon
AFP, 27 novembre 2005 - Mis en ligne le 6 décembre 2005
[Texte intégral]
Le professeur Jean-Pierre Machelon, président de la Commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics qui vient d'entamer ses travaux, pense que la législation en vigueur peut être aménagée car le statu quo ne satisfait complètement aucun culte.
"Tous les cultes ont des motifs plus ou moins graves d'être insatisfaits du statu quo", a déclaré à l'AFP M. Machelon, professeur de droit public à l'université René Descartes-Paris V et directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études.
"Le culte aujourd'hui n'est pas le culte de 1905: les temps ont changé et il n'est pas absurde de vouloir éviter un décalage entre le droit et la réalité sociale".
"La législation sur les cultes est un ensemble extrêmement complexe, il y a donc de l'espace pour une réflexion juridique constructive, dans le respect de la laïcité", estime-t-il. Mais "l'essentiel de la loi de 1905 doit être respecté, il ne s'agit pas de bouleverser les équilibres auxquels tout le monde tient, simplement d'aménager le cadre juridique pour permettre de régler les problèmes d'aujourd'hui".
La Commission, qui a pour rapporteur Laurence Marion, auditeur au Conseil d'Etat, a eu sa première réunion de travail vendredi en présence de tous ses membres. Le prochain rendez-vous est fixé au 8 décembre, veille du centenaire de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat.
M. Machelon entend faire travailler la Commission "à un rythme soutenu" afin de pouvoir remettre son rapport en juin au ministre de l'Intérieur chargé des cultes, Nicolas Sarkozy. Les auditions débuteront en janvier et "ne seront pas publiques", précise-t-il.
En annonçant la composition de la Commission la semaine dernière, le ministère avait précisé qu'elle entendrait "les représentants des grandes religions de France et toutes les personnes (élus, responsables associatifs, hauts fonctionnaires, universitaires) dont l'audition lui semblera nécessaire".
Les membres de la Commission sont pour la plupart avocats, professeurs de droit ou membres du Conseil d'Etat. Nommés à titre individuel, ils reflètent également les grandes sensibilités religieuses en France.
Des mouvements souvent considérés comme sectaires en France, comme les Témoins de Jéhovah, en sont absents mais "il y a des sujets qui ne peuvent être évités et ils ne seront pas évités", dit M. Machelon, précisant que "le droit français ne peut être abordé en faisant abstraction de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme".
"Nous avons à proposer des solutions juridiques à des problèmes juridiques qu'il nous revient d'identifier avec précision et nous n'avons pas à craindre de proposer des modifications des lois et règlements", insiste M. Machelon, soulignant que la loi de 1905 a déjà été modifiée dix fois depuis sa promulgation.
Selon lui, "la loi de 1905 n'est pas claire sur tous les points et comprend des dispositions contradictoires". Ainsi, l'article 2 dispose que la République ne reconnaît aucun culte mais "cela ne veut pas dire qu'elle ne connaît pas les cultes: elle y est bien obligée pour leur garantir le libre exercice exigé par l'article 1, garantie qui implique des actions positives".
"Ces contradictions n'ont fait que se développer du fait de l'augmentation des subventionnements indirects au XXe siècle", poursuit-il. "Aujourd'hui, les termes de la loi sont interprétés d'une façon qui n'était pas évidente à l'époque de sa promulgation".
France : Sectes - Actualités diverses (LOI 1905)
L'UNADFI s'interroge sur la déclaration de la Commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics
UNADFI, 5 décembre 2005 - Mis en ligne le 6 décembre 2005
[Texte intégral]
Communiqué de presse
L'UNADFI s'interroge sur la déclaration de la Commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics (AFP 27 /11/05), qui semble s'étonner que "des mouvements souvent considérés comme sectaires en France, comme les Témoins de Jéhovah" ne soient pas auditionnés. Cela soulève plusieurs questions.
- Les TJ seraient ils considérés comme un mouvement sectaire particulier ? Le Ministère de l'Intérieur ne peut ignorer les nombreux démêlés judiciaires de ce mouvement. De nombreuses questions parlementaires sont là pour le rappeler.
- Y aurait il d'autres mouvements sectaires susceptibles de l'être comme semble le soutenir M. Jean- Claude Groshens ? Se référant à Jean Carbonnier, il dit qu' au nom des libertés religieuses "il faut traiter les sectes comme les grandes confessions". A elles d'apprécier l'amalgame.
- Quelle légitimité peut-on accorder à une commission, mandatée par le ministre de l'Intérieur, alors que pouvoirs publics et parlementaires - toutes tendances confondues - reconnaissent ces mouvements comme attentatoires aux libertés publiques et individuelles ?Ce constat a été fait sur la base du droit commun, parce que leurs activités n'étaient pas conformes au droit positif et non respectueuses des libertés de leurs membres. C'est en relation avec la gravité de ces faits que les parlementaires ont légiféré sur le sujet dans un cadre préventif en 2001. En effet, les nombreuses plaintes déposées par les ex-adeptes révèlent des atteintes graves aux droits des individus, y compris ceux des mineurs. Lorsqu'il y a violation manifeste des droits de l'homme et des pratiques qui violent le droit commun (la santé, le travail, urbanisme, fiscalité ), l'Etat ne peut s'en désintéresser : il a pour mission de protéger les individus. Neutre, il ne se préoccupe pas du contenu doctrinal des sectes, des courants philosophiques et des religions. Mais si, dans la pratique, celui-ci se révèle contraire à la loi, il intervient et il sanctionne. C'est l'objet du titre 5 de la loi de 1905 et de l'article 3 de la loi de 1901.
2-. M. Machelon, précise que "le droit français ne peut être abordé en faisant abstraction de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme". Malgré un lobbying très actif des sectes au niveau européen, le débat sur la nature de leurs agissements et de leurs tentatives de se faire reconnaître comme religions, afin de légitimer leurs actes, se poursuit dans les instances européennes.
M. .Machelon, qui devrait être un des défenseurs de la laïcité républicaine, ne peut ignorer ni les décisions ni les rapports au sein des différentes instances. de l'Union européenne qui ne sont pas favorables aux sectes.- Ainsi, en1997, la Direction générale des Etudes du Parlement européen énonce dans un document sur Les sectes en Europe : " Considérant que, néanmoins, certaines sectes, opérant au sein d'un réseau transfrontalier à l'intérieur de l'Union européenne, s'adonnent à des activités de nature illicite ou criminelle et à des violations des droits de l'homme, telles que, notamment, les mauvais traitements, les agressions sexuelles, les séquestrations, la traite des êtres humains, la promotion de comportements agressifs, voire la divulgation des idéologies racistes, la fraude fiscale, les transferts illégaux de fonds, le trafic d'armes, le trafic des stupéfiants, la violation du droit du travail ou l'exercice illégal de la médecine ;
- invite les Etats membres à s'assurer que leurs dispositions judiciaires, fiscales et pénales sont suffisantes pour empêcher les activités de ces sectes de verser dans l'illégalité ";
- invite les gouvernements des Etats membres à ne pas accorder automatiquement le statut d'organisation religieuse et à envisager la possibilité de priver les sectes qui se livrent à des activités clandestines ou criminelles de ce statut qui leur assurer des avantages fiscaux et une certaine protection juridique ;
- appelle, à cet égard, les Etats membres à intensifier l'échange d'information entre eux afin de réunir des données sur le phénomène sectaire ;
- appelle la Commission et les Etats membres à faire preuve de la plus grande vigilance afin d'éviter que des subsides communautaires soient accordés à des associations sectaires illicites ; ( ).
Ce qui est pertinent pour la problématique que nous étudions, ce n'est pas de savoir au nom de quelle croyance telle ou telle activité est menée; ce qui nous intéresse ce sont les activités elles-mêmes des groupements qui justement tombent sous le coup des restrictions prévues par la loi ".Le 11 juillet 2001 se référant au rapport sur la situation des droits fondamentaux dans l'Union européenne, la Commission des libertés et des droits des citoyens, de la justice et des affaires intérieures a fait des propositions de résolutions. Le paragraphe 47 " recommande aux États membres de combattre les activités illégales des prétendues sectes, qui menacent l'intégrité mentale ou physique des individus et, ce faisant, de respecter les principes de l'État de droit et d'appliquer les procédures normales du droit pénal et civil, conformément aux vues exprimées par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe".
Si la question des sectes est présente dans les préoccupations de l'Union européenne il existe cependant une situation paradoxale ou en raison des rapports entre les églises et les Etats, propres à chaque Etat de l'Union, des organisations considérées sectaires dans un pays ne le sont pas dans d'autres et sont même parfois reconnues comme religions, bien qu'il existe aussi dans ces mêmes pays, des associations de victimes dénonçant leurs agissements. Respectueux de l'histoire de chacun, le Comité des ministres a préféré, à l'instar de ce qui se passe pour les religions, laisser chaque Etat membre libre de gérer la question des sectes. Il s'agit bien de la responsabilité que chaque Etat doit prendre face à des mouvements qui invoquent les libertés publiques et la prohibition des discriminations comme fondement de leur refus de se plier aux lois républicaines
Il ne faudrait pas confondre deux problématiques : le contenu des croyances et les conséquences des actions engagées tant auprès des personnes que de leurs biens. Pays de la liberté de conscience et de la laïcité, la France s'est donnée tous les moyens de garantir la liberté de penser de ses citoyens. Il ne s'agit donc pas de " censurer " les contenus. Chacun peut donc adhérer à l'idée de son choix.
Ce qui est en jeu, par contre, c'est l'appréciation qui peut être portée sur les conséquences, en terme pénal, de leurs actes. Le cadre de toutes réflexions et travaux sur les organismes à caractère sectaire se résume à un sel item : se conforment-ils au droit commun ?
Catherine PICARD
Présidente de l'UNADFI
Fidji et
Vanatu : Moon
Secte Moon: Le "révérend" indésirable à Fidji et à Vanuatu
Tahiti presse, 6 décembre 2005[Texte intégral]
Pacifique : (Flash d'Océanie) - Le nord-coréen Sun Myung Moon, qui se préparait à visiter plusieurs pays océaniens cette semaine, a été déclaré indésirable par les autorités fidjiennes. Dans un communiqué de mercredi dernier, le gouvernement fidjien précise que le chef de culte coréen "a été interdit d'entrée dans le pays, en vertu de la loi sur l'immigration".
Le communiqué précise par ailleurs que les demandes qui émanaient de plusieurs organisations religieuses fidjiennes, ainsi que de plusieurs individus (qui s'opposaient à la venue du chef charismatique), avaient également été prises en compte. Le gouvernement justifie notamment sa décision par "les répercussions de certaines des idéologies, croyances et pratiques du Dr Moon, ainsi que la manière dont il conduit sa vie au plan privé". "En bref, les doctrines du Dr Moon sont considérées comme étant trompeuses, répugnantes et contribuant à la division. Elles pourraient donc porter atteinte à la paix, au bon ordre et à la moralité publique des îles Fidji. Sur ces bases le Dr Moon est considéré comme n'étant pas une personne habilitée à entrer dans le pays", ajoute le gouvernement fidjien. Selon la terminologie du ministère fidjien de l'intérieur, ce personnage est un "élément indésirable".
Poursuivi aux États-Unis pour fraude fiscale
Le révérend Moon, personnage controversé, devait s'exprimer mardi lors d'une réunion publique ("conférence de la fédération universelle pour la
paix") dans un grand hôtel de l'Ouest de l'île principale.
Son avion privé n'a finalement pas atterri à Nadi (non loin de là) et s'est détourné sur Samoa. Le mouvement de culte fondé par le Révérend Moon dans les années 1950, appelé "association du Saint Esprit pour l'unification mondiale de la chrétienté", qui se caractérise notamment par la célébration de mariages de masse, comporte aussi des ramifications politiques, y compris dans une ligue mondiale anticommuniste. Au début des années 1980, le révérend Moon a été poursuivi aux États-Unis pour fraude fiscale et conspiration.Soutenu par Ronald Reagan et Georges Bush Senior
Malgré le soutien du président Reagan, il a été emprisonné pendant treize mois.
Ses adeptes ont dénoncé une persécution religieuse et ont obtenu le soutien de très nombreux leaders religieux de toutes confessions. Selon le réseau de presse "non-alignée" Voltaire (Voltairenet.org), "à partir de 1995, Georges Bush Senior (ancien directeur de la CIA, ancien président des États-Unis et père de l'actuel, George W. Bush) a honoré de sa présence les principales manifestations de l'Église de l'Unification, notamment lors d'une cérémonie de masse, rassemblant 50 000 moonistes, à Tokyo, ou lors de la cérémonie d'ouverture du Congrès mondial de la Fédération des familles pour la paix. Au cours des dernières années, l'Église de l'Unification a affermi ses positions en Corée et au Japon, et (...) dans plusieurs États en Amérique latine et dans le Pacifique, notamment l'Uruguay, les îles Fidji et les îles Marshall."Parmi les réactions au plan local à cette interdiction: celle du chef de l'opposition, l'indo-fidjien Mahendra Chaudhry qui qualifie la décision gouvernementale d' "outrageuse". "Il n'est pas un criminel ou un terroriste pour être traité de la sorte. C'est un homme voué à une mission de paix par la promotion de valeurs morales et spirituelles", a-t-il déclaré à la presse locale. Api Qilio, président du conseil des églises fidjiennes, a pour sa part souligné le "peu de clarté" concernant les intentions du révérend et a également demandé que la venue prochaine d'un télévangéliste américain, Benny Hinn, soit également passée à nouveau en revue."Nous nous demandons vraiment s'il vient aussi pour aider le travail que les chrétiens ont déjà fait ici, ou bien s'il vient pour gagner quelque chose et prêcher pour ses propres intérêts", a lâché l'ecclésiastique.
À Vanuatu: protestations des églises chrétiennes
Par ailleurs, selon la presse vanuatuane, le "révérend" Moon a également annulé son passage prévu à Port-Vila, à la suite de protestations de la part des églises chrétiennes locales. Il aurait également rencontré des "délais" dans l'obtention des autorisations d'usage de la part du ministère local de l'intérieur. Cette tournée océanienne devait s'inscrire dans le cadre d'une tournée mondiale, entamée il y a trois mois et comprenant une centaine de dates.
France : Sectes
Les gourous en blouse blanche et en cravate sous surveillance
La Croix, 6 décembre 2005 par Olivier Tallès
[Texte intégral]
Les Renseignements généraux observent l'essor de microstructures à caractère sectaire dans les domaines de la santé et de la formation professionnelle
'est un médecin brésilien qui promet tout. Guérir du cancer, du sida, des pires maux. Rien ne lui serait impossible grâce à sa technique d'imposition des mains. À lire sa publicité sur son site Internet, il n'est plus besoin de suivre une chimiothérapie quand on souffre d'un cancer. N'importe quel malade, brésilien ou étranger, est invité à lui rendre visite et le " miracle " sera au rendez-vous Il s'agit là d'un exemple parmi d'autres, relevé par les policiers de la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG).
Ces spécialistes des dérives sectaires s'inquiètent de l'essor des gourous " guérisseurs " et autres " coachs " du développement personnel. Les uns se font passer pour des psychologues ou des praticiens des médecines alternatives, les autres jouent les formateurs professionnels. Par petits groupes ou individuellement, ils manipulent, escroquent, jouent les charlatans. " En France, les grandes sectes sont moins nombreuses que dans les années 1970, note-t-on à la DCRG. Les raéliens ne disposent plus de siège social, même chose pour Moon. À l'inverse, on assiste à une multiplication des micro-structures constituées d'un gourou entouré d'une poignée d'adeptes. Le lien forcé entre les individus ou l'existence d'une communauté ne sont plus le seul critère pour définir une dérive sectaire. "
Internet est devenu un support de recrutement. À travers les forums de discussions sont échangés des " témoignages " sur des guérisons miraculeuses. Tandis que des pages Web donnent des renseignements pratiques sur le prochain séminaire de " psychothérapie humaniste "le stage de "médecine naturelle" ou un voyage au Pérou pour étudier l'ayahuasca (une plante hallucinogène). "L'avantage du Web est qu'il permet de se passer d'un siège fixe", remarqu-t-on à la DCRG, c'est parfois le seul vecteur de propagande avec le bouche-à-oreille c'est pourquoi nous exerçons une surveillance accrue des contenus. De plus, ces sectes peuvent agir sans risque depuis l'étranger. "
Pour se parer d'une aura médicale ou savante, les guérisseurs inventent des terminologies nouvelles, qui se terminent souvent par " logie " ou " pie " : psychogénéalogie, biologie totale, psycho-bio-généalogie, chromatothérapie. Ils empilent les titres et les diplômes. Ainsi Jean-Claude P. se définit comme "psychothérapeute, naturothérapeute, conférencier, diplômé de la faculté de médecine de Paris, " ayant "étudié et approfondi la plupart des thérapies energétiques". Même s'il détient le diplôme, il ne mettra pas en avant son titre de docteur en médecine, préférant éviter les poursuites pour exercice illégal de la médecine.
Ces microstructures s'avèrent plus difficiles à surveiller que les grands mouvements disposant d'une adresse ou d'un siège social. " Elles touchent toutes les populations ", constate le président de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), Jean-Michel Roulet. Des écoles maternelles aux services de gérontologie dans les hôpitaux, des campagnes aux grandes villes, aucun âge, aucune région ne sont épargnés par leur activisme. " Notre vigilance doit s'exercer au niveau local, poursuit-il, mais nous ne sommes pas aussi efficaces que nous devrions l'être. "
Les motifs de ces gourous en blouse blanche ou en cravate sont multiples. " Certains ne veulent surtout pas mettre en place des réseaux. Ils recherchent la discrétion pour faire le maximum d'argent ", note un policier des Renseignements généraux. Guy Rouquet, président de l'association Psychothérapie Vigilance, précise que tous ces charlatans sont aussi et surtout des doctrinaires de la pensée magique. A l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu (UNADFI) on remarque les thérapeutes se réclament tous, peu ou prou, des mêmes courants doctrinaires . "Ils n'hésitent pas à s'échanger leurs patients pour mieux leur vider les poches", observe la présidente de l'UNADFI, Catherine Picard.
Le cas du docteur Hamer est, à cet égard, exemplaire. Créateur de la " médecine nouvelle ", ce thérapeute allemand prétend que toute maladie a une origine psychologique. Ainsi, untel est atteint du sida à cause d'un traumatisme subi dans son enfance. Un autre est victime d'une sclérose en plaques parce que sa mère a été violentée par son père D'après ce concept sans fondement scientifique, toute guérison passe donc par la " prise de conscience " et l'élimination de " son stress ". Incarcéré à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis pour exercice illégal de la médecine, le docteur Hamer compterait en France une centaine d'émules.
L'éclosion des microstructures n'a pas fait disparaître les grands mouvements à tendance sectaire du type scientologie. Tout juste ces derniers sont-ils relégués à l'arrière-plan médiatique. " Ils demeurent très présents dans les secteurs du soutien scolaire ou de la formation professionnelle ",
note encore le président de la Miviludes, Jean-Michel Roulet.Ces multinationales sectaires observent avec intérêt l'éclosion " des petits mouvements, poursuit-i,. Ils soutiennent d'ailleurs le combat des gourous guérisseurs, au nom de la défense des libertés individuelles. Cela contribue à banaliser le phénomène sectaire. In fine, les grandes structures espèrent bien récupérer la clientèle des petites.
Offensive judiciaire contre l'association anti-secte Unadfi
C Le tribunal de grande instance de Paris, qui devait rendre hier sa décision sur une demande de dissolution de l'association Unadfi, spécialisée dans l'information sur les sectes, se prononcera finalement le 13 décembre. L'Unadfi est poursuivie en justice par un collectif d'avocats lié au mouvement " Cap pour la liberté de conscience ", qui accuse l'association d'être " une police de la pensée ". Ce collectif demande également des dommages-intérêts pour une dizaine de personnes, adhérents ou proches de mouvements comme l'église de scientologie, qui auraient eu à subir des préjudices à la suite de dénonciations de l'Unadfi.
France : Sectes
Assemblée Nationale - Questions/réponses - Jean-Pierre Brard - Scientologie
Journal Officiel , 6 décembre 2005
[Texte intégral]
12ème législature
Question N° : 46340 de M. Brard Jean-Pierre ( Député-e-s Communistes et Républicains - Seine-Saint-Denis ) QE
Ministère interrogé : économie
Ministère attributaire : intérieur et aménagement du territoire
Question publiée au JO le : 07/09/2004 page : 6941
Réponse publiée au JO le : 06/12/2005 page : 11330
Date de signalisat° : 29/11/2005 Date de changement d'attribution : 29/11/2005
Rubrique : État
Tête d'analyse : gouvernement
Analyse : ministre. réception de Tom Cruise. opportunité
Texte de la QUESTION : M. Jean-Pierre Brard attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur l'entretien, annoncé publiquement, qu'il a accordé le 30 août dernier, dans les locaux du ministère, à M. Tom Cruise, connu pour son appartenance à l'Église de scientologie, répertoriée comme secte dans les rapports parlementaires de décembre 1995 et de juin 1999. Il souhaite en conséquence connaître l'objet et les résultats de cet entretien. - Question transmise à M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire.
Texte de la REPONSE : L'honorable parlementaire interroge le ministre d'État, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire, sur l'entretien qu'il a accordé à l'acteur américain Tom Cruise, le 30 août 2004. L'entretien, organisé à la demande même de Tom Cruise, a été de caractère purement privé. Aucun sujet politique n'a été évoqué. C'était une rencontre amicale.
CR 12 REP_PUB Ile-de-France O
France : Sectes
Cinq députés demandent une nouvelle commission d'enquête sur les sectes
AFP, 7 décembre 2005
[Texte intégral]
Cinq députés UMP, PS et PCF, membres du groupe d'études de l'Assemblée nationale sur les sectes, ont plaidé mercredi pour la création d'une nouvelle commission d'enquête sur cette question.
Philippe Vuilque (PS), Martine David (PS), Georges Fenech (UMP), Jean-Pierre Brard (app. PCF) et Alain Gest (UMP) estiment dans un communiqué que seule une commission d'enquête est "capable d'anticiper et de prémunir nos concitoyens de tout nouveau drame".
"N'attendons pas un nouveau drame de l'OTS (Ordre du temple solaire, ndlr) pour agir contre toutes formes de dérives qui sont de nature à mettre en cause les libertés individuelles et collectives ainsi qu'à porter atteinte à l'intégrité psychique et parfois physique des personnes", ajoutent-ils.
74 membres de la secte de l'Ordre du temple solaire ont été retrouvés morts de 1994 à 1997, en Suisse, au Canada et en France, lors de meurtres et suicides collectifs.
Une commission d'enquête sur la situation financière, patrimoniale et fiscale des sectes, ainsi que sur leurs activités économiques et leurs relations avec les milieux économiques et financiers, avait été constituée sous la précédente législature et avait rendu un rapport en juin 1999. Jean-Pierre Brard en était le rapporteur.
Les cinq députés, à l'exception de Georges Fenech, ont participé soit à cette commission d'enquête, soit à la précédente, présidée par Alain Gest et qui avait rendu son rapport le 22 décembre 1995.
Suisse : O.T.S
OTS secte maudite
TV8, 5 décembre par Chloë Sullivan[Texte intégral]
Un docu-fiction au cur de lOrdre du Temple solaire réalisé à partir denquêtes et de témoignages. Une entreprise pleine de bonnes intentions qui napporte rien de nouveau.
Dix ans déjà. Ce 23 décembre 1995, Edith et Patrick Vuarnet lépouse et le fils cadet de lex-champion olympique de ski Jean Vuarnet sont retrouvés morts dans le Vercors avec quatorze autres adeptes de lOTS. Aujourdhui, la question reste posée: septante-quatre personnes en Suisse, au Canada et en France ont trouvé la mort au nom de lOTS. Suicide collectif ou assassinat? Alain Vuarnet, le fils aîné, témoigne. "Lenquête a été ratée dès le départ." Pour lui, la thèse officielle, concluant au suicide collectif, nest pas satisfaisante. "On a aidé tous ces gens à mourir et les assassins courent toujours."
Le joug des gourous
Le documentaire-fiction réalisé par Arnaud Sélignac ne répond pas à la question mais propose de démontrer comment les adeptes senrôlaient. Des gens "normaux", tout simplement en recherche dune certaine croyance ou dune certaine solidarité communautaire, pouvaient tomber sous le joug des gourous: un vieil escroc du sud de la France, Joseph Di Mambro, et un médecin homéopathe belge, Luc Jouret. Comment sorganisait la vie au quotidien dans la secte. Comment vivaient les adeptes portés par le "culte de lêtre supérieur", totalement tétanisés par la peur du chaos annoncé et dans lattente du fameux "transit", le voyage libérateur vers la planète Sirius.
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Les auteurs sappuient sur lenquête du journaliste Bernard Nicolas * ainsi que sur les témoignages danciens membres, Tanguy Duchatel et Denise Lagrange, qui, après dix ans passés au sein de lOTS, ont réussi à sen sortir. On peut donc croire que les mises en scène des cérémonies aux rituels ésotériques, interprétées par les comédiens revêtus de cape et portant des épées, réagissant à des apparitions de maîtres soi-disant invisibles, sont fidèles à ce qui se déroulait dans la réalité. On peut ne pas sétonner de leur aspect grand-guignolesque, car le docu-fiction insiste pas mal sur cet aspect. On peut également apprécier le jeu des acteurs, notamment dAlain Floret dans le personnage de Jo Di Mambro, et de Mathieu Delarive dans celui du séduisant Luc Jouret.
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Mais rien de ce qui est montré ou expliqué napparaît comme un élément nouveau. Si on a suivi le développement de cette tragique affaire, on sait tout cela. Dautant que sur les techniques de manipulation, les humiliations et la vie au quotidien dans lOTS, une fiction a été réalisée par Didier Albert pour TF1 en 1996 sur un scénario inspiré de documents déjà réunis par Bernard Nicolas. Une femme dans lOrdre réunissait Jean-Marc Thibault en gourou à la tête de lOCTO (Ordre de la Croix templière dOccident), dans lequel on reconnaissait Jo Di Mambro et Claude Dauphin dans un personnage ressemblant comme deux gouttes deau à Luc Jouret.
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* Ancien rédacteur en chef adjoint à TF1, coauteur avec les grands reporters Arnaud Bédat (Lillustré) et Gilles Bouleau (TF1) de deux livres sur le sujet "Les chevaliers de la mort" et "Les secrets dune manipulation".
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France 2 aussi Le cinéaste Yves Boisset sintéresse aussi à la question de lOTS. Il peaufine un documentaire dinvestigation pour France 2.
Raconter lhistoire de lOTS depuis les premières activités de Jo Di Mambro, sa rencontre avec Luc Jouret, la manière dont ils ont mis en place lorganisation jusquau premier drame de Cheiry (FR) et à Salvan (VS) et la dernière instruction en date de 2003. Voilà comment la chaîne présente ce documentaire qui "sannonce comme une démarche à la fois différente et complémentaire de celle de France 3".
.Yves Boisset suit une structure chronologique, revient sur lhistorique, les biographies et les profils psychologiques des leaders, sollicite le témoignage du chef dorchestre de La Sage (VS), Michel Tabachnik, qui, depuis plus de onze ans, naura connu aucun répit sur les plans judiciaire et médiatique. Il interroge des experts dans tous les domaines, des juges suisses et français. "Ce documentaire, qui devrait sintituler Les mystères sanglants de lOTS, na pas la prétention dapporter des réponses définitives, mais un éclairage sur certaines zones dombre".ChS/E.L.
Septante-quatre victimes Le 5 octobre 1994, les radios et TV du monde entier annonçaient le suicide collectif de quarante-huit adeptes de lOTS à Cheiry (FR) et à Salvan (VS). Quelques heures plus tard, on apprenait quà 6000 kilomètres de là, cinq corps avaient également été découverts dans un chalet incendié de Morin Heights, au Canada. Le 23 décembre 1995, seize autres adeptes étaient retrouvés, également carbonisés, dans une clairière du Vercors, sur les hauteurs de Saint-Pierre-de-Chérennes. Enfin, en mars 1997, cest au Québec que la secte frappait une dernière fois. A Saint-Casimir, cinq adeptes senvolaient à leur tour vers l'étoile Sirius, laissant miraculeusement en vie trois jeunes adolescents. E.L.
.France 3 LOrdre du Temple solaire D'Arnaud Sélignac, sur un scénario dHugues Pagan. Lundi 12 décembre à 20 h 55.
Que sont-ils devenus? Virginie, la fille de Jo Di Mambro, vit en toute discrétion à Montréal. Elle voue une haine tenace à son père, "ce salaud qui a tué mon frère".Le miraculé. Luc Jouret avait un fils, Vincent, quil a eu avec une Genevoise, heritière dune grande banque, elle aussi adepte de lOTS. Agé dune vingtaine dannées, il a changé de nom, il habite au sud de Montréal. Il est aujourdhui violoniste. Sa mère réside également au Canada.
Canada : Raël
Un ex-raélien coupable d'agression sexuelle sur une fillette
Canoë, 8 décembre 2005[Texte intégral]
Un ex-employé de garderie qui a été reconnu coupable de contacts sexuels sur une fillette de 11 ans évite la prison.
Rodolphe Samson a été éducateur au service de garde d'une école primaire de Val-Bélair, près de Québec.Il écope d'une probation d'un an où il devra effectuer 150 heures de travaux communautaires et remettre un don de 300 dollars au Centre d'aide aux victimes d'actes criminels de Québec.
Son nom sera également inscrit au registre national des délinquants sexuels pendant 20 ans.
Rodolphe Samson a déjà été porte-parole du mouvement raélien.
Canada : Méditation transcendantale
Le candidat du PC est l'ancien chef du Parti de la loi naturelle
Canoë, 8 décembre 2005 par Martin Bisaillon - Le Journal de Montréal[Texte intégral]
Le candidat du Parti conservateur dans Notre-Dame-de-Grâce - Lachine n'est nul autre que l'ancien chef du Parti de la loi naturelle du Québec, qui prônait la lévitation pour régler les problèmes de la société. Le Parti conservateur espère-t-il, grâce à lui, décoller dans les sondages ? Le candidat conservateur de NDG-Lachine, Allen Mackenzie, s'est même déjà appelé Allen Faguy dans sa vie politique antérieure. C'était à l'époque où il régnait à la tête du Parti de la loi naturelle du Québec, dont le slogan était le très commode «Un Québec souverain dans un Canada uni».
«Les organisateurs du PC sont au courant de mes états de service. Je trouve que les deux partis poursuivent le même objectif, c'est-à-dire un gouvernement efficace. Il n'y a donc pas de contradiction», a dit M. Mackenzie- Faguy, hier. Étonnamment, le changement de nom du politicien coïncide avec son changement d'allégeance politique. Voulait-il par là cacher son passé ? «J'ai changé de nom en 2003 pour des raisons personnelles, pour rendre hommage à ma mère», dit-il pour se justifier.
Lévitation extrême
«Diplômé en philosophie, monsieur Mackenzie est également diplômé en affaires de l'Université de l'Iowa. [...] C'est un administrateur chevronné ainsi qu'un gestionnaire d'expérience», peut-on lire à son sujet sur le site Web du Parti conservateur. Le parti reste cependant muet sur les années de son candidat à la tête du Parti de la loi naturelle, de 1991 à 2001. Il oublie aussi de mentionner que l'université qu'il a fréquentée en Iowa est la Maharishi International University, associée au gourou millionnaire et lubrique du même nom qui avait persuadé les Beatles de le suivre quelque temps en Inde dans les années soixante.À l'époque de son militantisme, M. Mackenzie, alias Faguy, prônait dans son programme l'embauche de pas moins de 7 000 experts en vol yogique afin de «répandre l'harmonie dans nos consciences collectives» et de créer un Québec protégé «contre les forces destructrices venues de l'intérieur et de l'extérieur de nos frontières». Le parti voulait également réunir les personnes les plus brillantes de la société, sans pour autant identifier lesquelles.
Le PC au courant
«C'est une vieille histoire. Nous acceptons ceux qui partagent nos valeurs mêmes s'ils sont originaires d'autres partis», a répondu Paul Terrien, responsable des communications du PC pour le Québec. C'est la deuxième fois que l'adepte de la lévitation se présente pour les conservateurs. En mai 2004, il avait été candidat dans la circonscription de Repentigny.
Canada : Mormons fondamentalistes
Lutte contre la polygamie
Radio Canada, 9 décembre 2005[Texte intégral]
La Colombie-Britannique pourrait s'inspirer de l'Utah
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Le procureur général de la Colombie-Britannique, Wally Oppal, a l'intention de s'inspirer des démarches entreprises en Utah, aux États-Unis, pour s'attaquer au problème de la polygamie dans la communauté de Bountiful, installée dans la région des Kootenays.
L'ancien juge a rencontré, à Vancouver, son homologue de l'Utah. Dans cet État américain, des poursuites civiles ont permis d'arrêter des leaders de la communauté mormone où la polygamie est pratiquée.
Au Canada, la polygamie est illégale. Toutefois, dans le petit village de Bountiful, dans les Kootenays, dans le sud-est de la province, elle est pratiquée depuis une soixantaine d'années par les membres de la communauté fondamentaliste des mormons.
Les membres de cette secte se défendent de commettre un crime en expliquant que la polygamie est une pratique religieuse et qu'elle est ainsi protégée par la Charte des droits et libertés de la personne.
Le procureur général de la Colombie-Britannique veut cibler les cas de jeunes filles mineures mariées à des hommes plus âgés et polygames.
En Utah, les autorités américaines ont réussi à gagner la confiance de jeunes femmes en garantissant leur sécurité et en leur offrant des services d'appui, ce qui a permis d'obtenir les témoignages qui ont mené à des arrestations.
Gagner la confiance des jeunes femmes pour qu'elles portent plainte est un travail de longue haleine. Les victimes ont encore plus de mal à parler quand elles proviennent de communautés fermées.
France : Sectes
Les sectes en embuscade
France Soir, 9 décembre 2005 par Philippe Bouvier
[Texte intégral]
Elles ont profité du laxisme des autorités
Une politique plus volontariste est mise en place après deux années de toléranceTandis que la Cour européenne des Droits de l'Homme vient de rendre un avis favorable aux Témoins de Jéhovah, les sectes suivent attentivement l'actuel débat sur la réforme de la loi de 1905, prêtes à s'engouffrer dans d'éventuelles ouvertures du droit français.
Toutes revendiquent une dimension religieuse et insistent pour être reconnues comme culte. Elles en retireraient en effet des avantages fiscaux sur les dons et les legs, mais surtout, une redoutable respectabilité.
" Or les sectes n'ont rien de religieux, rappelle Jean-Pierre Jougla, le vice-président de l'Union nationale des associations pour la défense de la famille et de l'individu (UNADFI). Ce sont au mieux des groupes de pression, et essentiellement un mode d'exercice du pouvoir dans un groupe clos : la domination d'un individu sur un groupe. Si elles se placent sur le plan religieux c'est uniquement à des fins commerciales. "
Le juriste de l'Unadfi cite alors Ron Hubbard : " Si vous voulez l'argent, allez chercher le pouvoir là où il est, à la tête des entreprises et dans la politique. Il ne faut pas perdre de vue que des flux financiers énormes remontent aux Etats Unis vers les maisons mère. Mais à leur niveau les malheureux adeptes ne voient pas qu'ils ne sont que les morceaux d'une pompe à finances. "
La route de l'argent passant par le pouvoir, les groupes sectaires s'emploient depuis des années à saper les fondements du pacte social français, espérant - pourquoi pas - substituer au suffrage universel le lobbying anglo-saxon. " Pendant des siècles, l'Eglise avait investi la sphère politique, souligne Jean-Pierre Jougla. Il a fallu lui reprendre l'Etat civil, le droit de lever des impôts, des armées Ces groupes spirituels - ou religieux - essaient de récupérer cette sphère là. Ce qu'ils veulent, c'est revenir à un exercice du pouvoir de droit divin : la géniocratie ou " gouvernement des génies " chez Raël, la théocratie pour Moon ou les Témoins de Jéhovah, et pour les Scientologues, le " gouvernement des Clairs ". "
Certains ambitieux ne sont pas totalement indifférents à cette dynamique de conquête : " En recevant Tom Cruise, souligne Jean-Pierre Jougla, Sarkozy essaie de trouver un fondement religieux à sa légitimité alors qu'il devrait rester dans le politique. " Et bien entendu, c'est le même qui voudrait passer la loi de 1905 au Karcher
Pour intimider les gouvernements qui résistent à la pression des sectes, une commission de l'ONU vient régulièrement s'assurer que l'Europe respecte bien " le libre marché des croyances religieuses ". Le Sénat américain se charge ensuite d'infliger aux états qui, comme la France, briment les " minorités de conviction " des mesures de rétorsion commerciales.
Après avoir baissé la garde pendant deux ans, le gouvernement français est récemment revenu à l'ancienne approche. " Le principe de laïcité impose aux pouvoirs publics de définir la frontière entre une religion et un groupement sectaire ", rappelait récemment le Garde des Sceaux Pascal Clément.
Cette tâche est essentiellement dévolue à la Miviludes, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les sectes. Or, depuis deux ans, il ne fallait plus trop compter sur elle pour tracer cette frontière. Infiltrée ? la mission interministérielle rattachée aux services du Premier ministre en était arrivée, l'an dernier, à délivrer des certificats de bonne conduite à des thérapeutes déviants au regard de ses propres critères, et à adouber des groupes pourtant épinglés par les associations et les commissions parlementaires sur les sectes Le député des Ardennes, Philippe Vuilques, avait même interpellé le gouvernement à ce sujet.
En octobre dernier, l'arrivée à la tête de la Miviludes de Jean-Michel Roulet, ancien secrétaire général de la commission consultative du secret de la Défense nationale a marqué la fin des errements, traduisant une inflexion significative de la politique gouvernementale face aux mouvements sectaires.
" C'est un retour à une vision qui n'aurait jamais dû être abandonnée, souligne l'Unadfi, et qu'il faut resituer dans un sursaut de conscience générale au plan européen. "
France : Sectes
Les trente ans de l’ADFI
Lille métropole, 9 décembre 2005
[Texte intégral]
Dans le cadre de son trentième anniversaire, la section régionale de l’Association pour la défense des familles et de l’individu (ADFI) a tenu, à l’Hôtel de communauté le vendredi 9 décembre, un colloque sur le thème : " Sectes et politique ". A cette occasion, elle a présenté cinq recommandations de nature à renforcer la lutte contre le phénomène sectaire.
Directement ou à travers des associations proches difficilement identifiables, les sectes continuent d’exercer leur influence, indifférentes à l’aliénation des personnes faibles qu’elles embrigadent. Depuis trente ans, l’Association pour la défense des familles et de l’individu sensibilise et aide les familles confrontées à une secte. Un travail difficile et permanent mais toujours aussi nécessaire, comme le relèvent nombre de bénévoles. En 2004, notent-ils, environ 700 familles ont contacté la section régionale de l’ADFI, soit 40% de plus qu’en 2003.
C’est dans ce contexte qu’elle a organisé plusieurs colloques pour marquer ses trente ans d’existence. Elle a invité le public à réfléchir à plusieurs thèmes : " sectes et droit " ; " sectes et santé " ; " sectes et politique ". Ce dernier sujet a fait l’objet de la table ronde tenue à l’Hôtel de Communauté le vendredi 9 décembre en présence de Charline Delporte, présidente, de Philippe Vuilque, député des Ardennes président du groupe parlementaire sur les sectes, du professeur Philippe Parquet, membre de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, de Maître Denis Lequai, avocat au Barreau de Lille, et Jacques Trouslard.
Des réponses fortes
Président de Lille Métropole Communauté urbaine, Pierre Mauroy a remercié Charline Delporte, présidente, de l’action menée depuis trente ans par l’ADFI et salué les intervenants. Pierre Mauroy a rappelé qu’il avait été à l’origine du premier rapport sur les sectes. Premier ministre, il avait en effet demandé à Alain Vivien une étude détaillée du phénomène. Celui-ci avait mis en évidence " les dérives d’un certain nombre de pratiques et proposait déjà une série de préconisations ". Par la suite, trois mesures importantes ont été prises : la création d’un observatoire des sectes en 1997 ; mise en place de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes en 1998 ; adoption de la loi About-Picard qui a donné lieu à une définition des sectes.
Il n’en reste pas moins que la complexité et l’aspect multiforme du phénomène sectaire le rendent " difficile à appréhender " et que la vigilance continue de s’imposer. Sans vouloir analyser les causes du développement de cette " face obscure de l’humanité ", Pierre Mauroy a constaté que " face à la montée inexorable de l’individualisme, notre époque est en perte de sens, de signification, de direction " : " J’ai la conviction que les organismes sectaires, à l’instar des intégrismes divers ou même de certains replis identitaires, se nourrissent de cette absence ". Il a souhaité " des réponses fortes " des pouvoirs publics, des associations mais aussi des citoyens.
Au cours de la table ronde, plusieurs sujets ont été évoqués, qu’il s’agisse de l’évolution du droit, de la lutte au niveau européen ou encore des initiatives du groupe parlementaire. Pour sa part, Charline Delporte a présenté cinq propositions d’action pour lutter contre la banalisation des mouvements sectaires : application de la loi ; reconnaissance de la dépendance sectaire ; formation d’équipes régionales capables d’agir ; création d’un pôle d’intervention ; formation des professionnels.
France : Raël
Diffamation: Raël à nouveau débouté en appel contre une ancienne adepte
AFP, 12 décembre 2005
[Texte intégral]
BORDEAUX, - La cour d'appel de Bordeaux a débouté lundi Claude Vorilhon, alias Raël, qui poursuivait en diffamation une ancienne adepte et l'a en outre condamné à verser 2.000 euros pour les frais de justice de cette dernière.
En revanche, la cour n'a pas alloué de dommages-intérêts à Dominique Saint-Hilaire, qui a passé 13 ans dans le mouvement raëlien, comme l'avait fait la première chambre civile du tribunal de grande instance de Bordeaux.
Dans son jugement du 16 mars, le tribunal avait estimé que l'action en justice du gourou contrevenait à la "liberté d'expression" et l'avait condamné à verser 3.000 euros de dommages-intérêts à l'ancienne adepte.
Mme Saint-Hilaire, une enseignante de 53 ans, avait témoigné dans un reportage télévisé diffusé en octobre 2002 au Canada, où vit Claude Vorilhon, puis rediffusé deux mois plus tard sur un forum de discussions sur Internet. Ce sont ces propos diffusés sur ce forum qui avait motivé les poursuites du gourou. Elle y déclarait à propos du mouvement raëlien que "c'était certainement une escroquerie", évoquait "des problèmes de fisc en France" et estimait que "Raël manipule les gens".
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Voir l'arrêt de la cour d'appel
Belgique : Sectes
Des mesures plus étendues que prévu
La Libre, 12 décembre 2005 par Roland Planchar
[Texte intégral]
Le groupe de travail parlementaire sur les sectes a réveillé les consciences. Il a entendu la ministre de la Justice, qui est venue avec des idées neuves.
Malgré leurs apparences relativement peu spectaculaires en Belgique, les sectes semblent progresser sans cesse. Ainsi, à l'heure où débute à Bruxelles un important procès (lire ci-dessous), on apprend à la faveur d'une communication à la Chambre de la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx (PS), que le Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles (CIAOSN) a, entre le début 2005 et ce mois de décembre, ouvert rien moins que 57 dossiers supplémentaires sur des groupements qui inquiètent le public (590, au total). Tous ne sont pas dangereux, certes, mais c'est en soi révélateur. «En revanche, peu de plaintes sont déposées. Il y a un hiatus et il faut faire sortir les dossiers de l'ombre», explique-t-on chez la ministre.
Elle s'exprimait devant le groupe de travail parlementaire né, à la mi-2004, du constat posé par le député socialiste André Frédéric que les recommandations de la commission d'enquête ayant eu le sujet pour thème en 1997 ne sont guère suivies. Notable exception: la création bienvenue d'une cellule administrative de coordination et du CIAOSN, qui remplit parfaitement sa mission. Mais à part ça... Avec sept autres élus de tous les partis, M. Frédéric achève ces temps-ci, avant d'aborder le temps des conclusions, l'audition des intervenants du dossier, qui vont de la Sûreté de l'Etat, essentielle en la matière, au collège des procureurs généraux en passant, la semaine dernière, par Mme Onkelinx.
Quelques nouveautés sont apparues à cette occasion. Elles pourraient être peu ou prou intégrées à un projet de loi spécifique dont on attend la venue depuis septembre mais qui n'interviendrait finalement qu'au début 2006.
On sait que ce projet comprend l'instauration d'une incrimination pour «abus de faiblesse» (LLB 28/6/2005). Mais il est désormais envisagé, dit la ministre, de corriger la loi du 2 juin 1998 afin de donner une personnalité juridique au CIAOSN, afin qu'il puisse intenter des actions en justice, à la façon de ce que le Centre pour l'égalité des chances fait régulièrement, dans sa propre matière.
Un bien, un mal? Au moins va-t-on pouvoir débattre de la question. D'un côté, la modération dont le CIAOSN a fait preuve jusqu'ici est largement appréciée et en fait la référence en la matière. Cette modération serait par nature moins grande en cas de changement. A l'inverse, si le Centre pouvait lui-même conduire ses dossiers en justice et s'il intervenait davantage dans l'élaboration de la politique criminelle, la lutte contre les mouvements nuisibles gagnerait en visibilité.
Surveiller legs et dons?
Deux autres nouveautés, encore. L'idée, encore à discuter, d'un enregistrement informatisé et systématique des dossiers visant des organisations sectaires. Et celle de la suppression du caractère tacite de l'acceptation des legs et dons aux ASBL et autres fondations, pour celles qui seraient reconnues nuisibles. Pour surprenant que cela paraisse a priori, cela semble possible dans le cadre d'une adaptation de la notion juridique de «mainmorte», au moins pour les sommes supérieures à 100000 €.
Enfin, les «psychothérapeutes» seraient aussi visés. Ils se multiplient, indiquait lui-même le CIAOSN dans son dernier rapport, sans que tous soient sérieux. Il y a des charlatans aux conseils dangereux qui usent des mêmes méthodes et jouissent du même crédit, auprès de leurs victimes, que les gourous auprès de leurs adeptes. La Santé publique pourrait être mise à contribution pour pallier les carences légales.
On pourrait reprendre, pour conclure, le slogan ancien de la Communauté française: «Gourou, gare à toi!»
France : Sectes
Quand les Savoie glissent dans les dérives sectaires
L'Essentiel des Pays de Savoie, décembre 2005 par Aude Ristat
[Texte intégral]
Scientologie, Sokka Gakkaï, Témoins de Jéhovah sont autant de sectes présentes en Pays de Savoie. A leurs côtés se développe une large panolie de dérives sectaires largement influencées par la mouvance New Age. Des mouvements en plein essor pouvant être particulièrement dangereux. Les départements savoyards ne sont pas épargnés.
Un rapport ministériel de 1995 en avait dressé une première liste. Les sectes, c'est à dire, selon la commission d'enquête parlementaire française d'enquête sur les sectes, "des groupes visant par des manoeuvres de déstabilisation psychologique à obtenir de leurs adeptes une allégeance inconditionnelle, une diminution de l'esprit critique, une rupture avec les référence communément admises (éthiques, scientifiques, civiques, éducatives) et entraînant des dangers pour les libertés individuelles, la santé, l'éducation, les institutions démocratiques" étaient ainsi répertoriées au niveau national.
Si certaines d'entre elles ont aujourd'hui disparu, d'autres continuent d'être présentes en France comme en Pays de Savoie. En parallèle, se développent ce que l'on nomme les dérives sectaires, des groupements aux pratiques souvent "douteuses" et toute aussi inquiétantes quant à leur dangerosité. "On parle de dérives sectaires quand plusieurs critères sont réunis comme l'éloignement des thérapies classiques, l'argent, l'éloignement de la famille ou encore l'organisation totalitaire" explique-t-on à l'Association de Défense des Familles et des Individus (ADFI) 2 Savoie - Isère. Le phénomène inquiète comme le prouve la création en 1998 de la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes, remplacée en 2002 par la Mission Interministérielle de Lutte contre les Dérives Sectaires (Miviludes). Son rôle : "analyser le phénomène des mouvements à caractère sectaire dont les agissements sont attentatoires aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales ou constituent une menace à l'ordre public, ou sont contraires aux lois et règlements". La loi About Picard actualisait également en 2001 le délit d'abus frauduleux de faiblesse.
Il faut savoir que depuis une circulaire de mai 2005 relative à la lutte contre les dérives sectaires, plus aucune liste de secte n'est réalisée par les commissions déléguées par le gouvernement. Jean-Pierre Raffarin alors Premier ministre a en effet demandé à ce que l'on n'appuie plus sur la précédente liste, celle-ci n'étant pas suffisamment exhaustive sans pour autant être caduque.
En France, la conception de la notion de laïcité implique l'absence de définition juridique des sectes. "On ne peut pas juger les gens sur leurs croyances. On ne se base que sur les effets secondaires de celles-ci. Si on prend l'exemple des témoins de Jéhovah, on ne les attaque pas parce qu'ils croient en Jéhovah, mais en s'appuyant sur des centaines de témoignages et de jurisprudences" souligne-t-on à l'ADFI 2 Savoie - Isère. Les témoins de Jéhovah sont effectivement répertoriés comme une secte en France et sont au nombre de 2 200 sur la Savoie, un nombre quasiment similaire pour la Haute-Savoie. Ils se réunissent dans des salles spécifiques nommées des Salles du Royaume. Leurs enseignements diffèrent des autres religions dans la mesure où selon eux, Jéhovah est le Dieu Tout-Puissant et que Jésus est son fils, et non l'élément d'une Trinité. Les Témoins de Jéhovah s'appuient sur la Bible et ont édité leur propre Bible, Les Saintes Ecritures, traduction d'un monde nouveau. Ils aspirent à un monde nouveau meilleur, monde de paix et de justice. L'une de leur caractéristique est leur refus de la transfusion sanguine pouvant soulevant différentes questions quant aux soins médicaux. "Pour des raisons bibliques, les Témoins de Jéhovah refusent les transfusions de sang. Nous nous appuyons sur le livre de la Genèse Chapitre 9 verset 4, le livre du lévitique Chapitre 7 verset 26 et 27, le Chapitre 17, verset 8, 10, 14, etc. " explique Roland Bosello, ministre du culte des Témoins de Jéhovah dans le département de la Savoie. Il ajoute : "Le sang est notre identité, notre âme, il véhicule l'oxygène dans notre corps. Il n'est pas obligatoire de transfuser, il est possible d'attendre que le corps refabrique suffisamment de sang". Les Témoins de Jéhovah disposant du libre-arbitre peuvent recourir à la transfusion, un choix conduisant à leur excommunication. "Si leur repentir est sincère, souligne Roland Bosello, ils peuvent toutefois réintégrer la communauté. Dans certains cas, il faut considérer qu'ils peuvent avoir cédé face à la pression du corps médical". Une explication qui suscite une vive réaction de l'ADFI 2 Savoie - Isère. "Des gens peuvent mourir en deux heures dans le cas d'une leucémie. Ce qui est grave, c'est la culpabilisation des personnes dans la mesure où ils doivent se repentir d'avoir eu recours à une transfusion pour se soigner."
Les dons financent l'oeuvre des Témoins de Jéhovah qui sont connus pour leur évangélisation s'effectuant par l'intermédiaire du porte à porte. L'étude de la Bible est une activité importante des membres. "J'ai quitté les Témoins de Jéhovah parce que je n'acceptais plus le fait de toujours attendre, de ne pas vivre ma vie mais de penser au fait qu'un jour l'intervention divine allait arriver. On ne pense plus alors à développer ses études, sa vie, les priorités sont toujours religieuses. Les heures passées à étudier la Bible, les réunions étaient trop pesantes" explique un ancien membre. Les Témoins de Jéhovah ont aujourd'hui 1 000 lieux de culte en France dont 7 en Savoie.
Autres sectes répertoriées également présentes en Pays de Savoie : les scientologues, la soka gakkaï, Landmark éducation (formation et développement personnel, "séminaire de transformation") , etc. Plus simplement, la quasi-totalité des sectes répertoriées dans le rapport de 1995 y sont représentées, sans oublier une large palette de dérives sectaires. Parmi elles, des mouvements s'inscrivant dans la tendance New Age, Nouvel Age, mouvement spiritualiste et mystique né dans les années 70 aux Etats-Unis nourri à haute dose de méditation transcendantale. Dans cette mouvance, tout est basé sur le fait que nous vivons actuellement dans l'ère des Poissons qui sera remplacée en 2012 par celle du Verseau. En prévision de cette nouvelle ère, il s'agit de balayer le monde ancien, de se préparer à manger ou aimer autrement, de s'élever spirituellement. Si le côté développement personnel peut séduire, il peut aussi conduire aux plus graves dérives. Ces mouvements s'inscrivant dans l'esprit New Age représentent aujourd'hui 90% du travail de l'ADFI 2 Savoie-Isère. On y retrouve également des pratiques comme le reiki (une technique de guérison par l'imposition des mains) et la kinésiologie. Cette dernière avant fait la une des journaux après l'affaire en Bretagne en novembre 2 000 du petit Kerywan, un enfant de 16 mois décédé de malnutrition et dont les parents étaient kinésiologues. Cette pratique, notamment enseignée près d'Aix-les-Bains, se base sur un test musculaire, base de toutes les différentes branches de la kinésiologie, servant à définir chez un individu le manque de tonus provoqué par différentes émotions négatives. "La kinésiologie ne s'oppose pas à la médecine dans la mesure où elle n'est pas une médecine, ni douce, ni naturelle. Le rôle du kinésiologue est d'accompagner une personne pour que celle-ci puisse atteindre un objectif, par exemple de ne plus vouloir être dépressif. On aide la personne à réaliser quelque chose, nous sommes à sa disposition pour l'accompagner" explique Roland Hamon, président de la fédération française de kinésiologie, l'une des branches de la kinésiologie, qui regroupe aujourd'hui 200 étudiants et 400 "professionnels". Mais de quelle manière intervient cette aide ? "Nous pouvons agir sur des points réflexes pour assurer des déblocages. Et des blocages nous en avons. On a eu une éducation qui nous a plus ou moins respecté en tant qu'enfant. On nous a dit, c'est comme ça et tu dois obéir, ce qui génère des frustrations. Notre action sur des points réflexes est bien codifiée, elle s'appuie notamment sur le principe des méridiens. Quand on lit la notice des médicaments on en voit les effets secondaires où l'on nous dit que telle ou telle chose peut arriver. Or quelque chose de scientifique doit être capable de dire c'est comme ça et pas autrement. Il est difficile de trouver des choses scientifiques par rapport au corps humain. Nous, nous ne faisons pas de médecine et nous ne voulons pas remplacer le médecin dans la mesure où nous n'avons pas faite d'études de médecine" souligne Roland Hamon. Pour devenir kinésiologue, il faut réaliser différents stages dont, La santé par le toucher, qui s'effectue en quatre week-end de quatre jours. Si la fédération recommande 500 heures de formation, rien n'interdit à une personne qui ne les a pas réalisées d'ouvrir un cabinet de kinésiologue. La lecture de la brochure 2005-2006 de l'Institut français de kinésiologie appliquée, installé à Grenoble, présente notamment un stage de psychopathologie de quatre jours. "Après une introduction à la psychologie évolutive et à la psychopathologie générale, les participants auront la possibilité d'étudier en profondeur des pathologies telles que la schizophrénie, les psychoses maniaco-dépressives, la dépression, l'état limite (border line)...". D'où la perplexité des psychiatres, qui ont à leur actif plusieurs années d'études, face à cette formation de quatre jours. Le coût d'une formation en kinésiologie s'élève à environ 7 500 euros.
Si la kinésiologie se défend de toute dérive sectaire, hormis certains cas spécifiques, "je ne pourrais pas vous dire qu'il n'y a aucune brebis galeuse, il y a aussi des pompiers pyromanes" souligne Roland Hamon, ce n'est pas l'avis de l'ADFI 2 Savoie - Isère. "Toute la kinésiologie est pour nous dangereuse. Le test musculaire pratiqué par les kinésiologues n'a absolument rien de scientifique et la kinésiologie pousse dans certains cas à s'éloigner de la médecine traditionnelle. Cette pratique est aussi basée sur une culpabilisation des gens, en leur disant, en somme, que s'ils ne vont pas bien c'est de leur faute. Sans oublier la psycho-généalogie, parfois associée à la kinésiologie où l'on vous explique que vous souffrez des fautes non purgées de vos ancêtres, des fautes ou des problèmes que vous aussi pourrez transmettre aux générations futures". Dans cet esprit, on trouve également les "constellations familiales", c'est-à-dire la faculté d'un individu à s'identifier à une personne d'une génération précédente et d'en assumer les comportements et le décodage biologique, également enseigné dans certains stages (une école de décodage biologique existe à Lyon), et consistant à retrouver un conflit psychologique ayant programmé le cerveau et induisant une pathologie particulière.
Cette dernière approche n'est pas sans rappeler les théories du guérisseur allemand Ryke Hamer, condamné par la cour d'appel de Chambéry à trois ans de prison pour escroqueries et complicité d'exercice illégal de la médecine. Ce dernier voit dans toute pathologie la manifestation d'un "choc psychique intense" et poussait ses patients à se détourner des traitements traditionnels, notamment pour les cancers. Dans l'affaire Stop au cancer, association chambérienne dont les deux responsables ont été condamnés en 2000, on retrouve également les théories Hamer, dont elle se revendique, qui conduiront cette fois à la mort. Celle d'une femme atteinte d'un cancer du sein qui s'était tournée vers l'association.
Sectes et dérives sectaires sont ainsi bien présentes dans les Savoie, et ce d'une manière particulièrement vivace. "Là sont testés certains nouveaux produits avant d'être développés sur le territoire national" explique-t-on à l'ADFI 2 Savoie - Isère. Les départements savoyards affichent e