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Actualités sur les sectes en novembre 2006

Témoins de Jéhovah "Il serait dangereux de reconnaître les Témoins de Jéhovah comme un culte"
Sectes Le gouvernement n'est pas si sectaire avec les sectes
Eglise internationale du Christ Nathalie Gettliffe plaide coupable
Le Patriarche Lucien Engelmayer et Jean-Paul Séguéla jugés dans l'affaire du "Patriarche"
Scientologie Evacuation des immeubles du Bld de Waterloo à Bruxelles
Le Patriarche Le gourou et ses brebis égarées
Le Patriarche Insaisissable Patriarche
Raël Le mouvement de Claude Vorilhon débouté en appel
Scientologie Thielemans interdit l'intimidation au Bd de Waterloo
Coup de gueule Le Patriarche
Le Patriarche L'ancien gourou du Patriarche en cavale en Amérique centrale
Moon Moon traîne l'Etat en justice (Belgique)
Le Patriarche Jean-Paul Séguéla se dit "vraisemblablement manipulé"
Eglise internationale du Christ Un état mental satisfaisant
Religions Le pape convoque les chefs de la Curie sur le cas Millingo
Le Patriarche Les millions du "panier percé"
Sectes Des sectes nuisibles à la santé
OTS Procès de Grenoble - Commentaires
Le Patriarche Cinq ans d'emprisonnement requis contre Lucien Engelmajer et Jean-Paul Séguéla
Eglise internationale du Christ Le Canada refuse la garde conjointe à la Française
Eglise internationale du Christ L'audience sur la sentence de Nathalie Gettliffe s'amorce le 30 novembre
OTS Communiqué de presse de Jean-Pierre Brard
Scientologie Fin de l'occupation de l'immeuble boulevard de Waterloo à Bruxelles
Eglise internationale du Christ Dans sa prison modèle, Nathalie Gettliffe attend son jugement
Témoins de Jéhovah Une réponse à l'Anasthasie sociologisante
Tabitha's Place Visite surprise de commission d'enquête sur les sectes
Tabitha's Place La commission sur les sectes découvre 18 enfants coupés du monde
Laïcité Observatoire de la laïcité installé prochainement
Mormons fondamentalistes Un gourou polygame américain pour la première fois face à son accusatrice
Tabitha's Place A la communauté de Sus: "pas besoin de connaître Zidane pour vivre"
Sectes La commission parlementaire veut renforcer les contrôles sur la scolarité des enfants
Sectes Profil psychologique des gourous
Scientologie La secte courtise la police londonienne
Sectes Les enquêtes tous azimuts de la commission parlementaire sur les sectes créent la polémique
Témoins de Jéhovah Accusé de pédophilie
Monflanquin Les reclus de Monflanquin, partis en laissant une adresse
Sectes Des députés veulent mieux évaluer l’enseignement à domicile
Religions Le prosélytisme nuisible des Eglises du Reveil
Témoins de Jéhovah Quand une secte échappe au fisc

(*) Articles et documents qui, compte tenu de leur taille, ne sont pas ci-dessous, mais sur une page particulière ou sur le Web


France : Témoins de Jéhovah

"Il serait dangereux de reconnaître les Témoins de Jéhovah comme un culte"

AFP, 1er novembre 2006

[Texte intégral]

Georges Fenech préside la commission d'enquête parlementaire sur les sectes et les mineurs :
«Il serait dangereux de reconnaître les Témoins de Jéhovah comme un culte»


Les Témoins de Jéhovah entendent toujours être reconnus comme culte. Ainsi, n'auraient-ils plus à payer d'impôts sur les dons qu'ils perçoivent, et ne devraient-ils plus s'acquitter des 45 millions d'euros qu'ils doivent au fisc. Président de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes et les mineurs, Georges Fenech, député (UMP) du Rhône, déplore «la grande ambiguïté administrative» à l'égard des Témoins de Jéhovah.


L'audition par la commission du chef du bureau central des cultes au ministère de l'Intérieur, Didier Leschi, a relancé la polémique sur le statut des Témoins de Jéhovah. Pourquoi ? 

Il n'existe pas de définition juridique de la secte dans le droit français. Pour l'instant, au plan national, les Témoins de Jéhovah sont une association régie par la loi 1901.

La loi de 1905, relative à la séparation des Eglises et de l'Etat, ne leur a pas été accordée par le bureau des cultes. Cependant, un nombre important de tribunaux administratifs et de préfets leur ont attribué ce statut au plan de la fiscalité foncière, uniquement.

Leurs lieux de cultes sont donc exonérés de taxes foncières. C'est d'une grande ambiguïté administrative. D'où la suggestion de Didier Leschi de reconnaître les Témoins de Jéhovah comme un culte.

Vous êtes contre ?  Ce serait dangereux et nous avons été surpris par cette interprétation. Car, pour être considéré comme culte, il faut exercer un culte de manière exclusive, sans activité commerciale ou culturelle parallèle, et il faut que cet exercice ne constitue pas un trouble à l'ordre public.

Pourquoi serait-ce dangereux ? 

Parce qu'ils ont certaines pratiques contraires aux lois républicaines qui peuvent constituer un trouble à l'ordre public. En 1985, une décision du Conseil d'Etat a estimé que le refus de transfusion sanguine, même en cas de risque vital, était un trouble à l'ordre public. Ce n'est pas le seul obstacle à leur reconnaissance comme culte. Au regard des auditions effectuées par la commission, il existe chez les Témoins de Jéhovah une sorte de maltraitance psychologique des enfants. Ils sont élevés dans la crainte de l'Apocalypse ; ils sont interdits d'anniversaire ; les adultes n'ont pas le droit d'aller voter. C'est une sorte d'isolement social.


France : Sectes

Le gouvernement n'est pas si sectaire avec les sectes

Le Canard, 1er novembre 2006 par Isabelle Barré

[Texte intégral]

Qui  a dit que le fisc était sans pitié ?

En octobre 2004, les Témoins de  Jéhovah  étaient condamnés en cassation à un redressement salé: 45 millions (dont 22 millions de pénalités de retard) pour des dons non déclarés  entre  1993 et 1996. Qu'ont payé nos joyeux Témoins depuis ? Au  mieux  10  % de la facture, alors que leurs recours successifs (en cassation,  puis  devant  la Cour européenne des droits de l'homme) ne suspendaient  pas  l'application  de  la  sanction. 

« Secret fiscal » oblige, Bercy reste bouche cousue sur le sujet. Quant aux zélateurs de Jéhovah, l'un de leurs porte-parole affirme au "Canard" avoir versé "des  sommes  importantes, sans en préciser le montant," ajoutant que "le fisc a opéré une saisie conservatoire sur des biens immobiliers."

Députés en rogne

Le 20 octobre dernier, lors d'une réunion de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires  (Miviludes),  les émissaires des différents cabinets ont évoqué  un  possible   "aménagement" de cette dette. Les pénalités de retard pourraient donc être revues à la baisse ! Mais pourquoi tant de sollicitude  ? 

Si  les " Jéhovistes", qui revendiquent 140 000 "proclamateurs", ne votent pas, ils sont fortiches en lobbying : leur ancien avocat, Alain Garay, est l'un des trois experts choisis par le Quai d'Orsay pour représenter la  France sur les questions de liberté religieuse à l'Organisation pour la sécurité et la coopération européenne.  Mais ce maître du barreau assure qu'il n'a plus aucun lien avec la secte depuis cinq ans.

L'attitude un peu floue du gouvernement dans cette affaire commence à agacer, y compris dans la majorité: "On  ne peut être que très surpris que le ministère des Finances  ne mette pas la condamnation à exécution ", grogne le député UMP Georges Fenech, président de la Commission d'enquête parlementaire sur les sectes et les mineurs. Laquelle rendra son rapport en décembre, et entend d'ici là obtenir des explications du ministère du Budget.

Les membres de ladite commission sont d'autant plus remontés qu'ils n'ont  guère apprécié l'audition,  mi-octobre, du chef du Bureau des cultes. Placé sousl'autorité du ministre de l'Intérieur, ce haut fonctionnaire  a  expliqué qu'en "l'état actuel de la jurisprudence, [les  Témoins  de  Jéhovah]  ont  le  droit  de  bénéficier du statut d'association cultuelle", statut qui donne droit à un régime fiscal plus favorable. Le  Conseil d'Etat a en effet reconnu le caractère cultuel de deux associations départementales des Jéhovah, dans la Nièvre et dans le Puy-de-Dôme. Mais les députés fustigent " l'interprétation extensive" que le Bureau des cultes tire de ces deux jugements.

La  commission s'inquièt aussi de ce que Sarkozy pourrait faire du rapport que lui a  remis, fin septembre, le  professeur de droit Jean-Pierre  Machelon. Ce document propose tout à la fois d'assouplir le  statut des asso- ciations cultuelles et d'autoriser les communes à financer les lieux de culte. "A quand une "église" de la Scientologie financée par la mairie du coin ?", s'étrangle le communiste Jean- Pierre Brard, député-maire de Montreuil.

" Il  y a une certaine dérive à l'américaine chez Sarko, au nom de la liberté  individuelle, estime le rapporteur de la commission, Philippe Vuilque,  député  PS des Ardennes. ."Quand il reçoit Tom Cruise, Sarkozy sait très bien qu'il contribue à banaliser la Scientologie. Et qu'il ménage  les  Etats-Unis,  qui  voient  dans  la lutte antisectes de la France  une atteinte aux libertés religieuses.

Chacun ses gourous..

Combien de fraudeurs ?

LES  Témoins  de  Jéhovah ne sont pas les seuls à chatouiller le fisc.

Dans un précédent rapport consacré à l'argent des sectes, en 1999, les parlementaires  avaient  estimé à 545 millions de francs (hors ardoise des  Jéhovah)  la  somme  totale à recouvrer auprès d'une vingtaine de
groupes  pseudo- religieux.  Qu'en  est-il de la fraude aujourd'hui ? Mystère,  la  Direction  générale  des  impôts  refusant  de donner le moindre chiffre, toujours au nom du sacro-saint "secret fiscal". Il faudra  peut-être une nouvelle commission d'enquête parlementaire pour faire sauter l'omerta.


Nathalie Gettliffe plaide coupable

Radio Canada, 3 novembre 2006

[Texte intégral]

Le vendredi 3 novembre 2006 Une citoyenne française emprisonnée en Colombie-Britannique pour une histoire de garde d'enfants plaide coupable à Vancouver. Sa sentence devrait être prononcée dans les prochaines semaines.

Nathalie Gettliffe est accusée d'avoir enlevé les deux enfants nés de son mariage avec le Canadien Scott Grant. Elle a été arrêtée à son retour à Vancouver, le 11 avril, pour avoir violé des ordonnances relatives à la garde de ses enfants en les amenant vivre en France.

Mme Gettliffe avait justifié son départ du Canada en 2001 en expliquant qu'elle voulait soustraire ses enfants à l'influence de leur père, membre de l'Église internationale du Christ, un mouvement évangélique considéré comme sectaire par un rapport parlementaire français, mais légal au Canada.

Les deux enfants ont été rendus à leur père par la justice française en juillet et vivent actuellement avec lui au Canada. Il en avait obtenu la garde légale pleine et entière après la fuite en France de son ex-femme et de ses enfants.

Mme Gettliffe a donné naissance, le 26 septembre, à un petit garçon dont le père est son actuel compagnon français, Francis Gruzelle.

Ce dernier n'a cessé de s'élever contre l'incarcération de sa compagne, affirmant qu'elle est tombée dans un piège tendu par son ex-mari, et dénonçant en termes très vifs ses conditions d'incarcération, établissant des comparaisons avec Guantanamo.

Dans une lettre aux médias français, l'ambassadeur du Canada en France, Claude Laverdure, a répondu aux critiques de M. Gruzelle et soutenu que la justice et le système carcéral canadiens ont été injustement décriés dans cette affaire. Il rappelle que c'est une Cour de cassation française qui a ordonné cette année le retour des enfants au Canada.

Le sort de Mme Gettliffe a soulevé une vive émotion en France et le président Jacques Chirac l'avait évoqué avec le premier ministre canadien Stephen Harper, lors d'une visite de ce dernier à Paris en juillet.


France : Le patriarche

Lucien Engelmayer et Jean-Paul Séguéla jugés à partir de lundi dans l'affaire du "Patriarche" en Haute-Garonne

AP, 5 novembre 2006

[Texte intégral]

Dix-sept personnes sont jugées à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne) pour "abus de faiblesse", "abus de confiance", "recel", "blanchiment d'argent" et "abus de biens sociaux" dans l'affaire du "Patriarche", a-t-on appris de sources judiciaires.

Le principal accusé, absent du procès, sera jugé par défaut. Lucien Engelmajer, dit le Patriarche, fondateur de l'association "Le Patriarche" classée comme secte, est en fuite en Amérique centrale.

Parmi les accusés, figurent huit membres de la famille du Patriarche, ainsi que Jean-Paul Séguéla, ancien député RPR de Haute-Garonne et conseiller de Charles Pasqua au ministère de l'Intérieur pour les questions de toxicomanie jusqu'en 1995.

"L'association le Patriarche possédait de nombreux biens immobiliers en France et dans le monde", confiait à l'Associated Press Paul Michel, procureur de la République de Toulouse. "La somme d'argent détournée est colossale", a-t-il ajouté, sans toutefois préciser le montant. Quant à la partie civile, "elle se compose essentiellement d'anciens adeptes qui réclament des indemnités".

Lucien Engelmajer a fondé l'association "Le Patriarche" en 1972, après l'ouverture d'un premier centre d'accueil de toxicomanes à la Boère (Haute-Garonne), fondé sur le sevrage absolu, par la rupture avec le monde extérieur et la prise en charge par d'anciens toxicomanes. L'association est financée par des fonds publics jusqu'en 1996.

A cette date, un rapport parlementaire épingle l'association et ses "dérives sectaires". Françoise de Veyrinas, responsable de la MILDT, Mission Interministérielle De Lutte contre la Toxicomanie, coupe toute subvention à cette association en raison de son opacité financière.

Le Patriarche essaime ensuite dans 17 pays sous l'appellation d'"Organisation internationale Lucien Joseph Engelmajer", accueillant dans ses 250 centres quelque 100.000 personnes. En février 1998, "Le Patriarche" est écarté par un "putsch" interne. Il se réfugie au Bélize où il vit toujours à 86 ans. L'association, rebaptisée, s'appelle aujourd'hui Dianova.

En décembre 1998, six pensionnaires ou enfants de toxicomanes dénoncent les conditions dans lesquelles elles vivaient et travaillaient dans ces centres et les abus dont elles ont été victimes de la part du Patriarche. Les pensionnaires portent plainte contre X.

Après 10 mois d'auditions, le parquet de Toulouse ouvre en septembre 1999 une double information judiciaire contre Lucien Engelmajer et la juge d'instruction toulousaine Nicole Bergougnan délivre deux mandats d'arrêts internationaux le visant: en novembre 2000 pour "abus de biens sociaux et emploi de travailleurs clandestins" et en janvier 2001 pour "viols et tentatives de viol sur mineurs de moins de 15 ans".

Le procès qui s'ouvre lundi ne concerne que le volet financier de l'affaire. Jean-Paul Séguéla a été mis en examen et écroué le 22 mai 2001 pour "recel d'abus de confiance et blanchiment aggravé". De décembre 1997 à août 1998, il était secrétaire général au bureau exécutif de l'Organisation internationale Lucien Joseph Engelmaje (OILJE) dont le siège est à Lausanne. Il est soupçonné d'avoir bénéficié d'environ un million d'euros, sous forme de prêts jamais remboursés.

Le procès devrait se terminer le 17 novembre. AP


Belgique : Scientologie

Evacuation des immeubles du Bld de Waterloo à Bruxelles

7sur7, 6 novembre 2006

[Texte intégral]

La police a obtenu l'évacuation dans le calme de la centaine de personnes qui avaient investi les lieux ce lundi. Ces personnes ont accepté de libérer le hall d'entrée des immeubles. Une réunion entre représentants de la Ville, propriétaire des lieux et occupants devrait débuter à midi. L'église de la Scientologie, qui compte occuper les lieux, souhaiterait pouvoir occuper déjà une partie des lieux et déménager une partie des occupants vers l'immeuble 103 uniquement.
La Ville de Bruxelles, qui s'est proposée comme médiatrice, a pour rôle de trouver une solution avant que ne soit rendu un jugement par un juge de paix attendu cette semaine.

"Les occupants ont déjà obtenu un jugement en bonne et due forme qui interdit à quiconque actuellement de les expulser. La question est de savoir si le propriétaire peut ainsi débarquer à l'improviste", a expliqué José Garcia, du syndicat des locataires et représentant des occupants.


France : Le patriarche

Le gourou et ses brebis égarées

Libération, 6 novembre 2006 par Erice Favreau

[Texte intégral]

Vénéré par ses proches, l'ancien brocanteur avait édicté les règles de sevrage très dures.

Lucien Engelmajer, c'était d'abord un visage, une barbe surtout. L'homme a toujours eu cette allure de grand-père, certes sévère mais si... bon. Les non-initiés l'appelaient le Patriarche ; les proches, Lucien. Ces derniers en parlaient avec chaleur, le vénéraient. Discutaient sans fin de sa disponibilité. Tous avaient eu le même itinéraire. C'est-à-dire des années de drogue et de galères, et pas un lieu qui ne voulait les accueillir. Sauf à la Boère, près de Toulouse, dans le château de Lucien. 

Pris en charge. Une bien belle réussite pour cet ancien brocanteur qui décida, au début des années 70, de créer une communauté pour accueillir marginaux et toxicomanes. Une communauté totalement centrée sur lui. On sait peu de chose sur la jeunesse du Patriarche. C'est lui qui édicta, dès 1972, les règles du lieu. Elles étaient intangibles.

Quand on arrivait à la Boère, il fallait tout laisser. On prenait vos papiers, votre argent. Pendant cinq jours se déroulait la cure de désintoxication. Dans le secret. Enfermé dans une pièce avec un ex-toxico qui était déjà passé par là.

Ensuite ? Le pensionnaire, qui n'avait toujours pas droit de reprendre ses papiers, était pris en charge. Il devait retaper des vieilles fermes, ou vendre le journal de l'association, Antitox . Ils n'étaient pas payés. Mais qui s'en plaignait ?

Des médecins de la région lui apportaient sa caution. Et les familles d'un grand nombre de pensionnaires le défendaient avec force, soulagées que leur enfant «ne se détruise plus». Et c'était vrai qu'à l'époque très peu de structures les prenaient en charge.Pendant des années, cela a marché.

Dans l'indifférence, voire la complaisance des pouvoirs publics. L'association s'est développée, a grandi, recueillant dans toute l'Europe des fonds au profit des toxicomanes. Certains des pensionnaires qui s'enfuyaient étaient pourchassés, menacés. Car, lorsqu'on le critiquait, le Patriarche pouvait être d'une extrême violence verbale. Ainsi, lors de reportages pour la télévision, on le voyait hurler contre «ces brebis égarées, sans aucune gratitude». 

En 1995, l'association détenait, rien qu'en France, 67 centres accueillant près de 2 500 ex-toxicomanes.

Putsch. En 1998, tout a basculé lors d'une sorte de putsch interne, resté bien mystérieux. Le Patriarche, qui vivait alors à Miami, présidait une réunion de responsables de l'association. «Depuis quelque temps, cela n'allait plus, racontait alors à Libération Stéphane Hédiard, longtemps secrétaire particulier de Lucien Engelmajer. Il dérapait. Il n'était plus intéressé que par ses histoires de braderies, de collectes d'argent, et ses investissements immobiliers.» Puis : «Vous savez, il n'était plus en état d'assumer ses fonctions» ( Libération du 25 mars 1998)

.Depuis, Lucien Engelmajer n'apparaît plus. Ses proches ont pris la relève. On dit que Lucien vit à Belize. A côté de plaintes pour détournements de fonds, d'autres poursuites sont engagées pour «viols ou tentatives de viols». 


France : Le patriarche

Insaisissable Patriarche

Libération, 8 novembre 2006 par Gilbert laval Villefranche-de-Lauragais envoyé spécial

[Texte intégral]

Fondateur d'une multinationale de la désintoxication, Lucien Engelmajer est accusé avec quatorze proches d'abus de biens sociaux.

Le fondateur du Patriarche, qui savait désintoxiquer les toxicomanes, n'assistera pas à son procès pour abus de biens sociaux et emploi de travailleurs clandestins. A 86 ans, Lucien Engelmajer n'a pas eu le courage de quitter l'Amérique centrale et Belize, dont il est devenu citoyen, pour échapper à deux mandats d'arrêt internationaux. Comparaissent en revanche depuis lundi huit de ses collaborateurs et six de ses enfants pour complicité d'abus de biens sociaux, abus de faiblesse, abus de confiance, blanchiment et recel.

Liechtenstein. Les 14 prévenus présents se pressent dans une toute petite salle correctionnelle de Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne).

Le professeur de médecine, ex-député RPR, Jean-Paul Séguéla dit «ne pas savoir ce qu'[il] fait» sur le banc des prévenus. Il conteste avoir bénéficié de prêts gratuits du Patriarche à hauteur de 6 millions de francs et nie avoir abusé de la carte bancaire de l'Organisation internationale Lucien Engelmajer.

Tel comptable du Patriarche comprend à peine qu'on lui reproche d'avoir puisé sur des comptes au Liechtenstein. Telle autre ne voit pas en quoi masquer des prélèvements par jeux d'écritures constitue une complicité d'abus de confiance.

Preuve, selon son avocat, de son innocence, François Engelmajer, un des fils de Lucien, est revenu des Etats-Unis, malgré son mandat d'arrêt, pour «en finir une fois pour toutes» avec la mauvaise querelle qui lui serait faite. Quant aux cinq autres fils et filles du fondateur, plaide Me Simon Cohen : «Pourquoi se seraient-ils interrogés sur la provenance des fonds qui étaient régulièrement virés sur leur compte?» Lucien Engelmajer «était un bon père, voilà tout». Il était surtout un magicien du porte-monnaie en même temps qu'un gourou pour ses pensionnaires (lire ci-dessous).

Liquidités. Les cures s'avérant efficaces, dons et subventions ont plu sur les 210 centres ouverts dans 17 pays. Comme les 6,6 millions de francs annuels du ministère de la Santé «sans aucun contrôle ni production d'un rapport d'activité», relève la Cour des comptes.

Autre rentrée de liquidités : la vente en Europe des 400 000 exemplaires d' Antitox . Un mensuel conçu et vendu dans la rue par des toxicomanes non salariés. «De l'esclavagisme ?» interroge Me Pesenti, avocat de trente anciens toxicos qui travaillaient à l'oeil. L'instruction indique que 100 millions de francs ont pu circuler entre la Suisse, le Luxembourg ou le Liechtenstein. Il y a aussi la Boère, le château du Patriarche près de Toulouse, au centre d'une galaxie de huit associations en France, 8 sociétés commerciales en Europe et en Amérique et 4 holdings au Luxembourg.

L'inscription du Patriarche au répertoire des sectes dans le rapport parlementaire de 1995 et des plaintes de pensionnaires pour abus de confiance, et même viols, ont enrayé la machine. Le patrimoine immobilier de l'association était passé «de 0 à 41 millions de francs» entre 1993 et 1994. Le procès se poursuit à Villefranche-de-Lauragais pendant une semaine.


Canada : Raël

Le mouvement de Claude Vorilhon débouté en appel

Canoë, 8 novembre 2006

[Texte intégral]

Le mouvement raélien a encore échoué, en cour d'appel cette fois, dans sa tentative d'empêcher les médias de parler en mal du groupe dirigé par le gourou Claude Vorilhon.

Les raéliens, par l'entremise de leur porte-parole Daniel Chabot, demandaient en 2005 à la Cour supérieure de déclarer que leur groupe est une religion, et cherchaient à faire interdire la publication dans les médias de tout reportage humiliant ou dérisoire à leur sujet. Leur offensive visait tous les médias de Quebecor, dont fait partie Le Journal de Montréal, mais aussi La Presse, Radio-Canada, TQS et Astral Media.

Reportage indigeste... Il semble que les raéliens n'aient surtout pas digéré les reportages de notre journaliste Brigitte McCann, qui a infiltré le mouvement pendant neuf mois, pas plus qu'une chronique de Lysiane Gagnon dans La Presse, qui s'intitulait De clowns et de clones.

Le gourou citait également en exemple l'épisode où le caricaturiste Serge Chapleau lui a agrippé le chignon lors de l'émission Tout le monde en parle.

Dans leur requête, les raéliens se qualifiaient de religion qui se définit comme la continuité et l'achèvement du christianisme, à un point tel où ils sont reconnus en tant que tel aux États-Unis.

Quatre juges pas convaincus Mais cela n'a pas convaincu le juge de la Cour supérieure, pas plus que les trois juges de la cour d'appel qui ont entendu leur requête récemment. «Le juge de première instance a conclu que les appelants n'avaient pas démontré un intérêt juridique. De plus, elle a retenu que les conclusions recherchées étaient ni utiles, ni appropriées», ont conclu les juges.


Belgique : Scientologie

Thielemans interdit l'intimidation au Bd de Waterloo

7sur7, 8 novembre 2006

[Texte intégral]

Le bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans, a signé mercredi un arrêté de police pour empêcher les actions d'intimidation des squatteurs qui occupent un immeuble situé 103 boulevard de Waterloo à Bruxelles depuis le 28 septembre.

Le propriétaire des quatre immeubles, la société immobilière Belgium Buildings Acquisition (BBA), a dépêché sur place depuis lundi une équipe d'une centaine de personnes qui se qualifent de "travailleurs volontaires".

Motif invoqué par la société qui représente les intérêts de l'Eglise de Scientologie que l'on prédit futur occupant de l'ensemble: entamer le projet de rénovation par des travaux qui ne nécessitent aucun permis.

Jusqu'à mercredi, après un avertissement clair de la Ville de Bruxelles contre toute voie de faits à l'égard des squatteurs de l'aile du complexe située au n°103, ces personnes se sont confinées dans la partie des bâtiments non squattés, soit le 100 et 101.

Pour les squatteurs, cette opération visait une nouvelle fois à les intimider alors que le 26 octobre dernier, le tribunal de première instance de Bruxelles avait débouté le propriétaire dans son action visant à obtenir leur expulsion. (belga)


France : Coup de gueule

Le Patriarche

Courriel, 9 novembre 2006

Notre ami Kircher envoie un nouveau coup de gueule sur l'actualité

 Se tient en ce moment à Toulouse un procès instructif : celui de la secte dite « le Patriarche » dirigé dans les années 80 par Lucien Enjelmajer poursuivi pour escroquerie, violences et atteintes sexuelles sur nombre de
ses adeptes dont aujourd'hui une trentaine se constituent partie civile.

La particularité de cette secte est d'avoir fonctionné durant plus de dix ans avec la bénédiction des pouvoirs publics trop heureux de se décharger sur une structure privée du sort de toxicomanes et de malades du sida que les collectivités territoriales et les secteurs concernés ne savaient pas prendre en charge.

Enjelmaier a acheté la bonne conscience de la défaillance publique à coup d'énormes subventions qui lui ont permis de construire une fortune colossale avant de s'enfuir en Amérique centrale lorsque le vent eut tourné avec les doléances de ses adeptes abusés.

Ce dossier est emblématique et devrait rappeler aux pouvoirs publics d'aujourd'hui que l'infiltration de secteurs sensibles par d'autres sectes comme la Scientologie (« Narconon », « Non à la drogue, oui à la vie »,
etc.) ou les Témoins de Jéhovah, ou encore Ama Amrita, pour n'en citer que quelques-unes, sous l'appellation moderne d'ONGI, illustre à la fois l'abandon inacceptable de missions de service public et la forme nouvelle de pénétrations de secteurs de populations fragilisées lesquelles fourniront du travail non déclaré, leurs économies et leur liberté à des structures qui bénéficieront parfois d'aides publiques.

Souhaitons que l'expérience des décennies passées et le désastre subi par des victimes abusées ne soient pas inutiles et que cet épilogue judiciaire puisse amener le politique à se ressaisir tant qu'il est encore temps en
démasquant les nouveaux « Patriarches » habiles à tromper le monde.

A. Kircher


France : Le Patriarche

L'ancien gourou du Patriarche en cavale en Amérique centrale

Le Parisien, 8 novembre 2006 par Jean-Marc Duc

[Texte intégral]

C'était le pape de la lutte antidrogue. Lucien Engelmajer, 86 ans, fut le grand prêtre des cures de désintoxication au début des années 1970. Sa grande carcasse à la barbe blanche s'affiche alors partout à la télévision.

Il est la référence adoubée par les services publics. Son association, le Patriarche, devient une véritable multinationale du sevrage des héroïnomanes. Elle essaime dans toute l'Europe et jusqu'au Chili avec 250 centres. Mais à la fin des années 1990, des patientes déposent plainte pour viol. Et l'association, dont le fief est le château de la Boère, en Haute-Garonne, a creusé un trou financier suspect.

Depuis lundi, quatorze personnes comparaissent pour détournement de fonds et abus de biens sociaux devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Sans Lucien Engelmajer, jugé par défaut qui vit désormais au Belize, un micro-Etat d'Amérique centrale.

L'ancien gourou du Patriarche fait l'objet de deux mandats d'arrêts internationaux qui valent extradition. Contre toute attente, son fils François, installé aux Etats-Unis, s'est présenté devant le tribunal. Son avocat
Me Simon Cohen, a obtenu la main levée de son mandat d'arrêt

La caution et les subsides de l'Etat

Miné par la maladie et le ressentiment Luden Engelmajer ne roule plus en Rolls Royce. Il dit « croupir » au Belize où il « attend la mort », victime de trois cancers. Il jure qu'on l'a « empêché d'enrayer la propagation du sida ».

D'origine polonaise, né à Francfort il passe son enfance à Metz et traverse la Seconde Guerre mondiale entre résistance et camp de prisonniers. Reconverti en marchand de meubles d'occasion, Engelmajer prend une retraite spirituelle en 1963 en Haute-Garonne. C'est là qu'il fonde l'association du Patriarche et en devient le chef de file.

L'Etat lui apporte sa caution et lui verse des subsides. Le succès est fulgurant au point de devenir un véritable empire financier très convoité, dont l'argent passe par le Luxembourg, le Liechtenstein et l'Uruguay, des paradis fiscaux. La vente de journaux de l'organisation par les toxicomanes dans toute l'Europe génère 5 millions d'euros par an. Mais le bel édifice se lézarde sur fond de crise interne.

L'Inspection des affaires sociales tire la sonnette d'alarme sur les méthodes musclées de sevrage du Patriarche à partir de 1985, mais aussi des dérives sectaires. Dans les années 1990, des patientes accusent le gourou de « les mettre dans son lit» et de leur imposer des rapports sexuels forcés en guise de thérapie. Un schisme éclate au sein de l'organisation, mené par ses propres enfants. Lucien Engelmajer est écarté mais obtient de colossales compensations financières.

En 1998, le « patriarche » s'installeen Floride, puis au Brésil avant de choisir le Belize, dont il a pris la nationalité pour ne pas être extradé. Aujourd'hui, son ancien ami Jean-Paul Segela, ex-député RPR de Haute-Ga­ronne et ancien Monsieur Drogue auprès de Charles Pasqua, se retrouve, lui, devant le tribunal, au côté des treize autres prévenus.

Grand absent du procès qui s'est ouvert lundi à Toulouse, Lucien Engelmajer fait l'objet de deux mandats d'arrêt internationaux,


Belgique : Moon

Moon traîne l'Etat en justice

Le Soir, 9 novembre 2006

[Texte intégral]

Les « moonistes » ont assigné l'Etat belge en Justice. En cause : le refus du ministre de l'Intérieur, Patrick Dewael (VLD), d'accorder un visa au milliardaire sud-coréen Sun Myung Moon, 86 ans, fondateur de l'« Eglise de l'Unification ». L'affaire a été plaidée, mercredi, par la 21e chambre de la cour d'appel de Bruxelles, en référé.

Le « révérend » Moon et son épouse, Hak Ja Han Moon, entendaient donner une conférence en Belgique, le 5 novembre 2005 (puis en mars et en juillet 2006)... Les autorités belges lui ont refusé l'accès au pays, se retranchant derrière le signalement, par l'Allemagne, de M. Moon dans le Système d'information Schengen (SIS), susceptible de fonder légalement un refus d'entrée sur le territoire.

Le fichage allemand avance trois reproches :

- M. Moon serait « en faveur d'un totalitarisme théocratique sous influence coréenne, en opposition avec la démocratie allemande » ;

- il constituerait « un danger pour les familles, car il encouragerait des jeunes adultes à quitter leurs parents pour se consacrer à l'Eglise unitaire » ;

- « il aurait une influence néfaste sur la jeunesse nationale par le biais de la manipulation mentale et le lavage de cerveau ».

« Bref, des raisons vagues et générales qui n'ont jamais fait l'objet de poursuites judiciaires ni a fortiori de condamnation », plaide Me Charles Delnois, avocat des moonistes.

« Que lui reproche-t-on, en somme ? Le risque de le voir convertir des gens, ce qui est un droit fondamental, surenchérit Me Inès Wouters, l'autre conseil des adeptes de M. Moon. La Belgique n'a pas le droit d'empêcher les fidèles d'être en contact avec leur chef spirituel. Son refus d'accès au territoire n'est basé sur aucune apparence de loi... Assimiler un leader religieux à un malfrat, alors qu'il n'a rien à se reprocher, est une insulte à ces croyances. »

Inès Wouters y voit une atteinte manifeste à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme. Elle relève que les Pays-Bas et le Danemark ont ouvert leurs frontières à M. Moon malgré son signalement SIS.

« L'Etat n'empêche donc pas ses adeptes de rencontrer M. et Mme Moon : il leur suffisait d'aller les rencontrer aux Pays-Bas ou au Danemark », réplique l'avocate de l'Etat, Me Elisabeth Derriks. Qui s'interroge aussi sur la compétence de la cour : « C'est une décision administrative, un refus de visa, qui est contestée, c'est donc le Conseil d'Etat qui devait être saisi. » La cour tranchera dans les prochaines semaines.

(Le mouvement est connu pour ses mariages collectifs arrangés par le « révérend » Moon, comme ici dans un stade de Séoul, le 16 février 2002. Photo Youn Jae-Wook/EPA.)
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Proche de la famille Bush et adepte des mariages forcés

Ses détracteurs l'appellent « la secte Moon ». Ses adeptes préfèrent l'appellation officielle : « Eglise de l'Unification » ou encore « Association de l'Esprit Saint pour l'Unification du christianisme mondial ».
Fondé en 1954, à Séoul, par le « révérend » Moon, le mouvement compterait 180.000 membres, dont quelques dizaines en Belgique, où il est présent depuis 1973. L'ASBL « Family Federation for World Peace and Unification », basée à Anderlecht, rassemble les adeptes belges... Des fidèles « plutôt discrets », selon l'Observatoire des sectes, qui n'a pratiquement jamais été interpellé sur leurs activités.

Le mouvement est connu pour ses mariages collectifs : des milliers d'inconnus qui s'unissent pour « créer une race nouvelle et amener la paix sur Terre ».

Notre confrère Eric Laurent a mis en évidence les liens étroits entre Moon et la famille Bush, aux Etats-Unis.

Le « révérend » est à la tête d'« un des empires économiques privés les plus puissants de la planète », selon Roberto Badini. Il a notamment fait fortune dans les sushis. Promoteur autoproclamé de la paix dans le monde, il a aussi investi dans... l'armement de petit calibre.


France : Le Patriarche

Jean-Paul Séguéla se dit "vraisemblablement manipulé"

Le Nouvel Obs , 10 novembre 2006

[Texte intégral]

Jean-Paul Séguéla, ancien député RPR de Haute-Garonne et conseiller de Charles Pasqua au ministère de l'Intérieur pour les questions de toxicomanie de 1993 à 1995, a été entendu vendredi matin dans le cadre du procès du Patriarche, l'ancienne association d'aide aux toxicomanes répertoriée comme secte par des rapports parlementaires. Il a affirmé avoir été "vraisemblablement manipulé ".

Ancien doyen de la faculté de médecine de Toulouse, mis en examen et écroué le 22 mai 2001, il est poursuivi pour "recel d'abus de confiance", "abus de faiblesse" et "blanchiment".

Il est accus é d'avoir bénéficié en 1995 de deux prêts non remboursés, d'un montant de 3,4 millions de francs et un autre de 600.000 francs, émanant de fonds dé tournés par le fondateur du Patriarche Lucien Engelmajer.

Il lui est é galement reproché d'avoir profité de travaux de rénovation pendant six ou sept mois dans sa
propriété de Bessières (Haute-Garonne), effectués gratuitement par des adhérents du Patriarche, de voyages à l' étranger et d'une carte bancaire liée à un compte de l'association domicilié en Suisse.

Représentant au ministère de l'Intérieur de la DGLDT, Direction générale de la lutte contre la drogue et la toxicomanie de 1993 à 1995, Jean-Paul Séguéla avait été nommé en 1997 au poste de secrétaire général au bureau exécutif de l'Organisation internationale Lucien Joseph Engelmajer (OILJE).

M. Séguéla avait rencontré Lucien Engelmajer en 1969, lors d'une conférence sur la toxicomanie. Après sa nomination au ministère de l'Intérieur, il a été contact é par Engelmajer qui "souhaitait être naturalise français et présenter officiellement ce qu'il faisait en matière de prise en charge des toxicomanes", a expliqué le professeur de médecine.

Il a évoqué le "lien d'amitié " tissé au fil du temps avec Engelmajer, un homme dégageant "une fascination extraordinaire, (qui) avait beaucoup de charisme, une grande facilit é de parole. Nous sommes rapidement devenus proches".

C'est en parlant de "l'autoritarisme amical" du gourou que l'ancien député a dit avoir accepté sa proposition d'annuler le remboursement de deux prêts d'un montant global de quatre millions de franc?

Devant la surprise du tribunal pour lequel "il est difficile de penser que M. Séguéla n'ait pas été informé » des détournements de fonds" en sa qualit é de secrétaire général de l'OILJE, l'ancien déput s'est dit "vraisemblablement manipulé ".

"Mon idée, à travers la bouche de Lucien Engelmajer, qui é tait milliardaire et voulait avoir une oeuvre pérenne, était de créer une fondation internationale" de prise en charge des toxicomanes, a-t-il expliqué .

Le proc è s s'est ouvert mardi devant le tribunal correctionnel de Villefranche-Lauragais. Quatorze pr é venus sur les 17 poursuivis au total dans le volet financier de l'affaire du Patriarche comparaissent pour "abus de faiblesse", "abus de confiance", "recel", "blanchiment d'argent" et "abus de biens sociaux", dont huit enfants d'Engelmajer, poursuivis pour avoir bénéficié d'importants détournements de fonds provenant de l'association et de ses satellites.

Absent du procès, le fondateur du Patriarche, 86 ans, sera jugé par défaut: objet de deux mandats internationaux pour "abus de biens sociaux et emploi de travailleurs clandestins" et pour "viols et tentatives de viols sur mineurs de moins de 15 ans". Il est en fuite au Belize.


Un état mental satisfaisant

Radio Canada, 10 novembre 2006

[Texte intégral]

Nathalie Gettliffe n'aura pas à subir d'évaluation psychiatrique. Ainsi en a décidé la juge Mervyn Koenigsberg, de la Cour suprême de Colombie-Britannique, qui estime que les preuves ne sont pas suffisantes pour laisser croire que la citoyenne française souffre de problèmes mentaux.

L'avocat de Nathalie Gettliffe est heureux de la décision. D'après lui, la demande de la Couronne aurait créé un précédent. Sa cliente a peut-être fait un mauvais choix, mais celui-ci n'est pas une preuve d'instabilité mentale, dit-il.

La semaine dernière, la mère de 35 ans a plaidé coupable à deux accusations d'enlèvements d'enfants. Elle avait amené ses enfants en France en 2001, défiant une ordonnance de la cour. Elle a été arrêtée le 11 avril 2006 lors d'un passage à Vancouver pour défendre sa thèse de doctorat à l'Université de Colombie-Britannique.

Nathalie Gettliffe aurait pris la fuite parce qu'elle voulait soustraire ses enfants à l'emprise de leur père. Scott Grant est membre de l'Église internationale du Christ, reconnue comme une secte en France et en Allemagne, mais pas au Canada.

Nathalie Gettliffe restera en prison jusqu'à l'imposition de sa sentence. Les partis doivent revenir en cour le 30 novembre pour présenter leurs arguments en vue de l'imposition d'une sentence.


Vatican : Religions

Le pape convoque les chefs de la Curie sur le cas Millingo

AFP, 13 novembre 2006

[Texte intégral]

Le pape Benoît XVI a convoqué jeudi une réunion au sommet des chefs de la Curie pour examiner la situation créée "par la désobéissance" de l'archevêque zambien excommunié Emmanuel Milingo qui a ordonné quatre évêques mariés, a annoncé lundi soir le Vatican dans un communiqué.

Le communiqué précise qu'il s'agira du seul sujet abordé lors de cette réunion. L'agence Ansa avait auparavant affirmé que le cas des prêtres "intégristes" disciples de l'évêque Marcel Lefebvre devait également être abordé lors de la rencontre.

Le porte-parole du Vatican a confirmé à l'AFP que ce sujet ne figurait pas à l'ordre du jour de la réunion.

Celle-ci doit rassembler les chefs des neuf congrégations et des onze conseils pontificaux qui forment la Curie romaine.

Elle doit examiner "la situation créée par la désobéissance de Mgr Emmanuel Milingo et se livrer à une réflexion sur les demandes de dispense de l'obligation de célibat et sur celles de réadmission à la prêtrise présentées par des prêtres mariés", précise le communiqué du Vatican.

L'ancien archevêque de Lusaka, Mgr Emmanuel Milingo, a été excommunié fin septembre par l'Eglise catholique après avoir ordonné aux Etats-Unis quatre évêques mariés.

A la suite de cette décision, Emmanuel Milingo avait écrit au pape pour lui demander que "les prêtres et les évêques mariés" soient progressivement "réintégrés" dans l'Eglise, selon l'agence Ansa.

Il y affirmait également qu'une "nouvelle Eglise catholique" serait formée "avec ou sans votre bénédiction", laissant planer la menace d'un schisme.

"Nous avons presque 25.000 prêtres mariés aux Etats-Unis et 150.000 dans le monde qui ne sont pas appelés à servir dans cette Eglise médiévale qui impose le célibat", avait-il dénoncé fin septembre à Washington.

Le prélat africain est lui-même marié à une adepte de la secte Moon.

C'est la deuxième fois depuis le début de son pontificat en avril 2005 que Benoît XVI convoque une telle réunion dont les thèmes à l'ordre du jour ne sont traditionnellement pas publiés. La précédente réunion avait eu lieu en février, selon l'agence spécialisée sur le Vatican I.Média.


France : Le Patriarche

Les millions du "panier perçé"

Libération, 13 novembre 2006 par Gilbert laval Villefranche-de-Lauragais envoyé spécial

[Texte intégral]

Procès du Patriarche : les millions du «panier percé» 
Sur le banc des accusés, Jean-Paul Séguéla, ex-député RPR, a tenté d'expliquer pourquoi il avait accepté 5 millions de francs de prêts gratuits.

 L'ex-député RPR de Haute-Garonne et ex-conseiller du ministre de l'Intérieur Charles Pasqua pour les affaires de toxicomanie écoute, avec application, le juge Thomas Lemonnyer lui lire ce que le code pénal dit du trafic d'influence : «Je n'avais jamais pensé à cela, monsieur le président.» Au cinquième jour d'un procès du Patriarche, qui reprend aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de Villefranche-de-Laugarais ( Libération du 8 novembre), la cravate du docteur Jean-Paul Séguéla est toujours aussi bien mise. Décidément «non», l'ex-élu, qui a reçu 5 millions de francs de prêts gratuits, 518 000 francs de dons en espèces, une carte bancaire à l'oeil et des billets d'avions pour amener sa famille de par le monde, n'a pas le sentiment d'être devenu «l'obligé» du patron du centre de désintoxication, Lucien Engelmajer.
«Fascinant».
 Le tutoiement s'est vite imposé. «Lucien Engelmajer et moi étions devenus amis, monsieur le président.» Jean-Paul Séguéla décrit le Patriarche comme «un homme bien habillé et fascinant». Ce Patriarche est venu, en 1994, «dîner à la maison à bord d'une Bentley blanche conduite par un chauffeur», poursuit-il. C'était au moment où le conseiller du ministre Charles Pasqua avait un découvert bancaire de 430 000 francs. Lucien Engelmajer lui a prêté un million entre la poire et le fromage. Si Jean-Paul Séguéla a accepté, un an plus tard, un nouveau prêt de 3,4 millions de francs d'Engelmajer, c'est uniquement «parce qu'il était à un taux plus avantageux» que celui que lui proposait sa banque. Puis, pour les 600 000 francs de prêt qui ont suivi, «aucune explication me vient à l'esprit», avoue-t-il. Cette somme n'aurait-elle pas servi à acheter «deux berlines allemandes BMW ?», demande le tribunal. «C'était des BMW de série 3 , minimise le prévenu. Des modèles de base...» 

De tout ce bel argent, Jean-Paul Séguéla n'a remboursé que deux trimestrialités. «Avec lui, c'était comme ça, explique-t-il au tribunal. Il m'a dit : "Les remboursements, c'est fini . Un point c'est tout." Lucien Engelmajer avait une autorité amicale qui ne se discutait pas.» Il y a des ordres amicaux auxquels on cède plus facilement qu'à d'autres. Restaient toutefois les deux trimestrialités de 60 000 francs chacune que Séguéla avait déjà versées. «Vous sont alors versées des notes de frais du Patriarche à hauteur de 120 000 francs, relève le président Lemonnyer. Faut-il y voir une compensation de ces premiers
remboursements ?» 
La question serait discourtoise. «J'avais beaucoup de frais, je me déplaçais», répond l'intéressé. «Au prix du kilomètre, cela fait effectivement 480 000 kilomètres en trois mois, s'amuse le procureur Delperrier. Vous roulez beaucoup.» Les voyages de Mademoiselle Séguéla fille à New York ? «C'était en seconde classe, monsieur le président.» Et comment expliquer les 518 000 francs versés en liquide à coup d'enveloppes ? « Des libéralités», explique distraitement le prévenu. «Peut-être ai-je été manipulé», concède-t-il sans trop y croire.

La prise en charge des toxicomanes, souvent atteints de sida, pouvait coûter 200 millions de francs au budget du ministère de la Santé, reprend Jean-Paul Séguéla. Il n'était donc pas inconcevable d'oeuvrer auprès de ce ministère pour qu'une subvention, du quart de cette somme, soit versée au Patriarche, «seule structure en France» à prendre ces populations en charge.

 Bentley. 

Cravate toujours droite, l'ex-député RPR ne voit pas où est le mal à avoir fait du bien. «Mais enfin, tente une dernière fois le juge Lemonnyer, vous avez rencontré Lucien Engelmajer en 1969, entouré de toxicomanes, dans un hangar du côté de la gare Matabiau à Toulouse. Il vous rend visite dans votre propriété vingt-quatre ans plus tard à bord d'une Bentley avec chauffeur et vous ne vous demandez pas d'où cet enrichissement peut provenir ?» Jean-Paul Séguéla choisit de ne pas répondre. Il déclarait 913 000 francs de revenus en 1993, lui-même s'avouant «panier percé» et son épouse admettant qu'ils vivaient alors «au-dessus de leurs moyens». Aujourd'hui, le couple n'a plus que son salaire de professeur de médecine à l'université de Toulouse pour vivre. Réquisitions demain matin.


Belgique : Sectes

Des sectes nuisibles à la santé

Le Soir , 14 novembre 2006

[Texte intégral] Les témoins de Jéhovah refusent les transfusions. Les scientologues fustigent les professionnels de la santé mentale et pratiquent des programmes de « désintoxication » risqués. Certains chrétiens pentecôtistes prétendent guérir le sida par la prière... Autant de phénomènes qui ont incité l'Observatoire des sectes (1) à publier une brochure sur les « dérives sectaires en matière de santé ».
Le dernier rapport de l'Observatoire pointait déjà l'essor des groupes sectaires nuisibles à la santé de leurs adeptes...

Des groupements actifs dans le développement personnel et les pseudothérapies qui contribuent prétendument au bien-être physique ou mental.

Le docteur Charles Berliner, qui anime l'Association des victimes de pratiques illégales de la médecine (Avpim), dénonce tour à tour les privations alimentaires (régimes végétaliens, alimentation carencée...) et le recours croissant aux médecines non conventionnelles... Exemple : « Les confrères révisionnistes qui, depuis le début des années 90, propagent l'idée que le sida n'est pas une maladie virale et donc qu'il est inutile d'avoir recours au préservatif pour s'en prémunir ! »

« Suicidaire »

A entendre le Dr Berliner, en Belgique, une vingtaine de médecins, au moins, manifesteraient « des comportements suicidaires pour leurs patients. L'Ordre des médecins pourrait décréter leur radiation... Mais la procédure est longue et compliquée. »

Par ailleurs, l'Ordre est impuissant face aux dérapages des non-médecins. Dans ce cas, le dépôt d'une plainte s'impose, à la police ou au parquet, afin d'activer d'éventuelles poursuites pour exercice illégal de la médecine.

La brochure permet aux patients d'identifier les pratiques suspectes, à l'aide d'un bref questionnaire. Elle sera disponible sur le site de l'Observatoire, mais aussi dans les hôpitaux, les consultations de l'ONE...

Le document ne cite explicitement aucun mouvement, mais dénonce les pratiques concrètes de l'Eglise de scientologie, des témoins de Jéhovah ou de certains mouvements évangéliques.

Henri de Cordes, président de l'Observatoire, annonce d'emblée la publication d'une brochure spécifique aux dérives sectaires en matière de santé mentale... « Nous attendons d'ailleurs avec impatience l'adoption définitive de la loi qui doit sanctionner la sujétion mentale, l'abus de la situation d'ignorance ou de la situation de faiblesse des victimes ». Un avant-projet de loi avait été adopté par le conseil des ministres le 31 mars.

(1) Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles, tél. 02.504.91.68, site www.ciaosn.be


France : OTS (Ordre du Temple Solaire)

Procès de Grenoble

Courriel 14 novembre 2006

Commentaires de Jean-Pierre Jougla

Le procès de Michel Tabachnik qui vient de se dérouler devant la cour d’appel de Grenoble durant une semaine, 12 ans après les premiers massacres et 9 ans après les derniers, et dont le délibéré doit être vidé le 20 décembre, a été hors norme depuis le début de l’enquête.

Les parties civiles personnes physiques, bien qu’appelantes de la décision de relaxe, ont sollicité de façon paradoxale la relaxe du prévenu au motif que sa condamnation aurait été une façon d’occulter une vérité qui aurait relevé d’une dimension crapuleuse ou du « secret d’ état », dimension qui à l’issue de ce procès atypique est vidée de toute consistance et est clairement apparue, en l’état du dossier et des auditions de témoins, comme ne relevant plus que du fantasme entretenu.

Seule l’UNADFI partie civile a développé, aux côtés du ministère public, la thèse de la responsabilité de M. Tabachnik dans la participation à une association de malfaiteurs par le biais de l’endoctrinement des adeptes au moyen de ses écrits et par le biais d’une participation matérielle et concrète au fonctionnement de la nébuleuse OTS.

C’est la même thèse que l’avocat général a soutenue en reprochant à M. Tabachnik d’avoir dévoyé par son enseignement et l’élaboration de certains rituels de l’OTS, la « tradition de l’ésotérisme », se comportant dès lors comme un véritable gourou. Durant un réquisitoire qui pour sa dernière partie a pu sembler relever par moment davantage de l’ésotérisme comparé que d’un réquisitoire classique, le ministère public a bâti son accusation sur un distinguo assez hermétique entre la notion de « cérémonie » et celle de « rituel », celle d’ésotérisme et d’exotérisme, la faute d’un Tabachnik présenté par lui comme « cupide et assoiffé de considération » étant dès lors à ses yeux d’avoir fait vivre aux adeptes des cérémonies qui les plaçaient dans une relation de « soumission » due à l’irrationnel des mises en scène.

L’avocat général a démontré l’existence d’une résolution d’agir en commun, au moins entre Jo Di Mambro et M. Tabachnik. Pour lui, M. Tabachnik a participé à l’envoûtement des adeptes et il n’était pas dupe. Cette participation s’est manifestée dans ses écrits et lors des conférences d’Avignon.

Les buts de cette entente ont résidé dans l’enseignement d’une théorie énergétique.

Aux yeux de l’avocat général qui s’est inscrit dans l’analyse de l’expert judiciaire Abgrall, M. Tabachnik a « prêté la main, dès l’ épiphanie 91 à un projet criminel qui arrive à maturité en 94, projet dans lequel le transit remplace l’initiation suprême. La notion de transit est sous entendue depuis 90; elle est contenue dans les textes fondateurs ».

Dès l’origine l’enseignement de l’OTS pouvait conduire à un rituel de sacrifice par le feu.

Et l’avocat général d’accuser le prévenu qui tout au long des débats s’était borné à nier toute participation allant même jusqu’à soutenir que son enseignement n’avait pas de sens : « M. Tabachnik ne se présente jamais de face ; il dit souvent « j’ai été naïf ». J’essaierai de montrer, Mr Tabachnik que vous ne l’êtes pas ».

L’intention coupable implique que M. Tabachnik se soit intégré à ce groupe en connaissance de cause, avec une volonté d’apporter une aide efficace aux buts qu’il s’était assigné.

Cela suppose que M. Tabachnik savait, même de façon vague, les buts et le caractère répréhensible de l’association de malfaiteurs et l’avocat général s’est appuyé pour démontrer l’intention coupable sur des témoignages d’anciens adeptes.

Mais, et c’est ce qui a le plus dérouté les journalistes présents, il s’est également appuyé sur une analyse qui lui est propre de la personnalité de M. Tabachnik lequel, reprenant l’héritage de la bibliothèque paternelle est devenu « un kabbaliste imprégné de l’exigence du secret et alternant en permanence le voilé et le dévoilé, l’ésotérique et l’exotérique ». Pour l’avocat général, le profil ésotérique du prévenu l’inscrit dans la logique de la Rose-Croix entendue comme modèle d’une démarche individualiste qui le dissociait de la vie du groupe OTS et qui l’a amené à imposer un projet propre de transmutation ainsi qu’à annoncer la fin du cycle templier ce qui était la meilleure façon d’inscrire les adeptes dans une structure occulte. Et pour l’avocat général, Tabachnik est coupable d’avoir, en trahissant la Tradition ésotérique, créé des rituels, alors qu’ils devaient rester par essence hérités (donc immuables), ce qui revenait à inscrire les adeptes dans un cérémonial et un enseignement personnels qui les soumettait sans leur laisser la liberté de l’interprétation.

Pour l’avocat général, dès lors qu’on considère la dimension intellectuelle et culturelle du prévenu (chef d’orchestre qui était, dit-il, comme tous les musiciens asservi au réel), son intention coupable est encore plus manifeste puisqu’il était motivé par le profit matériel et le désir de soumettre.

Chacun attendait, au terme de ce réquisitoire inhabituel, une demande de condamnation que l’avocat général n’a pas chiffrée mais a présentée comme devant être la nécessaire sanction de l’erreur dont il a « donné des pistes en livrant la complexité de ce dossier », M. Tabachnik ayant fourni aux adeptes (qualifiés par l’avocat général de « menu fretin » privé de la liberté d’interprétation) les éléments de la partition qui les a « asservis au réel ». L’intention coupable de M. Tabachnik résidant pour l’accusation dans sa position d’intellectuel et de chef d’orchestre qui était « le seul à ne pas recourir à la mimésis ».

Ces propos étaient de nature à dérouter par leur hermétisme apparent, mais ils recouvraient en réalité une volonté d’entrer en voie de condamnation en soutenant l’accusation, le parquet ayant bel et bien relevé appel de la décision de première instance.


France : Le Patriarche

Cinq ans d'emprisonnement requis contre Lucien Engelmajer et Jean-Paul Séguéla

Le Nouvel Obs, 14 novembre 2006

Villefranche de Lauragais (AP) - Le procureur de la République du tribunal correctionnel de Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne) a requis mardi cinq ans d'emprisonnement contre Lucien Engelmajer, fondateur de l'ancienne association d'aide aux toxicomanes le Patriarche, répertoriée comme secte. Cinq ans ont été réclamés également contre Jean-Paul Séguéla, ancien député RPR de Haute-Garonne et conseiller de Charles Pasqua au ministère de l'Intérieur pour les questions de toxicomanie de 1993 à 1995.

Le procureur a aussi demandé au tribunal de prononcer une amende de 375.000 euros à l'encontre de Lucien Engelmajer et de 200.000 euros à l'encontre de Jean-Paul Séguéla, amendes assorties pour les deux prévenus d'une interdiction de droits civiques pendant cinq ans.

Absent du procès, M. Engelmajer, le "Patriarche", visé par deux mandats internationaux pour "abus de biens sociaux et emploi de travailleurs clandestins" et pour "viols et tentatives de viol sur mineurs de moins de 15 ans", est en fuite au Belize. Il est jugé par défaut.

M. Séguéla, ancien doyen de la faculté de médecine de Toulouse, avait été mis en examen et écroué le 22 mai 2001 pour "recel d'abus de confiance", "abus de faiblesse" et "blanchiment". Il est accusé d'avoir perçu entre 1994 et 1997 jusqu'à six millions de francs (914.694 euros) détournés par le "Patriarche" par le biais de dons en espèces -730.000 francs en billet de 500 francs- et de deux prêts "non remboursés" de 600.000 francs et 3,4 millions de francs.

Ancien représentant au ministère de l'Intérieur de la DGLDT, Direction générale de la lutte contre la drogue et la toxicomanie de 1993 à 1995, M. Séguéla avait été nommé en 1997 secrétaire général au bureau exécutif de l'Organisation internationale Lucien Joseph Engelmajer (OILJE).
Le procureur a requis pour les 15 autres personnes poursuivies dans le volet financier de l'affaire du "Patriarche" des peines allant de trois ans d'emprisonnement avec sursis à quatre ans d'emprisonnement, assorties d'amendes allant de 50.000 euros à 200.000 euros.

Pour tous les prévenus, qui comparaissent depuis le 6 novembre pour "abus de faiblesse", "abus de confiance", "recel", "blanchiment d'argent" et "abus de biens sociaux", le procureur de la République a requis l'interdiction des droits civiques pendant cinq ans.

Une peine de quatre ans d'emprisonnement a été requise pour deux des fils de Lucien Engelmajer, Kim et François, accusés d'avoir eu "une part active des transferts de fonds détournés entre la France et la Suisse". Une peine de trois ans d'emprisonnement a été demandée pour cinq autres enfants du Patriarche, également poursuivis pour avoir profité d'importants détournements de fonds provenant de l'association du Patriarche, de ses associations satellites et des nombreuses sociétés civiles ou commerciales créées en Europe et sur le continent américain.

La communauté fondée en Lucien Engelmajer en 1974 près de Toulouse, avait essaimé dans le monde entier sous l'appellation "Organisation internationale Lucien Joseph Engelmajer". En février 1998, le gourou avait été écarté par "un putsch interne" et s'était réfugié au Bélize où il vit actuellement à 86 ans. 


Le Canada refuse la garde conjointe à la Française

Le Parisien, 15 novembre 2006

[Texte intégral]

La justice de Colombie-Britannique a refusé hier d'accorder à Nathalie Gettliffe la garde conjointe de ses enfants, avec lesquels elle avait fui le Canada en 2001. La Française est emprisonnée dans ce pays depuis avril pour l'enlèvement de ses deux enfants issus de son mariage avec le Canadien Scott Grant.

La juge Nicole Garson de la Cour suprême de Colombie-Britannique a refusé de se prononcer sur la demande de garde conjointe de Mme Gettliffe tant que celle-ci est en prison, où elle attend son jugement pour « enlèvement » d'enfant Elle a ainsi confirmé, au moins temporairement, la garde des deux enfants, âgés de 11 ans pour l'un et de bientôt 13 ans pour l’autre, à leur père.